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Philippe VERGNES

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Tableau de bord

  • Premier article le 27/04/2012
  • Modérateur depuis le 17/12/2012
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Derniers commentaires



  • Philippe VERGNES 27 mai 2013 14:31

    Concluez-en ce que bon vous semble Ôh vénérable habitant de Flatland. Ou peut-être ne vous ai-je pas reconnu, ne seriez-vous pas plutôt le roi de Lineland ???

    Dans ce cas, veuillez pardonner mon arrogance Ôh gracieuse majesté, je n’avais pas idée du rang auquel vous apparteniez.

    Juste quelques petites précisions au sujet du paradigme de simplification auquel vous vous attelez comme si votre vie en dépendez : « A trop s’accrocher au superflu, le nécessaire fait défaut » [Jean Guilaine] ; et « S’accrocher au connu, c’est rester prisonnier de l’ignorance » [Yvon Rivard].

    Et pour finir, voici pourquoi les choix que vous proposez concernant l’explication de la phrase de Lacan « Le réel, c’est l’impossible » ne peuvent en aucun cas correspondre à l’analyse réductrice que vous en faîtes :

    « La pathologie du savoir, l’intelligence aveugle :

    Nous vivons sous l’emprise des principes de disjonction, de réduction et d’abstraction dont l’ensemble constitue ce que j’appelle le « paradigme de simplification ». Descartes a formulé ce paradigme maître d’Occident, en disjoignant le sujet pensant (ego cogitans) et la chose étendue (res extensa), c’est-à-dire philosophie et science, et en posant comme principe de vérité les idées « claires et distinctes », c’est-à-dire la pensée disjonctive elle-même. Ce paradigme, qui contrôle l’aventure de la pensée occidentale depuis le XVIIIe siècle, a sans doute permis les très grands progrès de la connaissance scientifique et de la réflexion philosophique ; ses conséquences nocives ultimes ne commencent à se révéler qu’au XXe siècle.

    Une telle disjonction, raréfiant les communications entre la connaissance scientifique et la réflexion philosophique, devait finalement priver la science de toute possibilité de se connaître, de se réfléchir, et même de se concevoir scientifiquement elle-même. Plus encore, le principe de disjonction a isolé radicalement les uns des autres les trois grands champs de la connaissance scientifique : la physique, la biologie, la science de l’homme. La seule façon de remédier à cette disjonction fut une autre simplification : la réduction du complexe au simple (réduction du biologique au physique, de l’humain au biologique). Une hyperspécialisation devait de plus déchirer et morceler le tissu complexe des réalités, et donner à croire que le découpage arbitraire opéré sur le réel était le réel lui-même.

    En même temps, l’idéal de la connaissance scientifique classique était de découvrir, derrière la complexité apparente des phénomènes, un Ordre parfait légiférant une machine perpétuelle (le cosmos) elle-même faite des micro-éléments (les atomes) diversement assemblés en objet et systèmes. Une telle connaissance fondait nécessairement sa rigueur et son opérationnalité sur la mesure et le calcul ; mais de plus en plus, la mathématisation et la formalisation ont désintégré les êtres et les existants pour ne considérer comme seules réalités que les formules et équations gouvernantes les entités quantifiées.

    Enfin, la pensée simplifiante est incapable de concevoir la jonction de l’un et du multiple (unitas multiplex). Ou bien, elle unifie abstraitement en annulant la diversité. Ou, au contraire, elle juxtapose la diversité sans concevoir l’unité. Ainsi, on arrive à l’intelligence aveugle. L’intelligence aveugle détruit les ensembles et les totalités, elle isole tous ses objets de leur environnement. Elle ne peut concevoir le lien inséparable entre l’observateur et la chose observée. Les réalités clés sont désintégrées. Elles passent entre les fentes qui séparent les disciplines. Les disciplines des sciences humaines n’ont plus besoin de la notion d’homme. Et les pédants aveugles en concluent que l’homme n’a pas d’existence, sinon illusoire.

