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Robin Guilloux

Robin Guilloux

Je suis professeur de Lettres.

Tableau de bord

  • Premier article le 12/10/2011
  • Modérateur depuis le 17/09/2012
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Derniers commentaires



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 24 mars 2021 08:19

    @binary

    « L’homme est un être de langage » ou « l’inconscient est structuré comme un langage » (et non pas par le langage). Il faudrait dire virtuellement (cas des enfants sauvages« ) qui ne parlent pas et ne sont ni des animaux, ni des hommes, mais des sortes de »monstres« , puisqu’ils sont empêchés de devenir ce pour quoi ils sont faits. »voir" : on en revient à Rilke. Les bêtes voient l’ouvert. La vision de l’homme est obstruéé par les mots. Bergson met en évidence un paradoxe. Le langage permet aux hommes d’appréhender (begriefen) le réel, mais en même temps le leur dissimule. Peut-être les intelligences angéliques perçoivent-elles vraiement les choses comme elles sont. 



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 1er décembre 2020 09:27

    Irvin Yalom ne critique pas la théorie des pulsions de Freud, mais montre que l’être humain est à la recherche de sens, ce qui ne veut pas dire d’une vérité définitive, mais d’une orientation. L’expression « conscience des enjeux ultimes » ne signifie pas « conscience des vérités ultimes », mais conscience des enjeux de la condition humaine : la finitude, l’isolement irrémédiable, la mort, l’angoisse de la liberté, et l’absence de sens. La dimension téléologique dont parle Ricoeur (et non pas théologique !) de l’inconscient a d’ailleurs été exprimée par Freud lui-même quand il explique que « là où c’était, je dois advenir ».



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 9 novembre 2020 20:40

    @Robin Guilloux

    Je m’aperçois en relisant votre commentaire que je n’y ai pas tout à fait répondu. Il me semble qu’il y a deux conception de la laïcité : une laïcité de combat incarnée par Emile Combes et une laïcité plus ouverte incarnée par Aristide Briand.

    La laïcité de combat énonce la séparation absolue entre le religieux et le politique et réduit l’expression de la religion à la sphère privée, la laïcité ouverte autorise l’expression des convictions religieuses dans l’espace public. C’est la cas aux Etats-Unis où, depuis Eisenhauer, conseillé par le prédicateur Billy Graham, la devise « In God we trust » figure sur les billets de banque et où le nouveau président des Etats-Unis nouvellement élu jure sur la Bible et non sur la Constitution et participe ensuite à des déjeuners de prière à la Maison blanche. Il est impensable d’être élu aux Etats-Unis si vous n’appartenez pas à une religion. 

    Tout ceci est impensable en France, sous le régime de la Loi de 1905. La conception américaine de la laïcité explique les articles très critiques à notre égard de certains médias américains autour de l’affaire des caricatures.

    Le problème est de savoir s’il faut appliquer la conception étroite ou la version large de la laïcité. Il n’est pas exacte qu’il n’y a pas de problème. Beaucoup de partisans de la laïcité pensent à tort que la Loi de 1905 interdit l’expression de la foi dans la sphère publique, ce qui est inexacte et vous avez raison de signaler qu’il s’agit là d’une « porte ouverte » au communautarisme.

    Le problème porte sur des points extrêmement concrets : les repas hallal à la cantine, les produits hallal dans les supermarchés, le port du voile (notamment des accompagnantes en sortie scolaire), les horaires séparés pour les femmes dans les piscines, le droit de refuser d’être soigné par une femme pour un homme et par un homme pour une femme, le port de la burka (voile intégral) et du burkini (vêtement pour nager dissimulant totalement le corps). 

    Il y a trois possibilités : le refus pur et simple de toutes ces demandes, l’acceptation de certaines demandes et l’acceptation de toutes. Le rapport à l’islam en France va désormais se jouer sur ces points encore une fois très concerts d’appartenance culturelle et religieuse.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 9 novembre 2020 15:55

    @mmbbb

    Beaucoup de choses intéressantes dans votre commentaire. Vous dites que j’ai manqué de courage en ne nommant pas les choses par leur nom. En fait, j’ai complété l’article sur mon blog et ajouté a posteriori un paragraphe sur le totalitarisme et l’islamisme.

    Ce n’est pas exactement une question de courage ou de lâcheté, mais de prudence (cette vertu cardinale que les Grecs appelaient la Phronésis).

    J’ai pris ma retraite de l’E.N. il y a une dizaine d’années ; j’avais des élèves de la 6ème à la 3ème en collège, notamment en zone sensible (élèves issus de l’immigration du Maghreb, la plupart musulmans).

    Je n’ai jamais eu de problème avec eux au sujet des questions religieuses ou du contenu de mes cours. Mais en tant que professeur de Français, je n’étais pas chargé de faire de l’instruction civique ; par ailleurs la France n’avait pas encore fait la triste expérience du terrorisme islamiste avec les attentats de Charly, du Bataclan de Nice, etc.

    Il y avait eu l’affaire du foulard de Creil et j’ai apporté ma pierre à la cause de la laïcité avec mes collègues (tous bords confondus pour l’occasion) en introduisant l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires (à l’initiative si je me souviens bien de François Bayrou, alors ministre de l’Education nationale) dans le règlement intérieur de l’établissement.

    Aujourd’hui, les problèmes ont pris une toute autre ampleur du fait de la réalité géopolitique en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Egypte et en Turquie.

    J’ai admiré le courage de Samuel Paty et j’ai éprouvé beaucoup de tristesse et de colère à l’annonce de son assassinat par ce fanatique d’origine Tchétchène, mais en ce qui me concerne je n’aurais jamais montré ces caricatures, surtout l’une d’entre elles où l’on voit un musulman nu dans une position humiliante à une de mes classes de 4ème, surtout dans le contexte délétère de ce collège de Conflans-Sainte-Honorine.

    Je les aurais peut-être montré à des élèves de lycée, en Terminale notamment en cours de philosophie, mais pas en 4ème.

    En pédagogie, il faut toujours tenir compte du public auquel on s’adresse. Le problème, c’est que l’on demande aux professeurs l’impossible : parler de laïcité, de liberté d’expression « et en même temps » ne pas froisser les croyances des élèves, ne pas faire de vagues, etc. Le professeur (c’était vrai aussi « de mon temps ») est pris entre l’administration, les parents, les élèves et parfois aussi ses propres collègues. Certains choisissent la solution de facilité.

    Mon approche et ma conception personnelle est un peu différente. Il y a une phrase de Blaise Pascal qui dit qu’apprendre à bien penser est le commencement de la morale. Faire de la grammaire, apprendre du vocabulaire, maîtriser l’orthographe, s’exprimer aussi clairement et distinctement que possible, apprendre à lire et à comprendre ce qu’on lit, etc. c’est déjà de l’éducation à la citoyenneté.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 6 novembre 2020 21:49

    @Octave Lebel

    C’est effectivement important de prendre du recul et de relire un texte comme celui de Locke. Les notions de démocratie, de tolérance, de laïcité, de liberté de conscience et de religion font partie de l’héritage commun de l’Europe, depuis le XVIIème siècle en Angleterre et le XVIIIème en France. Le texte de Locke mérite d’être lu, étudié et médité, notamment en classe pour comprendre d’où nous venons, à quoi nous sommes attachés et au nom de quoi nous luttons.

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