La position du FdG sur l’euro est aussi assez cocasse, dans la mesure où Mélenchon ne fait à cette occasion que démontrer :
1/ son incompréhension dramatique du rôle structurant de la monnaie, qui ne peut que correspondre aux aspirations et intérêts d’un peuple et d’un seul. Or n’y a pas de nation ni de peuple européen, il ne peut donc y avoir que des monnaies nationales. Cqfd. Sa perception de l’Allemagne dans ce rapport de force est d’ailleurs hautement grotesque, comme parfaitement mis en évidence par Sapir :
2/ sa soumission intégrale au politiquement correcte et à l’idéologie dominante, malgré ses vitupérations surjouées sur des épiphénomènes sans grande importance. Sur les enjeux fondamentaux il prisonnier de ses utopies mortifères qui façonnent sa vision politique (si tant est que l’on puisse parler de vision) : internationalisme, fédéralisme, immigrationnisme, antiracisme, qui sont toutes compatibles - j’insiste - avec le mondialisme le plus prédateur et destructeur, et la doxa dominante relayée par les mass-médias aux ordres de leurs actionnaires. Vous avez dit paradoxe ? Nullement : Mélenchon et consorts sont leurs alliés objectifs.
En réalité, et je comprend que cela vous gène aux entournures, nos gauchos, souvent incultes et donc manipulables, ont été les cautions idéologiques inespérées - et ce faisant les parfaits idiots utiles - du grand Capital apatride, et ont précisément permis le déploiement effectif de ladite mondialisation en le légitimant déjà idéologiquement dans le champ intellectuel, et qui est un préalable absolument indispensable avant son application politique concrète. Dans ces conditions il convient de rappeler Bossuet : « Dieu rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».
Leur problème est souvent très simple à comprendre : ils ne savent pas raisonner par les structures macro-économiques, ni comprendre la rationalité intrinsèque à la mondialisation, et croient ainsi naïvement qu’en augmentant les salaires de façon autoritaire et sans contre-partie protectionniste (qui pour le coup n’apparait pas dans le programme du FdG) ils amélioreront les conditions des travailleurs. Ils ne feront que ruiner le peu d’avantage comparatif et de compétitivité qu’ils nous restent, et ce à cause de l’euro-mark, et jetteront instantanément des millions de travailleurs au chômage. C’est bien pour cela que la hausse des petits salaires ne peut s’accompagner dans un premier temps que par une baisse des charges des entreprises, financée elle-même par une mesure protectionniste : une taxation aux frontières en rétablissant des droits de douane modulés en fonction du change monétaire. Cela afin de rétablir un équilibre macro-économique minimal permettant dans un premier temps de nous réarmer dans la mondialisation.
Mais il est vrai, encore une fois, que tout cela s’accorde très mal de mesures protectionnistes (et l’on comprend pourquoi le FdGa tant de mal à y faire référence), dans la mesure où si effectivement elles permettent de sauver les emplois et salaires des travailleurs français (le mot important est français en l’occurrence), cela se fera au prix d’une moins-value sociale et économique des pays en voie de développement, et de leurs « prolétaires en haillons ».
Voilà qui est propre à mettre définitivement à mal la vision internationaliste puérile de nos idéalistes bornés, de nos croyant en l’intérêt opérant supra-national d’une multitude de prolétariats, de la communion à l’échelle mondiale de l’ensemble des travailleurs, et qui est une révoltante aberration tant géopolitique, historique, qu’anthropologique.
L’ « humain d’abord » ne signifie strictement rien dans sa transcription politique concrète, et ne peut représenter en aucun cas un cris de ralliement crédible pour les masses de travailleurs français en déshérence, victimes du cadre imposé à la fois par la droite mondialiste, libérale et prédatrice, et par son parfait pendant à gauche : internationaliste, libertaire et naïvement utopiste. Les « Français d’abord », voilà qui veut dire quelque chose à son oreille. Croyez-bien qu’à l’avenir la dynamique n’est pas du côté des premiers, totalement inaudibles sur cette question pourtant fondamentales.
Lorsque vous aurez enfin compris que pour des sincères patriotes, l’intérêt supérieur de la patrie transcende les clivages partisans, et jusqu’à la lutte des classes (dont il n’est pas ici question de nier l’existence), qui plus est en période de menace absolue de la voir se désintégrer sous les coups redoublés des mondialistes de tout bord, alors vous aurez fait un grand pas vers la réalité des rapports de forces internes aux nations.
