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Patrick Adam

Patrick Adam

55 ans - Résident dans l’ex Rio de Oro, aujourd’hui Sahara marocain. Chercheur autodidacte intéressé à l’histoire de l’Ouest saharien et du Maghreb. Spécialiste du raid de Michel Vieuchange, jeune Français mort en 1930 à son retour de Smara, cité interdite du désert, et dont les Carnets de route, préfacés par P. Claudel, ont connu leur heure de gloire avant de sombrer dans l’oubli. Auteur de différents articles sur le sujet et d’un ouvrage paru en février 2006, aux éditions L’Harmattan, intitulé : "De Smara à Smara".
 [décédé début décembre 2006]
 

Tableau de bord

  • Premier article le 07/02/2006
  • Modérateur depuis le 27/02/2006
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Derniers commentaires



  • Patrick Adam Patrick Adam 19 septembre 2006 19:12

    @ wrysia

    Toutes les religions ont des comptes à rendre à l’histoire mais on s’en fout. C’est le présent qui nous importe le plus pour l’avenir de la planète, et le problème de l’islam aujourd’hui c’est qu’il a un sérieux problème avec ses écritures. La Bible qui est remplie de guerres et d’assassinat n’est pas la « parole de Dieu », à l’exception des dix commandements dictés à Moïse. Pour ce qui est des Evangiles, c’est plus flagrant encore. On dit que ces textes sont « inspirés » par Dieu, mais personne n’est obligé de le croire. Pour ce qui est du Coran, la problématique est totalement différente. Si c’est la parole de Dieu, on ne peut pas y toucher. Qu’est-ce qui reste alors pour faire passer les pillules les plus amères concernant la justification de la violence envers les ennemis qu’on y presque très fréquemment : seulement l’interprétation (d’autres diront la manipulation). Mais qu’on l’interpréte alors une bonne fois pour toutes ce texte et qu’on passe le message à tous les fous de Dieu et aux autres aussi, parce qu’il n’est pas juste de ne parler que des intégristes qui placent des bombes. Il y a aussi tous ceux veulent interdire la musique, le cinéma, les photos, les piscines mixtes, les baignades à la plage, les festivals de musique, ceux qui veulent expurger les bibliothèques qui déjà sont bien vides, ceux qui veulent tout contrôler, ce que tu penses, ce que tu dis, et jusqu’à ce que tu dois ressentir de la vie. Ces gens-là, chère wrysia, si tu ne les combats pas, ils te boufferont sans assaisonnement. Ils ne rêvent que de ça, en Egypte, au Maroc, en Turquie, en Tunisie. Ce sont des revanchards frustés qui sont prêts aux pires monstruosités. Et ça n’a rien à voir avec l’histoire.

    Il existe une expérience célèbre qui traite du comportement humain. Elle a concerné des étudiants américains que l’on voulait faire réagir à la violence. Pour ce faire, on les a mis les uns après les autres devant génarateur électrique qui, au moyen d’une roue graduée qu’il suffisait de tourner, envoyait des décharges à un inconnu assis dans une autre pièce. On faisait aux étudiants croire que le but de l’expérience était d’étudier la quantité de douleur que le sujet pouvait encaisser, mais en fait elle consistait à étudier quelle quantité de violence un individu pouvait administrer quand il se sentait déchargé de sa responsabilité « coiffée » par l’autorité d’un supérieur (ici un « savant »). Les résultats ont été effrayants. Au début les étudiants osaient à peine tourner la manette, puis encouragés par le « supérieur », ils augmentaient les doses. Les doses étaient bien plus violentes que celles auxquelles les chercheurs s’attendaient. D’autant plus violentes quand le « son » avait été supprimé pour ne pas entendre les cris de souffrance. L’éloignement aussi était un facteur « agravant ». Beaucoup d’étudiants regardaient l’homme se tordre de douleur mais, pris par le « jeu », ils augmentaient sans cesse la dose...

    Alors, l’histoire n’explique pas tout. Nous avons tous en nous une part de violence que nos sociétés nous apprennent à contrôler. Les appels au meurtre au nom du Coran se multiplient dans les mosquées et sur Internet. Ils ne viennent pas d’Orion ou du Centaure. Les gens qui « parlent au nom d’Allah » savent très bien ce qu’ils disent et ceux qui les écoutent aussi.

    Toi, ainsi que Ka, tu as une vision intime de l’islam, pas une vision conquérante. Tu cherches dans le Coran une force et une paix intérieure qui te grandissent à tes propres yeux et, dans cette démarche, tu t’abstrais du regard des autres. Ce n’est malheureusement pas le cas de ceux qui soulèvent des foules hystériques pour ce qu’ils désignent eux-même comme un combat.

