Une mère hétéro qui se fait lâcher par un type de passage n’a probablement pas eu l’intention de concevoir un enfant sans père dès le départ. Du point de vue de la mère il s’agit d’un accident de la vie, regrettable mais non intentionnel. Et l’enfant en grandissant, s’il est lucide, pourra comprendre que sa mère est plutôt une victime.
Par contre si la mère (lesbienne ou non) conçoit volontairement un enfant « sans père », son enfant pourrait légitiment le lui reprocher. « Pourquoi m’as tu privé de mon père ? ». Enfin si le père biologique est connu de l’enfant, comment pourrait-on empêcher cet enfant de considérer son père biologique comme son père, même si un fiction juridique considère la compagne de sa mère comme son « parent n°2 » ?
Aller dans un autre pays faire ce qui est illégale dans le sien puis retourner faire avaliser cela, c’est tout de même un peu tordue comme démarche.
En outre, si la PMA me pose moins de problèmes philosophiques, il n’en reste pas moins qu’elle n’est accessible qu’aux lesbiennes et pas aux homosexuels hommes. L’autoriser sans autoriser le recours aux mères porteuses rompt l’égalité qui est le principal argument des partisans du mariage homosexuel ! Quand à autoriser les mères porteuses (c’est à dire la location des ventres) ... ce serait tout simplement révoltant, car on sait bien toute la misère sociale, tous les intermédiaires véreux, toutes les combines immondes que cela implique ... regardez l’Inde.
Il ne vaut mieux pas cacher à un enfant qu’il est adopté. De toute façon il le saura tôt ou tard et plus il le saura tard et d’une autre personne plus il risque de mal réagir.
Contrairement à ce que vous pensez les enfants adoptés bébé n’ont pas moins de problème que ceux adoptés vers 4 ou 5 ans : les enfants adoptés bébés ont souvent vécu leurs premières semaines (mois) sans affection maternelle, ce sont donc ceux qui souffrent le plus de troubles de l’attachement. Ceux qui ont vécu plusieurs années avec une mère biologique aimante sont moins marqués. Ils sont en deuil, mais s’attachent plus facilement à leur nouveau parents. Après le deuil et l’épreuve de l’orphelinat, ils aspirent à une vie normale qu’ils retrouvent auprès de leur parents adoptif. Plus âgés (7 ans) ils sont devenus des êtes sociaux qui commencent à avoir moins besoin de parents et qui sont plus marqués par leurs milieux. De nouvelles difficultés donc, et ces enfants ont plus besoin de tuteurs, de parrains que de parents.
Vous avez écris : si l’enfant est adoptés bébés il considérera ses parents adoptifs comme des parents biologiques. Peut être si ces parents sont hétérosexuels, impossible s’ils sont du même sexe. Les enfants savent très vite que pour avoir un bébé il faut un papa et une maman.
« Un enfant qui me parle comme ça ne me parlera pas comme ça une deuxième fois. »
Ça, désolé de vous le dire, mais c’est la connerie que profère tout ceux qui n’ont pas encore d’enfant (adopté ou non).
Je n’arrive plus à compter le nombre de gens que j’ai entendu dire AVANT : mon fils ne me dira jamais merde et à qui son fils a dit merde plus d’une fois
Tu n’es pas mon vrai père (mère) donc tu n’as rien à me dire, TOUS les parents adoptifs l’ont entendu plusieurs fois. Votre réflexion montre bien que vous n’avez pas vraiment idée de ce qu’est l’adoption (et c’est normal puisque vous n’avez jamais adopté). J’ai beau avoir lu 10 livres sur l’adoption avant, je n’ai réalisé que quand mon fils a été là !
Je n’ai pas de raison de me cacher, je suis un père adoptif et je suis en contact avec de nombreuses familles d’adoption.
Si je suis opposé (comme de nombreux parents adoptifs) à l’adoption homosexuelle et à toute les filiations bricolées (arrangement avec un copain, mère porteuse et même PMA avec sperme de donneur) ce n’est pas comme vous le pensez en raison de la « concurrence » (quelques dizaines de candidats en plus sur quelques dizaine de milliers n’est pas une concurrence, en outre je ne suis plus candidat à l’adoption) mais en raison de la question des origines.
La question des origines est une question majeur pour TOUS les enfants adoptés. La question de la normalité aussi. Énormément d’enfants adoptifs ont besoins d’anonymat, besoin de se fondre dans la masse, besoin de parents qui se fondent dans la masse.
Ils ont une double attitudes. Dès qu’ils sont en conflit avec vous il vous jettent régulièrement à la gueule votre status de parents adoptifs : « arrête de me dire ce que je doit faire, après tout tu n’es pas mon vrai père ». Mais d’un autre côté ils souffrent énormément lorsque les autres (camarades, enseignants, parents des camarades) remettent en cause le lien de filiation avec nous (ce qui fait le plus souffrir mon fils c’est quand quelqu’un lui dit, ton père c’est pas ton vrai père). Des parents homosexuels, mêmes de très bonne volonté, ce serait à coup sur de la complexité supplémentaires dans la vie déjà trop complexes d’enfants fragilisés par le deuil ou l’abandon.