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Morpheus

Morpheus

Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.

Tableau de bord

  • Premier article le 30/11/2010
  • Modérateur depuis le 07/01/2011
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Derniers commentaires



  • Morpheus Morpheus 15 juillet 2012 01:16

    @ citoyenrené

    Tout d’abord, il va sans dire que je suis évidemment favorable à ce que le vote blanc soit comptabilisé en tant que vote de protestation contre les choix proposés lors d’une élection (qu’il s’agisse d’un choix de candidats ou de questions lors d’un referendum).

    Vous aurez cependant compris, à travers mes autres interventions, que je suis favorable à des mesures beaucoup plus radicales, puisque je suis en faveur de l’instauration d’une démocratie, une vrai, pas une démocratie d’opérette.

    Votre proposition pourrait donc être considérée comme une sorte de premier pas, de premier acquis vers cette démocratie vraie. Mais je crains fort qu’aucun élu, dans notre système, ne fasse passer cette mesure. S’il y avait un candidat favorable à celle-ci qui parvienne au pouvoir (ce dont je doute fort), il y a de fortes chance qu’il ne puisse pas faire passer cette mesure, ou alors, elle sera amendée de telle sorte de la vider de toute sa substance. Si vous étudiez, par exemple, ce qui, dans la prétendue constitution française, tiens lieu de RIC, vous constaterez qu’il s’agit d’un cas exemplaire de tromperie. Cette loi ne porte de RIC que le nom, et a été construite de telle sorte qu’elle ne laisse que l’illusion du RIC. Ce que je crains est donc que le même procédé soit mis en œuvre au cas ou votre proposition parvienne jusqu’au parlement.

    En fait, il y a fort à parier que les seules chances pour que nos idées voient le jour soient que nous parvenions à une situation exigeant la mise en place d’une nouvelle assemblée constituante, ce qui ne pourra survenir qu’en cas de grave crise. A ce moment, il est essentiel que nos idées soient largement diffusées et connues à travers la population, de telle sorte que cette assemblée constituante ne soit EN AUCUN CAS élu, mais tirée au sort, garantissant ainsi qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêt dans le chef des membres de cette assemblée.

    En cela, votre article contribue à la diffusion de ces idées, et je vous en remercie.

    Cordialement,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 14 juillet 2012 18:30

    @ Scual

    1. Vous n’avez démonté aucun de mes arguments, au contraire vous les avez systématiquement contournés, voir ignorés. Vous avez également ignoré tous mes contre-arguments.

    2. Le catéchisme définit le credo entendu d’une religion bien établie ; je ne sache pas que les idées démocratiques que je défend constituent une religion, moins encore une religion établie et largement représentée. Bien au contraire, ces idées ont été (trop) longtemps étouffées, ignorées et se trouvent hélas encore peu répandues. Votre accusation est donc à front renversé, car c’est bien vous qui persévérez dans un argumentaire aristocratique largement dit et répété depuis l’établissement de nos gouvernements prétendument représentatif, appelé par tromperie « démocraties ».

    3. J’ai très bien compris ce que vous dites, mais admettons qu’il y ait un malentendu (j’en doute, mais sait-on jamais). Je vais reprendre de manière différente, ce sujet valant largement la peine d’y consacrer temps et patience.


    A. De la différence majeure entre le « gouvernement représentatif » et la démocratie.

    Dans son essai Principes du gouvernement représentatif, Bernard Manin explique :
    « Les démocraties contemporaines sont issues d’une forme de gouvernement que ses fondateurs opposaient à la démocratie. L’usage nomme ’démocratie représentative’ les régimes démocratiques actuels. »

    > Notons que l’usage de l’expression ’démocratie représentative’ constitue en elle-même un oxymore (une opposition de termes ayant un sens contradictoire) : en effet, la démocratie exclu, par elle-même, l’idée que le peuple soit représenté étant donné que ce qui définit une démocratie, c’est le pouvoir par le peuple. De la même manière, l’expression ’démocratie directe’ est un pléonasme : la démocratie, par essence, est nécessairement directe. Mais l’usage, devenu courant, de ces expressions, n’est ni anodin, ni innocent : il entraîne l’idée fausse que nous sommes en démocratie et nous enlève donc la possibilité de nommer la solution à notre problème, qui est l’impuissance des peuples à influer sur leur sort via les institutions politiques.

