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S2ndreal

Je suis un homme. Je suis croyant. Je crois que la réalité existe, qu’elle est connaissable, qu’elle est indépendante de moi. Je crois que chaque individu se crée une vision personnelle de la réalité. Cela fonde son individualité. Il en devient radicalement différent de moi. Je crois que je peux rejoindre chaque individu sur sa vision de la réalité. Si jamais, il accepte l’altérité de cette dernière, je crois que nous pourrons nous entendre. Cette altérité permet d’accepter de sortir de ma vision du réel pour examiner celle de mon interlocuteur. C’est difficile. C’est effrayant. C’est rencontrer la vie au sens le plus fort du terme.

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  • S2ndreal 26 mai 2008 15:57

    Gnarf,

    Sur quelle base faut-il "mater les dérives de certains acteurs du marché" ? Faut-il réintroduire une morale ? Qui fera respecter cette morale ? Pourquoi ces gens feront respecter cette morale ? Comment éviter la classe politique (..."faux...mais cela sert la classe politique") et avoir un état fort ? Comment un état fort, sans classe politique, fera - t - il pour veiller à ce que "TOUS puissent profiter des bienfaits du marche libre, sans que certains acteurs n’asphyxient d’autres."

    Sans réponse à ces questions ou à cette question : Comment ?, votre idée du marché relève du voeu pieu, du rêve éveillé, de la mission impossible. Votre foi dans le marché est touchante et infondée.

    Je crois qu’une morale, vraiment pas définie, sera inévitable. Elle devra être acceptée par tous. Un état fort devra la faire respecter avec une police vraiment puissante. Les principes de cette morale devront être marqués dans tous les esprits par des campagnes de propagandes incessantes. Une police de la pensée devra être instaurée, etc... Il y a eu un pays qui a essayé. C’était la Chine continentale sous Mao pendant le "grand bond en avant". Il a fait 80 millions de morts selon un avis autorisé.

    Votre idée ne tient pas la route ou elle fera beaucoup de casse si jamais quelqu’un applique le modèle maoïste.



  • S2ndreal 26 mai 2008 09:26

    Merci pour ces informations.

    Je vous rejoins sans difficultés sur la notion d’auto-engendrement. Elle décrit une réalité,que j’observe. Je vais lire cet article du Monde.

     

    PS. Je lis l’anglais.



  • S2ndreal 22 mai 2008 12:54

    Wow. Ça me change. Quelqu’un qui me trouve clair et parlant dans une synthèse personnelle.

    J’apprécie également beaucoup votre lien entre cette orientation vers l’avenir et la possibilité d’échapper à ses erreurs. Elle éclaire cette disparition des erreurs en politique et en économie. Officiellement, il n’y en a plus dès que vous êtes tout en haut de la hiérarchie. Je pense ici à une aventure irakienne. Je n’y avais pas pensé. Merci.

    Je souhaite pouvoir lire cette étude américaine sur l’enseignement par l’exemple. Si vous pouviez me transmettre la référence correspondante, j’apprécierais merci. Ce type d’enseignement a son pendant en économie avec toutes les études de cas ou les "case studies". Votre étude américaine pourrait mettre en cause cette approche de la réalité. Elle va aussi dans le sens de mon expérience de la pédagogie par projet. Les élèves se font une idée à partir de quelques cas et sont totalement dépassés par l’idée que ce ne sont que quelques exemples. Je confirme qu’un projet mené à bien se termine par un saupoudrage de connaissances générales pas plus assimilées, qu’assimilables avec leurs outils.

    Je ne comprends pas très bien votre expression "syndrome de l’auto-engendrement". Je l’associe à un passage du début du "Discours de la méthode". Descartes raconte être dans un "poêle" en plein hiver. Il s’y convainc de la nécessité de réorganiser tout son savoir seul, individuellement et selon ses convictions intimes pour en avoir une vision du monde cohérente et qu’il trouve belle. Je crois que cette opération peut se nommer "auto-engendrement". Il a fondé la méthode de "l’auto-engendrement". Est-ce que je suis sur la piste de la compréhension ? Suis-je ailleurs ?

    Je crois que ce que vous dénoncez ici est lié au triomphe d’une philosophie de la connaissance. Je veux essayer de m’expliquer.

    Descartes est l’un des fondateurs de la science moderne. C’était aussi un mathématicien (représentation cartésienne) et un physicien (optique géométrique) remarquable. Il était déterministe. Je vois une contradiction entre le déterminisme et cet "auto-engendrement". Les statistiques ne le sont pas ou votre notion de déterminisme est beaucoup plus large que la mienne. Utiliser les statistiques devient ainsi une façon de tourner cette contradiction. Cela me semble aussi relever de la vision kantienne de la réalité. Selon cette vision, le réel ne peut pas être connu. Il est possible d’avoir une idée de la réalité et rien de plus. Tous les points de vue deviennent acceptables et aucun point de vue n’est supérieur aux autres. Il faut donc réinventer chaque fois la connaissance de la réalité en sachant que la valeur de cette redécouverte est, au mieux, limitée. L’idée de "case studes", "pédagogie par projets", "norme statistique" devient sensée. C’est la majorité, définie par une accumulation de cas particuliers qui décide de la nature de la réalité. La science cesse d’être un effort de compréhension pour devenir l’opinion du moment.

