Je dois dire qu’une chose me fait sauter au plafond : "En anglais, l’accent tonique est mobile, la phonétique de cette langue est de ce fait totalement irrationnelle, il faut pratiquement apprendre séparément la prononciation de chaque mot."
D’abord, la notion d’accent "mobile" me choque quelque peu, tout autant que la notion d’accent « libre » il me semble qu’il laisse entendre que l’accent tonique se balade au gré de l’humeur (ou besoin) du locuteur, alors qu’il est fixé aussi bien par convention que par la pratique, j’entends par là qu’ « on » ne peut pas le « déplacer ».
En fait, ce système est tellement « fixé » que si l’on ne respecte pas la position de l’accent, il devient très difficile, voire totalement impossible pour l’anglophone de retranscrire le mot et donc de le comprendre ! Et c’est là que se situe l’une des différences majeures avec le système français, dans lequel l’application d’un accent tonique sur une syllabe autre que la finale ne posera généralement nettement moins de problèmes de compréhension qu’en anglais, où cela s’avère pratiquement rédhibitoire pour la communication.
Plutôt que de parler de « mobilité » de « liberté » ou de « déplacer » l’accent, je crois qu’il serait plus prudent de dire que l’accent tonique peut , en anglais, tomber aussi bien en position initiale, médiane ou finale.
De là à affirmer péremptoirement que la phonétique de l’anglais est "totalement irrationnelle", franchement, je ne vous comprends pas…
D’une part, parce que c’est faux (et sur ce point, je vous invite à lire « Règles et exercices de prononciation anglaise » de Mr Lionel Guierre édité par Longman (ISBN 2-86644-078-1) (5.40€ sur price minister) où en 126 pages (petit format, gros caractères, je vous rassure, 3000 caractères par page maximum !) il passe en revue les règles de la prononciation (et donc la position de l’accent tonique) de l’anglais.
Ces règles sont efficaces pour près de 90% des 450 000 à 750 000 mots de l’anglais, on est loin de nager dans l’irrationnel ; dans le subjectif, pourquoi pas, mais c’est le propre de toute langue que d’être subjective.
De plus, cela signifierait qu’il serait impossible à un locuteur de langue maternelle, même à un bon niveau d’éducation, à la première lecture de placer correctement l’accent tonique sur un mot nouveau et inconnu, ce qui serait pour le moins incongru et bien peu pratique à l’usage.
Enfin, je trouve ce commentaire d’autant plus choquant qu’il vient d’un francophone, or coté « irrationnel », le français se pose là (je parle de la langue bien sûr…Mais je n’empêcherai personne de se moucher ), quelques exemples :
Pourquoi est ce que la Seine est féminin mais pas le Rhône ? Pourquoi dit on le Mexique ou le Mozambique mais la France ou la Martinique ?
Pourquoi diable un livre est il masculin alors que la feuille est féminine, l’arc masculin, mais la flèche et sa cible féminines ?..
Je vous mets au défi de me trouver une règle "rationelle" quelconque qui puisse expliquer et justifier la définition du genre des mots à plus de 75% de fiabilité en français.
Donc en suivant la logique que vous imposez, le sexe des choses (quid des anges ?) serait "totalement irrationnelle en français" !..?? Bigre !
Acrostiche apologue hémistiche écritoire haltère alvéole sont ils masculins ou féminins ? Les francophones qui ne connaissent ou n’utilisent pas ces mots auront de bonnes chances de se tromper.. D’aucuns me feront remarquer que je triche en tapant sur le genre des mots, alors que le sujet initial relève de la phonétique.
Bien, alors messieurs dames, je vous en prie, expliquez moi ce qu’il y a de rationnel dans :
- Benjamin et Alain, deux beaux brins de bruns, laissent des empreintes de parfum. Ca commence bien, cinq façons différentes d’écrire un même son et une ou deux consonnes que l’on prononce pas !
- Les résidents résidant à Caen et à Laon différant les différents différends qui les opposent ne sont pas sortis de l’auberge, je vous le dis !
- Il dit que ce gond est second, ce con !
- « Ils disent qu’il a dix ans et qu’il est le deuxième enfant » « Je disdix ! » -Les sept concepts sont exempts de mots suspects
- Quand il y a de l’acierà scier, je m’assieds.
Et combien de francophones prononcent le œ dans œdème, œnologue, œdipe, œsophage comme un simple [e] et non pas [é ] comme il se devrait ? AArrrrgh ! Et vous vous plaignez de la position de l’accent tonique de l’anglais ?
