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Robin Guilloux

Robin Guilloux

Je suis professeur de Lettres.

Tableau de bord

  • Premier article le 12/10/2011
  • Modérateur depuis le 17/09/2012
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Derniers commentaires



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 14 août 2019 15:42

    @Christian Labrune

    Oui, c’est vrai que j’ai de la sympathie pour Simone Weil, mais c’est vrai aussi que j’ai du mal à comprendre son « antisémitisme » intellectuel qui est beaucoup plus fréquent qu’on ne pourrait le croire, chez les Juifs eux-mêmes (honte, dénégation, silence, volonté farouche de gommer, d’être « comme les autres », instinct de survie, que sais-je ?).

    Peut-être est-ce dû enpartie à l’influence d’Alain son professeur de khâgne, au contexte laïcard de la troisième République... Emmanuel Lévinas s’en désolait aussi.

    J’ai rapproché le nom de Marcion du sien parce qu’elle est clairement « marcionite », bien qu’elle ne parle jamais de Marcion, dans la mesure où elle refuse toute continuité entre ce qu’il est convenu d’appeler « l’ancien testament » (l’expression a été inventée par Marcion) et le nouveau et où elle refuse tout intérêt spirituel à l’ancien Testament.

    Or si l’on met entre parenthèse la question de l’historicité pour s’intéresser au texte lui-même, on trouve dans la Bible des passages qui préfigurent l’Evangile et les droits de l’Homme, notamment dans le Deutéronome.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 13 août 2019 20:02

    @Eric F

    C’est exact. J’ai lu comme vous, La Bible dévoilée d’Israel Finkelstein et Neil Asher Silberman et je suis d’accord avec la plupart de leurs conclusions. La Bible est un « roman national » comme l’Iliade d’Homère plutôt qu’un livre d’Histoire au sens moderne du terme (remarquez, on trouve des éléments mythiques même chez Hérodote, « l’inventeur » de la science historique).

    Je suis bien d’accord à propos du personnage de Salomon qui n’était sans doute tout au plus qu’un chef de tribu.

    On sait maintenant, grâce aux découvertes archéologiques et à l’exégèse critique que la Bible a été rédigée à la cour du roi Josias, au VIIème siècle avant Jésus-Christ et pas avant (donc Moïse n’est pas l’auteur du Pentateuque comme on l’a cru et affirmé pendant des siècles, jusqu’à ce que Spinoza).

    Ceci dit, on ne peut qu’admirer un texte comme le jugement de Salomon et la « vérité » psychologique et éthique qu’il recèle, en dépit de son manque d’historicité.

    Il y a aussi des injonctions dans le Deutéronome, préfigurant ce que nous appelerions aujourd’hui les « droits de l’homme », avec un souci des plus fragiles absolument nouveau à l’époque.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 24 juillet 2019 11:04

    @Jean S

    Les crimes de logique et les crimes de passion...

    Je suis en train de relire les Essais de Camus et je suis ébloui par la lucidité et l’intelligence de cet esprit libre qui a tout compris de la folie du XXème siècle... la dégénérescence de la révolte en oppression, de la liberté en servitude, l’incroyable intelligence de ses analyses...

    Oui, on comprend mieux le ressentiment (au sens nietzschéen du terme) que certains comme Sartre et Beauvoir éprouvaient à son égard.

    Ce n’est pas non plus un hasard si parmi les « boucs émissaires » des surréalistes figurait Dostoïevski, l’auteur des Possédés.

    Les prétendus « nouveaux philosophes » (à l’exception peut-être de Glucksman), qui ont pillé Camus mais n’avaient (n’ont pour ceux qui sont encore en vie.... suivez mon regard), ni son génie, ni son intégrité morale.

    Cet homme nous manque et il est mort beaucoup trop tôt.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 23 juillet 2019 19:53

    @Taverne

    Oui, je vois à quoi vous faites allusion. Camus ne croyait pas au méchiavélisme ; il ne pensait pas que « la fin justifie les moyens », même en temps de guerre et encore moins en politique. C’était un moraliste, quelqu’un qui avait un sens aigu de l’éthique, qu’il tenait peut-être de son père (de ce qu’on lui avait raconté de son père) que pourtant, il n’avait pas vraiment connu.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 23 juillet 2019 15:25

    @Taverne

    Descartes ne parvient à sortir du solipsisme (je ne suis certain que de ma propre existence en tant que pensée) que par le recours à l’existence d’un Dieu non trompeur qui n’est pas le « malin génie » (par la reprise de la preuve ontologique de saint Anselme) qu’il utilise pour prouver aussi l’existence du monde, celle des corps (l’étendue) et de l’union de l’âme et du corps.

    Sa « solution » au problème de l’existence d’autrui a été qualifiée « d’intellectualiste » : « Je vois passer dans la rue des manteaux et des chapeaux et j’en déduis que ce sont des hommes. »

    Même la conception de la recherche scientifique chez Descartes est « individualiste », alors que la science, on le sait bien, est une oeuvre collective (ce qu’avait bien vu Leibniz).

    La « solution » camusienne de la relation (du lien éthique) entre moi et autrui (l’intersubjectivité) repose sur le fait que je peux me révolter contre une injustice subie aussi bien par moi que par un autre. 

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