    Manin poursuit :
    (...) « Or ces institutions n’ont nullement été perçues, à leurs débuts, comme une variété de la démocratie ou une forme de gouvernement par le peuple. »

    (...) « Rousseau voyait une immense distance entre un peuple libre se donnant à lui-même sa loi et un peuple élisant des représentants pour faire la loi à sa place. »

    (...) « Pour Sieyès, comme pour Madison, le gouvernement représentatif n’était pas une modalité de la démocratie, c’était une forme de gouvernement essentiellement différente et, de surcroît, préférable. »

    (...) « Un gouvernement organisé selon les principes représentatifs était donc considéré, à la fin du XVIIIe siècle, comme radicalement différent de la démocratie alors qu’il passe aujourd’hui pour une de ses formes. »

    > Ainsi, la croyance largement répandue que les révolutions américaine, française et anglaise du XVIIIe siècle furent à l’origine de l’instauration de gouvernements démocratiques est fausse. De la même manière, l’idée que nos gouvernements actuels souffrent d’une « crise de la démocratie », sous entendu que nos institutions sont bonnes, ce serait simplement certaines circonstances exogènes qui causent les dysfonctionnements que l’on voit, est fausse également. Nos gouvernements, contrairement au mythe exercé depuis plus de deux cent ans, n’ont jamais été des démocraties.

    B. De la compétence en politique.
    Manin :
    (...) « Concernant le tirage au sort, il n’est pas évident que le danger de gouvernants incapables soit l’ULTIMA RATIO. On ne peut pas déclarer ce mode de sélection défectueux et voué, par principe, à la disparition avant d’avoir analysé avec quelque soin la façon dont il était mis en œuvre à Athènes et les justifications qu’en donnaient les démocrates. »

    > l’argument de la compétence - ou de l’incompétence de représentants tirés au sort plutôt qu’élus (c’est de cela qu’il s’agit, j’insiste sur ce point) - n’est pas nouveau, et nous allons donc voir qu’il est bien moins pertinent qu’il n’y parait de prime abord.

    (...) « Une étude du tirage au sort à Athènes s’impose à double titre. Non seulement l’emploi du sort est l’un des traits distinctif de la démocratie dite directe, mais encore, comme les Athéniens utilisaient parallèlement l’élection et le sort, leurs institutions constituent un terrain privilégié pour comparer les deux méthodes de sélection. »

    (...) « Les magistrats en général, qu’ils fussent élus ou tirés au sort, n’exerçaient pas un pouvoir politique majeur ; ils étaient avant tout des administrateurs et des exécutants. Ils instruisaient les dossiers, convoquaient et présidaient les instances qui décidaient, puis mettaient leurs décisions à exécutions. Mais ils ne détenaient pas ce qui est considéré comme le pouvoir suprême : ils n’opéraient pas les choix politiques décisifs. Ce pouvoir était dévolu à l’Assemblée et aux tribunaux. Le contraste avec les représentants modernes est, à cet égard, flagrant. »

    > Ce qui dissipe un malentendu largement répandu lorsque l’on parle, de nos jours, de tirage au sort : il ne s’agit pas de remplacer les élections par le tirage au sort, de sorte que le gouvernement sera constitué par les tirés au sort ; en fait, les tirés au sort n’ont qu’un pouvoir d’administration et d’exécution, pas de décision : c’est l’Assemblée du peuple qui prend les décisions politiques. Le suffrage universel prend, dans cette configuration, tout son sens, car le peuple décide de façon directe, après débats et délibérés.

