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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 juin 2010 13:00

    Cher Pas Glop, pas Glop,

    Bien évidemment, nul ne nie la légitimité de ce qu’écrit Champs plus haut. Le problème n’est pas non plus une « modération » face à une révolte légitime.

    Et Chams a parfaitement compris le sens de ma remarque à son commentaire.

    Le problème posé, comme en Chine par exemple, est, non pas la légitimité de la violence contre l’injustice, l’inacceptable, la misère sociale et ses conséquences dramatiques, mais de quelle manière justement ces réactions de révolte légitime peuvent contribuer à apporter une issue collective viable et pérenne.

    Ce que font les ouvriers chinois en ce moment, par leurs grèves massives et déterminées, c’est le chemin qui permet de modifier le cours des évènements, mais pas avec des mots radicaux qui, surtout en France où la tradition est vivace, camouflent souvent une attitude résignée ou de révolte platonique.

    Le fond du propos est donc tout autre que celui qui vous a motivé : Chams émet une réaction basique, légitime, commune, partagée par beaucoup. Ce qui manque à cela est le chemin qui permet de transformer cette révolte légitime en force réelle et utile.

    Là était mon propos, nullement ailleurs : le radicalisme verbal ou le verbalisme radical est célèbre en France comme couverture « révolté » des politiques de plate soumission. D’où un souci, légitime, de clarification.

    Car les révoltes qui visent .....à cultiver des légumes (pour ceux qui le peuvent) ou à prendre les armes ( sans expliquer pour quel but, ni comment), cela s’appelle dans l’usine Foxcoon « rendre un mouvement impuissant en lui retirant ses buts légitimes, collectifs et clairs ».

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 juin 2010 12:40

    Cher hgo04,

    Je reviens juste sur un aspect de votre commentaire qui nécessite à mon sens un peu plus d’élaboration les autres points de votre texte étant évidents.

    La crise en Chine qui est générée par les révoltes ouvrières, jusqu’ici contenues par l’appareil politico-policier de l’Etat dictatorail, et les succès croissants de ces révoltes ouvrières, n’est pas un fait secondaire comme cela est vu par certains de la petite France en déclin rapide, mais un élément éminent des processus en cours,

    Ceci pour plusieurs raisons, mais je n’en citerais ici que deux :

    1- les hausses salariales et de charges sociales en Chine vont avoir un impact sur la situation politique interne d’un géant économique planétaire, avec des conséquences mondiales encore difficiles à quantifier, mais formidables en poids socio-politique.

    2- Si le gouvernement central chinois s’écroule et que la Chine accède enfin de nouveau à la démocratie ( sa première expérience dans ce sens date de 1911 : première République chinoise), c’est tout le contexte de sur-exploitation des travailleurs chinois et en Asie du Sud et du Sud-Est qui s’en trouvera ébranlé.

    Par ailleurs, délocaliser des usines de Chine n’est pas aisée en aucun cas : les autorités locales peuvent, sous les menaces de délocalisations, prendre des mesures de réquisition, de nationalisation, de confiscation.

    Le régime dictatorial été depuis les années 1980 un des pires au monde pour les droits ouvriers tout en étant très « amical » aux investisseurs.

    Si le courant change de sens, nul ne peut prévoir les réactions d’un régime paniqué par les conséquences de sa politique dite « d’ouverture »...au capitalisme le plus sauvage et déréglementé.

    C’est bien pour cela que le patronat taïwanais avait pris les devants en rapatriant à Taïwan les productions les plus en pointe et en laissant en Chine les usines fabriquant des produits que l’on pourra sans difficulté produire ensuite aussi sur place.

    Les sociétés les plus menacées sont celles qui n’ont jamais vu rien arriver dans cet immense pays et qui croyaient que la corruption active de l’Etat par leurs soins leur garantissait un régime esclavagiste éternel.

    Quant à l’inde, vu ses traditions syndicales de luttes salariales, ses libertés acquises et ses gouvernements locaux sous pression forte de la population très solidaire, y délocaliser alors que le niveau de salaire y est plus élevé qu’en Chine ne semble pas être une option pour les patrons qui veulent quitter la Chine.

