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tiptop

Je suis enseignant et chercheur en histoire contemporaine travaillant sur les mondes africains et le fait politique.

Tableau de bord

  • Premier article le 03/04/2007
  • Modérateur depuis le 06/11/2007
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Derniers commentaires



  • tiptop 16 juillet 2011 16:02

    Je trouve cet article peu pertinant. Je m’en explique.
    Ceux qui critiquent Eva Joly ont raison sur au moins un point : le défilé militaire est une vieille tradition française et de fait, la candidate écologiste s’attaque à certaines « valeurs françaises » que ses détracteurs oublient d’expliciter. Cela semble aller de soi pour eux. Pourtant un petit éclairage historique ne ferait pas de mal à tous et permettrait d’éclairer le fond de l’affaire qui dépasse largement les petits jeux politiciens puisque au fond on toucherait à l’identité même de la France  si l’on en juge par les réactions.  Si l’on croise cette histoire avec le parcours d’Eva Joly, les choses deviennent limpides il me semble. Derrière la polémique, se cache un point aveugle de notre histoire : l’Afrique.

    Le premier défilé militaire a lieu le 14 juillet 1880 dans un contexte de propagande ethno-nationaliste suite à la défaite de Sedan. Cette année -là, Savorgnan de Brazza fonde Brazzaville et l’année suivante, toujours au Congo,  le traité Makoko déclenche une fièvre nationaliste suivi d’une succession de surenchères de la part des nations impérialistes qui mèneront au  « big scramble for africa » et à la conférence de Berlin.  L’acte de naissance du défilé est doublement  lié à la constitution de la « plus grande France » donc de l’empire colonial et à l’antagonisme franco-allemand. L’organisation de l’armée de la troisième république en sera profondément affectée.

    Les comptes avec l’Allemagne étant soldés et l’armée ayant été professionnalisée,  une question reste entière : est-on aujourd’hui sorti de cette tradition coloniale ? Chaque année la composition multiethnique des troupes exposées renvoie à cette page histoire qui est censée avoir été clôturé avec l’accession aux indépendances. La présence des Dom toms , reliquats de l’empire, est parfaitement justifié puisque ces territoires sont pleinement intégrés à la France.  Mais que dire de la présence de troupes issues des anciennes colonies comme en 2010 lors du cinquantenaire des indépendances ?   Pourquoi faire défiler ces troupes sur le sol de l’ancienne nation colonisatrice ?  N’est-ce pas en totale contradiction avec l’idée même d’indépendance ?  D’autre part, il faut faire le constat que durant ces cinquante dernières années le terrain d’action des troupes françaises est restée principalement l’Afrique et plus particulièrement le territoire des anciennes colonies.  Algérie, Cameroun, Mauritanie, Biafra, Congo, Rwanda, Tchad, Côte d’Ivoire, et j’en passe, quel est le pays africain francophone qui ait pu s’affranchir des accords de coopération militaire ou échapper aux interventions  militaire Françaises quelles soient officieuses ou parfaitement légales ?

    Si l’on accepte l’idée, aujourd’hui solidement étayée par de nombreux observateurs et historiens, que la France n’est partie de l’Afrique que pour mieux y rester et que l’armée Française est un maillon essentiel du dispositif en place, ces questions trouveront réponse.  En toute bonne logique, le défilé du 14 juillet reflète cette présence en Afrique que ce soit dans la composition de l’armée ou dans les missions qui lui ont été affectées. Il faut comprendre aussi que les armées des ex colonies continuent de constituer une « annexe » de l’armée française dans la mesure où elles ont été crées par elle (organisation, équipement, encadrement, instruction) et que beaucoup d’entre elles sont liés à la France par des accords de coopération. Certes l’impérialisme militaire à céder le pas à l’impérialisme économique mais pas totalement, le « coup de pouce » à Alexandre Ouattara en côte d’Ivoire le prouve amplement.

