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S2ndreal

Je suis un homme. Je suis croyant. Je crois que la réalité existe, qu’elle est connaissable, qu’elle est indépendante de moi. Je crois que chaque individu se crée une vision personnelle de la réalité. Cela fonde son individualité. Il en devient radicalement différent de moi. Je crois que je peux rejoindre chaque individu sur sa vision de la réalité. Si jamais, il accepte l’altérité de cette dernière, je crois que nous pourrons nous entendre. Cette altérité permet d’accepter de sortir de ma vision du réel pour examiner celle de mon interlocuteur. C’est difficile. C’est effrayant. C’est rencontrer la vie au sens le plus fort du terme.

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  • S2ndreal 17 mars 2008 09:59

    http://www.nytimes.com/2008/03/17/opinion/17krugman.html?_r=1&ref=opinion&oref=slogin

     

    Je vous renvoie au lien ci - dessus. Il annonce que les contribuables étatsuniens vont payer les pots cassés. La partie qui me plaît le plus est quand Krugman parle de fausses croyances. Son énoncé de ces fausses croyances, traduites assez librement, donne :

    - le prix des maisons ne peut que monter

    - l’innovation financière a éliminé le risque

    - la notation AAA pour un titre signifie qu’il est sûr.

    - le marché a toujours raison et la régulation est toujours mauvaise

    Il attribue la crise à ces fausses croyances en incitant tout les acteurs du marché à se ruer sur les subprimes. Comme le marché ne peut pas se tromper, quand des doutes ont été émis, ils ont été négligés ou méprisés, i.e. les autorités de régulation ont laissé faire le marché.

     Ce truc des subprimes rapportait des milliards aux banques privées pendant que la confiance régnait. Aujourd’hui, elle a sauté. Chaque banque veut refiler ses prêts pourris aux autres sans se faire refiler des prêts du même acabit. C’est le blocage de crédit.

    Le Marché s’est planté en beauté. Cela va faire très mal. Les pouvoirs publics vont payer les acteurs de ce marché pour qu’ils survivent avec l’argent des contribuables. Les responsables de cette histoire vont partir très riches et en sécurité. C’est une injustice.



  • S2ndreal 21 février 2008 14:17

    @Mescalina

    Après discussion avec jesuisunhommelibre, qui m’a fait réfléchir à la question, je suis totalement d’accord avec vous. L’économie n’est pas une science. Elle est, au maximum, une science humaine.



  • S2ndreal 20 février 2008 23:11

    La médecine sans la morale donne le docteur Mengele. La biologie sans la morale nous donne le dopage en sport. Les techniques de dopage par thérapie génique sont au point. Ce sont des sciences. Mais selon vos termes, c’est inadmissible.

    Finalement, je crois que l’économie n’est pas une science au sens où vous l’entendez. Il est tellement simple d’y introduire une morale "des bénéfices" que sa nature "scientifique" disparaît.

    J’entends par morale des bénéfices : Ce qui rapporte est bon. Ce qui coûte est mauvais.

    Avec cela, je définis un bien et un mal. J’ai donc une morale. Elle est si simple et si naturelle à l’économie qu’elle doit y être introduite ou prise en compte, que cela vous plaise ou non. Je lis des expressions comme "attente des marchés", "prévisions des analystes", "performance", "innovation", "satisfaction des actionnaires", "sanction du marché", "confiance". Ces termes sont utilisés dans les parties économiques des journaux. Ils servent de légitimité à l’économisme actuel. Ces termes vont tous dans le sens de la morale des bénéfices.l

    Quand vous parlez de confier à un grand nombre de gens le pouvoir, vous parlez de politique économique, vous supposez que ces gens jouissent d’une morale. Les exemples d’échecs d’interventions étatiques que vous donnez impliquent tous une démission de la responsabilité personnelle de ses bénéficiaires. Vous introduisez une dimension individuelle et personnelle dans les comportements. Cette dimension n’est pas scientifique. Vous en tirez des conclusions en économie. L’économie de la morale est ici ratée.

    L’exemple des restrictions aux licenciements qui provoquent le chômage est très mauvais. Friedman a introduit le chômage incompressible. Il en a fait une nécessité incontournable. Il est le créateur du chômage endémique. Un patron des patrons français avait promis un million d’emplois si un allègement était admis. Il a eu l’allègement. Les Français n’ont pas eu le milllion d’emplois. Je rejette donc totalement cet exemple. Il est invalidé par cette absence du million d’emplois. Il est invalidé par les déclarations de Friedman qui soutient le chômage. Il est encore invalidé par l’utilisation du chômage pour obtenir des salariés dociles et peu exigeants. Il est invalidé par la panique des marchés financiers quand trop de gens trouvent ou retrouvent du travail car cela crée une poussée inflationiste par les salaires. Je rejette cet exemple.

    L’économie n’est pas une science. Elle ne peut pas éviter la morale. Si elle le fait, elle devient inhumaine. Vous mêmes n’échappez pas à la morale en économie.



  • S2ndreal 20 février 2008 11:46

    L’état emploie moins de gens que le secteur privé, beaucoup moins. La peur est plus grande dans le secteur privé que dans le public. Le côté inhumain du privé existe et est plus fort que celui du domaine public. Votre idée m’apparaît saugrenue.



  • S2ndreal 20 février 2008 11:34

    @ jesuisunhommelibre

    Je vous concède que la science est amorale. Votre exemple de "la terre est ronde" ou celui du thermomètre sont amoraux. Le bien et le mal ne font pas partie de "la terre est ronde" et du thermomètre.

    L’économie a un gros problème à ce niveau. Si elle est amorale comme vous le défendez, les humains ne font pas partie de cette science. C’est impossible. Elle doit impérativement nous traiter comme des objets, comme des variables (température). Vendre de la drogue ou du pain est parfaitement équivalent. Vendre des humains ou des voitures est parfaitement équivalent. Polluer une rivière donnant de l’eau à des milliers de gens est justifiable si cela donne une marge bénéficiaire supérieure. Le côté inhumain de cette amoralité explose.

    L’humain ne fait plus partie de l’économie. Vous devenez une chose. Vous pouvez être traité comme de la viande de boucherie dès qu’une justification économique intervient. Un trafic d’organes humains a été récemment démantelé en Inde. Si c’est ça la liberté, je passe.

    Si la morale intervient, alors l’économie cesse d’être une science. Elle devient, au mieux, une science humaine. Je cesse d’être une chose, un objet. Je cesse de courir le risque de devenir de la viande de boucherie. Je cesse d’être une variable dans une équation. Le truc nommé parfois liberté exige que cette dignité de ma personne et de la votre soient posés au départ. Sans cette dignité accordée à tous sans exception, la liberté devient le droit d’être un monstre.

    Sans elle, il devient possible de torturer un humain pour motifs économiques. Votre liberté me semble exclure l’humain de la réalité. Votre liberté me semble exiger que seule la science positiviste aie le droit de cité. Vous évacuez le problème de la présence humaine.

    Quant à torturer un thermomètre, c’est lui donner une sensiblité qu’il n’a pas. Quant à le torturer parce qu’il donne un résultat non conforme aux attentes, c’est lui donner un rôle qu’il n’a pas. Il n’est pas humain. Un résultat économique contient de l’humain bien caché, mais présent.

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