On pourrait éditer une encyclopédie riche en volumes pour "dénoncer" les nombreuses "abberations irrationnelles du français" ou de n’importe quelle langue, d’ailleurs, puisqu’une langue est quelque chose d’évolutif, qui s’adapte non seulement au contexte historique, à l’environnement dans laquelle elle est utilisée, mais aussi, et c’est ce qui en fait sa beauté, est adaptée, modifiée et enrichie par ses locuteurs, par leur façon de voir les choses, les interpréter et les penser. Cela implique au fil du temps un certain nombre d’irrégularités et d’abérations dont l’origine devient "opaque", inconnue et donc sans sens.
Je suis désolé d’être un chouillat saignant sur ce point, mais « l’irrationnel » m’a fait voir rouge…
Sinon, tonique ou pas tonique, le français ?
MMMhhh, tout dépend de la façon dont on écoute, quel degré de discrimination auditive on utilise, pour commencer.
Une analyse avec un oscilloscope à mémoire fera forcément apparaître une « tonicité » des mots. Mais on ne parle pas de la même façon suivant que l’on parle à un collègue de travail, son patron, sa femme ou son contrôleur fiscal, pas seulement pour des raisons socio comportementales évidentes, mais également parce que l’on n’a pas les mêmes choses à leur raconter, ni avec la même emphase.
Ce que je veux dire, c’est qu’en français, le placement d’un accent tonique influera probablement sur le sentiment ou le jugement porté sur le discours entendu, mais ne générera que peu ou pas de réels problèmes de compréhension, pourvu que cet accent ne soit pas trop « fort ». Il en sera probablement de même en l’absence de tout accent tonique. Les langues à accent tonique (du moins, celles que je connais : l’anglais et l’espagnol) ne fonctionnent pas de la même manière, parce que l’accent influe directement sur le découpage syllabique du mot (ou du groupe de mots) et est dépendant de la graphie, un accent mal placé « déforme » totalement la perception des sons et du mot, qui souvent devient incompréhensible.
Ca me rappelle cette histoire des sympathisants FN qui, lors d’un meeting de leur candidat présidentiel, scandaient le slogan nouvellement crée pour la campagne : « Megret, l’avenir ! » et oublièrent le silence imposé par la virgule et insistèrent sur chaque syllabe : « Mé-Gré-l’Ave-Nir », ce qui devint très vite « maigre est l’avenir ! » provoquant une grosse gène puis l’abandon définitif dudit slogan.
C’est à peu près ce qui arrive à l’anglophone lorsque vous « déplacez » l’accent sur les mots que vous utilisez en anglais.
C’est une décision intéressante, et l’on peut remercier le conseil d’état de tenter de mettre un peu les pendules à l’heure, malheureusement je ne pense pas qu’il s’agisse d’une vraie victoire !
Si cette dame fait appel à la cour européenne, cet arrret sera probablement annulé, car il se base sur une pratique religieuse, condamnable et contraire aux valeurs républicaines, certes, mais une pratique religieuse néanmoins tolérée sur le territoire, au moins dans le cadre de la sphère privée, et c’est là que le bât blesse. Pour autant que je sache, le port de la burqa et la pratique, même « radicale », d’une religion n’ont pas à ce jour été mises hors la loi, et pour cause, puisque la loi relative à la séparation des Églises et de l’État dit que « la République assure la liberté de conscience (et) garantit le libre exercice des cultes » (art. 1), et surtout, qu’elle « ne reconnaît, … …. aucun culte » Cela signifie que seuls les actes délictueux peuvent être traités comme tels, mais pas le culte, puisqu’il ne peut être reconnu par la loi. En fait, ici, c’est le mari qui, à la limite, devrait être poursuivi, mais là on se trouve confronté aux problèmes légaux des sectes (elle est majeure et consentante, gnagnagna)…L’autre problème est qu’il faut être à même de distinguer une pratique « normale » d’une pratique « radicale », je souhaite du bon courage à nos législateurs.
Le deuxième point dérangeant dans cet arrêt, c’est qu’il n’assure en rien l’égalité de cette femme face à son mari, ou aux autres prétendant(e)s à la nationalité, contrairement à ce qui est précisé dans l’article 1er de la constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » Comment faire pour empêcher les intégristes de s’engouffrer dans cette brêche ?
Mais surtout, ce qui me chiffonne le plus, c’est que dans le cas de l’intégrisme, la nationalité n’est pas octroyée, mais qu’en sera-t-il des autres cas ? Qu’est ce qu’une pratique « radicale incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française » ? Que se passe t’il si l’on remplace le mot religion dans l’expression « pratique radicale de sa religion » par, mettons, politique, ou par convictions ou par mode de vie ? Ne dériverions nous pas alors vers un Mccarthisme à la française ? L’anarchisme ou le royalisme ne seraient il pas reconnus comme contraire aux valeurs françaises ? Et franchement, je ne suis vraiment pas sûr qu’un fasciste ou un néo nazi notoirement connu (voire même, qui sait, un dictateur ou son bras droit) se voit un jour refuser la nationalité française sur la base de ses convictions ou de son passé et cela induit ici une différence de traitement qui serait tout simplement scandaleuse.