    Bien à toi et à Ka - Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 19 septembre 2006 17:31

    @l’irrascible Alexandre Santos

    Je ne sais si c’est votre patronyme qui vous pousse à de tels excès de langage. Soit. Je préfère préjuger de rien. Mais j’ai peut-être porté atteinte à la fierté de l’idalgo que je me suis permis de mentionner.

    Figurez-vous que j’ai longtemps vécu à la frontière espagnole et que cette « tradition de contrebande » que j’évoque, je l’ai connue dès ma plus tendre enfance, quand j’allais en colonie de vacances à l’extrême sud du Vallespir. Une de nos excursions préférées était d’aller grimper sur une montagne d’environ 1 800 mètres d’altitude qui nous donnait l’illusion et la jouissance de voler du regard un coin de terre espagnole. On l’appelle le Mont Capel, en raison de sa forme originale qui la fait ressembler à un chapeau. En fin d’après midi, sans avoir à montrer de papiers, de carte, et bien sûr sans voir un képi, nous redescendions de « l’autre côté », c’est à dire en zone espagnole. Cette impression d’illégalité nous ravissait. D’autant que dans la lande parsemée de bruyères, il y avait une ferme isolée. On appelle ça, un cortal. Le bâtiment ressemblait à tous les fermes basses de la région. Murs de pierres équarries, lauzes assurant la couverture, des fenêtres petites et étroites, une barrière en tronc de châtaigniers qui servait d’enclos pour les bêtes. Mais l’originalité tenait à l’aménagement intérieur, car une fois la porte franchie, nous plongions au coeur d’une véritable caverne d’Ali Baba bourrée d’alcool set de cochonnailles. Les murs étaient tapissés de bouteille d’anisette, de pastis contrefait, de gin, de Vetarano Osborne (marque de brandy symbolisé par un fameux taureau viril qui a longtemps décoré les routes espagnoles), et bien sûr de tabac (dont les célèbres Ducados). Des jambons et des saucissons étaient accrochés à chaque poutre. Il y avait aussi sur le comptoir fait de rondins, des tas de confiseries et des sachets de déliceuses boulettes d’anis. C’était du reste le seul butin que nous avions le droit de ramener à la colo... Il va sans dire que cet « établissement » n’était pas implanté dans une région aussi isolée juste pour ravir notre regard d’enfants...

    Plus tard, j’ai parcouru l’Andorre, du nord au sud et d’est en ouest, ainsi que la petite enclave espagnole de Llivia qui se trouve près de Puicerda et j’y ai vu et appris des pratiques que l’on ne m’avait jamais enseignées dans mon enfance...

    Plus tard encore, au Sahara cette fois, dans une région peu fréquentée, j’ai été ébahi de tomber sur un souk-fantôme en plein désert. L’endroit était bien choisi, au centre d’un noeud de frontières emmêlées : à quelques kilomètres de l’ancienne zone de protectorat français, en limite de la zone de protectorat dévolu à l’Espagne, non loin de l’enclave espagnole de Sidi Ifni et de l’ex-colonie espagnole du Rio de Oro. Le tout à deux cents kilomètres à vol d’oiseau des Canaries. On dit aussi que les Algériens, les Mauritaniens et les Maliens venaient s’y ravitailler...

    Dernier point : comment dites-vous « contrebande » en marocain, en algérien, en tunisien et même en banlieusard parisien, lyonnais, marseillais et autres villes en tête de la première division qui pratique ce sport ... On dit « trabendo » n’est-ce pas. Tout un programme.

    Désolé. Il n’y a rien d’outrageant de parler ainsi. Il suffit d’ouvrir les yeux et d’aimer regarder la vérité bien en face. Mais rassurez-vous, les Espagnols ne sont pas les seuls à agir ainsi en Europe du sud. Un jour que j’aurais le temps, je vous raconterai peut-être les planques des douaniers niçois qui, il n’y a pas longtemps encore, tentaient de bloquer le mobilier italien de luxe qui passe régulièrement la frontière du côté de Vintimille. Aujourd’hui, je ne sais pas si c’est toujours le cas, mais ça m’étonnerait que le manège ait cessé. Cessez donc de pousser des cris d’orfraie parce qu’on « touche » à l’honneur de l’Espagne. Les Canaries sont une plaie béante ouverte au flanc sud de l’Europe. Sebta et Melilla aussi. Les Baléares ne sont pas en reste. Sans parler de Gibraltar (avec les Anglais) et de l’Andorre bien sûr. L’Europe ne pourra se construire que si les mêmes règles sont appliquées partout. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

    Bien à vous. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 18 septembre 2006 17:43