Combien d’années - de décennies ! - au PS avant de se rendre compte qu’il lui serait impossible de le réformer idéologiquement de l’intérieur ? Et c’est le même qui réclame aujourd’hui inlassablement, la gueule enfarinée, qu’on lui fasse confiance car il croit possible de réaliser à l’échelle du continent européen ce qu’il n’a pas pu, su - ou voulu - faire à l’échelle de son parti ?! Pour qui n’a pas vocation à être endoctriné, la contradiction crève les yeux.
Et pourquoi ce déni et cet aveuglement ? Je vais vous le dire, et qui est réductible à de la petite politicaillerie : par crainte d’être identifié à de sombres individus aux velléités nationalistes, par effroi absolu d’être confondu idéologiquerment à eux, quand bien même se serait-on lourdement trompé soi-même en prévision et prospective politique, économique, monétaire, institutionnelle et démocratique.
Et ce alors qu’il n’y avait absolument aucune fatalité à cela, encore fallait-il avoir l’honnêteté - et le courage surtout - de revisiter son imaginaire. Pour preuve, les souverainistes de tout bord politique (de Seguin à Chevènement en passant par Le Pen) ont eu raison de façon constante eux, tant sur le fond que sur la forme, contre Chirac, contre Mitterrand, contre Mélenchon donc.
Au lieu de le déplorer et verser des larmes de crocodiles les humanistes bien pensants, les idolâtres de la communion planétaire des peuples, les apologues d’un universalisme totalitaire (et il y aurait beaucoup à dire sur cet universalisme laïcard), les croyants internationalistes devraient plutôt penser à refonder leur cadre de pensée non pas en fonction de présuposés idéologiques éminemment critiquables (vu qu’ils ont été systématiquement démentis empiriquement), mais en fonction précisément des faits et du réel.
Par exemple :
- Pas de nation ni de peuple européen = pas de monnaie unique.
- Pas de consensus possible à 12 Etats-membres et encore moins à 27 = pas d’harmonisation fiscale ou sociale possible = pas d’Union politique et institutionnelle souhaitable.
- Pas d’intérêts géostratégiques convergents au sein d’un espace européen fixé arbitrairement = pas d’Europe de la défense envisageable.
- Pas de convergence macro-économique mondiale entre des nations ayant intrinsèquement des compétitivités forts différentes (liées à la nature et histoire de leurs appareils socio-productifs respectifs, dont il est vain d’appeler à leur transfiguration même à moyen terme) = retour du protectionnisme aux frontières nationales.
Voilà ce qu’on appelle du pragmatisme, de l’adaptabilité gage de la protection et survie de sociétés vivantes et qui souhaitent le demeurer. Très loin des chimères discursives de nos intellos trotskistes.
Permettez que je me concentre sur le peu d’argumentation de fond que vous avez ici développé, et en passant sur le reste de votre litanie sans grand intérêt pour le présent débat.
« par contre, vous argumentez pour rien, je n’ai jamais dit que le FN avait un programme néolibéral »
Bien entendu que vous l’avez formulé en affirmant que le Front national avait soutenu jadis un programme d’inspiration reagano-thatchérien. Il vient d’être patiemment démontré que vous étiez dans le fantasme voire l’incompréhension quasi-complète des mécanismes à l’oeuvre, pour ne pas dire dans le mensonge éhonté et la manipulation des faits.
Ce qui vous fait mal, et ça rassurez-vous quiconque doué de bon sens peut très bien le comprendre, c’est qu’en effet le néolibéralisme d’inspiration très « reagano-thatchérien » fut méthodiquement promeut en Europe par les euro-fédéralistes pro-maastrichien, et notablement issus des rangs des socialistes français, les Delors, les Fabius, les Strauss-Kahn, les Attali, les Lami etc, socialisme français auquel a appartenu 31 longues années un certain... J.L. Mélenchon. N’en jetez plus !
A cet égard, magnifique coup de pied de l’âne des cocos (qui eux n’avaient pas trahi en appelant à voter Maastricht, comme d’ailleurs l’ensemble des souverainistes de droite comme de gauche) à l’attention du transfuge socialope Mélenchon :
« et vous vous discréditez complètement en prétendant par de drolatiques contorsions que le FdG aurait lui un programme néolibéral »
Absolument pas. Aucun discrédit à réaffirmer que le mot protectionnisme n’apparaît nullement dans le programme du FdG. Ce qui confirme totalement la perception selon laquelle nos gauchos sont extrêmement mal à l’aise avec l’idée de protection, et plus encore avec celle de frontière. Encore une fois l’intérêt de Mélenchon et consorts n’est pas de protéger en priorité le prolétairefrançais, mais l’ensemble des prolétaires où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent.
