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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 28 janvier 2009 11:29

    Il faut séparer cette motion de censure de la grève, même si le PS souhaite les lier.

    Parlons tout d’abord de la grève, puisqu’il s’agit de l’évènement qui concerne le plus de citoyens.
    Bien sûr, toute grève aussi générale est d’abord politique. Les syndicats et certains partis politiques "profitent" d’un context de crise pour avancer des revendications ou communiquer. C’est de bonne guerre. Pourtant, cette grève intervient à un moment effectivement particulier : pour que la mayonnaise prenne, il faut la conjonction de plusieurs facteurs importants car, contrairement à ce que prétend l’UMP en la parole de JF Copé ce matin, la France n’est absolument pas le pays qui connait le plus de jours de grève, loin de là.

    En l’occurence, la situation de crise économique, et donc sociale actuelle, est aggravée par un fort sentiment d’injustice : depuis le début de leur mandat, le président de la république et son gouvernement n’ont pas donné le sentiment d’agir pour l’intérêt général, mais en faveur d’une partie seulement des français. Désagréable en temps normal, cette situation devient source de colère en tant de crise.

    L’interview de Mr Copé par Mr Aphatie ce matin sur RTL, et le papier de Mr Aphatie sur son blog, résument de façon intéressante le problème : inquiétude ou colère. L’inquiétude marquerait un sentiment de fatalisme vis à vis d’une situation qui dépasserait le pouvoir politique, tandis que la colère signifie un rejet, une désapprobation de la politique menée, considérée comme insuffisante, voire mauvaise. Le succès de cette journée de grève indiquera si nous sommes dans l’une ou l’autre de ces situations, car on ne fait pas grève sous le seul prétexte d’inquiétude... 

    Sur le fond, cette grève se fonde sur un décalage perçu entre des mesures d’économies, voire de défiance, vis à vis de la fonction publique, tandis que des sommes très importantes sont débloquées en faveur de certains secteurs de l’économie. Le tout est aggravé par l’absence de mesure de soutient au pouvoir d’achat. Encore une fois, il faut souligner le problème du décalage entre des sacrifices qui sont demandés aux plus modestes, et l’absence de sacrifices exigés en contre-partie des aides donnés aux plus aisés. C’est bien cette injustice soclale qui exacerbe le conflit.

    Un point qui n’a jusqu’ici pas été traité, et l’immense déficit budgétaire, et donc la dette, creusé par les mesures du gouvernement. Faute de réel impact sur l’économie lorsqu’une reprise fera jour, la situation financière de la France sera ingérable. La réelle discussion devrait donc aussi prendre en compte cet aspect des choses.

    Cela me permet de faire le lien avec la motion de censure. Celle-ci était à mon avis mal ficelée car reposant sur deux aspects très différents.

    Le premier est lié à la réduction progressives des libertés publiques, et à la main-mise de l’Etat sur des secteurs et pouvoirs autrefois indépendants. Cette raison aurait suffit en tant que telle à justifier une motion de censure, c’était d’ailleurs le souhait de François Bayrou, mais le timing est mauvais. Elle aurait dû être déposée il y a plusieurs semaines, ou être reportée à la prochaine mesure en ce sens du gouvernement.

    Le second, d’actualité, est lié à l’insuffisance de l’action du gouvernement face à la crise. Hélas, cet aspect a été plutôt mal exposé lors de cette motion de censure, ce qui a permis au chef du gouvernement de démonter les arguments de Mr Ayraut en occultant totalement l’aspect des libertés publiques.

    En mélangeant les deux aspects, le PS a fait une erreur de stratégie et de communication évidente, qui a brouillé son message et permis au gouvernement de limiter son impact politique.

    Quant à François Bayrou et au MoDem, ce n’est à mon avis pas le sujet principal, mais l’auteur fait à mon avis une erreur politique : dans la mesure où les revendications des grévistes sont principalement liés au conditions de travail, supréssions d’emplois etc..., un parti politique n’a pas à appeler à la grève. C’est le rôel des partenaires sociaux, un parti politique se devant de faire des propositions alternatives (ce qui est le cas). Il en aurait probablement été autrement si une manifestation avait été organisée pour la défense des libertés publiques.



  • Voltaire Voltaire 21 janvier 2009 14:33

    La majorité des responsables politiques possède un ego hypertrophié. Il faut bien cela quand on affronte quotidiennement les coup-bas. Et certain(e)s ont l’hypertrophie plus prononcée que d’autres.

