@Claudec Il y a souvent loin de la coupe aux lèvres !
Sans doute pour mieux marquer l’universalité de son message, la devise nationale belge se décline en trois langues (fr, nl, de). « L’Union fait la force » paraît-il, mais personne ne s’ y essaye dans une architecture institutionnelle kafkaïenne reprenant l’état fédéral, 3 régions dont une ville, 3 communautés linguistiques et autant de niveaux de compétences dont les principales fonctions consistent pour l’essentiel à s’en mettre plein la gueule et cultiver la plus basse mesquinerie ! Au moins, l’€urope y paraît simple ! Outre une destination fort prisée des €urocrates et du patrimoine des exilés fiscaux, la Belgique est le brumeux et fort pluvieux berceau du surréalisme : l’auto-dérision y constitue en effet un atavisme tout simplement indispensable à la survie !
@Claudec Si l’Égalité relève d’un mythe, il ne s’agit alors de rien moins que du « mythe » républicain ! J’entends tout simplement par « Égalité » le 2ème terme de la devise fièrement proclamée sur le fronton de chaque mairie de France et repris dès l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Les hommes naissent et demeurent libres et
égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que
sur l’utilité commune. » Ayant consacré l’essentiel de ma carrière d’éducateur à la prise en charge et l’accompagnement de personnes « différentes », je trouverais malheureux que le concept se réduise au prétexte à uniformisation sociale ou éducative.
@Samson PS : Ressentez-vous à ce point la diversité comme une menace à la Fraternité, qu’il vous faille confondre Égalité avec Uniformité et standardisation ? Et la Liberté dans tout çà ? Expliquez-moi !
« l’Etat chez lui, l’Eglise chez elle ! » J’aime Victor Hugo ! Ceci dit, en quoi cela empêcherait-il l’Etat de déléguer - moyennant strict respect des principes républicains - une part de sa mission d’éducation à des associations de citoyens soucieuses d’’orientations pédagogiques ou de sensibilités culturelles distinctes ? Il a déjà - de manière nettement plus discutable - délégué à l’€urope l’essentiel de sa compétence en matière économique, monétaire et financière !
Hors les questions d’aménagements pratiques ou d’équité de la répartition budgétaire, quel principe républicain, ou laîc, la conception d’un accès équitable, libre et fraternel à des réseaux différenciés d’enseignement heurte-t-elle ?
A la grosse louche, on est 11 millions d’habitants en Belgique : j’exclus du calcul 6 millions 1/2 de flamands et il reste 900000 francophones à Bruxelles, le reste se répartissant sur une surface équivalent à 2 départements français ! Sans se fier à de quelconques statistiques, pas très difficile dans un tel contexte de connaître la réputation des écoles, de se faire une idée du niveau de compétence des gens qui en sont sortis et que je croise, ni de le recouper avec les filières d’enseignement qu’ils ont suivi. Ajoutons qu’en considération d’un système d’inscriptions particulièrement indigeste d’entrée dans l’enseignement secondaire, les parents se renseignent car - tous réseaux confondus - les places pour offrir à leurs chérubins l’accès aux meilleures écoles sont très disputées !
A noter qu’on distingue ici entre réseau public, réseau « libre » subventionné, et écoles privées. Seul l’accès à ces dernières est payant (et non-subsidié) ! Si l’’accès au réseau public est totalement gratuit, l’accès au réseau libre implique certains frais (photocopies, activités parascolaires, excursions, ...), mais reste accessible à toutes les bourses.
En fait, ce système est sûrement loin d’être parfait (on est en Belgique, quand même ! ), mais, malgré la valse €uropéenne de dégraissage des budgets, il convient et fonctionne relativement bien.
Et j’incline à penser que la concurrence de plusieurs réseaux est meilleure garante d’une saine émulation et d’une qualité d’enseignement bénéfique au final à toutes et tous que les fort hypothétiques vertus de son éventuelle uniformisation !