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Morpheus

Morpheus

Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.

Tableau de bord

  • Premier article le 30/11/2010
  • Modérateur depuis le 07/01/2011
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Derniers commentaires



  • Morpheus Morpheus 7 juillet 2012 15:03

    Difficile de s’assoir sur un contenant dans lequel on réside et par lequel on existe ... smiley



  • Morpheus Morpheus 7 juillet 2012 14:28

    @ Anaxandre

    L’humanité est peut-être mystique depuis ses origines, mais pas religieuse  ; la religion n’apparait qu’avec les cités-états, donc il y a entre 6 et 8000 ans. Bien loin de l’âge de l’humanité.

    Le phénomène religieux stricto sensu est le fruit de la civilisation (le fait de vivre dans les cités, de façon sédentaire - et en décalage avec les rythmes naturels, plutôt que nomade - nécessairement en rythmes avec la nature.

    Cordialement,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 7 juillet 2012 14:19

    @ Anaxandre

    J’aimerais bien que l’on puisse dire que nous sommes le fruit de la civilisation hellénistique, plutôt que judéo-chrétienne, hélas je crains que cela ne soit pas du tout le cas.

    Même dans les pays laïques, les paradigmes éthiques et moraux, comme bon nombre de principes inscris dans les lois, sont issus de la morale judéo-chrétienne. Même les plus agnostiques, sans s’en rendre toujours compte, régissent en fonction de ces paradigmes, « pensées derrière la pensée », simplement parce qu’ils (les paradigmes judéo-chrétiens) imprègnent l’inconscient collectif depuis plus de 3000 ans.

    Si nous étions une civilisation principalement inspirée par la civilisation hellène, nous ne serions pas outré par la nudité, nous consacrerions autant l’Épicure que l’Ascèse, nous saurions que l’élection n’est pas démocratique mais oligarchique ... Mais nous nous offusquons de la vision d’un sexe - là ou la nudité ne posait pas problème aux anciens grecs, et nous appelons « démocratie » son stricte contraire ...

    J’espère que cela va réellement changer, mais il faudra encore du temps (et j’espère, pas trop de larmes ni de sang).

    Cordialement,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 7 juillet 2012 13:58

    Pour prolonger ma réflexion sur le sujet de cet article, je voudrais rajouter ceci.

    Si le miracle se caractérise par son caractère exceptionnel, imprévisible et inexplicable, il est aisé d’admettre que toute interprétation du dit phénomène relève du besoin de donner un sens à ce phénomène : ce besoin de faire sens est naturel et légitime.

    Le sens ainsi donné, répondant à une impulsion affective, va nécessairement être imprégné par la grille d’interprétation personnelle du réel de la ou des personnes qui sont confrontées à ce phénomène. Or, les grilles d’interprétation du réel sont multiples et pas toujours compatibles : la grille scientifique d’interprétation du réel est notamment en conflit avec toute une série d’éléments de la grille d’interprétation du réel de la plupart des religions.

    La question est : qu’est-ce qui influence l’interprétation d’un phénomène relevant de l’inexplicable ? La réponse est assez simple : chacun cherchera à faire sens par rapport à ses propres paradigmes. La science cherchera à interpréter selon les connaissances scientifiques, en chimie, en physique, en biologie, en astronomie, etc. ; la religion va quant à elle chercher à interpréter le phénomène en fonction de ses propres paradigmes, théologiques, mythologiques, cosmogoniques, voir métaphysiques.

    Prenons un cas spécifique, qui ne relève pas du miracle proprement-dit, mais plutôt de l’expérience dite “mystique”. Voici le récit de l’expérience dont il est question pour l’exemple (il est authentique, c’est de mon propre témoignage qu’il s’agit) : http://www.noesis.ch/temoignage/emc/

    Vous admettrez qu’une telle expérience est de nature à marquer durablement la psyché de l’individu qui la vit. Maintenant, quel sens donner à cette expérience ? Vous allez vite vous rendre compte qu’il est possible de faire rentrer cette expérience dans bien des grilles de lecture : un chrétien convaincu sera persuadé avoir “rencontré Dieu” et avoir “plongé dans Sa Lumière” ; un kabbaliste pourra y voir une “communion avec la Sephira Tiphereth”, voir même – pourquoi pas ? – Chokmah ; un théosophe y verra un “contact directe avec la divinité intérieure” ; un étudiant du phénomène d’abduction pourrait y voir une “expérience positive d’abduction par des entités extra-terrestres” ; un adepte du new-age y verra sans doute un “contact avec un plan d’existence supérieur et des entités ascensionnées” tandis qu’un scientifique appellera cela prudemment une “expérience de conscience modifiée”.