    Bref le défilé militaire du 14 juillet renvoie en permanence à cette histoire impérialiste que la propagande officielle sur les missions vertueuses de l’armée Française ne peut masquer.  Eva Joly, plus que tout autre, est la mieux à même de le comprendre. Son implication dans le dossier ELF, arrière cuisine de cette Françafrique, sa lutte actuelle contre la grande corruption, les paradis fiscaux, les pratiques de prédation et de  pillage menés par les multinationales et les actuels dirigeants africains ne lui font peut-être voir dans l’armée française que le bras armée d’un néocolonialisme qui n’en finit pas de renaître de ces cendres.  C’est très réducteur certes, mais à y regarder de plus près, elle met le doigt sur la partie gangrénée de la Vème république. Elle rompt avec les discours patriotiques creux et incantatoires entonnée à droite comme à gauche. En cela, elle doit être remerciée.  



  • tiptop 16 juillet 2011 16:00

    Ceux qui critiquent Eva Joly ont raison sur au moins un point : le défilé militaire est une vieille tradition française et de fait, la candidate écologiste s’attaque à certaines « valeurs françaises » que ses détracteurs oublient d’expliciter. Cela semble aller de soi pour eux. Pourtant un petit éclairage historique ne ferait pas de mal à tous et permettrait d’éclairer le fond de l’affaire qui dépasse largement les petits jeux politiciens puisque au fond on toucherait à l’identité même de la France  si l’on en juge par les réactions.  Si l’on croise cette histoire avec le parcours d’Eva Joly, les choses deviennent limpides il me semble. Derrière la polémique, se cache un point aveugle de notre histoire : l’Afrique.

    Le premier défilé militaire a lieu le 14 juillet 1880 dans un contexte de propagande ethno-nationaliste suite à la défaite de Sedan. Cette année -là, Savorgnan de Brazza fonde Brazzaville et l’année suivante, toujours au Congo,  le traité Makoko déclenche une fièvre nationaliste suivi d’une succession de surenchères de la part des nations impérialistes qui mèneront au  « big scramble for africa » et à la conférence de Berlin.  L’acte de naissance du défilé est doublement  lié à la constitution de la « plus grande France » donc de l’empire colonial et à l’antagonisme franco-allemand. L’organisation de l’armée de la troisième république en sera profondément affectée.

    Les comptes avec l’Allemagne étant soldés et l’armée ayant été professionnalisée,  une question reste entière : est-on aujourd’hui sorti de cette tradition coloniale ? Chaque année la composition multiethnique des troupes exposées renvoie à cette page histoire qui est censée avoir été clôturé avec l’accession aux indépendances. La présence des Dom toms , reliquats de l’empire, est parfaitement justifié puisque ces territoires sont pleinement intégrés à la France.  Mais que dire de la présence de troupes issues des anciennes colonies comme en 2010 lors du cinquantenaire des indépendances ?   Pourquoi faire défiler ces troupes sur le sol de l’ancienne nation colonisatrice ?  N’est-ce pas en totale contradiction avec l’idée même d’indépendance ?  D’autre part, il faut faire le constat que durant ces cinquante dernières années le terrain d’action des troupes françaises est restée principalement l’Afrique et plus particulièrement le territoire des anciennes colonies.  Algérie, Cameroun, Mauritanie, Biafra, Congo, Rwanda, Tchad, Côte d’Ivoire, et j’en passe, quel est le pays africain francophone qui ait pu s’affranchir des accords de coopération militaire ou échapper aux interventions  militaire Françaises quelles soient officieuses ou parfaitement légales ?

    Si l’on accepte l’idée, aujourd’hui solidement étayée par de nombreux observateurs et historiens, que la France n’est partie de l’Afrique que pour mieux y rester et que l’armée Française est un maillon essentiel du dispositif en place, ces questions trouveront réponse.  En toute bonne logique, le défilé du 14 juillet reflète cette présence en Afrique que ce soit dans la composition de l’armée ou dans les missions qui lui ont été affectées. Il faut comprendre aussi que les armées des ex colonies continuent de constituer une « annexe » de l’armée française dans la mesure où elles ont été crées par elle (organisation, équipement, encadrement, instruction) et que beaucoup d’entre elles sont liés à la France par des accords de coopération. Certes l’impérialisme militaire à céder le pas à l’impérialisme économique mais pas totalement, le « coup de pouce » à Alexandre Ouattara en côte d’Ivoire le prouve amplement.

