rastapopulo, vous basez votre argumentation sur le fait que l’Allemagne a profité de la construction restée partielle de l’espace économique européen. S’il est vrai que sa balance commerciale n’est positive que grâce à ses exportations européennes qui bénéficient de l’absence de politique fiscale commune ( ce qui lui permet d’augmenter sa compétitivité en faisant pression à la baisse sur les salaires, par exemple ), penser pouvoir résoudre ce déséquilibre en explosant la zone euro est aussi absurde que vouloir tuer tous les chiens pour éradiquer la rage. Il est évident qu’une Europe avec une fiscalité, un Trésor et donc une politique économique commune réellement coordonnée par un ministère commun est une voie bien moins hasardeuse que l’explosion du système et le retour a la fragmentation qui, à part le coût ingérable des premières années ( en supposant que l’économie française s’en remette ), nous remettrait face aux mêmes problèmes que nous avons voulu éviter depuis la création de la CECA.
Oui, il est vrai que dans certaines situations une dévaluation de la monnaie n’a pas signifié la mort de l’économie de l’espace en question. Mais on part d’une situation différente, il me semble et vous le savez très bien M. Pinsolle. Celle d’un espace économique commun pourvu d’une monnaie commune dont la politique fiscale commune la soutenant est inexistante. L’opportunité de combler ce manque apparaît clairement et de le faire sans concession aucune, à la doctrine néolibérale de dérégulation des marchés financiers.
Alors, bien sûr, vous avez beau jeu de prôner l’explosion du système et le retour aux monnaies nationales en vous appuyant sur l’argument fallacieux d’une dévaluation bénigne. Quel sont les précédents dans l’histoire économique d’un retour d’un espace économique complet à la fragmentation ? Il est certain que ceux qui payeront le prix d’une explosion ne seront pas les marchés financiers sinon la base de l’économie réelle, les travailleurs et les petites et moyennes entreprises. Pour qui roulez-vous, au bout du compte ?
Je suis d’accord avec Wesson. Je dirais même que ce n’est pas un raisonnement sinon une manière spectaculaire qui ne correspond à rien de réel, de présenter le problème de la dette. Cela m’étonne d’ailleurs de la part de l’auteur de ce blog car on dirait des illustrations sorties tout droit de la propagande du Tea Party et je ne pense pas qu’il ait eu l’intention de la promotionner.
Plus intéressant serait le même genre de dessin spectaculaire montrant la différence entre la masse monétaire qui finance l’économie réelle et celle qui ne fait que tourner sur les marchés financiers sans jamais rien produire de concret. Ce n’est que mon avis.
C’est plutôt le contraire. Un défaut de paiement du gouvernement fédéral auquel s’ensuivra une dévaluation du dollar, une récession et une inflation pratiquement impossibles à contenir, joints à la spéculation des marchés financiers qui ne manquera pas de se déchainer, tirera la classe moyenne américaine vers le bas. Si vous y joignez les coupes sur les budgets des programmes sociaux vous avez le tableau d’un désastre parfait.