Merci Max, c’est bien écrit et me semble assez simple et clair !
Autre petite abbération de cette réforme (désolé, je ne peux pas résister !) : on exige aujourd’hui pour passer le CAPES une licence (Bac +3) contre un Master 2 (Bac +5) l’année prochaine, outre le fait que je ne vois pas bien ce que cela a à voir avec la capacité à enseigner en collège (Niveau DEA en maths pour enseigner à des 6è ???) une question se pose : quid du diplôme requis pour l’Agrégation ? A l’heure actuelle, c’est encore la maîtrise (Bac +4), donc 1 année de plus que pour le CAPES aujourd’hui, ce qui nous permet pour l’année prochaine d’envisager trois possibilités :
1. Rien ne change, auquel cas le CAPES nécessitera un niveau supérieur d’études que l’Agregation ! Aberrant !
2. On exigera un an de plus d’études pour être candidat à l’AGREG, mais dans ce cas, il seraient au niveau master2, donc comme le CAPES, des lors, pourrquoi deux concours ?
3. On maintien l’écart de niveau d’études des deux diplômes, ce qui nécessiterait un doctorat (Bac +6) pour tenter l’agregation !
Bon, en fait, il existe une quatrième solution : suppression de l’agrégation, mais là, ça devient compliqué, parce qu’au sein de l’Education Nationale, la hiérarchie, ça compte, et ce concours là, c’est comme une sorte de sceau royal, je doute qu’il y ait un seul Inspecteur Général de l’EN qui ne soit pas agrégé...Leur suprimer ce titre...Aïeaïeaïe....
Bref, ça me laisse sans voix, c’est comme si M. Darcos nous donnait des billes pour nous brouiller définitivement avec le ministère... C’est insensé !
@ Krolik &Co (de la famille c’est tout bidon, ce reportage)
Mmmh, c’est bizarre, quand même, 6 jours se sont écoulés, toujours pas de poursuites judiciaires, pas de vagues, même pas une brise d’indignation dans les médias de la part d’Aréva, comment peuvent-ils supporter une telle injustice, une telle calomnie sans broncher ? La théorie de la bave du crapaud et de la blanche colombe, peut être ?
Veuillez excuser ces sarcasmes, mais cette compagnie n’est pas du genre à pardonner ce genre d’écart et n’hésite pas à poursuivre en diffamation, mais là, rien ;
Areva qui fait profil bas sur ce reportage que vous décriez comme "bidon" ne fait que renforcer ma conviction que France 3 a, l’air de rien, tapé bien fort sur la tête du clou, avec des arguments massus. Bref, pour ma part, je considère qu’il y a bien scandale et qu’un jour les responsables devront être nommés à la barre et condamnés...
Mais je crois que ce qu’il y a de plus monstrueux dans tout ça, c’est que cela démontre les limites du système : les grandes écoles fournissent les "têtes" de l’état, mais également ceux qui doivent les contrôler, sans qu’il ne semble y avoir de mécanisme de transparence de prévue pour tenter d’éviter les collusions ou les excès... Donc, que ce genre de chose est possible non seulement au niveau nucléaire, mais également dans tous les autres secteurs....
Cher Max,
Je ne suis pas allé chercher et vérifier toutes les informations, et je ne doute pas qu’il y ait une part de sensationalisme recherché par l’enquête.
De là à dire que tout est bidon, il y a quand même un sacré pas.
Je me suis donc permis de vérifier une des (très nombreuses) informations qui m’ont fait bondir lors du reportage à 1h34 du reportage : Jean SYROTA, PDG de la COGEMA de 1988 à 1999, était dans le même temps Vice-Président du Conseil Général des mines de 1993 à 1997, qui selon leur propre site, "coordonne les missions permanentes d’inspection des Directions Régionales de l’Industrie , de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE). Confiées à des ingénieurs généraux, ces inspections s’assurent du bon fonctionnement des DRIRE et de la pertinence de leurs actions." (http://www.cgm.org/qui.html) et pour son poste vérifier ici : http://www.annales.org/archives/vpcgm.html
Il était donc le patron de ceux la même qui devaient inspecter son entreprise.
Ne serait-ce que cette information là renforce le crédit des propos tenus dans le reportage, qui donne la parole à Corinne LEPAGE, qu’on ne présente plus et à Michèle RIVASI, ancienne député PS, adjointe au maire de Valence, conseillère du conseil général du Canton de Valence, fondatrice de la Criirad, entre autres.
Très franchement, je considère qu’il y a là un conflit d’intérêt majeur qui se fait sur le dos des Français, et le pire, c’est que c’est de toute évidence systémique, et très grave !
