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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 7 juillet 2007 04:27

    Frédéric,

    L’article que vous avez écrit est d’un grand intérêt sur les origines et l’histoire des courants se réclamant de l’anarchisme.

    Il a aussi l’avantage de rappeler des grandes figures de ce mouvement, qui a connu, il est vrai, son développement le plus explicite entre les années 1850 et 1939, pour cerner l’essentiel de ses apports historiques dans les processus sociaux contemporains marquants.

    Certes, on peut regretter ici ou là quelques erreurs et/ou oublis manifestes : sur les positions et l’oeuvre d’Elisée Reclus et de quelques autres figures publiques, sur la place exacte des anarchistes dans la Commune de Paris, sur les positions et divergences internes dans le cours de la révolution russe et la guerre civile qui s’en est suivie, comme en Espagne (là, les oublis sont bien plus « graves » car il y a eu pour la première fois des anarchistes (gouvernementaux) qui ont bien réprimé d’autres anarchistes (non-gouvernementaux), etc....

    Il y manque même les anarchistes américains (au sens continental), chinois, indiens, indochinois et japonais, que l’article aurait pu sortir d’un oubli immérité parce que se focalisant(un peu trop ?) sur la seule Europe continentale. C’est un peu dommage car cela retire de la chair vivante et un large horizon à un article humaniste et fécond en informations.

    L’article aurait pu s’épargner, ce qui est beaucoup plus ennuyeux, de « mélanger » les périodes, les contextes historiques et les forces sociales en cause entre, par exemple,la révolution de 1789 et les révolutions espagnole ou russe, qui suivent ce qu’on a appelé la révolution industrielle alors que la première l’a précédée et permise, tout en mettant en place les principes démocratiques élementaires qui ont permis l’éclosion du mouvement anarchiste.

    Il est des raccourcis qui, au lieu d’expliquer, obscurcissent la compréhension recherchée du lecteur...comme de qualifier Staline de « chef d’empire mongoloïde » alors qu’il est d’origine géorgienne, donc caucasienne ou Lénine de « monarque », ce que même les anarchistes de l’époque ne lui ont jamais reproché !!! Là, on verse dans les mauvais clichés passés du plus triste effet !

    Comparer l’incomparable (1789 avec 1917 par exemple) manque singulièrement ici de sérieux et de profondeur historique. Ce qui tranche avec le ton et la nature très documentés de l’article.

    J’ai été aussi frappé par l’absence de références aux naissances des divers courants anarchistes et aux personnalités qui les ont « façonnés ». Il aurait été utile, même en quelques mots rapides, de travailler les rapports entre « penseurs » et « militants » au sein des mouvements anarchistes, car on y retrouve bien des caractéristiques « hiérachiques » non-dites (problématique des personnalités cultivées face aux militants « sans culture » ou moins « instruits »). Ce point est abordé, mais un peu trop vite pour bien le comprendre et en mesurer l’impact réel sur les mouvements eux-mêmes.

    Ceci dit, ces remarques constructives faites, j’ai beaucoup apprécié que vous ayez eu l’énergie, le courage et la patience d’aborder ce sujet complexe en un seul article. Ses manques ne lui retirent pas ses qualités intrinsèques.

    Si vous rédigez un livre sur le sujet, soyez attentif à éviter les raccourcis nuisibles qui ne sont que des pièges d’apparence et surtout, c’est un voeu qui se veut fructueux pour votre étude, essayez d’ouvrir le sujet vers le monde entier car l’Europe n’est pas le centre de la Terre, même pour le courant que vous étudiez.

    Bien cordialement vôtre,

    PS : comme Tetsuko plus haut, je regrette le premier commentaire signé Lerma qui, outre le fait de ne rien apporter au débat, utilise un « on » qui me semble ici déplacé pour marquer son refus personnel du dialogue. Les anarchistes, comme tout courant politique, ont le droit d’exister et de concourir au débat public, que certains les aiment ou non. Il s’agit là d’humanisme vrai, d’intelligence sociale et de démocratie concrète. Et de liberté tout simplement !



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 6 juillet 2007 18:45

    Thierry,

    Je vous retrouve donc, avec plaisir, sur AGORAVOX après avoir un beau jour déjeuné avec vous et les amis de la rédaction d’un site citoyen que vous connaissez bien sur l’Ile de la Jatte, à l’époque, à quelques mètres de l’immeuble où résidait à l’époque Nicolas Sarkozy, certes sans Cécilia...

    Votre article ci-dessus, en forme de réflexion rétroactive, m’a plu, même si on peut ne pas partager toutes ses conclusions ou propositions de conclusions. Ce qui me semble essentiel, ce sont les sentiments ressentis et les expériences vécues qui ont « enrichi » et construit l’homme.

    Ceci dit, comme vous évoquez votre passé, je pense qu’il vous faudrait urgemment, je le dis avec humour et amitié, réactualiser votre « portrait » de rédacteur d’Agoravox. Il semble dater un peu.... !!!

    Il me semble bien que le livre « le Cinquième pouvoir » est déjà paru et la preuve en est donnée par le fait que je l’ai lu.

    Au passage, je vous remercie des citations faites dans le livre concernant le site citoyen pour l’historique duquel nous avons fait connaissance, avec de plus un excellent repas à 5, comme le chiffre fétiche de l’ouvrage.

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 6 juillet 2007 15:58

    Jean-Baptiste,

    Je vous remercie de votre commentaire en deux parties, mais je souhaite d’entrée préciser que j’expose dans l’article les faits et les processus en cours que j’obserbe, avec l’aide et le concours des instruments d’ analyse que les médias et mes correspondants me donnent.

