33 ans, travaillant dans le commerce des énergies renouvelables et diplomé en Biologie, je suis un globe-trotteur dans l'âme et me passionne pour la Chine, le Japon, les logiciels d'échange en P2P, le DIY, ainsi que la diffusion du savoir sur Internet.
Ah oui... Pour finir, je suis également un incorrigible Breton :-p
Maitre Eloas détaille sur son blog les éléments juridiques entourant ce dossier.
Personnellement je pense qu’il est fondamental de conserver le principe de prescription au sein de notre justice pour trois raisons :
1- La justice n’est pas la vengeance. Ces deux notions sont mutuellement exclusives et le rôle de la justice n’est pas de châtier les coupables, mais d’assurer la paix de la société. Châtier un coupable est un moyen pour atteindre ce but, non une fin en soit.
2- Il n’est jamais bon de légiférer ou de changer les lois « a chaud ». C’est la porte ouverte à toutes les dérives et cela justifierai n’importe quelle régression des libertés sur l’hôtel du tout sécuritaire.
3- Charger toute la responsabilité de cette situation sur Polanski est une excuse commode qui ne doit pas nous dédouaner de la réflexion qu’impose ce qui est non seulement l’échec de la justice américaine, mais également notre échec collectif.
Je m’explique : Le fait est que Polanski s’est enfuit lorsqu’il a compris que le juge allait revenir sur l’accord qu’ils avaient conclu ensemble... Accord qui affirmait par ailleurs qu’il reconnaissait sa responsabilité...
En somme, en échange du renoncement à son droit à la présomption d’innocence, il reconnaissait les faits et écopait d’une accusation plus restreinte. Ainsi aujourd’hui la culpabilité de Polanski est juridiquement avérée car il a été convaincu de renoncer à prouver son innocence.
Seulement voilà !... Une fois l’accord conclu, le juge a fait savoir qu’il allait reprendre sa parole et s’assurer que Polanski soit chargé au maximum ! (Et en plus il était motivé en cela par des aspirations carriéristes)
Conséquence : La justice ayant lamentablement échouée à convaincre l’accusé de sa crédibilité, ce dernier s’est alors tout naturellement enfuit...
Le fait est que notre justice doit rester crédible !... Non seulement à nos yeux, mais également ceux des accusés. Faute de quoi, il est peu probable qu’à l’avenir le moindre suspect se soumettra à elle s’il la soupçonne de vouloir en faire une victime expiatoire qu’on sacrifiera à la fureur populaire.
Pire !...Cela pourrait même le dissuader de saisir la chance que sa condamnation lui offrira d’ensuite de pouvoir se réinsérer dans la société.
Notre civilisation n’a pas les moyens de vivre en créant continuellement un groupe de parias auxquels ne seraient offert aucune chance de rédemption et contre lesquelles elle se déclarerait continuellement en guerre afin de satisfaire certaines exigences populistes.
On voit ce que cela a donné avec la guerre contre le terrorisme : Le monde est encore moins sûr qu’avant ! Et ce n’est pas faute d’avoir été un super-slogan auprès de l’électorat...
Un coupable doit se voir offrir une chance de se ré-insérer dans la société. Soit après une peine, soit après une période d’oubli. C’est juste une question de pragmatisme : On ne peut en effet pas courir après tout le monde et il y aura toujours des coupables en liberté.
Autant s’assurer que ces derniers tant qu’ils seront dehors auront une bonne raison de se tenir à carreau.
Par contre si on leur répète inlassablement qu’on ne leur pardonnera jamais, dans ce cas là, foutu pour foutu, j’ai peur qu’ils en concluent qu’ils vaut mieux qu’ils en profitent au maximum tant qu’ils sont libres...
Et si pire encore, une fois leur peine purgée, on leur refuse le droit de retrouver une vie normale et de se réinsérer, on va encourager le récidivisme !
La conclusion, c’est qu’en instaurant une justice inflexible (comme aux USA) il n’est pas garantie qu’en retour on récolte une plus grande sécurité. Loin de là !...
Ceci dit, entre-temps des droits auront une nouvelle fois été sucrés pour rien...
Mitterand a effectivement perdu une bonne occasion de la fermer...
Perso je pense qu’après 30 ans revenir sur ce dossier (qui du point de vue de la loi française aurait été prescrit passé un tel délai) n’a plus de sens... Pour moi dans le cas présent la justice à échoué et aurait dû le reconnaitre plutôt que de chercher à rattraper son échec.
MAIS !... La justice concernée n’est pas la notre et c’est pourquoi il est déplacé d’aller exiger la remise en liberté de Polanski, ou même dire que ce qui lui arrive est un scandale.
Il a violé la loi américaine et cette dernière a une interprétation différente de la notre par rapport au concept de prescription. On peut certes ne pas partager leur opinion, mais cela ne nous dispense pas de respecter la justice US qui jusqu’à preuve du contraire est souveraine !
Un ministre français n’a pas à remettre en question ce qui arrive à un justiciable rattrapé par un passé peu glorieux, quand bien même ce dernier se nomme Polanski !
Ou alors cela sous-entend qu’il estime qu’il devrait y avoir une justice différente que l’on soit riche/puissant/célèbre (rayez la mention inutile) ou misérable !
Or cela est tout simplement INACCEPTABLE !!!
On rappellera également au passage que Mitterand est aussi ce personnage qui a pour ambition de sucrer notre droit à la présomption d’innocence (et plus particulièrement celle de nos gosses) avec sa loi HADOPI !
Ce qui me pousse à penser que pour lui nos enfant n’ont un intérêt que dans la mesure ou l’état peut leur soutirer leur argent de poche et ou les puissants (et leurs protégés) peuvent en disposer comme jouets sexuels !!!
’’je serais currieux de vous entendre dire à votre fille même 20 ans
aprés, oh, ma chérie tu va oublier ça, c’est pas grave.ça fait si
longtemps. Moi je prends un fusil, et lui tire dans ses balloches, ou mieux, anesthésie local et castration.’
Mais je ferai exactement la même chose mon pote !... Et peut-être même pire encore...
C’est d’ailleurs pour cela que la justice existe : Parce que sinon il n’y aurait guère plus que la vengeance...
A savoir à ce sujet, que si d’aventure je me retrouvai dans cette situation, certes j’exécuterai le violeur après qu’il ai passé un moment très long et douloureux, mais par contre, ne compter pas sur moi pour revendiquer mon geste comme acte de justice.
« C’est un problème de justice et je
trouve qu’un ministre de la Culture, même s’il s’appelle Mitterrand,
devrait dire : j’attends de voir les dossiers », a ajouté l’ancien leader de mai 68 prenant le contre-pied des nombreux soutiens en France apportés au réalisateur, y compris au sein du gouvernement et de la majorité »
La sagesse même !...
Quant à Mitterand, il a perdu une bonne occasion de fermer sa gueule.
Qu’il laisse notre ambassadeur en Suisse jouer son rôle et assister Polanski. Un ministre de la culture n’a pas à donner son avis concernant une affaire de justice ! Et encore moins lorsque ce n’est pas la justice française qui est concernée !!!
Qu’il rase les murs, c’est désormais le mieux qu’il a affaire !!
En tous les cas, cette pathétique histoire (de la part d’un ministre qui ne retrouve rien à redire à l’idée de torpiller la présomption d’innocence de d’ados que les Majors trainent devant les tribunaux) démontre qu’aux yeux de nos dirigeants et de leurs protégés, nos gosses n’ont visiblement un intérêt que dans la mesure ou on peut leur soutirer leur argent de poche et s’en servir de temps à autres comme jouets sexuels !...