    (...) « Pour comprendre le lien que les Athéniens établissaient entre le tirage au sort et la démocratie, il faut tout d’abord faire intervenir un principe capital de la culture démocratique grecque : le principe de la rotation des charges. (...) Le principe cardinal de la démocratie n’était pas que le peuple devait être à la fois gouverné et gouvernant, mais que tout citoyen devait pouvoir occuper tour à tour l’une et l’autre position. (...) L’alternance du commandement et de l’obéissance formaient même, selon Aristote, la vertu ou l’excellence du citoyen.

    > Notons au passage qu’Aristote, comme beaucoup de philosophes de l’époque, étaient des opposants à la démocratie, et défendaient le plus souvent des formes de gouvernement aristocratiques, s’estimant eux-mêmes meilleurs que leurs concitoyens.

    (...) » L’alternance du commandement et de l’obéissance était aussi un mécanisme producteur de bon gouvernement. Elle visait à engendrer des décisions politiques conformes à un certain type de justice, la justice démocratique. Dans la mesure où ceux qui commandaient un jour avaient obéi auparavant, ils avaient la possibilité de prendre en compte, dans leurs décisions, le point de vue de ceux à qui ces décisions s’imposaient. Ils pouvaient se représenter comment leurs commandements allaient affecter les gouvernés, parce qu’ils savaient, pour l’avoir expérimenté eux-mêmes, ce que c’est que d’être gouverné et d’avoir à obéir. Mieux encore, les gouvernants avaient une incitation à tenir compte du point de vue des gouvernés : celui qui commandait un jour était dissuadé de tyranniser ses subordonnés, parce qu’il savait qu’il devrait, un autre jour, leur obéir.« 

    > La vertu du tirage au sort est ainsi simple à comprendre : elle est le produit naturel de cette situation où le citoyen se voit tour à tour mis en position de gouverner et d’être gouverné, ce qui établit, par construction, une égalité politique de fait entre tous : compétent et incompétent, vertueux et vicieux, homme et femme, ouvrier et patron, jeune et vieux, riche et pauvre, ... tous ont les mêmes probabilité d’être tiré au sort pour exercer, pendant un temps déterminé (court) une parcelle de pouvoir et de responsabilité. Et c’est justement ce procédé qui assure l’égalité en pratique, ainsi que la représentativité réelle de la société (par la loi des grands nombres).

    (...) Les Athéniens reconnaissaient la nécessité de compétences spécialisées dans certains cas, mais la présomption générale allait en sens inverse : on estimait que toute fonction politique pouvait être exercée par des non-spécialistes, sauf s’il y avait des raisons manifestes de penser le contraire. On supposait en effet que si des professionnels intervenaient dans le gouvernement, ils y exerceraient de fait une influence dominante. Les Athéniens avaient sans doute l’intuition que dans une structure d’action collective la détention, par certains acteurs, d’un savoir ou d’une compétence que les autres ne possèdent pas constitue par elle-même une source de pouvoir et qu’elle confère à ceux qui sont compétents un avantage sur ceux qui ne le sont pas, quelle que soit par ailleurs la définition formelle de leurs pouvoirs respectifs. (...) La sélection par le sort garantissait donc que les individus exerçant les fonctions de magistrat ne disposaient pas du pouvoir supplémentaire que confère une compétence particulière. »

    C. De la vertu d’un peuple directement concerné par l’exercice du pouvoir.
    J’arrête ici les citations pour vous faire ma propre argumentation. Vous considérez que 99% de la population est incapable de s’occuper de questions de politique et incapable de gouverner, qu’ils ne sont ni intéressés, ni motivés, ni ne disposent des ressources intellectuelles et culturelles pour exercer leur fonction de citoyen. Vous omettez de chercher les raisons qui font qu’apparemment, les gens se fichent de ces questions trop sérieuses pour eux. Ils n’ont pas la volonté de se mêler de politique, pensez-vous, mais pourquoi ? Le VOULOIR est à mon avis tributaire du POUVOIR, ou de façon plus subtile, du SENTIMENT de pouvoir agir.

    C’est lorsque nous avons le sentiment de pouvoir changer les choses que le processus du vouloir se met en mouvement. A contrario, lorsque nous avons le sentiment de ne pas pouvoir, lorsque nous ressentons un sentiment d’impuissance, la volonté est anesthésiée. Il s’agit d’un processus psychique facile à observer et à démontrer.

