Juste une petite coquille : il ne s’agit pas de « barres » en graphite mais en CADMIUM allié (élément neutrophage).
En « occident » elles tombent par gravité en moins de 2 secondes (réel moins de 1,4 seconce) sur les RBMK elles étaient poussées par un verrin en une trentaine de seconde voir plus ...
C’est un des aspects qui a été ensuite corrigé sur les RBMK actuellement en fonctionnement.
à Jean Pierre Llabrès, Couper tous les « freins » du réacteur RBMK de Tchernobyl est certes une erreur humaine mais cela était imposé aussi par la technologie du réacteur « empoisonné » et d’une organisation globale déficiente.
En France, l’opérateur EDF n’a quasiment aucune autonomie dans la conduite du réacteur du fait que chaque action envisagée « hors domaine normal de fonctionnement » doit être préalablement demandée à l’Autorité se Sûreté« et à l’IRSN. De plus les commandes d’action sont »verrouillées« .
Je pense que la cause ne peut pas être simplement qualifiée d’erreur humaine mais de conjonctions d’une organisation défiçiante, d’une absence de culture »Sûreté" et d’une conception de réacteur RBMK peu fiable et instable.
Dans les pays développés de l’OCDE, les automatismes prennent une influence grandissante au détriment de l’importance de la conduite humaine avec une interface homme/machine.
Il faut aussi signaler concernant les RBMK l’absence des multi barrières de confinement des matières radioactives qui a largement amplifié la dissémination en Europe.
Quant aux études probabilistes et aux études déterministes Taupe 13 a bien résumé cet aspect un peu complexe pour ceux qui n’ont pas une culture sûreté/sécurité (nucléaire/chimie/aéronautique etc...
En fait l’accident de Tchernobyl est dû à l’accululation d’erreurs humaines (6 graves) liées à la technologie des réacteurs RBMK.
En effet ce type de réacteur n’est pas prévu pour fonctionner à très faible puissance (environ 1 % de la puissance nominale). Car il « s’empoisonne » avec un produit de fission neutrophage (un radionucléide du Xénon) présent dans les gaines de combustibles.
Lorsque les opérateurs (sans aucun conseil d’un organisme de sûreté) ont voulu redémarrer le réacteur cela n’était pas possible. D’où une succession d’erreurs (retirer les barres de contrôle, arrêter la circulation des réseaux d’eaux de refroidissement et les autres réseaux ...)
Après plusieurs heures le réacteur a pu redémarrer mais sans aucun « frein » (qui avaient été retirés) la puissance thermique du réacteur s’élevait d’un facteur proche de 10 à chaque seconde.
D’où une première explossion due à la vapeur surchaudée (vers 1500°C) qui a été suivie (après 4 secondes) d’une seconde explosion d’hydrogène provenant de la réaction (bien connue) de la vapeur d’eau sur le zirconium des gaines : Zr + H2O > ZrO + H2
Puis incendie car au-dessus de 900°C le graphite est très inflammable et difficile à éteindre.
(dans les réacteurs « occidentaux » la substance « neutrophage » pour conduire le réacteur est l’eau naturelle - non inflammable - et non le graphite - inflammable
Comment conclure ?
A mon avis conjonction d’une machine mal conçue avec des procédures inexistantes et d’erreurs humaines. Mais les erreurs humaines sont dus à cette technologie et cette organisation de sûreté déficiante.
Désolé car cette réponse est un peu technique et indigeste mais j’ai essayé de faire simple et juste !