    Le monde entier n’écoute pas les niaiseries stupéfiantes d’Emmanuel Chain sur M6 lorsqu’il parle de la Chine....Il existe des études et des organismes qui suivent la montée sans cesse plus puissante des grèves et émeutes ouvrières en Chine qui font aujourd’hui la une mondiale.

    Il en est ainsi du China Labour Bulletin qui regroupe les militants syndicalistes indépendants chinois,

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 juin 2010 12:11

    Cher Zen,

    Le gouvernement turc est certes médiatiquement fameux depuis quelques jours, mais ce ne sont pas les bruits médiatiques qui font une politique et qui fondent une économie.

    La Turquie peut certes faire parler d’elle pour des causes parfaitement justes, il n’en reste pas moins que la réalité turque ne se résume pas aux bateaux qui veulent, à juste titre, briser l’infâme et ignoble blocus des populations de la bande de Gaza, un ghetto à ciel ouvert, une horreur entretenu par les gouvernements israélien et égyptien.

    Les problèmes sociaux et économiques, les tensions avec les populations kurdes, les difficultés récurrentes à faire revivre le mythe de l’Empire ottoman dans un contexte totalement différent, sont les réalités de fond de la Turquie, laquelle, après les phrases « gaulliennes » de son Premier Ministre, livrent 50 millions de m3 d’eau potable à Israël et développe ses relations économiques et commerciales, notamment en matière d’armement, avec l’Etat qu’elle appelle à condamner.

    L’éloquence ne doit pas cacher les actes réels. Quant à l’UE en pleine crise, est-elle seulement une « perspective » valide et fructueuse pour le peuple turc, cela n’est en rien démontré.

    Quant au remède à la crise de l’euro, à part aller droit à une catastrophe sociale et des crises violentes croissantes en restant dans un cadre qui étrangle les économies nationales et la démocratie, je ne distingue pas d’autre alternative fiable que la sortie concertée de la zone euro, comme nombre de voix en Allemagne, en Hollande, voire ailleurs, le demandent.

    Rester dans la zone euro n’est pas un remède, c’est courir droit à des crises nouvelles, de plus en plus insupportables.

    Mais, si vous entrevoyez une autre option possible, un remède valable, tout débat est libre et tout apport est constructif.

    Bien amicalement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 juin 2010 11:58

    Cher Alpo 47,

    Ce que vous notez est fort juste encore qu’il est essentiel, en toute hypothèse, de ne pas mélanger dirigeants politiques et syndicaux avec leur base, ou, si vous préférez, avec les organisations qu’ils dirigent, plus ou moins.

    Un parti, un syndicat, une association, ne se résument pas à un dirigeant ou un exécutif de direction. La clarté du langage aide à la précision de le pensée. Les citoyens n’obéissent pas comme des robots et les dirigeants peinent d’ailleurs, on le voit de plus en plus, à défendre et justifier l’indéfendable et l’injustifiable.

    Comme en démocratie, ce n’est pas parce que le peuple peut être trompé par ceux qu’il a élus que le peuple n’existe pas et qu’il ne peut avoir d’autre recours.

    Ce ne sont donc pas tous les partis et syndicats (un bloc amalgamé déjà fort disparate) qui sont compromis ( notion assez vague et peu concrète), mais il semble bien que nombre de dirigeants politiques et syndicaux ont partie liée effectivement avec le système qui s’écroule et essaient de lui apporter une aide, même si celle-ci est vaine au bout du compte.

    Ceci étant dit, le banquier suisse qui dit tout haut ce que l’immense majorité des populations a compris et admis est intéressant : le dogme est brisé, la fin de l’euro est devenue une option de plus en plus envisagée parce qu’inéluctable.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 juin 2010 11:47

    Cher Chams,

    Tout un chacun peut se contenter de diffuser ses souhaits, mais peut-être serait-il utile et sain de dépasser les phrases simples toutes faites et les conseils sans intérêt qui ne règlent rien dans la pratique quotidienne.

    Ainsi, cultiver les légumes ne peut être une activité pour tout le monde. Quant à votre slogan lancé « armez-vous », outre que dans de nombreux endroits, cela est plus qu’une réalité quotidienne, des gens peuvent s’armer pour des buts différents, voire même contradictoires.

    Dépasser donc les slogans basiques qui ne font rien avancer pour personne serait souhaitable, si on suit et partage votre première remarque.

    Bien cordialement,

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