Dans ces conditions il ne faut pas venir se plaindre que Marine Le Pen écrase Mélenchon parmi l’électorat ouvrier et chez toux ceux en première ligne des ravages occasionnés par la libéralisation des échanges dont il fut l’un des éminents promoteurs mitterrandien. Je ne vous ai d’ailleurs pas lu contredire mes propos à ce sujet - le Front national premier parti ouvrier de France. Difficile en effet lorsqu’il s’agit de la stricte réalité n’est-ce pas, une réalité qui prend à rebrousse poils l’ensemble de vos présupposés délirants, et renforce encore un peu l’idée que soyez victime d’une grave dissonance cognitive.
Mais sur les incohérences criantes du programme du FdG, il y a pléthore.
L’internationalisme consubstantiel à la pensée trotsko-mélanchonnesque est incompatible de facto avec la défense des intérêts les plus immédiats du prolétariat français. D’où précisément, comme il vient d’être souligné, l’incapacité insurmontable de Mélenchon et de ses alter ego à introduire (réintroduire plus exactement) l’idée de protectionnisme aux frontières. Double incompatibilité d’ailleurs car :
1/ La simple notion de frontières géographiques est insupportable aux oreilles de nos trotskistes d’opérette, idiots utiles objectifs de l’oligarchie apatride et prédatrice, puisqu’elle discrimine de facto entre les autochtones et les allochtones, entre les nationaux et les étrangers, entre les usufruitiers et les invités de bonne grâce. Alors que selon nos éminents théoriciens, dans cette perspective désincarnée discriminer est proprement interdit ; nous sommes bien évidemment tous frères et en nécessaire communion etc... ; réductibles à ce seul critère unidimensionnel qu’est la condition sociale, et absolument pas influencés par les idéologies diverses, non plus d’ailleurs que par nos sentiments d’appartenance religieux, nationaux, ethniques, géopolitiques etc...
2/ Pourquoi en effet vouloir réguler les effets de la mondialisation des échanges, fusent-ils objectivement désastreux pour les salariats occidentaux, alors qu’elle profite tant aux prolétariats des pays émergents ?! C’est auto-contradictoire dans les termes, et à tout le moins avec le corpus idéologique de nos trotsko-franc-maçons.
Sur le fédéralisme européen et la question induite de l’Euro, Mélenchon et ses sbires se ridiculisent puisqu’ils croient toujours, malgré les déculottés de ces deux dernières décennies, à l’avènement de l’Europe sociale, progressiste et solidaire, comme au temps de sa profession de foi de 1992.
« En tant qu’homme de gauche, je souhaiterais me tourner un instant vers certains de nos amis (l’orateur se tourne vers les travées communistes) pour leur faire entendre que Maastricht est un compromis de gauche (protestations sur les travées communistes, applaudissements sur les travées socialistes). » - Jean-Luc Mélenchon, intervention au Sénat lors du projet de loi constitutionnelle préalable à l’adoption du Traité de Maastricht, 9 Juin 1992.
D’où le fait que ce transfuge ait voté des deux mains pour Maastricht et l’Acte unique, ait adhéré pendant des décennies à un Parti avant de découvrir comme par enchantement qu’il était résolument néolibéral. Le type qui fut membre il y a dix ans (pas vieux) d’un gouvernement dont le Premier ministre d’alors affirmait haut et fort que son programme n’était pas socialiste - et le plus privatiseur, comble de l’imposture (vous me démentirez... ? - et qui accessoirement revendique son appartenance à une franc-maçonnerie expressément dénoncée par l’ensemble des mouvements et théoriciens marxo-trotskistes dont il prétend dans le même temps, tout à fait abusivement, être l’un des héritiers... Nous marchons sur la tête.
« Conformément à vos fondamentaux, vous n’aurez donc plus que le lynchage d’immigrés et de syndicalistes pour maintenir le soutien de vos troupes d’aspirant bourgeois. »
Votre logorrhée vire au grotesque, pétrie du déni du réel qui caractérise si bien nos illuminés dogmatiques. Vous ne savez donc pas que le Front national est le premier parti ouvrier de France ?
Les « petits bourgeois » sont au FdG si vous ne le saviez pas : bataillons de fonctionnaires qui profitent d’ailleurs pour une large part de la préférence nationale instituée de fait (il faut être français pour pouvoir espérer accéder aux fonctions régaliennes de l’Etat, ou à l’Education nationale), mais qui n’hésite pas de s’offusquer dès lors que l’on prétendrait en faire profiter les ouvriers et petits employés de ce pays.