    Ce n’est pas un hasard si les principes de l’industrie du consentement, qui sont au cœur du système des gouvernements prétendument représentatifs, ont pour résultat de diffuser un fort sentiment d’impuissance dans la conscience collective. L’idée est de maintenir l’esprit des peuples dans un état psychologique dit « enfant », afin que nous nous tournions inconsciemment vers ceux que nous identifions à des « parents », ou leur équivalent collectif : les gouvernants.

    La conséquence tragique de cette saloperie qu’est l’industrie du consentement, c’est qu’on en arrive à vouloir que ce soit le gouvernement qui règle nos problèmes, et surtout pas nous-mêmes ! (de la même façon que, enfants, nous nous tournions vers nos parents pour résoudre les problèmes qui nous semblaient insurmontables). Nous sommes persuadés que nous sommes incompétents, incapables de prendre notre destin collectif en main, incapables de gérer la chose publique (la république).

    Qui plus est, nous avons bien conscience que la politique, telle que nous l’observons à travers le prisme des gouvernements prétendument représentatifs, ne consiste qu’en une perpétuelle lutte pour le pouvoir, faite de vilénies, de tromperies, de trahisons, de corruptions diverses et variées. Nous n’en voulons pas, car instinctivement, nous savons cela destructeur : nous en arrivons à la conclusion que "mieux vaut ça pour ceux qui veulent le pouvoir que pour moi". Et ainsi, nous acceptons le status quo, qui a l’immense avantage de nous permettre de râler, de nous plaindre, de trouver des boucs émissaires, bref, tels des gosses immatures, nous préférons râler sur nos parents de substitution que sont les élus plutôt que nous émanciper d’eux.

    En rendant son pouvoir au peuple, en le responsabilisant, on contribue à inverser la tendance, et cela d’autant plus que, directement concerné par les sujets qu’ils auront à prendre en charge, ils y mettrons toute leur volonté et toutes leurs capacités, se rendant, par nécessité, compétents. Je trouverai toujours curieux et suspect l’idée qu’il est préférable de déléguer son pouvoir et sa responsabilité à une minorité de gens prétendument compétents, plutôt que de faire en sorte que tous se montrent compétents, et ait directement intérêt à l’être ou à le devenir. Aucune société humaine ne peut progresser sans responsabilisation de tous ses acteurs.

    Il y a encore plus à en dire, mais j’ai déjà été assez long.

    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 14 juillet 2012 14:15

    @ Scual

    Mon intervention ne visait pas à démontrer que vous êtes « le méchant », mais que vous n’êtes pas démocrate. Votre conception du pouvoir est éminemment oligarchique, ou en tout cas aristocratique (ce qui in fine donne toujours lieu à une oligarchie). Comme vous vous faites le défenseur des conceptions oligarchiques du pouvoir, ennemies de la démocratie, vous vous positionnez en ennemi de la démocratie, et c’est donc en ces termes que je vous répond. Or, cette oligarchie perfide, déguisée depuis deux cent ans en "démocratie représentative" (oxymore) exerce son pouvoir sur nous depuis trop longtemps et avec trop de perversion et de trahison. N’espérez tout de même pas, dès lors que vous défendiez l’indéfendable, que je vous frotte dans le sens du poil. Toutes les idées ne se valent pas, et les vôtres sont indignes de l’idéal humaniste qui doit prévaloir, aujourd’hui plus que jamais.

    Un citoyen est une personne qui vote elle-même pour (ou contre) les lois qui sont proposées pour gérer la vie en commun. Dans le « gouvernement (prétendument) représentatif », le peuple n’est pas citoyen, il est électeur, c’est-à-dire qu’il a juste le droit de choisir, parmi un petit panel de candidats qu’il n’a pas lui-même choisit (ils sont choisis par les partis), le maître qui décidera de tout à sa place, sans consulter le peuple (ou lorsqu’il le consulte, sans en tenir compte si cela ne va pas dans son sens - cf. TCE), sans avoir de compte à rendre (pas de mandat impératif), sans risque d’être révoqué s’il trahis peu ou prou ses engagements électoraux (pas de révocabilité permanente des élus) et cela pour cinq ans. Et on appelle cela « démocratie » ? On se fout de notre gueule !

