Selon vous il serait donc « intellectuellement malhonnête » (un comble) d’affirmer que le Front national est le premier parti ouvrier de France ? Malgré le fait qu’il arrive en tête de tous les partis politiques parmi cet électorat ?
Et concomitamment à la nécessaire réaffirmation du principe de
laïcité, la réappropriation des frontières et l’arrêt simultané des flux
migratoires est une priorité au moins aussi urgente. Ce qui suppose qu’un
certains nombre revisite son imaginaire et quelque uns de ses présupposés - et préjugés - idéologiques.
Il est plus que temps de réhabiliter et
le cadre national (le seul efficient à même de pouvoir nous défendre), et ce
qui fonde la quintessence de la géopolitique : l’idée même de rapport de force.
Et cesser de croire que tout cela se limiterait à un concert de bons sentiments
entre gens de bonnes compagnies, et que le Marché serait à la fois l’arbitre
« axiologiquement neutre » (Michéa) et l’horizon indépassable de nos
sociétés.
Toute chose par ailleurs que les tenants du gaullisme historique, et
bien évidemment de Gaulle lui-même qui incarnait ô combien le courant réaliste,
savaient mieux que quiconque.
Vous pourrez toujours faire du contorsionnisme intellectuel, la réalité demeure la suivante : Marine Le Pen est, hormis Nicolas Dupont-Aignan (lesquels son très proche idéologiquement, et ce n’est sans doute pas un hasard en ce qui concerne notre petite discussion), la SEULE candidate qui est éléctoralement sur-représentée parmi la classe ouvrière. En plus, comme il a déjà été dit, d’être en tête devant tous les autres (dont Hollande et Sarkozy qui étaient arrivés en tête), et de réaliser un score plus de deux fois supérieur à l’ensemble de la « gauche de la gauche » réuni.
Je pourrai donc vous retourner votre assertion : près de 90% des ouvriers sur les 71% qui ont voté aux dernières élections nationales ne l’ont fait ni pour Mélenchon, ni pour Poutou, ni pour Arthaud. Contestez-vous cette analyse ?
Contestez-vous que les ouvriers aient voté près de trois fois plus pour le Front national de Marine Le Pen que pour l’ensemble d’une gauche prétendument radicale et ouvriériste ?
Si M. Rbeyeur au lieu de pérorer avait l’obligeance de vouloir critiquer - en argumentant évidemment - par exemple les éléments programmatiques du projet économique ou monétaire du Front national, je suis tout ouïe, cela me ferai grand plaisir de l’enfoncer dix pieds sous terre...
Les « cancres » répondent à nos républicains en culotte courte que la France existait 13 siècles avant la République, et qu’elle n’est donc pas née ex-nihilo en 1789.
Qu’elle est majoritairement catholique depuis le sacre d’un certain Clovis, et qu’on ne balaye d’un revers de main ce qui est, encore aujourd’hui, un des piliers fondateurs de la maison, au risque autrement de la faire s’effondrer sur elle-même.
Qu’accessoirement la doctrine sociale de l’Eglise a influencé jusqu’au matérialisme d’un certain... Marx.
Que l’humanisme contemporain dans lequel se drape fallacieusement nos philosophes du XVIIIè siècle et leurs héritiers leur préexistait depuis au moins la controverse théologique de Valladolid, et est inscrit en réalité au coeur même du corps de doctrine, tiré des Evangiles, de l’Eglise catholique apostolique et romaine, pour laquelle définitivement « tous les hommes sont fils de Dieu ».
Que le concept de laïcité enfin, puisque c’est de cela dont il s’agit, est déjà pleinement vivant et explicite à travers la parole du Christ : « Rendez à César ce qui appartient à Cesar, et à Dieu ce qui appartient à Dieu », et qui est un fondement là encore du catholicisme qui justifie, au moins philosophiquement et deux millénaires avant la loi de 1905, la division du pouvoir entre celui temporel (politique) et celui spirituel (religieux).