En outre, je note qu’Aréva a tenté de bloquer la diffusion du reportage auprès du CSA, mais sans succès. Porteront-ils plainte contre France 3 ? Ce serait peut-être même un avantage, histoire de mettre l’affaire sur la place publique....
Pour ce qui concerne la réforme de recrutement dite ’mastérisation", quelques remarques : au départ, l’idée n’est pas foncièrement mauvaise, tenter de recruter des profs sur des critères plus "professionellements orientés" (on va dire ça comme ça, pour faire simple) que les traditionnelles épreuves de dissertation et de commentaires composés (je parle pour les langues vivantes...) ce que cela induit :
1. Un transfert partiel d’évaluation des compétences disciplinaires et de connaissances didactiques vers les universités (cette évaluation ne relève pour le moment que des jurys de concours, les facs s’occupant de la préparation au concours)
En clair, là ou les profs assuraient une préparation à des examens publics, ils devront désormais juger l’aptitude des étudiants à enseigner en leur accordant le Master 2 ou pas, sur des critères de compétences de la discipline et sur leurs connaissances de l’évolution de la didactique dans le système éducatif français. Les jurys de concours (qui seront maintenus) s’occupant pour l’essentiel de la didactique et de l’aptitude à enseigner. Mmmh, pourquoi pas, même si ça semble un peu compliqué à mettre en place, on peut toujours essayer, mais...
Les problèmes que cela pose : outre l’élaboration de toutes pièces d’un master 2 à forte dominante didactique qui va demander l’embauche d’un nombre de spécialistes en didactique tout en éliminant d’autres spécialistes (traduction, littérature, civilisation par ex. en langues), et surtout des enseignants qui puissent suivre les aspirants professeurs dans leur parcours de mastérisation, il faudra également intégrer une préparation au concours qui aurait désormais lieu en janvier. La rentrée se faisant à la mi-septembre, cela réduirait à un peu plus de trois mois la dite préparation tout en menant en parallèle un mémoire de master 2 dont on commence généralement à rendre les premières moutures écrites vers...Janvier ! Il est évident qu’il y aura de la perte de qualité et de niveau dans les deux secteurs, comme l’a dit le président de la Sorbonne G. Molinié : "on aura un master 2 bidon ET un capes bidon"
Bien évidemment, si les professeurs recrutés s’avèrent de piètres recrues, les universités seront parmi les premières à être pointées du doigt, accusées de faire un mauvais travail !
2. Le master 2, du coup, est un diplôme indépendant du CAPES, mais à quoi servira t-il à ceux qui auront échoué au CAPES, puisqu’il s’agit d’un diplôme de spécialisation dans l’enseignement ?
Le ministère vous rassure tout de suite, les "mastérisés" ayant échoué au capes pourront être embauchés par l’éducation nationale avec des contrats de 10 mois (des CDD quoi !) en fonction des besoins ! On parie combien que ces contrats seront encore moins bien payés et qu’au bout des X années nécessaires pour obtenir une titularisation, le besoin de garder le prof contractualisé disparaîtra, juste le temps pour le prof en question de perdre son droit à un CDI ? Il n’y a pas de petites économies. Et comme chacun sait, un CDD, c’est comme un ministre, ça ferme sa G*** ou ça démissionne si "ça" n’est pas content !
3. Et que se passera t-il pour ceux qui auront réussi le concours mais pas le master ?
Le ministère vous rassure, l’Education Nationale pourra les embaucher quand même, en fonction des besoins, mais ils n’auront ni les mêmes droits, ni les mêmes statuts que les CAPESiens Mastérisés (et bien évidemment pas la même paie ni le même contrat.)
4. Et que se passera t-il pour ceux qui auront réussi ni le concours, ni leur master ?
Le ministère vous rassure, l’Education Nationale pourra les embaucher quand même, en fonction des besoins....
Le but de la manoeuvre devient évident : faire un maximum d’économies sur les salaires des professeurs (un contrat de 10 mois n’est pas payé pour les vacances et certainement pas au même taux, entre autres choses) et être en mesure de virer les profs qui ne "vont pas".
Compte tenu du virus du petit-chef qui sévit en France, ça promet des lendemains qui ne chantent pas pour la profession, sans compter l’abrogation du principe "à travail égal - salaire égal", d’autant plus cocasse que pour passer l’agregation (niveau de recrutement supérieur à celui du CAPES, ce dernier étant essentiellement utilisé en collège et les agrégés en lycée et facs) on ne requiert que BAC +4 ! C’est d’une cohérence sidérante, non ?