    Cela peut être vu comme démocratique, respectueux des individus et réaliste. Je le vois comme un appel au conformisme, au narcissisme et à une fuite devant la réalité. L’opinion du moment est la norme. Cette opinion peut prendre n’importe quelle forme. Elle est entre mes mains, il est vrai, si je suis assez malin pour l’imposer. C’est du narcissisme. Cette opinion est la seule réalité accessible. Autant me la rendre convenable. Ce qui est vraiment différent est inadmissible. Pour moi, c’est un critère de présence de la réalité.

    La transmission d’un savoir accumulé viole cette vision de la réalité à plusieurs niveaux. Elle suppose qu’une personne peut rencontrer et vivre une réalité qui dépasse les individus. Ce n’est pas respectueux de ces derniers et de leur liberté. Elle suppose qu’une personne peut transmettre cette expérience à une autre. Ce n’est pas démocratique. La majorité de la population n’en fait pas partie. L’objet transmis existe indépendamment de l’émetteur et du récepteur. Cela n’entre pas dans le réalisme kantien qui dit que c’est impossible. La connotation du mot viol est actuellement très fortement négative. Je la souligne ici pour affirmer que cette transmission des expériences ou du savoir accumulé sera vécue comme une expérience traumatisante par tout tenant de la vision de la réalité que j’esquisse ici. Elle est jugée intolérable.

    Selon cette même vision de la réalité, transmettre un savoir est du dogmatisme, de l’idéologie, du passéisme. Ce sont des "péchés mortels" de notre temps.

    Si je vous ai comprise, nous sommes malades de "l’auto-engendrement". L’ironie terrible de la chose est que cette maladie est soutenue par un souci d’efficacité absolument extraordinaire (cf. les changements de stratégie). Il y aurait encore beaucoup à dire sur ces questions. Mais, je me suis emporté et me suis beaucoup avancé pour une fois. Je vous souhaite bon courage pour faire face à tout cela.

     



  • S2ndreal 21 mai 2008 16:11

    J’apprécie beaucoup votre article. J’en ai retenu trois idées :


    - Abandon de l’effort de compréhension des mécanismes internes de déploiement des signes pathologiques. Ce qui était pathologique était un état de souffrance empêchant sa victime d’utiliser ses facultés ou d’entrer en relation avec les autres.


    - Ce qui est pathologique est l’écart à la moyenne. Piaget a donné des âges moyens pour tel ou tel développement de l’enfant. La moyenne devient la norme.


    - Dans le domaine professionnel, c’est la moyenne qui devient la norme. Ce sont les comportements qui sont jugés. Dans l’enseignement, ce sont aussi les comportements qui sont jugés, pas le travail. J’ai pu le vivre.

    J’en conclus que les statistiques définissent un modèle, qui sert de norme à la réalité d’une pathologie. Si le modèle est vérifié, alors la pathologie existe. Si non, le sujet est sain. Bonjour le théorème de Bayes ! Je vois aussi que votre article illustre une tendance beaucoup plus générale de notre société, i.e elle refuse le passé. Ce qui vient du passé doit être rejeté, oublié. Il faut rompre avec le passé. Une statistique, un modèle statistique, n’a pas d’histoire ou de temporalité. Il n’a pas de passé. C’est là. Notre société est tournée vers le futur, avec l’idée que demain ce sera mieux. Demain, on rase gratis.



  • S2ndreal 14 mai 2008 10:02

    @ Bulgroz

    Dans votre argumentaire, il y a plusieurs trous autorisant le temps partiel forcé.

    Si l’employeur veut recourir au temps partiel, l’employé peut refuser. Ce n’est pas une faute pour l’ANPE. C’est une faute pour l’employeur. Un de ses plans a été contré. Pour les motifs de licenciements, ce n’est pas trop difficile. Il y a les entretiens mensuels de situation avec le DRH. Toutes les erreurs et les problèmes commis ou vécus par l’employé deviennent très utiles. Il y a l’annonce de restructurations nécessaires vu que l’entreprise est menacée par la concurrence. Il faut réduire la masse salariale et donc se séparer de quelques collaborateurs. Devinez lequel fera partie de la charrette ! Cette idée est secrète mais pas dans mon milieu.

    Pour le temps partiel imposé à l’embauche, c’est facile. Vous êtes au bout du rouleau financièrement (pour cela la flexibilité de l’entreprise et l’optimisation de ses bénéfices et j’allais oublier la lutte contre l’inflation par les salaires sont des explications) vous force à accepter ce qui vous est offert. C’est un temps partiel ou rien. Vous allez au moin survivre. Vous auriez voulu vivre de votre salaire. Mais la rudesse de la concurrence et les difficultés économiques temporaires interdisent à l’entreprise de vous engager à plein temps. C’est aussi le seul poste disponible. (il y a plus de chômeurs que de postes malgré le tripatouillage des statistiques) Vous êtes forcé.

    Ce sont donc deux trous dans votre argumentaire. Le temps partiel forcé existe.

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