    Nous n’avons pas besoin, en tant que citoyen, de tout savoir sur tout. Ce n’est pas du tout cela que j’ai dis (c’est cela que vous feignez de comprendre pour tenter de discréditer mon point de vue, mais je ne suis pas dupe). Ce que je dis, c’est que tout le monde, à peu de chose près dispose de capacité à se rendre compétent dans un domaine particulier afin de gérer une question relative à ce problème particulier. Cela s’est déjà vu, dans le cadre de commissions citoyennes tirées au sort, de citoyens non spécialisés, devant rendre un rapport déterminant sur des questions concernant les OGM, et cela dans un pays d’Afrique. Si des citoyens africains sont capables de s’emparer de sujets pointus comme celui de la technologie des OGM, de devenir compétent en écoutant les experts des industries (pro OGM) comme les experts indépendants (opposés aux OGM), et de se former une opinion indépendante, alors je ne vois pas en quoi une commission d’électeurs français (ou belges, ou allemands, ou bulgare, ...) n’en serait pas capable.

    Je suis même certain que cette commission de citoyens sera bien plus compétente, à la fin de ses travaux, sur la question posée, que n’importe quelle commission parlementaire d’élus (dont on peut aisément vérifier l’assiduité par leur non présence à l’assemblée, pour bon nombre d’entre eux). Donc, votre argumentaire « NON, nous pouvons pas être expert en tout », ne vaut rien : ce n’est qu’un épouvantail utilisant le premier stratagème de la dialectique éristique (cf. Schopenhauer). Vous avez une vision grossière et péjorative de la démocratie et du peuple. Vous vous en excluez vous-même et ce n’est sûrement pas à votre honneur.

    Votre continuez dans le même sens, en prétendant que c’est moi qui mépriserait le peuple en niant leurs savoir. A nouveau, mensonge interprétatif. Il ne s’agit pas de cela. Dans une démocratie, tout le monde est amené, potentiellement, sur base des mêmes chances statistiques (mécanisme égalitaire du tirage au sort) a exercer une responsabilité au sein de l’organisation politique, d’exercer un certain pouvoir (limité dans son étendue et dans le temps, pour éviter les abus de pouvoir). Chacun est donc en mesure de se rendre compétent pour exercer cette charge. Maintenant, il existe plusieurs possibilités dans le tirage au sort, par exemple, celui-ci peut être sur base du volontariat (seuls sont tirés au sort ceux qui se portent volontaires - ou se sentent la capacité et la volonté d’exercer une charge). C’était notamment le cas à Athènes il y a 2500 ans. Nous ne sommes donc pas dans l’arbitraire. Et les connaissances spécifiques des uns et des autres ne sont nullement remises en cause. Par contre, ce qui est remis en cause dans le tirage au sort, par rapport au gouvernement (prétendument) représentatif, ce sont les connivences, les conflits d’intérêts, le lobbying, la corruption active ou passive, le clientélisme, bref, tous les vices inhérents à l’oligarchie.

    Et de poursuivre dans votre délire sur le même ton, en en rajoutant toujours plus. Je vous laisse là à vos diatribes. Elles ne me concernent pas.

    Pour votre dernier argument, vous dites « rien ne garantit que les tirés au sort seront compétent ». Sans doute, mais qu’est-ce qui garantit que les élus le sont ? Et qu’est-ce qui garantit qu’ils seront non seulement compétent, mais honnêtes  ? Et qu’est-ce qui garantit qu’ils agiront en fonction de l’intérêt général et non en fonction d’intérêts particuliers (les leurs ou ceux de leurs sponsors) ? Vous voudriez vraiment nous faire croire que toute cette clique d’élus sont tous compétents, honnêtes, vertueux ? Vous vous fichez du monde, ou quoi ? Dans tous les cas, dites-moi donc, s’ils sont si compétents que cela, tous vos « experts » élus, comment se fait-il que nous soyons en crise quasi permanente depuis des lustres - que dis-je, depuis des décennies ?

