Avez-vous seulement lu un article de presse sur Boltanski ?
Affirmer que la presse d’hier (avant guerre ?) était plus indépendante qu’aujourd’hui révèle une complète méconnaissance de l’histoire des médias.
J’ai lu des quantités d’articles sur Boltanski et n’ai pas vu une seule fois le mot génie employé à son égard (ni pour Buren et Serra d’ailleurs).
Vous inventez des faits qui vous arrangent en faites des vérités historiques sans aucune argumentation sérieuse :« je n’ai pas vu employer le terme »génie« à la renaissance , pas plus que pour les artistes au XVIIs » dites-vous. C’est Vasari qui invente au XVIème le concept de génie artistique mais il faut attendre les romantiques pour que son utilisation devienne courante et se galvaude au point de tomber en désuétude aujourd’hui dans le domaine des arts plastiques.
On est en droit de se demander si vous ne dites pas n’importe quoi pour justifier la détestation que vous inspire l’art de votre temps . Avec vous l’Etat et quelques puissants forment un réseau qui impose au public un art dont il ne veut pas car sans qualité que Villach nomme l’art « officiel ». Cette vision simpliste et réductrice va plaire à Villach qui va sans doute bientôt vous féliciter.
L’article indigent et sans vergogne d’un type content d’étaler son ignorance complète de l’art contemporain mais qui en plus, se permet de critiquer une oeuvre en trois dimensions, sonorisée, éclairée et en partie mobile à partir de quelques photos trouvées sur le net et d’un texte de promotion...
C’est la même démarche que ces journalistes qui parlent de bouquins dont ils n’ont lu que la quatrième de couverture et dont Villach se ferait un devoir de dénoncer l’imposture...
Avec Villach les choses sont simples. Un artiste célèbre est toujours « officiel », l’oeuvre n’est qu’un tas de chiffons qui dénonce le nazisme. Le tout est emballé dans une rhétorique grotesque gorgées de poncifs .
Sans quitter le net , il aurait pu se renseigner sur ce que dit Boltanski à propos de son oeuvre, il aurait pu rechercher les témoignages de ceux qui l’ont vue, analyser les multiples articles de presse qui sont parus, en somme faire du cyber-journalisme honnête.
Au lieu de cela, on a droit à un billet d’humeur boursoufflé d’arrogance.
Margaret Thatcher aurait pu l’écrire, elle qui affirmait :« la société, ça n’existe pas ».
Pour les libéraux le social n’a pas de sens, seule compte la responsabilité individuelle.
L’auteur résume cela à : casser c’est mal, ces jeunes manquent donc de sagesse, la faute en incombe à eux mêmes et à leurs familles.
Autant dire que l’on ne va pas très loin avec ce genre de raisonnement moral déconnecté de toute analyse sociologique. Du coup les identitaires fourbissent leurs justifications xénophobes et raciales habituelles sans que l’auteur y trouve à redire.
L’article et ses commentaires offrent ainsi un condensé d’ignorance et de stupidité qui fera le bonheur des « Dupond-La-Joie ».