« or, s’il se trouve des gens à gauche pour vouloir transformer l’Euro et l’UE, c’est justement par souci du bien-être des gens qui n’ont pas de piscine ni de chateau »
Hilarant de constater que le type qui s’est fait traiter à longueur de temps
d’héritier et de châtelain (la première gueule noire en partant de la gauche),
l’est par des professionnels de la politique - Mélenchon en tête, plus jeune sénateur de la République - et d’autres
sinistres incapables, qui bien souvent n’ont pas daigné travailler une seule
fois dans leur vie au contact de la classe ouvrière laborieuse dont, dans le
même temps, ils prétendent abusivement - comble de l’abject - en être les
supposés principaux défenseurs !
« Au moment où le rôle d’un responsable politique « anti-système » est d’expliquer et de dénoncer l’attentat contre la souveraineté budgétaire que représente le TSCG »
L’attentat originel contre la souveraineté (pas seulement budgétaire d’ailleurs) eu lieu au moment de la signature de l’Acte unique européen et du Traité de Maastricht, soit deux des traités fondamentaux qui ont permis le déploiement effectif de la mainmise d’une ploutocratie financière, évidemment non-élue, sur les nations d’Europe. Deux traités qu’a voté en son temps le vice-Président actuel du Front de gauche Mélenchon. Un usurpateur donc.
Mélenchon n’a-t-il pas cautionné en mars 2000 (quand Chevènement démissionnait lui, avec un certain panache) les dérives européistes et authentiquement néolibérales de l’Union européenne et de sa Commission que le chef du gouvernement de « gauche plurielle » d’alors, et mentor social-démocrate du même (Gayssot alors ministre des transports, Buffet ministre des Sports et de la Jeunesse, Mélenchon donc ministre délégué à l’Enseignement Professionnel), Lionel Jospin, ne manqua pas d’avaliser en particulier lors du Sommet de Lisbonne de mars 2000, et dont les conclusions furent dûment paraphées par ce dernier ?
Relisons ces conclusions je vous prie, que Mélenchon a inévitablement cautionné politiquement et sinon idéologiquement, par sa présence au gouvernement, avant de se découvrir sur le tard une âme de révolutionnaire, sans doute forgée dans les salons dorés parisiens (ou à sa loge maçonnique rue Cadet, sur commande) :
17. Le Conseil européen demande donc à la Commission, au Conseil et aux États membres, eu égard à leurs compétences respectives :
de définir d’ici à la fin de 2000 une stratégie pour l’élimination des entraves aux services ;
d’accélérer la libéralisation dans des secteurs tels que le gaz, l’électricité, les services postaux et les transports. (...) ;
d’achever les travaux sur les futures propositions de modernisation des règles relatives aux marchés publics, (...) ;
de poursuivre leurs efforts visant à favoriser la concurrence et à réduire le niveau général des aides d’État (...)
Et ce serait les mêmes qui, aujourd’hui, oseraient donner des leçons de saine gouvernance ? Distribueraient les bons points, a posteriori de leurs cruels manquements, fourvoiements et trahisons (ou alors de leur naïveté crasse) ? Ils sont totalement disqualifiés parce que déjà discrédités, voilà la stricte réalité.
Nonobstant tout cela, je vous mets évidemment au défi de démontrer qu’un parti qui, comme le Front national, est pour la restauration du protectionnisme (et donc contre le libre-échange dérégulé), pour la sortie de l’euro (monnaie des rentiers et spéculateurs structurellement), contre l’Union institutionnelle euro-fédéraliste (vecteur législatif principal du néolibéralisme en Europe, et des dogmes qui lui sont associés), pour abolir les accords de Schengen (totale liberté d’établissements des « travailleurs » façon Bolkestein), pour un rééquilibrage gaullien de notre politique étrangère en faveur de la multipolarité (anti-atlantiste par définition), pour l’instauration de la préférence nationale (qui s’oppose radicalement avec le corpus idéologique de nos chers théoriciens libéraux), accessoirement contre le mariage pour tous (qui est l’archétype de la mesure consumériste libérale par définition) serait un parti soi-disant soumis aux diktats néolibéraux à l’oeuvre. Alors qu’en fait, c’est une pure et révoltante escroquerie intellectuelle.
Et cela, comble de l’hypocrisie et de la malhonnêteté, dans le même temps que l’on soutien un parti – le FdG – qui sur toutes ces question (j’insiste) est au contraire en droite ligne des préceptes néolibéraux en vigueur et soumis totalement à cette doctrine. La mascarade semble être à son comble, cher « Citoyen ».