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S2ndreal

Je suis un homme. Je suis croyant. Je crois que la réalité existe, qu’elle est connaissable, qu’elle est indépendante de moi. Je crois que chaque individu se crée une vision personnelle de la réalité. Cela fonde son individualité. Il en devient radicalement différent de moi. Je crois que je peux rejoindre chaque individu sur sa vision de la réalité. Si jamais, il accepte l’altérité de cette dernière, je crois que nous pourrons nous entendre. Cette altérité permet d’accepter de sortir de ma vision du réel pour examiner celle de mon interlocuteur. C’est difficile. C’est effrayant. C’est rencontrer la vie au sens le plus fort du terme.

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  • S2ndreal 27 mars 2008 17:13

    Monsieur Santi,

    Est ce que ce modèle a été testé ? Son idée pourrait être valable. Ce qui m’ennuie est la vision très sommaire des acteurs du marché. Elle les décrits comme des gens honnêtes, prenant rationnellement des décisions à partir des informations disponibles. Cette idée de la nature humaine rend sa modèlisation réalisable, pas réaliste. C’est mon point du vue. Il arrive que de tels modèles marchent. C’est incertain et pas clair. C’est pourquoi des tests sont nécessaires.

    Si des tests ont été faits et qu’ils ont été concluants, alors votre proposition de confronter les informations tient la route. Elle devient utilisable. D’ici là, je reste reseervé.

    Ma compréhension de l’efficience des marchés dit que ces derniers prennent toujours la bonne décision. Dans ce cadre, cette théorie met effectivement en doute l’idée de l’efficience de ces marchés. Actuellement, cette idée se met en doute toute seule par les turbulences financières. Cela détruit la finance mondiale actuelle.

    Je crois qu’il est possible d’être encore plus critique sur les marchés financiers. Ainsi, un nombre quelconque pris isolément n’a aucun sens. Mis dans un cadre, dans une perspective et prononcé par un individu avec une fonction bien reconnue, il prend un sens. Ce dernier est subordonné à toutes les hypothèses que je viens de poser. Les nombres représentent donc des opinions pas des faits mesurés. Dans cette optique, une bulle financière devient parfaitement possible et même naturelle. La détecter devient une autre histoire.



  • S2ndreal 27 mars 2008 16:32

    Monsieur Ent,

     Votre remarque est assez judicieuse. Les économistes n’abordent jamais les notions de conflit d’intérêt, de mensonges et d’escroqueries. Cette absence me fait penser que les conflits d’intérêts sont supposés inexistants car un acteur économique y est posé n’ayant qu’un seul intérêt. Les mensoges sont aussi totalement inexistants. Je suppose donc qu’en économie l’information est supposée toujours exacte. Les escroqueries sont supposées inexistantes. Cela me fait imaginer un monde où le prix du produit est toujours supposé vrai. C’est un monde imaginaire. Dans ce monde, les être humains sont donc des monomaniaques ne disant que la vérité sur des prix toujours honnêtes. C’est la version négative de l’histoire.

    Une version positive est que les conflits d’intérêts se résolvent spontanément sur le marché, les mensonges sont toujours dénoncés par le marché et les escroqueries sont contre l’intérêt de son auteur. C’est aussi un monde imaginaire.

    Une autre version, plus personnelle, dit que les conflits d’intérêt n’entrent pas dans les modèles mathématiques. Pour traiter un problème d’intérêts divergents, le modèle de Stolper Samuelson ou ses analogues se limitent à une matrice (2,2,2). C’est un cas très simple. De l’autre côté, un marché est concurrentiel quand un grand nombre d’acteurs indépendants sont sur le marché. Je crois savoir qu’en statistiques, il faut au moins un millier d’acteurs pour avoir un grand nombre. Cela donne une matrice (1000, 2. 2) théoriquement possible et impossible à maîtriser dans un cas très simple. Les conflits d’intérêt cessent donc d’exister. Les mensonges n’existent pas plus car cela voudrrait dire que des données sont fausses ou non mesurables. Dans un modèle, c’est intolérable. Les escroqueries impliquent un changement de la rationalité du marché. Admettre une escroquerie revient à dire qu’il est possible de tromper ce fameux marché. C’est une façon d’être supérieur à ce dernier. Vues sous cet angle, les escroqueries peuvent devenir franchement tentantes. L’admettre, c’est perdre le bénéfice des escroqueries. C’est un monde qui sort des modèles mathématiques, dont les variables dépendent des hommes qui y vivent et dont les règles sont faites par ces mêmes hommes.