    Tandis que les médias produisent la basse crétinisation, l’Université produit la haute crétinisation. La méthodologie dominante produit un obscurantisme accru, puisqu’il n’y a plus d’association entre les éléments disjoints du savoir, plus de possibilités de les engrammer et de les réfléchir. Nous approchons d’une mutation inouïe dans la connaissance : celle-ci est de moins en moins faite pour être réfléchie et discutée par les esprits humains, de plus en plus faite pour être engrammée dans des mémoires informationnelles et manipulées par les puissances anonymes, au premier chef les États. Or, cette nouvelle et prodigieuse ignorance est elle-même ignorée des savants. Ceux-ci, qui ne maîtrisent pas, pratiquement, les conséquences de leurs découvertes, ne contrôlent même pas intellectuellement le sens et la nature de leur recherche. Les problèmes humains sont livrés, non seulement à cet obscurantisme scientifique qui produit des spécialistes ignares, mais aussi à des doctrines obtuses qui prétendent monopoliser la scientificité (après le marxisme althussérien, l’éconocratisme libéral) à des idées clés d’autant plus pauvres qu’elles prétendent ouvrir toutes les portes (le désir, la mimésis, le désordre, etc.), comme si la vérité était enfermée dans un coffre-fort dont il suffirait de posséder la clé, et l’essayisme invérifié se partage le terrain avec le scientisme borné.

    Malheureusement, la vision mutilante et unidimensionnelle se paie cruellement dans les phénomènes humains : la mutilation tranche dans les chairs, verse le sang, répand la souffrance. L’incapacité de concevoir la complexité de la réalité anthropo-sociale, dans sa micro-dimension (l’être individuel) et dans sa macro-dimension (l’ensemble planétaire de l’humanité), a conduit à d’infinies tragédies et nous conduit à la tragédie suprême. On nous dit que la politique « doit » être simplifiante et manichéenne. Oui, certes, dans sa conception manipulatrice qui utilise les pulsions aveugles. Mais la stratégie politique, elle, requiert la connaissance complexe, car la stratégie se mène en travaillant avec et contre l’incertain, l’aléa, le jeu multiple des interactions et rétroactions.[1] »

    Mais aussi : « Je suis désormais persuadé que toute connaissance simplifiante, donc mutilée, est mutilante et se traduit par une manipulation, répression, dévastation du réel dès qu’elle est transformée en action, et singulièrement en action politique. La pensée simplifiante est devenue la barbarie de la science. C’est la barbarie spécifique de notre civilisation. C’est la barbarie qui aujourd’hui s’allie à toutes les formes historiques et mythologiques de barbarie »[2].

    Le principe de disjonction est animé par une pensée spécifique, une pensée disjonctive : la pensée perverse en œuvre dans la perversion narcissique. Sortir de cet état nécessite d’en avoir conscience et dans votre aveuglement, et vos peurs de l’inconnu (défense de survivance), votre seul désir serez que je puisse me conformer à votre vision à vous. Et dans l’histoire, ce serait moi l’Inquisiteur ???

    Cherchez l’erreur !!!

    [1] Edgar MORIN, « Introduction à la pensée complexe », éditions du Seuil, Paris, avril 2005, pages 18,19 et 20, première édition en 1990 chez ESF éditeur.

    [2] Edgar MORIN, « La méthode, la nature de la nature, tome 1 », éditions du Seuil, 1977, page 387.



  • Philippe VERGNES 27 mai 2013 10:14

    Bonjour philouie,

    Outre le fait que vous vous montrez incapable de tenir une discussion sans afficher votre mépris ou sans insulter votre contradicteur (comme ce fut le cas lors de votre premier message à mon attention supprimé par la modération sous mon précédent sujet), vous vous montrez particulièrement réfractaire à tout changement de perspective comme en témoigne une fois de plus votre intervention ci-dessus.