    Je ne suis donc pas futorologue ou personne qualifiée pourprédire l’avenir, pas plus que je ne veux convaincre quiconque sur des sujets qui sont, par nature, du domaine de l’opinion individuelle, voire des conceptions propres.

    Pour l’heure, et en nous fondant sur ce qui est observable collectivement, ce qui est sûr, c’est que le mécontentement social de la population est très fort et que cela peut générer des situations inédites.

    Ceci dit, je tiens quand même à vous rappeler que le Japon moderne, comme plus ancien, a connu de multiples révoltes, urbaines comme rurales, et que les manifestations sociales y ont parfois été très violentes (relire son Histoire générale pour raviver ce constat).

    La « soumission » ou « passivité » du peuple japonais est un mythe forgé par certains historiens non-japonais. La meilleure preuve de cette contre-vérité est donnée par les régimes répressifs que ce pays a connus : pourquoi réprimer si sauvagement des révoltes incessantes si le peuple est sage ?

    Ce mythe imaginaire est créé par une incompréhension « extérieure » des résultantes APPARENTES des pressions énormes subis par ce peuple depuis de longues années, soit par des régimes dictatoriaux, soit par l’occupation américaine, soit par les obligations imposées par les employeurs sur toute la vie sociale.

    Il semble, pour essayer de répondre honnêtement à votre question de fond sur les Japonais, que les faits actuels conjugués justement provoquent des modifications profondes et larges, encore à leurs stade premier, de l’état d’esprit dans de larges secteurs de la population.

    C’est ce phénomène qui est nouveau par son ampleur et sa nature.

    Il me paraît encore bien trop tôt pour définir avec une relative certitude ce que sera l’avenir de ce processus.

    Une chose reste certaine : il se passe quelque chose au Japon, et il est très probable que le parti de Monsieur Abe subisse une revers électoral le 29 juillet aux élections législatives.

    Certains processus prennent plus de temps ici que là, cela est une évidence, mais justement, en Histoire, il arrive que les peuples longtemps « contraints » explosent plus violemment et plus brusquement que d’autres- plus prompts à des révoltes plus aisés dans leur contexte- quand leur situation leur semble insupportable et que les contraintes sont alors brisées.

    Je vous invite à suivre les événements à venir, et le cas échéant, à rédiger un article sur ce que vous pouvez aussi observer sur ce pays qui est aujourd’hui « en colère sociale ».

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 6 juillet 2007 14:25

    Jakback,

    Je précise, du fait de votre phrase sur les comptes « offshore », que les sommes détenues par les personnes de nationalité française sont géographiquement détenues par des banques suisses. D’où d’ailleurs leurs ilégitimes propriétaires ne peuvent plus les retirer....aux fins de transfert ailleurs (enquête fédérale helvétique oblige).

    Sur la lenteur des tractations en cours, ce n’est que le 13 juin qu’a été annoncée à la presse et donc au public (donc aux intéressés potentiels pour qu’ile ne l’ignorent pas) le premier accord servant d’exemple pour la marche à suivre en vue d’accords amiables de restitution.

    Ceci dit, il semble que le message soit maintenant passé, même pour celles et ceux des « titulaires » de comptes qui n’ont pas compris de suite la subtilité « chinoise », pardon, taiwanaise en la matière.

    Ceci dit, votre remarque sur le temps est juste aussi : les Taiwanais sont des gens patients et tenaces, mais ils sont tenus dans ce dossier, d’une certaine façon et pour des raisons aussi de politique interne, par le calendrier de leurs élections en 2008.

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 6 juillet 2007 13:31

    Jakback,

    Je profite de votre commentaire pour apporter des précisions complémentaires à l’article, qui, je pense, vous intéresseront aussi :
    - La stratégie actuelle des autorités taiwanaises, qui m’a été expliquée en toute clarté et en détail, vise à récupérer l’argent qu’elles considèrent avoir été volé à leur pays, sans provoquer d’inutiles problèmes internationaux, autant que faire se peut.
    - La tactique suivie est celle de l’information discrète des « intéressés » (en clair des personnes en France qui ont perçu indûment des sommes appartenant à Taiwan) afin de les convaincre de leur intérêt à les rendre de manière « amiable », pour ne pas dire « volontairement ».

    C’est ce que démontre l’accord, valant exemple de la marche à suivre, ayant abouti à la restitution de 34 millions de dollars, ceci concernant des citoyens taiwanais, sur 524 millions identifiés.

    L’alternative offerte est claire :
    - soit les sommes prises illégalement sont restituées à l’Etat taiwanais en silence, discrètement et en toute sérénité, et Taiwan sera satisfait, ou
    - les « intéressés » resteront sourds aux appels à la raison, et alors, la Justice aura à « connaître » de leurs secrets jusqu’ici bien gardés, tout comme les médias.

    Pour ceux qui auraient encore un doute sur les « connaissances » des Taiwanais sur le dossier, je les renvoie aux déclarations du Juge suisse en charge des demandes taiwanaises très précises et documentés (490 millions de dollars avec les propriétaires identifiés).

    Il évoque clairement la possible « deuxième phase » judiciaire, concernant les sommes exigées par Taiwan.

    Il ne faut donc pas être grand clerc, ou enquêteur spécialiste, pour avoir compris le message du 13 juin 2007, aux personnes qui sont concernés par ce dossier.

    Pour conclure sur votre voeu, il semble bien que les deux facteurs qui vont jouer sur sa réalisation seront bien : 1) les positions des personnes visées par ces informations -restitution ou refus. 2) les questions de corruption publique durant les élections taiwanaises, voire avant, vu le climat déjà plus que tendu, qui pousseront alors à la mise sur la place publique via les médias et la Justice suisse.

    Bien cordialement vôtre,

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