    Comme l’expérience n’est pas renouvelable (j’ai essayé sans succès), est imprévisible (c’était pas prévu au programme de l’initiation à cette méthode de méditation) et ne peut trouver aucune explication satisfaisante, toutes ces explications se valent, jusqu’à ce que nous disposions de plus d’éléments de compréhension du phénomène. Autant dire que si toutes ces explication se valent, aucune n’est vraiment satisfaisante, et aucune n’est plus valable qu’une autre.

    Je (on) peux donc faire dire à cette expérience absolument TOUT CE QUE JE (ON) VEUX.

    Vous admettrez donc que de faire usage de pareilles expériences pour accréditer telle ou telle mythe est, au mieux un parti prix audacieux (téméraire ?), au pire une manipulation idéologique visant à la propagande. Comme en matière d’idéologie (politique ou religieuse), il faut s’attendre au pire, l’attitude la plus prudente et la plus sage est, à mon avis, le scepticisme.

    Cordialement,
    Morpheus

    PS : à ce jour, je n’ai aucune explication satisfaisante à cette expérience, qui reste simplement une expérience magnifique ayant durablement marqué ma psyché.



  • Morpheus Morpheus 7 juillet 2012 13:53

    Je suis bien d’accord avec l’idée que l’on puisse critiquer la zététique, “science du doute”, et donc douter, par exemple, de l’objectivité de l’un ou l’autre de ses intervenants. Ce doute est légitime.

    A contrario, il me semble douteux de prétendre vouloir démontrer la “réalité scientifique” de tel ou tel miracle, tout en précisant que ce qui fait un miracle – ce qui le définit et le caractérise – c’est son caractère exceptionnel, unique et non reproductible. Nous sommes là devant un cas typique d’impossibilité ontologique : on peut difficilement étudier les cas de “miracles”, car ceux-ci, n’étant pas reproductibles et se produisant de manière non prévisible, ne peuvent pas être observés, du moins scientifiquement.

    En outre, les personnes attachées à la réalité miraculeuse, qui n’aimeraient pas que l’on démontre que ce qu’ils appellent “miracle” peut trouver une explication scientifique (ce qui enlève le caractère miraculeux du phénomène), ne sont généralement pas enclines à accepter les preuves qui vont à l’encontre de la thèse miraculeuse. C’est compréhensible, puisqu’on touche à une conviction d’ordre religieuse, voir mystique, mais cela ne renforce pas le caractère objectif de leur opinion.

    En dernière analyse, l’objectivité même constitue une impossibilité ontologique, puisque nous sommes dans un univers par nature relatif. Il existe certainement des phénomènes qui ne trouvent pas (encore) d’explication dans le champs – effectivement limité – de la connaissance scientifique ; comme le dit Matthieu Ricard dans “L’infini dans la paume de la main” : “La science est fondamentalement limitée par les domaines qu’elle a elle-même définit”. Cela étant, la propension des promoteurs de telle ou telle religion sont prompt à détourner à leur avantage (à imposer leur propre grille de lecture, basée sur des croyances et des hypothèses impossibles à réfuter, car hors du champs d’observation scientifique) pour étayer leurs mythes, et renforcer la croyance.

    Si le domaine de la science est fondamentalement limité par les domaine qu’elle a elle-même définit, il en va de même de la religion. Par conséquent, la religion est elle-même fondamentalement limitée par le domaine de la croyance (appelé à tort ou à raison “foi”), c’est-à-dire … non vérifiable, non prouvable, non démontrable. Un scientifique (qu’il soit zététicien ou non) a donc toute légitimité pour (tenter de) démontrer qu’un phénomène qualifié de miraculeux s’explique scientifiquement (et donc lui enlever son caractère miraculeux), à contrario, le religieux ne peux pas démontrer, par la science, que le phénomène qu’il qualifie de miraculeux relève de la réalité scientifique  : au mieux, il peux contredire le sceptique en démontrant que sa méthodologie n’est pas scientifiquement valable.

    Cordialement,
    Morpheus

    (c/c de ma réponse au même article publié sur Enquête & Débat)

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