    À ce titre, la vidéo mise en lien par Gaspard Delanuit, à défaut de lire cet ouvrage, est une bonne « porte d’entrée » (puisque vous aimez l’expression).

    Ceci dit, je n’ai pas répondu à votre question tout bonnement parce que la réponse se trouve déjà dans l’énoncé que vous incriminez, le lien auquel il renvoie et l’annotation de fin de paragraphe et que je n’ai aucunement l’intention de vous offrir une réponse « prête à penser » sur le mode manichéen (« Flatland ») tel que vous le présentez ici .

    Par ailleurs, Volt dans un des premiers commentaires (Par volt (---.---.---.13) 22 mai 16:39) posté sur ce fil (en tête de liste des réactions les plus appréciées à l’heure actuelle), à merveilleusement bien défini la « nature » de ce réel en apportant une réponse très détaillée à l’une des questions que je soulevais dans cet article et qui concernait la « nature » du réel. N’étant pas lacanien, et mon clin d’œil à leur encontre lui étant destiné en partie, je ne saurais trop vous recommander de la lire avec attention.

    Maintenant une dernière « chose » en matière de communication sous forme de citation :
    « Entre
    (1) Ce que je pense
    (2) Ce que je veux dire
    (3) Ce que je crois dire
    (4) Ce que je dis
    (5) Ce que vous avez envie d’entendre
    (6) Ce que vous croyez entendre
    (7) Ce que vous entendez
    (8) Ce que vous avez envie de comprendre
    (9) Ce que vous croyez comprendre
    (10) Ce que vous comprenez
    Il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même... »
    [Bernard WEBER, « Encyclopédie du savoir relatif et absolu », tentative de communication.]

    Vous noterez dans cet extrait qu’il y a quatre parties qui sont de mon propre fait (1 à 4) et 6 qui vous concernent vous (5 à 10). Vos commentaires sur ce fil de discussion (et les précédents) ne portent que sur les quatre premiers (1 à 4) et vous abstrayez totalement les 6 dernières parties vous impliquant vous personnellement.

    Autrement dit, vous niez votre part de responsabilité dans l’échange. C’est ce qui a conduit un certain Alfred KORZYBSKI à changer les postulats aristotéliciens de la communication pour créer une méthode de « pensée complexe » destinée à sortir de la barbarie de la « communication humaine » (Edgar MORIN).

    « La carte et le territoire », axiome de la Sémantique Générale, vous en avez probablement entendu parler… (oui – non ???).

    Bhein, il serait temps de s’intéresser à celui qui en a inventé l’idée. Mais je vous souhaite bon courage, la route est encore longue afin de bien saisir ces concepts pour les habitants de Flatland.



  • Philippe VERGNES 26 mai 2013 17:11

    Bonjour antitroll,

    Je prends note du lien : le phénomène de « désempathie » au coeur de notre société est ce qui m’intéresse principalement d’étudier.

    Merci pour l’info.



  • Philippe VERGNES 26 mai 2013 10:52

    @ philouie,

    Elle est très bien l’explication que vous développiez pendant que je rédigeais mon précédent message. Je la replace ici tant elle est éloquente :

    (Par philouie (---.---.---.60) 26 mai 10:20) "JL, Étonnant. Il me semble que Lacan aurait eu beaucoup à dire sur « l’omission de la négation ». A mon sens la négation renvoie à la castration. Ici donc au refus de la castration symbolique. Mais plus largement la négation renvoie à la mort et à son corolaire le mal. Omettre la négation est alors aborder le tout sans prendre en compte la part obscure qu’il contient. Cela renvoie pour moi, à la théologie chrétienne qui fait de Dieu le « Sumum Bonum » et le mal l’absence de Bien. Dans cette doctrine le mal n’existe pas en lui-même mais seulement comme absence. Pour moi, c’est ici l’origine de la perversion.« 

    Si c’est cela l’objet de votre interrogation d’hier dont vous n’avez pas souhaité me faire part, j’approuve totalement.

