- 1. Formation imposée "obligatoire" (comme la visite médicale en 6è/5e pour vérifier que les Rou...euh, bref, comme... aller faire le contrôle technique de la caisse ou demander un remboursement aux assedics...)
- 2. pour un public qui n’en voit pas l’intérêt ni le besoin d’un point de vue professionnel (voire sans doute même pire pour les agents : comme une menace de dégradation des conditions de travail : "t’fa vwar ! D’abord ils nous forment sur leur *%$ de logiciel, ensuite, y nous disent : "ah, ben maintenant que vous savez l’utiliser, c’est vous qu’allez vous en occuper à présent, comme ça les X du département Y seront plus libre de faire Z !" et sans payer un rond de plus ou nous donner du temps...Ca puire l’arnaque, j’vous dis !" :->
Quand au sommet de la hiérarchie, ils ont de la valetaille pour faire ce genre de truc, ou ils font appel à un spécialiste (comme un agent "formé") en cas de besoin...Alors, la motivation du stage relève plus du spectacle qu’autre chose ... "tiens, j’ai rien à faire, je vais aller voir le petit jeune s’enthousiasmer sur son clavier et sa souris une heure, ça va me détendre un peu- et puis l’autre *%$@ ne viendra pas me casser les pieds !"
- 3. J’imagine que les stages se font sur place (genre 2h par semaine ou version analogue) donc sur le lieu de travail, sur le temps de travail => oubli du cours, priorités professionnelles ("Saperlipopette ! j’ai oublié de trouglouter le bitonio du 3è ! Bah, tant pis, j’irai au cours la semaine prochaine !" :/) ou "quoi, c’est MWA qui présente le dossier cet aprem’ ?!! même résultat !)
Pour changer ce genre de problème, il faut commencer par travailler le/la DRH en priorité, ce sont eux qui éventuellement peuvent taper du poing sur la table pour dire que ça représente une masse de sous qui est jettée par les fenêtres, que si ça continue, les absents seront mis en dernière position de liste d’attente pour les autres formations ou évènements organisés par leur département etc...Les menaces quoi !
Ensuite de votre coté, il faut impérativement trouver un ou des trucs, angles d’approche pour apprivoiser les publics concernés et leur montrer l’intérêt, ce qu’ils ont à y gagner avec ces stages, quitte à faire dans le cabotin (genre petits gateaux ou astuce bonus pour épater les souris avec ses connaissances en informatique...) bref, les appâter à vouloir apprendre...
Et là c’est du boulot, et qui n’est pas garanti, car c’est vrai qu’il y certaines têtes de mules qui ont des quenottes de tigres aux dents de sabre !!!
En revanche, chaque converti(e) est une fierté en plus à mettre à ton tableau de chasse et souvent t’as des petits "cadeaux"...Une reconnaissance...
Je m’aventurerai à répondre affirmativement et catégoriquement au moins dans les PME et les TPE !
(Allez, soyons un peu fous !
D’abord, une petite correction : les modalités du DIF n’imposent pas que la formation se fasse sur le temps libre du salarié, c’est la situation "par défaut" et en fait, c’est la direction qui décide des modalités après consultation des élus DP ou CE.
Le DIF peut avoir lieu sur les horaires de travail et être payé comme tel ; en revanche, s’il a lieu en dehors des heures de travail, il est rémunéré à 50%, donc en plus du salaire de base si le salarié a fait ses heures contractuelles, donc premier coût d’au moins 50% de l’heure. Deuxième coût : celui de la mise en place du dispositif, et c’est là son talon d’achille jusqu’ici !
En effet, il faut déterminer aussi bien les besoins éventuels de l’entreprise à combler en termes de compétences que de connaître également ceux des salariés (ou également leurs envies, leurs préférences)
Cela demande un minimum de préparation (récolte et analyse des informations sur le dispositif en lui même, contacter entre autres l’OPCA, les DP/CE) ensuite il faut trouver des formations qui correspondent à des tarifs qui correspondent aux possibilités de financement offertes par l’ OPCA , à des horaires/périodes disponibles qui soient compatibles avec le fonctionnement de l’entreprise ou adaptées aux possibilité des salariés...etc.
Bref, rien de bien réjouissant pour un patron de PME ou TPE (lambda, j’entends, il y a des exceptions bien évidemment) qui a généralement d’autres chats à fouetter et d’autres soucis que de s’embringuer dans une montagne de paperasse en plus et toutes les petites misères qui vont avec (l’employé qui revient sur sa décision, qui est jaloux de la formation de son collègue, qui revient de son DIF pas satisfait, j’en passe et des meilleures..)