    @ l’auteur

    Il est intéressant de pointer l’attention sur Bayrou comme vous l’avez fait. Il m’est arrivé d’écrire à plusieurs reprises sur Agora que, vu le choix qui risque de nous être proposé, le Béarnais représente sans aucun doute ce qu’on peut de mieux offrir à la France en valeur ajoutée humaine et poltique. Je pense que l’acte fondateur de Bayrou (s’il fallait en chercher un) se situe dans son discours à l’Assembée Nationale lors de la motion de censure. Je ne sais s’il l’avait écrit seul, mais je pense qu’il reflètait l’ensemble de ses réflexions et qu’il l’a prononcé avec la conviction d’un homme qui s’est débarrassé de la langue de bois apprise quand il faisait ses armes dans l’UDF de Giscard.

    Mais tiendra-t-il la route face au rouleau compresseur médiatique qui roule (comme il le dit lui-même si justement) pour les deux pipolistes qui jouent de leur image plus que de leurs idées. Si on se souvient de ce qui est arrivé à Chevènement, on peut en douter. Ce dernier avait atteint jusqu’à 12 ou 14 % d’intentions des votes avant de se ramasser à l’arrivée, très précisément quand il s’est agi pour lui de « signer » la différence capable de l’identifier face à Jospin. Bayrou pourra-t-il quitter la casaque libérale et ouïste au référendum européen pour parvenir à rassembler tous ceux qui attendent depuis des lustres une véritable refondation du paysage politique... Rien n’est moins sûr. Mitterrand l’avait tentée après sa réélection de 88 et il s’était planté. Pourtant il croyait avoir quelques bonnes cartes en main. Là aussi, les médias ont eu le dernier mot.

    D’autre part, je rejoins Marsu dans l’expectative de points essentiels qu’il doit préciser dans son programme, voire dans sa posture. Au problème majeur des déplacements incontrôlés de populations auxquelles nous allons être confronté pendant des décennies, j’ajouterai trois axes majeurs en politique intérieure : le logement couplé à l’urbanisme - l’éducation couplée à l’intégration - la recherche. Seules des réponses claires et des engagements précis dans ces domaines seraient susceptibles de faire gonfler les voiles pour permettre au bateau quitter le port.

    Il lui faudrait aussi se démarquer nettement de l’atlantisme qui colle aux basques de l’UDF et tenir compte, de façon lucide, du non au référendum à l’Europe hanséatique qui a été rejetée catégoriquement par les Français qui descendront dans la rue si on essaie de la leur resservir en changeant juste de plateau.

    Bien à vous. patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 18 septembre 2006 10:37

    @ Spirou

    Juste une petite précision concernant le passage de votre intervention où vous dites : « Concernant le raid de Naklha, vos références sont exactes concernant le verset utilisé par Mahomet pour justifier cette expédition qu’il avait soigneusement planifié(choix des hommes chez les émigrés et non chez les Ançars, instructions claires mentionnées dans l’enveloppe pour s’assurer seulement du concours d’homme sûr cf les deux désertions, parcours sinueux pour atteindre l’objectif ) D’ailleurs, ce raid est important dans l’histoire de mahomet car c’est l’un des épisodes où le pouvoir du prophète de l’islam vacille en raison d’une faute politique. »

    Je n’ai pas dit que le raid avait été exécuté avec les Ançars, mais il me semble que son impact devait, dans l’esprit de Mahomet, avoir un impact sur leur appréciation du traité d’alliance qu’ils avaient conclu avec cette tribu peu de temps auparavant. N’oublions pas que les Ançars étaient « spécialisés » dans le pillage des caravanes, mais qu’ils ne devaient pratiquer ce « sport » qu’en tenant compte des règles millénaires en vigueur dans la région. Mahomet commandant à ses disciples de rompre sciemment la trève de Dieu ne pouvait que les inquiéter (même de loin) quant à leur place dans la région.

    Bien à vous. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 18 septembre 2006 10:26

    @ IP:xxx.x22.17.6

    Si tu crois que je vais perdre mon temps à te suivre dans un jeu de piste imbécile, tu te fous le doigt dans l’oeil jusqu’au calcanéum. Joue sans moi.

    Le fil du démen-tellement de la noblesse des idées, il y a longtemps que je l’ai déserté. Je m’y suis défoulé un temps, mais vu l’allure qu’il a prise, le jeu ne m’a plus intéressé, à part pour en manipuler à ma façon le cours, si l’occasion avait à se présenter. Maintenant, je m’en fous. Je lisse les crocos-ridés jouer dans le margirot. Ils finiront sans doute par se bouffer entre eux. Succulent.

    Patrick Adam

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