    Je trouve cette idée intéressante. Elle me semble être une piste à suivre contenant un très grand nombre de possibilités. A creuser.



  • S2ndreal 27 mars 2008 10:22

    Gnarf,

    Vous me semblez faire référence à la théorie du chaos. A ma connaissance, cette théorie donne des systèmes d’équations itératifs très sensibles aux conditions initiales.

    Je trouve l’application de cette idée séduisante en économie. Les erreurs de mesure y sont fréquentes et tout à fait naturelles. Sans trop y penser, je vois les informations insuffisantes, le délai entre une information et l’action, le conflit d’intérêt comme quelques sources d’erreurs. Il y a un très grand nombre d’acteurs et donc de variables. En plus le système économique, fait d’achats et de ventes à des moments précis est parfaitement discontinu et itératif. Ce dernier point est basé sur l’idée qu’un acheteur réexamine la situation. J’ignore si ces éléments sont suffisants pour établir l’existence d’un chaos en économie.

    Si c’est suffisant, alors une bulle devient un changement de stabilité. Quelque chose de vraiment différent de l’économie des biens et des services pousserait les prix à la hausse. Une erreur ferait diverger le système. C’est une possibilité.



  • S2ndreal 27 mars 2008 10:07

    Monsieur Verhille,

    Vous tenez vraiment à disculper des acteurs comme Bear Stearns, JP Morgan, UBS de toute responsabilité dans cette histoire. J’ai l’impression que vous vous représentez ces groupes comme des victimes de la méchante FED. J’ai l’impression que vous refusez de considérer la possibilité que ces gens aient profité d’une situation. Un règlement avait sauté. Ils pouvaient soudain prendre autant de crédit qu’ils voulaient. J’ai un vague souvenir donnant des chiffres de milliards de fonds propres couvrant des milliers de milliards de produits dérivés pour ces gens.

    Serait - il imaginable pour vous, que ces acteurs aient commis quelque part une seule erreur ?



  • S2ndreal 26 mars 2008 00:22

    Je me permets de considérer qu’une morale est une définition du bien et du mal. Avoir une morale, signifie pour moi, être capable de dire si une chose est bonne ou mauvaise. A ce titre, considérer que ce qui rapporte de l’argent est bien et ce qui en coûte est mal est une morale. Je la considère comme à la base de l’économisme actuel. Là où je vous rejoins complètement, est que cette morale est catastrophique, inadmissible, destructrice et désespérante. Elle est à changer. C’est très clair.

    Par quoi ? Je l’ignore.

    Je me permets de considérer une chose tout à fait hérétique. Je crois que le "tout économique" ou le "économique prime" a vécu son apogée. Un retour vers le politique, ce truc nommé démocratie, devrait avoir son mot à dire. Nous n’y sommes pas.

    L’économie étant devenu une science "objective". Je n’y crois pas. Elle sous entend toujours une morale quelconque. Cette objectivité supposée signifie pour moi, que sa morale est celle des bénéfices qui sont bons et les coûts qui sont mauvais. Tous ses tenants s’opposeront totalement à un réexamen de sa morale de base. Ce sera donc une énorme bagarre que de faire ce changement, cette moralisation. Ce sera aussi une bagarre très dure pour définir cette morale de remplacement. Toutes les alternatives à la morale des bénéfices se déchireront mutuellement.

    Mais je pense que ce travail doit être fait. L’idée de démocratie, de débat public, d’information honnête a ici un rôle très important à jouer. Une mobilisation des esprits devient également nécessaire. Ça aussi promet d’être difficile. Mais n’ayant pas le choix, nous le ferons.

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