Bon mais pour votre phrase "je suis bien incapable de la retrouver dans
l’évolution, au sens génétique.", je ne suis pas bien d’accord.
Jacques Monod l’exprime nettement dans « Le hasard et la nécessité ».
Voici un texte tiré du livre « Evolution et finalité » dont j’ai parlé dans mon 1er post : "Cette faculté qu’incarne tout
organisme ou organe, l’œil par exemple, de produire téléonomiquement un
artefact exprime même, selon Monod, « et de façon particulièrement
évidente, l’une des propriétés fondamentales qui caractérisent tous les êtres
vivants sans exception. (…) Nous dirons que ceux-ci se distinguent de toutes
les autres structures de tous les systèmes présents dans l’univers, par cette
propriété que nous appellerons téléonomie »"
Et il est flagrant que la moindre bactérie, la moindre paramécie,
etc... a un but, violent même, que celui-ci soit émergent ou reçu : se reproduire. Il
y a là une tension, un flêche, une orientation d’énergie incontestable
et incontestée.
Peut-être n’était-il pas assez généreux de ma part de répondre seulement à votre interpellation en vous disant « A quoi bon... ». J’ai pensé que vous pourriez soit être un tantinet agacé, soit trouver que je la jouais un peu fuyard.
Aussi je vous propose de relire la phrase "que les curieux qui ne la connaitrait pas
s’enquièrent de la manière dont se reproduit la douve du foie et
essaient de la concilier avec les conceptions de la TSE« que j’avais placée dans mon 1er message.
Ayant pris connaissance du passage sur la douve du foie et ayant lu la phrase : »Contrairement à ce que beaucoup croient, il ne s’agit pas là d’un
phénomène merveilleux, mais simplement d’un phénomène de sélection
naturelle : chez le parasite, des gènes ont été sélectionnés, qui
manipulent le comportement de la fourmi de telle manière que la
probabilité qu’elle soit ingérée par un mouton soit accrue.
« , vous jaugerez la teneur du mot »simplement« et pourrez mieux comprendre pourquoi je dis que chacun suit son idée et que la raison est nécessaire mais non suffisante à l’acte de connaitre.
Et c’est très bien ainsi, car sinon le dictat de la raison ferait de nous des fonctionnaires du réel. Ce qu’à Dieu ne plaise !
Nous sommes libres d’adhérer à tel ou tel concept, de l’aimer ou de le repousser, fût-il évident ou prouvé, que ce soit à notre détriment ou à notre avantage. Et c’est cette liberté vertigineuse qui nous permet d’abriter des conceptions si extraordinairement différentes, celles des uns paraissant d’une abracadabrantesque incongruité aux autres (cf nos échanges) et tout cela dans un joyeux pandémonium malheureusement lacéré de constantes souffrances. Forcément puisque chacun tire de son côté, librement.
Mais telle est mon idée, ma soit-disant utopie : qu’un évènement, un auteur, une »évolution" surgisse, faisant concevoir à tous et à chacun l’absolu bénéfice de désirer et choisir librement toujours le vrai, les différentes croyances des spiritualistes autant que des matérialistes perdraient progressivement leurs parts d’erreurs et évolueraient rapidement vers une connaissance partagée et consensuelle.
Pourquoi « rejeter le postulat » ? Et agresser tous ceux qui le trouve judicieux. Il s’agit plutôt de le considérer comme tel et d’en tirer des conclusions : d’autres sont possibles.
Ainsi en va-t-il pour Euclide et son postulat de la droite parallèle unique : d’autres (Reimann, Poincaré) s’y sont ajoutés et ont été très féconds.
Peut-être en acceptant les deux postulats symétriques arriverait-on ainsi à des relations plus apaisées entre les différentes écoles... Mais je n’ai pas d’espoir que la raison suffise, surtout en France : nous aimons trop nous manger le nez !