    Bref le défilé militaire du 14 juillet renvoie en permanence à cette histoire impérialiste que la propagande officielle sur les missions vertueuses de l’armée Française ne peut masquer.  Eva Joly, plus que tout autre, est la mieux à même de le comprendre. Son implication dans le dossier ELF, arrière cuisine de cette Françafrique, sa lutte actuelle contre la grande corruption, les paradis fiscaux, les pratiques de prédation et de  pillage menés par les multinationales et les actuels dirigeants africains ne lui font peut-être voir dans l’armée française que le bras armée d’un néocolonialisme qui n’en finit pas de renaître de ces cendres.  C’est très réducteur certes, mais à y regarder de plus près, elle met le doigt sur la partie gangrénée de la Vème république. Elle rompt avec les discours patriotiques creux et incantatoires entonnée à droite comme à gauche. En cela, elle doit être remerciée.  



  • tiptop 16 juillet 2011 15:58

    Ceux qui critiquent Eva Joly ont raison sur au moins un point : le défilé militaire est une vieille tradition française et de fait, la candidate écologiste s’attaque à certaines « valeurs françaises » que ses détracteurs oublient d’expliciter. Cela semble aller de soi pour eux. Pourtant un petit éclairage historique ne ferait pas de mal à tous et permettrait d’éclairer le fond de l’affaire qui dépasse largement les petits jeux politiciens puisque au fond on toucherait à l’identité même de la France  si l’on en juge par les réactions.  Si l’on croise cette histoire avec le parcours d’Eva Joly, les choses deviennent limpides il me semble. Derrière la polémique, se cache un point aveugle de notre histoire : l’Afrique.

    Le premier défilé militaire a lieu le 14 juillet 1880 dans un contexte de propagande ethno-nationaliste suite à la défaite de Sedan. Cette année -là, Savorgnan de Brazza fonde Brazzaville et l’année suivante, toujours au Congo,  le traité Makoko déclenche une fièvre nationaliste suivi d’une succession de surenchères de la part des nations impérialistes qui mèneront au  « big scramble for africa » et à la conférence de Berlin.  L’acte de naissance du défilé est doublement  lié à la constitution de la « plus grande France » donc de l’empire colonial et à l’antagonisme franco-allemand. L’organisation de l’armée de la troisième république en sera profondément affectée.

    Les comptes avec l’Allemagne étant soldés et l’armée ayant été professionnalisée,  une question reste entière : est-on aujourd’hui sorti de cette tradition coloniale ? Chaque année la composition multiethnique des troupes exposées renvoie à cette page histoire qui est censée avoir été clôturé avec l’accession aux indépendances. La présence des Dom toms , reliquats de l’empire, est parfaitement justifié puisque ces territoires sont pleinement intégrés à la France.  Mais que dire de la présence de troupes issues des anciennes colonies comme en 2010 lors du cinquantenaire des indépendances ?   Pourquoi faire défiler ces troupes sur le sol de l’ancienne nation colonisatrice ?  N’est-ce pas en totale contradiction avec l’idée même d’indépendance ?  D’autre part, il faut faire le constat que durant ces cinquante dernières années le terrain d’action des troupes françaises est restée principalement l’Afrique et plus particulièrement le territoire des anciennes colonies.  Algérie, Cameroun, Mauritanie, Biafra, Congo, Rwanda, Tchad, Côte d’Ivoire, et j’en passe, quel est le pays africain francophone qui ait pu s’affranchir des accords de coopération militaire ou échapper aux interventions  militaire Françaises quelles soient officieuses ou parfaitement légales ?

    Si l’on accepte l’idée, aujourd’hui solidement étayée par de nombreux observateurs et historiens, que la France n’est partie de l’Afrique que pour mieux y rester et que l’armée Française est un maillon essentiel du dispositif en place, ces questions trouveront réponse.  En toute bonne logique, le défilé du 14 juillet reflète cette présence en Afrique que ce soit dans la composition de l’armée ou dans les missions qui lui ont été affectées. Il faut comprendre aussi que les armées des ex colonies continuent de constituer une « annexe » de l’armée française dans la mesure où elles ont été crées par elle (organisation, équipement, encadrement, instruction) et que beaucoup d’entre elles sont liés à la France par des accords de coopération. Certes l’impérialisme militaire à céder le pas à l’impérialisme économique mais pas totalement, le « coup de pouce » à Alexandre Ouattara en côte d’Ivoire le prouve amplement.