    Un petit rappel des faits :

    En 1973, alors que la présidence étasunienne est plongée dans la crise du Watergate, survient la guerre du Kippour entre Israël et une coalition entre l’Egypte et la Syrie, ce qui entraînera la crise du pétrole, lorsque l’O.P.E.P. décidera l’année suivante de quadrupler le prix de l’or noir, plongeant le monde dans une récession économique durable (la même année, le groupe anglais Pink Floyd sortira son album The Dark Side of the Moon, aux relents prophétiques, notamment à travers sa sixième plage intitulée Money). Le 11 septembre 1973, au Chili, le gouvernement socialiste du Président Salvatore Allende est violemment renversé par un putsch militaire dirigé par le Général Pinochet, et soutenu par la C.I.A. et les « Chicago boys », des disciples de l’économiste étasunien Milton Friedman, qui en profitent pour inaugurer le premier laboratoire grandeur nature de leur projet « libéral » ultra capitaliste (que la novlangue a appelé pudiquement « ultra libéral »).

    En 1979, c’est la révolution iranienne, qui débouchera sur le second choc pétrolier, et incidemment sur la guerre entre l’Iran et l’Irak qui durera près de dix ans.

    En 1989, chute du Mur de Berlin et effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est. Le capitalisme triomphant s’impose partout et lâche ses chiens sur l’économie mondiale. Suite à cela, crises monétaires et financières à répétition : Junk Bonds (1989), bulle spéculative japonaise (1989), invasion du Koweït et bulle sur le pétrole (1990), crise du système monétaire européen suite au référendum français sur le traité de Maastricht (1992 - 1993), brusque correction du marché obligataire (1994), crise économique mexicaine (1994), crise asiatique (1997), crise économique au Brésil (1997 - 1998), quasi-faillite du Hedge fund « Long Term Capital Management » (1998), crise des taux d’intérêts en Turquie (2000), bulle d’internet (2000), attentats du 11 septembre (2001), Junk bonds, encore (2001), crise économique en Argentine, agrémenté d’une course aux guichets (2001), crise sur les marchés obligataires au Brésil (2001), crise des Subprimes (2007), entraînant une crise systémique mondiale majeure (2008 à ?), crise de l’Euro (2010).

    En 1973, alors que la présidence étasunienne est plongée dans la crise du Watergate, survient la guerre du Kippour entre Israël et une coalition entre l’Egypte et la Syrie, ce qui entraînera la crise du pétrole, lorsque l’O.P.E.P. décidera l’année suivante de quadrupler le prix de l’or noir, plongeant le monde dans une récession économique durable (la même année, le groupe anglais Pink Floyd sortira son album The Dark Side of the Moon, aux relents prophétiques, notamment à travers sa sixième plage intitulée Money). Le 11 septembre 1973, au Chili, le gouvernement socialiste du Président Salvatore Allende est violemment renversé par un putsch militaire dirigé par le Général Pinochet, et soutenu par la C.I.A. et les « Chicago boys », des disciples de l’économiste étasunien Milton Friedman, qui en profitent pour inaugurer le premier laboratoire grandeur nature de leur projet « libéral » ultra capitaliste (que la novlangue a appelé pudiquement « ultra libéral »).

    En 1979, c’est la révolution iranienne, qui débouchera sur le second choc pétrolier, et incidemment sur la guerre entre l’Iran et l’Irak qui durera près de dix ans.