Vous donner des exemples de l’incertitude de la validité de la TSE ? A quoi bon, personne, d’un côté comme de l’autre ne désirant entendre les arguments
qui l’obligerait à changer d’opinion.
Salam, bonjour, ave et toutes sortes de bonnes choses à tous.
La Théorie Synthétique de l’Evolution (TSE) repose en grande partie
sur le « matérialisme scientifique » - limitée, par principe, au
matérialisme - actuellement dominant.
En conséquence, la TSE est considérée comme une science
« objective » en tant que théorie suffisamment étayée par les faits,
comme toute science (que les curieux qui ne la connaitrait pas
s’enquièrent de la manière dont se reproduit la douve du foie et
essaient de la concilier avec les conceptions de la TSE...). Pourtant,
évacuant par système l’hypothèse de la finalité, sujet central de la
question, elle est marquée du sceau de la subjectivité, par le
positionnement qu’implique ce choix premier.
Julian Huxley disait que la liberté des moeurs sexuelles, rendue
prévisible par les travaux de Darwin, qui remettaient en cause
l’étouffant carcan des religions, avait grandement contribué à son
acceptation par la société civile. Sommes-nous capables de remettre
en cause un paradigme si nous pensons qu’elle nous ferme la voie des
libertés de moeurs conquises depuis ? Est-ce lié ?
Or il existe d’innombrables liens entre la TSE et le fonctionnement de nos sociétés.
D’où l’existence d’influences anormalement « anthropomorphiques » sur la rigueur scientifique.
Pourtant l’affirmation de l’influence du hasard comme excluant toute
finalité est une erreur logique qui ne tient pas en tant
qu’affirmation. Elle n’est et ne doit être considérée que comme
un POSTULAT, comme d’ailleurs Jacques Monod lui-même l’exprime dans
« Le hasard et la nécessité ».
A mon idée, c’est donc, cher Bernard Dugué, à la racine même de la
logique que se trouve la raison pour laquelle, oui, il faut ne pas se
LIMITER à la conception de la TSE mais bien ouvrir nos recherches sans
tabou.
Et rassurons-nous : n’en déplaise à feu Julian Huxley, avec ou sans finalité, le sexe est toujours aussi jouissif ! Supposer
l’éventualité d’une finalité ne veut pas dire tomber dans les myriades
de croyances souvent extravagantes et contradictoires par lesquelles
les religions ont prétendu justifier leurs multiples interdits.
Jouissons sainement et de nos sens et d’une pensée libérée, sans
tabou : nous n’avons pas à choisir entre l’une ou l’autre de ces deux
voies. Il y a suffisamment de croyants déjantés, libres et joyeux pour
ne pas assimiler finalité et austérité.
Pour ceux que le sujet intéresse, je signale le récent livre de
Jean-Luc Martin-Lagardette : « EVOLUTION ET FINALITE, Darwin, Monod,
Dieu ». (http://www.jlml.fr/asp/listes_1.asp...) La couverture est suffisamment parlante...
S’il ne faut pas dire que le journaliste est un professionnel du fait, il faut alors ne pas le dire non plus pour le scientifique, position qui peut se défendre...
Mais dans la pratique, nous exprimons que nous sommes professionnels de l’objet de notre étude, et l’objet de l’étude d’un journaliste est - ou devrait être, c’est me semble-t-il ce que JLML veut dire - le "fait" et non la "représentation du fait".
Même si, c’est l’évidence, le journaliste comme quiconque, n’exprime en effet que la représentation qu’il se fait des faits (c’est joli ça, ça sonne bien...).
L’étude de la "représentation du fait" ne concerne-t-il pas le critique du papier journalistique et non le journaliste lui-même ? Même si bien sûr, au moment de produire son papier, il se doit de devenir son propre critique !
On comprend bien ce qui vous a titillé, Monsieur Villach, mais j’aurais tendance à diagnostiquer, sauf votre respect et en toute amitié, une sensibilité légèrement allergique à un pollen non OGM, rassurez-vous.