Enfin, même si j’approuve la décision, façon de donner un message ferme aux intégristes, celle-ci n’aura à mon avis que peu d’impact au final, car sans compter la future condamnation probable de la cour européenne, il suffira aux extrémistes de jouer un peu plus la comédie et travestir la réalité pour obtenir la nationalité souhaitée, tout en continuant leurs pratiques scandaleuses et en formatant à leur doctrine leurs enfants, futurs citoyens. Bref, un joli cocorico, mais on a toujours les pieds dans le fumier, car le vrai problème n’est en rien résolu, loin de là.
L’exil massif des cadres ? J’en doute. C’est une décision qui ne se prend pas à la légère, sauf pour les plus jeunes qui n’ont pas d’attaches particulières...Changer de pays, de travail, de logement, ne sont pas des perspectives qui enthousiasment tout le monde...Quid des enfants ?
En revanche, ce qui est clair, c’est qu’il risque d’y avoir une compétition féroce entre les entreprises, avec d’une part, celles qui auront réduits leur coûts via la loi, donc qui devraient gagner en compétitivité, et d’autre part, le mouvement des cadres qui iront chercher les entreprises "bon plan" qui ne rogneront pas leur droit autant et du coup, gagneront en qualité, puisque le choix sera plus grand parmi les candidats..Qui gagnera dans le processus ????
Une autre chose intéressante de cette loi, c’est que l’on verra deux types d’entreprises : celles ou les salariés auront réussi à se serrer les coudes et s’organiser, communiquer et faire pression sur la direction pour leur passer l’envie de recourir à la loi, et celles ou les salariés auront accepté de se serrer la ceinture, par manque d’organisation, de courage de dire non à la direction, de se bouger pour trouver les moyens de ne pas se laisser faire. Les syndicats vont en partie profiter de cette situation, car rien n’empêchera les salariés de s’organiser en syndicat indépendant ou local...
Oui, mais que fais tu quand les employeurs refusent de reconnaître le(s) problème(s), et disent non à tout ? Là, sans moyen de pression, on aboutit au dialogue de sourd et c’est la partie la plus forte, celle qui décide, qui l’emporte unilatéralement, sans concessions ni prisonniers.
Tiens voici un exemple parfait et actuel de ce genre de situation : quand on a pas de moyen de pression....Note bien les réponses laconiques et répétitives du rapporteur et du ministre, c’est un mur infranchissable et cela tourne à la perte de temps....Mais là, c’est dans un cadre ou "on se tient bien", c’est l’assemblée nationale, dans les PME, ça ne se passe pas aussi bien, car les employeurs n’accepteraient pas de voir "perdre" ainsi leur temps ainsi que celui des "délégués" Ce serait plutôt non direct ! http://www.assemblee-nationale.fr/13/cra/2007-2008-extra/008.asp
Il s’agit d’un des compte rendu analytique des débats sur la loi "démocratie sociale" (on ne rit pas au rang du fond !). Va directement à l’article 17 et scanne vite fait les explications d’amendements et compare les avec les réponses..."Il n’y a rien à débattre, rien est changé donc, on ne change rien !" C’est dans ce genre de situation que la grève se justifie, car cela force la partie récalcitrante à se mettre à table et effectivement discuter pour aboutir à une solution acceptable par tous. Les débats seraient tout autres avec quelques millions de citoyens dans la rue...
mmh, le printemps 2009, il ne se passera pas grand chose sur ce terrain à mon avis. C’est beaucoup trop tôt (sans compter l’actualité mondiale qui détourne l’attention à point nommé). Je miserais plutôt sur 2010, voire 2011, car ce n’est qu’au 31 décembre 2009 que tous les accords d’entreprise antérieurs deviendront caduque et que la loi sur la durée du travail commencera à jouer pleinement son rôle, sur l’ensemble du territoire, et c’est probablement là que tous les abus extrèmes vont apparaître. Les premiers bénéficiaires de la loi cette année seront probablement des employeurs plutôt "vertueux" histoire d’éviter de se trouver en pleine ligne de mire, le vrai danger sera pour les salariés des PME ou cette révolution du droit du travail passera plus discrètement, au cas par cas...Et pour que la masse des salariés se rassemblent et se bougent, il faudra du temps, le temps qu’ils se retrouvent véritablement le dos au mur, sans autre choix...Non, je serais étonné de voir de gros mouvements l’année prochaine, malheureusement...Les masses sont si facilement endormies par les diverses promesses de temps meilleurs et par les chaines à temps de cerveau disponibles...