    En 1989, chute du Mur de Berlin et effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est. Le capitalisme triomphant s’impose partout et lâche ses chiens sur l’économie mondiale. Suite à cela, crises monétaires et financières à répétition : Junk Bonds (1989), bulle spéculative japonaise (1989), invasion du Koweït et bulle sur le pétrole (1990), crise du système monétaire européen suite au référendum français sur le traité de Maastricht (1992 - 1993), brusque correction du marché obligataire (1994), crise économique mexicaine (1994), crise asiatique (1997), crise économique au Brésil (1997 - 1998), quasi-faillite du Hedge fund « Long Term Capital Management » (1998), crise des taux d’intérêts en Turquie (2000), bulle d’internet (2000), attentats du 11 septembre (2001), Junk bonds, encore (2001), crise économique en Argentine, agrémenté d’une course aux guichets (2001), crise sur les marchés obligataires au Brésil (2001), crise des Subprimes (2007), entraînant une crise systémique mondiale majeure (2008 à ?), crise de l’Euro (2010).

    Vos experts, ils sont d’une compétence, c’est indéniable ... smiley Ce serait rigolo, si ce n’avait pas des conséquences tragiques et inacceptables (guerres, famines, accroissement de la pauvreté et des inégalités, esclavage, criminalité, etc.). Oui, vraiment, votre oligarchie d’experts compétents, elle sent la merde, Scual. La merde !

    Il est l’heure du grand nettoyage.

    Morpheus
    (un incompétent qui a arrêté l’école à 16 ans et n’est spécialiste en aucun domaine, mais capable de faire la différence entre une démocratie et son stricte contraire)



  • Morpheus Morpheus 13 juillet 2012 17:09

    @ Scual

    Vous dites « Vous voulez me faire passer pour un type suffisant qui s’estime supérieur à ses concitoyens ? » En réalité, j’ai titillé votre amour propre en vous faisant remarquer que votre attitude, en effet, pouvais être arrogante. Votre réponse montre que j’avais raison : vous êtes arrogant et vous le dites d’emblée : « Effectivement je me sens largement plus compétents que 99% de la population ». Je crois que l’essentiel de votre intervention trouve dans cette première phrase tout son sens.

    Mais le problème, voyez-vous, c’est que je ne vous crois pas, moi, plus compétent que 99% de la population. Et il semble même que vous-même, inconsciemment, ne vous croyez pas si supérieur que cela aux autres. Si vraiment vous vous estimiez si supérieur, vous ne perdriez pas votre temps à venir vainement faire la leçon à tous les cancres qui hantent si effrontément les blogs et autres forum du net. Mais vous êtes là, et vous passez beaucoup de temps pour vous défendre, notamment de mes attaques (pas si méchantes que cela, au vrai).

    L’arrogance et la vanité ne sont toutefois pas des défauts incorrigibles. Ces tares sont avant tout l’expression d’une impuissance, l’expression d’un besoin ignoré et non conscientisé que chacun se montre à vote niveau, ce que ne rencontrant pas dans vos échanges avec vos voisins et voisines, vous fait dire - à tort - que vous êtes supérieur.

    Notez que vous êtes prudent : vous précisez que vous êtes supérieur à votre voisine dans le domaine de la politique, mais qu’elle l’est sur vous dans le domaine de la coiffure. C’est dire la hauteur de votre morgue et de votre mépris à l’égard du peuple. Je pourrais me contenter d’en terminer là, car il va sans dire que ce constat vous disqualifie d’office pour exercer un quelconque mandat dans une démocratie (mais pas, bien entendu, dans une oligarchie). Mais ce ne serait pas suffisant pour vous clouer le bec.

    Votre rhétorique n’a en effet absolument rien d’original : chacun sa spécialité et les vaches seront bien gardée. La spécialisation. Ainsi, chacun étant compétent dans son petit pré carré, tout le monde est incompétent dans les domaines de la gestion de l’organisation sociale, puisque celle-ci requiert une vision d’ensemble, une compréhension des interactions et des interdépendances, et une capacité d’appréhender sans cesse des angles de perception des phénomènes différents : la porte ouverte aux incompétents, donc ... Seuls quelques « experts » autoproclamés seraient en effet à même d’accomplir cette tâche, bien entendu pour le plus grand bienfait de tous et de façon totalement vertueuse et désintéressée. Quel tableau idyllique ! Mais un tantinet féodal, tout de même.