Le coût principal de départ n’est pas pour le salarié, mais bien pour la direction, en terme de temps et d’énergie (à minima, car bien souvent il faut demander à quelqu’un de prendre en charge le dispositif et coordonner le tout, ce qui peut très vite engendrer des heures sups !) , et il est bien difficile de leur faire comprendre que ce "coût" est valable essentiellement la première fois qu’ils mettent en place le dispositif et qu’ensuite ce coût est très réduit.
Sans compter que bien souvent, qui dit formation, dit amélioration des connaissances, diplômes, reconnaissance de compétences, donc porte ouverte à des demandes d’augmentation de salaires et autres joyeusetés que comme tout un chacun sait chaque responsable, directeur, employeur attend avec délectation, plaisir, impatience... :->
Et comme les salariés ne savent pas trop à quoi correspond cet OVNI là, ils n’incitent pas non plus leur direction à faire l’effort de mettre le DIF en route dans de très nombreux cas.
"à condition qu’elles ne soient pas démotivantes, ni dévalorisantes"
Là dessus, on est bien tous d’accord : respect et dignité pour tous avant toute chose, mais juste une petite remarque :
Pour info, données de 2006 pour la formation professionelle continue (organismes privés) :
env. 60 000 formateurs pour environ 49 000 non formateurs
chez les formateurs, seul 36% sont déclarés à temps plein, les autres sont à temps partiel, en cdd, en CDII (contrat intermittent) ou "occasionnels" (à la "pige", pour faire très court)
Donc un métier bien précarisé, quoi d’étonnant à voir que 73% des formateurs sont.... des formatrices (encore un secteur majoritairement féminin ET précaire ! Quelle surprise ! Ca en dit long sur la société française d’aujourd’hui et de l’ironie du MEDEF de nommer une femme à sa tête !!!) 71% des formateurs payésaux minima conventionnels de la branche sont dans le premier échelon pour les formateurs : 10.71€ de l’heure brute en 2008.
(source : FFP )
Pourquoi ces chiffres ? Pour vous rappeler que la qualité et l’investissement des formatrice(-eur)s dans la formation n’a des chances d’être vraiment présente que si ceux-ci en ont les moyens, en temps comme en argent de vivre et non pas de survivre en courant d’un site à l’autre jour après jour...Ou pour faire plus simple : les formateurs sont souvent précarisés et mal payés, demandez-leur combien ils gagnent par mois si vous ne me croyez pas, vous verrez par vous même...Comment s’étonner que les formations ne soient pas souvent tip-top... ?
PS : Les syndicat patronaux mettent en ce moment un maximum de pression afin de supprimer l’obligation d’accorder un temps de préparation de cours rémunéré aux formatrice-eurs, s’ils obtiennent gain de cause, la qualité des cours baissera encore plus, pas seulement parce que les cours seront moins préparés, mais aussi (et surtout) que ce temps "libéré" sera utilisé pour donner plus de cours aux formatrice-eurs, l’idéal révé par les patrons étant d’avoir des formateurs qui dispensent minimum une trentaine d’heures de cours par semaine sur des amplitudes allant de 8h à 20h00 du lundi au samedi, avec annulation des cours notifiée plus de 24h avant ni payées ni remplacées, avec un planning de travail transmis aux formatrice-eurs 48h avant sa mise en place !
Oui, les premiers échelons de l’entreprise ne font pas les premiers pas vers la formation en général, et le DIF n’est pas une exception..
J’ai pu constater différentes situations :
- Bas échelon, "bas" niveau d’"études" (je mets des guillemets à cause de phénomènes tels que le syndrome du "je n’ai pas mon bac" qui affectent des gens qui se retrouvent incapables de s’évaluer eux mêmes de relativiser l’absence de diplôme, et se dévalorisent énormément et refusent d’aller en formation)
Dans cette catégorie, on retrouve un certain nombre de gens avec des difficultés soit avec la lecture, soit avec l’écrit. Le problème est que demander à faire un DIF pour pallier ces lacunes, c’est admettre publiquement ET à sa hiérarchie, de surcroit, que l’on a des difficultés à écrire ou à lire.
De manière plus générale, il y a une appréhension que la demande soit associée à un aveu de faiblesse ou d’un manque qui nuirait soit à l’image, soit au poste ou encore au fonctionnement au quotidien (genre sobriquets, vannes et autres...)
C’est dans ce cas que la "politique" de l’entreprise devient absolument clé, si un traitement spécial n’est pas accordé à la communication et rien n’est fait pour donner confiance à ces salariés, jamais eux n’iront demander de formation...
