Pourquoi ne me traiteriez-vous pas de clown et d’homme seul, cher ami ? Tant que vous y êtes... Un précédent célèbre me laisse penser que c’est à la fin du bal qu’on voit le danseur.
Pour qui aurait-il dû appeler à voter ? Sarkozy ? Face à un choix piégé, j’ai voté Hollande alors que je n’avais aucune illusion sur lui. A première vue, je ne suis pas le seul dans ce cas. Quant au FN, si ce n’était pas si sérieux, je souhaiterais presque qu’il arrive au pouvoir, histoire qu’on rigole un peu - jaune, bien entendu.
J’arrive un peu après la bataille, mais bon, ça n’est pas une raison pour ne rien dire. Où est le « langage grossier » de Mélenchon ? Au contraire, c’est le seul homme politique à pratiquer un français presque toujours correct et très souvent fort bien tourné. En revanche, ses « collègues » de droite et de gauche n’en ratent jamais une en matière d’obscénité. Sans mots d’argot, peut-être, mais en se vautrant dans la bassesse et le mensonge. J’ignore si Fergus est sincère ou non, mais sur ce point précis, il se trompe et j’ai déjà eu l’occasion de le lui dire. En revanche, il a raison pour la pédagogie, n’était que c’est exactement ce que Mélenchon s’efforce de faire dès qu’il en a l’occasion. Hélas, son discours est noyé dans le fracas médiatique. Pour s’opposer lucidement aujourd’hui à Hollande et à Sarkozy (pour faire court), il faut un lourd bagage théorique (tout particulièrement en économie) que la plupart des gens n’ont pas et qu’on fait tout pour les empêcher d’avoir. Mme Le Pen procède à coups de grosses ficelles et en pompant honteusement les travaux d’un économiste (J. Sapir) dont elle ne comprend pas les trois quarts du discours. (Il faut la voir, sur certains plateaux télé, perdre soudain le fil et essayer de se concentrer sur ce qu’elle débite comme un automate.) Dans un autre registre que son père, elle joue tout autant de la simplification et de la réduction. Du coup, les résultats de ce sondage (par ailleurs sans intérêt ni pertinence, puisque le retour de Sarkozy reste très hypothétique attendu ses ennuis avec la justice, qui ne sont pas près de finir) n’ont rien d’étonnant.