Les plus diplômés (master 2) iront enseigner en collège, et les master 1 au lycée, avec moins d’heures et une meilleure paie, c’est fort ! C’est drôle, ça ressemble fort à ce qui s’est passé dans le secteur de la formation professionnelle continue pour adultes (conditions épouvantables pour les formateurs qui gagnent une misère !) Je vois d’ici les gros titres des journaux d’ici 5 ans plus ou moins : les élèves d’une classe de 6eme découvrent que leur professeur est SDF ! (Je plaisante, enfin...Peut être pas tant que ça, être payé au SMIC à temps partiel dans une grande ville, au prix des loyers pratiqués et des garanties demandées, pas sûr que cela n’arrive pas !)
5 Tout enseignant titulaire sera embauché avec un diplôme bac +5, car comme chacun sait, il faut minimum un DEA de maths ou d’anglais pour enseigner ces matières et faire un bon professeur de 6è ! Et on voudrait nous faire croire qu’il s’agit d’orienter la sélection sur des critères plus professionnels ???
6. Disparition de l’année de formation en IUFM après le CAPES, le titulaire du poste sera directement bazardé dans un établissement après le concours ! Bonjour le cadeau de bienvenue pour ceux qui d’entrée seront envoyés en ZEP (Zone d’Education Prioritaires : zones ou les élèves sont réputés difficiles, souvent associées à des zones de cités difficiles), sans aucune expérience ni formation de terrain, ni d’équipe extérieure pour adresser et traiter les difficultés, mais bon, c’est vrai que les équipes pédagogiques de ZEP se serrent généralement les coudes, ça ne fera qu’"une chose de plus" qu’il leur faudra prendre en charge. C’est sympa aussi pour les élèves en difficulté qui ont besoin justement d’une présence plus forte et solide pour les aider qu’un petit bleu qui découvre le métier. Les résultats risquent d’être grandioses, surtout suite à la réforme de la carte scolaire qui permet à ceux qui en ont les moyens d’envoyer leurs rejetons dans les écoles les plus cotées, laissant les plus pauvres s’entasser dans des ZEP qui risquent fort de se ghéttoiser encore plus et nécessiter encore plus de moyens...Qu’on est justement en train de sabrer...
7.Notez au passage qu’avec la mastérisation, ce sont deux ans de master qu’il faudra pour avoir le droit de passer le concours : donc exit les salariés à plein temps, ceux qui accèdent à un FONGECIF (bénéficient du droit à la formation professionnelle continue) car s’il est possible de suspendre un contrat un an, ce n’est pas possible sur deux ans, donc même s’ils prennent un emprunt à la banque (bon courage !) pour se financer une deuxième année, il seront sans doute obligés de démissionner sans être sûrs de réussir quoique ce soit. Cela signifie que seuls les étudiants à plein temps (essentiellement ceux qui seront financés par leurs parents) auront de réelles chances de devenir profs titulaires. Comme il n’y en aura sans doute pas assez de volontaires (compte tenu des conditions de travail et l’image des profs qui se dégradent, la paie qui ne sera jamais à la hauteur de ce que pourront espérer les bacs +5 qui iront travailler dans le secteur privé, le fait que si ceux qui se destinent à l’enseignement le faisaient par ambition, par souci de réussite sociale et financière,non seulement cela se saurait, mais surtout, ça se verrait : c’est une branche très majoritairement féminine et dans la France du XXIè siecle, aussi triste que cela soit à dire, qui dit branche professionnelle essentiellement féminine, dit bas salaires, contrats précaires et profession peu reconnue), on aura donc un "besoin" grandissant de "contractuels" (cf points 2,3 et 4) et donc une gestion de personnel à la mode privée dans les secteurs précaires (ou plutôt à la mode des organismes de formation continue pour être exact)
Conclusion : aussi bien les formateurs en IUFM, que les enseignants de préparation aux concours CAPES-AGREG, que les candidats aux concours de cette année ainsi que les suivantes sont TRES MAJORITAIREMENT contre ces reformes. Il est évident que tous, nous parlons à nos proches ainsi qu’aux autres étudiants de notre rejet total de la politique actuelle du ministère de l’Education Nationale qui ne devra pas compter sur nous pour les soutenir ou lâcher les autres branches affectées par ces mesures dont G. Molinié (oui, encore lui, le président de PARIS IV alias la Sorbonne) a assené qu’il s’agissait là de la plus violente attaque faite contre l’université depuis VICHY ! (non, l’est pas content non plus le Monsieur Molinié !)