Le problème, particulièrement en PME et TPE, c’est que c’est le genre de trucs qui prennent du temps à mettre en place et coûtent -en salaire et en temps pour celui ou celle qui va devoir s’occuper du dispositif. Or malheureusement peu de PME ont les ressources nécessaires, l’habitude en France étant bien souvent de travailler le plus à flux tendu que possible pour réduire les coûts et optimiser les heures de travail des salariés. Donc, à moins que ce soit un thème vraiment cher à la direction, pas de "cellule" DIF, pas de demandes...
C’est là ou la proposition de faxtronic d’ "ouvrir des centres de formation continue ouverts à tous" prend tout son sens. Malheureusement, pour ça, il va falloir persuader un max d’électeurs de mettre un coup de volant à gauche, car à priori, ça ressemble fort à une augmentation du nombre de fonctionnaires... (ouh le gros mot de l’année ! je l’ai dit ! ) On peut oublier dans le futur proche...
Deuxième cas :
- Bas ou Moyen échelon, niveau d’études non pertinent, entreprise qui "pousse" ses salariés sur des DIF limités en choix (1 ou 2 correspondant à un besoin perçu par la direction, mais pas reconnu par les salariés (à tort ou à raison d’ailleurs), comme je subodore être le cas auquel est confronté notre ami Hal man =>cours d’informatique en milieu hospitalier, si j’ai bien compris)
Là, généralement, on constate : la demande ne vient plus du salarié (première abbération pour la formation, et le DIF en particulier vu que c’est le Droit INDIVIDUEL à la Formation qui est concerné !), mais c’est bien uen "demande" de la direction, sur laquelle se greffe un sentiment d’obligation ("pff, faut que je me "farcisse" le stage à la *%§"
(’@ hal man, je ne pense pas que les salarié(e)s de l’hôpital sont entré(e)s en se disant "c’est chouette, comme ça je pourrai bénéficier de stages d’informatique, à l’embauche ),
Ce qui explique un manque d’intérêt , voire même un rejet du stage (car bien malheureusement, pour que la coupe soit pleine, l’amélioration des aptitudes du salarié après 21h de stage n’est pas souvent vraiment visible, donc pas source de reconnaissance ni de la direction, ni des collègues et encore moins de "récompense" financière à la clé -
"Eh, faut pas déconner non plus, déjà qu’on leur paie un stage, en plus, faudrait les augmenter !!! Z’êtes malades Ca ne pousse pas sur les arbres, les sous !!. Ils devraient déjà nous remercier de leur offrir des "vacances" payées à ne pas être à leur poste !" (oui, je caricature, mais bon...
Le problème, c’est que si le salarié n’est pas "acteur" de son DIF, ne fait pas partie prenante, où que la dynamique du dispositif se passe de lui et qu’il se sent traité comme un vulgaire poulet de batterie, il y a déjà peu de chance que le stage "prenne" et pratiquement aucune que les demandes augmentent...
Enfin, pour finir, on ne redemande que ce que l’on connait ou qui nous est familier : quelqu’un qui a connu une formation initiale qui l’a intéressé(e), ou qui a fait un stage qu’il (elle) a vraiment apprécié sera bien plus facilement à l’écoute, réactif(ve), ou encore aura plus de chance de "repérer" un stage (-ou même un droit à un stage !) que quelqu’un pour qui le scolaire est associé à "l’échec" ou à des mauvais souvenirs.
Mais je peux vous garantir que quelque soient les personnes, lorsqu’on réussit à leur faire prendre goût à ce qu’ils font dans le stage, ce qui n’est pas une mince affaire (plutôt même souvent de l’ordre du "miracle"), ils repartent avec une pêche d’enfer et s’informent presque toujours sur la possibilité de faire des stages dans leur ville, leur quartier...Que du bonheur quand ça arrive !
Je ne connais pas le système en place en Flandre, mais le problème actuel est moins l’accès à tous à la formation que l’information des dispositifs existants : les salariés, en particulier ceux des PME et des TPE ainsi que ceux dans les plus bas échelons de la "hiérarchie" de l’entreprise (les petites mains qui apparaissent ici et dans certains commentaires sous la dénomination de "les pauvres") ne connaissent du DIF que le nom, ce dispositif reste très abstrait, et donc fait d’autant moins l’objet de demande des salariés qu’un bon nombre d’employeurs n’en font pas la publicité. Si déjà ceux qui ont le droit au DIF en profitaient, ce serait un pas énorme en avant, aussi bien dans le secteur de la formation que pour les salariés eux-mêmes, car une fois qu’ils sont familiers avec ce dispositif, ils en redemandent...