    Bref le défilé militaire du 14 juillet renvoie en permanence à cette histoire impérialiste que la propagande officielle sur les missions vertueuses de l’armée Française ne peut masquer.  Eva Joly, plus que tout autre, est la mieux à même de le comprendre. Son implication dans le dossier ELF, arrière cuisine de cette Françafrique, sa lutte actuelle contre la grande corruption, les paradis fiscaux, les pratiques de prédation et de  pillage menés par les multinationales et les actuels dirigeants africains ne lui font peut-être voir dans l’armée française que le bras armée d’un néocolonialisme qui n’en finit pas de renaître de ces cendres.  C’est très réducteur certes, mais à y regarder de plus près, elle met le doigt sur la partie gangrénée de la Vème république. Elle rompt avec les discours patriotiques creux et incantatoires entonnée à droite comme à gauche. En cela, elle doit être remerciée.  



  • tiptop 19 novembre 2010 08:11

    Cette propagande de l’UNI est trop caricaturale pour être prise au sérieux.

    Professeur des écoles depuis 16 ans, je m’étonne de cette vive polémique. Dans beaucoup d’écoles on pratique l’évaluation de compétences : acquis , acquis à renforcer, en cours d’apprentissage et non-acquis... Et c’est le cas depuis la mise en place des cycles en 1987. Depuis cette politique n’a jamais été remise en cause en haut lieu car c’était un réel progrès malgré la difficulté d’évaluer correctement. Il est vrai que je reçois de temps à autre des bulletins chiffrés. Que veut dire un 7/10 de moyenne ? Strictement rien sur le plan des apprentissages. C’est juste un moyen de permettre aux parents de comparer leur enfant aux autres élèves de la classe. C’est la grande obsession.... Comme toujours l’éducation nationale se refuse de trancher et préfère ne pas bousculer les traditions. Chaque enseignant au primaire fait donc à peu près ce qu’il veut.
     
    A l’évidence les notes sont dans les têtes des parents, des élèves et des politiques !! En sortira t-on un jour ? Il est stupéfiant de constater, au vu des commentaires, la méconnaissance des gens sur les méthodes d’évaluation alternatives. Aucune n’est parfaite mais elles existent !



  • tiptop 26 août 2010 11:49

    Ma femme et mon fils ainé (adoptif) sont d’origine Bamilékés. Ceci fait partie de leur histoire. C’est aussi la mienne, la notre. Mais elle n’est pas dans les livres d’Histoire. Ni en France ni au Cameroun. A l’heure où j’écris, aucun historien à ma connaissance ne s’est intéressé à ces évènements tragiques. Ces évènements ont très largement été occultés en France du fait de la guerre d’Algérie et de la censure Gaulienne. Pire, ils le sont au Cameroun où le régime en place a peu d’intérêt à ce que cela ressorte. Ce n’est pas à moi de lancer des accusations, de demander des réparations ou une quelconque repentance. Je ne le fais pas et d’ailleurs mes amis Bamilékés ne le font pas non plus (J’ai déjà exprimé sur d’autres colonnes l’absurdité de certaines de ces positions, mais je n’ignore pas que l’on voudra me faire le procès de la repentance perpétuelle). En revanche il est important que cette histoire soit dite, reconnue et plus tard, je l’espère, étudiée. Non pas pour écrire une nouvelle page dans le grand livre noir de l’histoire de France mais pour appeler à la vigilance démocratique. Car la France contribue encore aujourd’hui (elle n’est pas la seule) à rendre le développement économique et démocratique de l’Afrique impossible. Le procès de la Françafrique est déjà largement instruit : guerres secrètes, assassinats politiques, barbouzerie, trafic d’armes, pillage des ressources naturelles, corruption, soutien actif aux dictateurs en place et j’en passe. Cependant une large partie de nos concitoyens sont encore ignorants de ces faits (les grands médias ne font pas leur boulot) et plus grave nos élus sont à l’écart de ce qu’il est convenu d’appeler le domaine réservé de la présidence. Il n’y a jamais eu sous la Vème république un contrôle démocratique de la politique africaine française.

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