Ce n’est même pas un article, tout juste une brève à la manière du Figaro.
Comme toujours, la droite veut privatiser ce qui est rentable à la SNCF ( le fret et les grandes lignes passagers plus tard) et laisser le contribuable payer ce qui n’est pas rentable ( les lignes secondaires via les collectivités territoriales). Les bénéfices n’iront pas ou peu dans l’investissement et l’entretien du réseau ni aux salariés mais dans la poche des actionnaires. Quant aux bienfaits supposés de la concurrence, l’auteur oublie que là où elle existe, les tarifs ferroviaires sont plus élevés.
On peut donc affirmer que des cheminots qui font trois grèves en trois mois et acceptent de perdre une partie de leur salaire, agissent pour leur intérêt mais aussi celui des usagers.
Les libéraux à la sauce Lexington ont ceci de commun avec les communistes qu’ils haïssent tant : ce sont des idéologues dogmatiques qui ne s’intéressent pas à la réalité.
Le déficit de la SNCF est dû au fait que l’entreprise doit assumer des investissements lourds qui sont ailleurs assurés par l’Etat . Privatisé, le train coûterait plus cher à la collectivité tout en faisant le bonheur de quelques financiers et actionnaires.
« La mécanique de l’histoire »prouve justement que l’extrème-droite ne s’approche du pouvoir que lors d’accidents dont elle n’est pas l’instigatrice. C’est le destin des mouvements minoritaires.
Quant à un débat républicain, le FN n’a aucun intérêt à mener un débat de fond avec experts et spécialistes qui réduiraient en cendres ses thèses simplistes. Les populistes ne veulent pas débattre, ils préfèrent les postures, les slogans et l’émotion qui sont plus efficaces pour rameuter les déçus .
Dans une démocratie, le pouvoir est exercé par des élus, l’Etat n’est pas une entité coercitive autonome, il est contrôlé et ses serviteurs peuvent être changés.
Quant à la liberté du pauvre... votre système assure leurs droits, pas la réalité de l’exercice de leur liberté.
Les libéraux ont inventé l’égalité des droits, au XIXème siècle, les socialistes de tout crin ont fait remarquer qu’il ne suffisait pas d’avoir des droits, encore fallait-il pouvoir les exercer. Il ont inventé la notion de justice sociale qui n’est pas l’égalitarisme mais une forme de solidarité et de redistribution qui devrait permettre à chaque citoyen d’exercer réellement sa liberté.
Depuis lors, toutes les théories politiques naviguent entre ces deux axes, vous êtes resté au XVIIIème siècle, pourquoi pas ? mais cela ne mène pas très loin et conduit à des impasses analysées depuis déjà très longtemps.
Vous dénigrez les formes d’organisations et de solidarités collectives que vous assimilez systématiquement au socialisme.
Dans votre belle société libertarienne dominée par les seuls intérêts individuels, comment justifiez-vous que la liberté du pauvre soit moindre que celle du riche ?
En somme, si le bonheur des hommes consiste à faire strictement ce qu’ils veulent (en dehors de l’exercice de la violence), pourquoi certains (parce qu’ils sont riches) peuvent-ils exercer cette liberté plus que d’autres ?
Ce n’est pas parce que le libéralisme a ses théoriciens français que la France est libérale pour autant . Vous confondez vie intellectuelle et culture collective. De plus, votre libéralisme est une forme bien spécifique et minoritaire.