    Je répète encore ce que je n’ai de cesse de dire dans mes articles, mais que peu de monde ne veut comprendre :  »La perversion narcissique est une défense intrapsychique que RACAMIER a identité comme une défense de survivance ou défense de survie".



  • Philippe VERGNES 26 mai 2013 10:43

    Bonjour philouie,

    Vous m’imaginez « pataugez » maintenant ???

    Si cela vous enchante à peu de frais pourquoi pas dès lors que je ne risque pas de m’y noyer.

    Vous dîtes : « Le lapsus - ou supposé lapsus (supposé parce que, ce n’est dans le fond, qu’une faute d’orthographe, fréquentes chez moi) - dont je parle est dans mon commentaire. (« on omet pas » à la place de « on n’omet pas » : négation omise dans la phrase qui parle de l’omission de la négation. - Dans mon commentaire donc -. L’interrogation ne signifie alors que le fait que je m’interroge sur ce lapsus. Interrogation qui, pour moi, ouvre un certain nombre de réflexions dont je n’ai pas l’intention de vous faire part ici. »

    Oh ce n’est pas moi qui vous reprocherez vos fôôôôôtes d’orthographes… si je ne prends pas soin de corriger les miennes, ce n’est pas pour chercher la petite bête chez les autres et que les « puristes » me pardonnent, car même si c’est important, ce n’est absolument pas l’essentiel à mes yeux. L’essentiel étant plutôt le SENS. Le fond plutôt que la forme en quelque sorte.

    Mais pour ce qui est de votre lapsus sur lequel vous vous interrogez « à vive voix », en venant l’écrire dans ce dialogue où nous ne sommes que tous les deux, vous posez une question qui en fait ne m’était pas adressée ? (Par philouie (---.---.---.60) 24 mai 23:31 « “si l’on omet pas la négation”. Excellent lapsus. De la négation omise ? »)

    C’est ce que je devrais, selon vous, déduire de vos explications plus qu’alambiquées ?

    C’est bien cela ?

    Et puisque vous n’avez de cesse de chanter le même refrain « de la négation omise », je vous rabâche pour la énième fois que cette négation n’existe que dans la langue d’oc et NON PAS dans le catalan comme l’extrait du dictionnaire que je vous ai cité le confirme (Par Philippe VERGNES (---.---.---.50) 23 mai 09:53), mais ce fait là ne s’imprime apparemment pas vos neurones. Le fait que cette négation existe UNIQUEMENT en occitan me fait dire très justement que le mot latin « res » est PRÉSENT dans les deux langues. Peu importe les détails (qui en tout état de cause peuvent être précisés dans les commentaires comme ici) puisque cet article n’est pas une étude étymologique du mot « réel » dont la racine évoque une multitude de sens.

    Mais, toujours apparemment, ces subtilités et précisions vous échappent totalement. Ce qui vous permet ensuite des interprétations sommes toutes plus qu’approximatives, mais que vous exposez avec une rare conviction et de façon très péremptoire ; je vous cite : « je ne vous ai jamais reproché un quelconque lapsus mais bien une tricherie : celle d’omettre la négation qui permet de passer de « res », la chose, à « rien », l’absence de chose, à fin de donner du sens à vos thèses nihilistes. Sens qu’au final vous n’avez su justifier. »

    Dans le cas présent (comme dans les précédents d’ailleurs), la juste expression aurait été de dire : « Sens qu’au final je n’ai pas su comprendre » (le je ici vous désignant vous) ; mais dont vous projetez la responsabilité sur votre contradicteur en vous montrant incapable d’assumer votre part de responsabilité dans l’échange.

    Compte tenu du fait que cet article porte sur les erreurs de perceptions, vous serez-t-il possible de m’indiquer d’où vous vient un tel entêtement que vous tenez pour vérité « absolue » ?

    Voilà une question qui recentrerait les débats sur le fond de cet article. Et là je vous repose pour la enième fois la question : en êtes-vous capable ?

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