    En effet, qu’est-ce qui différencie votre ordre social de celui imposé par la noblesse et le clergé féodal ? Rien. Une classe gouvernante élue (on choisit nos maîtres, quelle avancée démocratique, rendez-vous compte ...), une classe cléricale (les experts « conseillers économiques » de l’orthodoxie néo-libérale prêchant le catéchisme enseigné dans les temples capitalistes de l’école autrichienne, à Londres, Paris ou Chicago), ... et le tiers état, cette classe taillable et corvéable à merci qui ferait mieux de la fermer et d’écouter ce que les bons maîtres disent, car ils savent, eux.

    Le catéchisme de la spécialisation et de la compétence dont vous faites l’étalage n’est que le prolongement de cette rhétorique élitiste qui soutient, depuis toujours, les principes de l’oligarchie. La spécialisation, dans un monde intrinsèquement interdépendant, doit être bannie de la connaissance holistique, car elle est le nerf de toutes les perversions de notre société. Voilà bien là une réalité qui échappe, hélas, à votre conception paternaliste et étriquée.

    La démocratie n’a non seulement pas besoin de votre prétendue compétence, mais elle a, au moins, la sagesse de la considérer comme nuisible à l’intérêt général, non dans les connaissances dont vous pourriez faire étalage (encore que j’attends de voir), mais dans la prétention de savoir mieux que les autres - et a fortiori de savoir mieux que les autres ce qui est bon pour eux. Car, cher Monsieur, oui, le quidams du peuple peuvent vous en remontrer en matière de gestion de l’intérêt général, et ce sur des domaines aussi pointus que la question des OGM, des centrales nucléaires ou de la géostratégie. Bien entendu, il faut pour cela leur en donner l’occasion, et pas pour la galerie ! Commissionnez les avec un réel pouvoir d’action, et ils se feront compétents, en dépit de toute votre prétendue supériorité, et en dépit de tout votre mépris.

    La démocratie n’a nul besoin de « représentants compétents » : elle a besoin d’institution solides (une Constitution écrite par une assemblée constituante tirées au sort, dont les membres se rendent de facto inéligibles aux fonctions qu’ils instituent, de telle sorte qu’il n’y ait aucun conflit d’intérêt) qui garantissent que les représentants seront vertueux et s’appliqueront à remplir leur mission de façon compétente et pour le grand bien de tous. Voilà ce dont la démocratie à besoin. Des personnes compétentes ne sont ni vertueuses ni fiables par construction. La compétence n’est nullement gage de droiture. Et l’attitude consistant à considérer que la vertu (des représentants) serait la norme et le vice l’exception, voilà bien là une énormité abyssale, pour reprendre vos mots.

    Il n’y a plus guère de remède au mal, quand les vices d’hier sont devenus les mœurs d’aujourd’hui, écrivit Sénèque. En effet, lorsque le système est la corruption, inutile d’attendre de lui qu’il corrige la corruption.

    Votre défense de l’oligarchie aurait à la rigueur son sens, notamment dans votre dernier paragraphe, si elle ne faisait la confusion entre la politique au sens de politikè et la politique au sens de politeia. Mais visiblement, vous ignorez - ou vous feignez d’ignorer (volontairement ?) cette différente fondamentale. Cet « oubli » est coupable. En démocratie, seule la politeia est de rigueur, et elle seule définit le sens politique. Et ce sens est la compétence directe et inaliénable du peuple, dans son ensemble, à gérer les affaires publiques, non celle d’une clique de prétendus experts.

    Comprenez donc bien, cher Monsieur Scual : nous, les démocrates, nous ne voulons plus de vos principes oligarchiques, et si vous refusez de nous laissez le droit d’exercer notre citoyenneté, nous n’aurons d’autre alternative que de vous bannir de la vie politique.

    Cordialement,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 12 juillet 2012 20:30

    La tarte à la crème, c’est toi qui devrait te la prendre, mon pote. Je vais t’envoyer le Gloupier smiley

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