    Mme Royal a fait une stupide erreur tactique : alors qu’elle pouvait profiter médiatiquement de sa présence quasi unique à l’investure de Mr Obama, elle a lancé cette remarque, ridicule même si elle avait été (très partiellement) vraie... Que c’est dur la com’ !



  • Voltaire Voltaire 20 janvier 2009 11:21

    L’afflux de cash entraine nécessairement de l’inflation qui anhile le pouvoir d’achat ainsi distribué, et l’on entre dans une spirale infernale.

    Le coeur du problème, au delà de la crise actuelle, est bien la croissance des inégalités et la rémunération indue et exagérée attribuée à des produits financiers ou des fonctions non-productives ; brefs, il existe actuellement des "parasites" qui détournent une partie importante des richesse produites au détriment des producteurs. Qu’un créateur d’entreprise fasse fortune et devienne millionaire, voire milliardaire, est positif. Qu’un PDG nommé par un conseil d’administration le devienne aussi est abérant. Que des actions ou fonds d’actions rapportent de l’argent est positif (le risque est rémunéré et il finance la croissance des entreprises) ; qu’un fond spéculatif indexé sur des dettes rachetées à bas prix soit plus rémunérateur qu’un fond d’actions est abérant.

    Une règle tacite suggérait que les rémunérations (en dehors du créateur de l’entreprise bien sûr) au sein d’une entreprise ne devaient pas dépasser un écart de 1 à 20. Quand cet écart est de 1 à 200, c’est que le système dérape...



  • Voltaire Voltaire 20 janvier 2009 10:52

    Joseph Stiglitz a certainement raison de souligner le déficit actuel de modèle socio-économique alternatif.

    En réalité, on ne peut pas déconnecter l’économie de l’humain. Différents modèles socio-économiques ont été utilisés au cours de l’histoire, en parallèle à l’évolution démographique, aux progrès technologique, aux échanges possibles entre les peuples, mais ils sont nécessairement liés à la nature humaine, qui est un subtil équilibre entre individualisme et collectif.

    A l’heure actuelle, il n’existe pas en effet de modèle socio-économique autre que le socio-libéralisme qui puisse répondre aux demandes de notre société. Bien sûr, on peut faire varier les curseurs entre régulation et libéralisme, mais il s’agit bien là du système le plus efficace dans la création de richesses (au sens large). Seul problème, et il est de taille, comme le souligne Stiglitz, ce système est depuis 20 ans générateur d’inégalités croissantes. Toute la question est de savoir si cela est dû à un excès du système qui peut être corrigé par des mesures de rééquilibre, ou s’il s’agit d’un défaut inhérent au système.

    Dans le premier cas, cela exige une volonté politique forte et concomitante dans plusieurs pays clés afin de peser sur un modèle dont l’inertie a cru avec la mondialisation. C’est, grossièrement, le pari que font les partis "démocrates" des démocraties actuelles.

    Dans le second cas, on se dirige vers une crise sociétale majeure, qui s’accompagnera de violences et d’une période d’instabilité avant qu’un nouvel équilibre ne soit trouvé. La question est ensuite de savoir quel nouvel équilibre peut être trouvé... l’histoire nous suggère que ce type de crise mène souvent à un régime autoritaire et/ou nationaliste (en réaction à la crise sociale), mais la dimension mondiale de la société ne permet pas de prédire exactement l’aboutissement d’une telle crise.

    Actuellement, les piste alternative sont dans une impasse. L’alter-mondialisme ou les dérivés des modèles révolutionnaires d’extrême-gauche sont en effet peu compatible avec une société mondialisée, et il en va bien sûr de même avec le nationalisme. Le retour en arrière n’existe pas dans l’histoire.

    Reste que l’homme est capable d’une inventivité sans limite, et que son adaptabilité est exceptionnelle. Toute la question est donc de savoir si l’évolution actuelle se fera de façon abrupte, avec les crises attenantes, ou de façon plus progressives, sachant que les résistances du système imposent souvent des ruptures plus brutales.



  • Voltaire Voltaire 16 janvier 2009 14:49

    Soyons réalistes : on a caricaturé Dieu, le christ, et toutes les symboles chrétiens d’innombrables façons ! Pour ne prendre que récemment, je vous recommande les monthy pyhtons ou Gotlieb... sinon, regardez les carricatures du début du siècle.... et d’autres symboles d’autres religions ont aussi été largement carricaturé en France.

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