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Walid Haïdar

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  • Walid Haïdar 18 octobre 2011 20:21

    Mon aversion pour l’ancien régime tient à des choses simples Bovinus :


    - il était injuste
    - il était obscurantiste
    - il était non laïque
    - il était corrompu (au sens de la corruption que je peux observer ici autour de moi, au Sénégal)

    Je n’ai rien contre les traditions contrairement à ce que vous pensez. Je n’ai rien contre les rites. Par contre j’ai un gros problème avec leur poids sur la liberté de conscience lorsqu’ils deviennent des normes sociales.

    Par conséquent je suis fermement opposé à ce que la société soit réglée par des traditions et des rites obscurantistes. Parce que la messe du Dimanche pour mois c’est un rite sectaire, quel que soit le message. Le guignol avec sa toge et son apparat, sa fumée et ses hosties, est un payen obscurantiste dont je n’ai pas besoin, et que celui qui s’y plaît y aille : j’égorgerai le premier qui m’obligera à supporter ces âneries, car n’en déplaise à votre tempérance, j’ai le droit de penser qu’il s’agit d’âneries, et pas petites, du moment que je n’empêche personne de les écouter.

    La tradition a le droit d’exister, elle n’a pas le droit de s’imposer. Pareil pour les rites. Ce n’est pas avec ça qu’on avancera.

    Le problème c’est que je suis en train de débiter un truisme : si vous voulez que je respecte votre opinion, vous ne pouvez pas défendre une position de censure de la liberté d’expression et de conscience. Car c’est ce qu’est la tradition lorsqu’elle pèse sur la société.

    Chacun est libre de pratiquer ce qu’il veut, et rien d’autre n’est défendable, c’est très simple. Parce que si vous ne défendez pas cette idée pour imposer une tradition plutôt qu’une autre, tradition qui entravera la liberté de ceux qui n’en veulent pas, pourquoi demandez-vous aux autres de respecter ce que vous voulez ?

    Pratiquez ce que bon vous semble, et délibérons sur ce que nous devons partager : la connaissance, l’eau, les moyens de production des biens élémentaires.

    Vous me traitez d’égalitariste fanatique. Mais pas du tout, je suis juste sur une position très simple : si tu veux être entendu, la cohérence te commande de demander à ce que chacun puisse être entendu, à moins de considérer que tu es supérieur aux autres et donc que tu dois jouir d’un droit supérieur. Je ne suis pas pour l’égalisation des possessions. Je suis pour leur redistribution adéquate. Après, chacun est propriétaire d’un certain nombre de choses, car la famille est une entité sociale, elle doit avoir un capital, de même que l’individu, sinon ces entités sont privées de liberté. Et je ne suis pas pour une division euclidienne bête et méchante, simplement cette répartition risque d’être trivialement plus égalitaire que la répartition actuelle puisqu’il n’y a strictement aucune raison qu’un commercial ou un patron de magasin gagne plus d’argent que les gens qui produisent ce qu’il vend, et je ne parle même pas des parasites financiers et autres parasitent publicitaires hautement nuisibles (d’ailleurs à mon sens, la technique et l’organisation nous feront nous passer dans une très large mesure des métiers archaïques de commerçants, mais j’admet que cela se discute.)

    Par ailleurs vous avez déjà oublié que je suis 100% d’accord pour dire que la liberté n’est que blabla si chacun ne possède pas les moyens de produire ou de s’approvisionner en nourriture.

    Enfin pour la proximité de telle ou telle régime : vous ne comprenez pas ? je m’en fiche totalement de savoir ce qui est proche géographiquement ou temporellement. Ce qui m’intéresse c’est ce qui est proche de ma conscience. Si un habitant d’une planète située à 20 000 années lumière et venant du passé très lointain m’exposait un système politique je le prendrai pour ce qu’il est, et ne lui accorderait pas un crédit amoindri à la mesure de son éloignement.

    Je n’ai pas dis que le changement viendra tranquillement et sans violence. J’ai dit qu’il viendrait par la force des choses, et l’effondrement du système actuel (donc un bon paquet de violence, quelle qu’en soit la forme). Et contrairement à ce que vous pensez encore, je suis certain qu’il n’adviendra pas grand chose en palabrant sur le coin d’une place. Dès les premières mobilisations d’indignés j’ai suggéré vivement de gagner les campagnes. Nul besoin de lancer une offensive armée contre les grands propriétaires terriens, ça sert à rien, et ça n’existe même pas. L’important c’est d’occuper chaque espace disponible, de grignoter jour après jour, de rallier à sa cause de plus en plus de producteurs déjà engagés dans des voix dissidentes, puis des conventionnels n’y trouvant plus leur compte : pour cela s’organiser collectivement pour consommer au travers d’associations, comme les AMAP, mais cela est à perfectionner, notamment en utilisant la technologie et les sciences de l’organisation, l’informatique etc. Il est certain que les indignés qui bossent dans la pub vont vite se retrouver dans une situation de grave contradiction, et qu’ils seront des boulets pour le mouvement, mais un boulet n’est pas la fin du monde, et ça peut se faire une raison, surtout par la force des choses.

    Vous semblez négliger le fait que cette société de consommation est obligée de turbiner à mort pour fonctionner. C’est comme les incinérateurs de déchets :s’ils ne sont pas alimentés à une certaine dose assez conséquente, ils s’éteignent.


  • Walid Haïdar 18 octobre 2011 17:04

    « Nulle part il n’est question de »sans doute«  ; j’ai pris l’exemple de l’Ancien Régime parce qu’il est plus proche de nous historiquement et sur le plan de l’identité, mais j’aurais tout aussi bien pu employer celui des sociétés polynésiennes ou amérindiennes étudiées par M. Mauss dans l’Essai sur le don. La problématique clef de l’article est la répartition du capital, dont résulte tout le reste. »


    Voilà. Je ne suis pas d’accord avec « plus proche de nous sur le plan de l’identité ». Je suis Français de naissance, et je ne me sens absolument pas proche de l’ancien régime, je m’en sens même viscéralement éloigné. Et je disais que votre présentation était spécieuse justement parce qu’elle faisait in extenso la démonstration d’une forme particulière de protections contre une certaine forme de totalitarisme. Mais d’une part cette forme est elle-même totalitaire (poids des traditions, privilèges et conservatisme extrême, castes...), d’autre part il existe bien des idées qui ont la vertu de reposer sur autre chose que des croyances et des injustices, et sur lesquelles il eut été plus approprié de s’attarder. Des idées plus proches de nous... sur le plan de l’identité... si je puis me permettre d’utiliser ce mot à la mode. Je me sens bien plus proche, et de nombreux Français avec moi, de l’autogestion et de la démocratie directe que de l’ancien régime.

    Par ailleurs sur la question du rapport politique-économique, je suis tout à à la fois dans la ligne marxiste, et dans son dépassement (après avoir été un peu naïf sur la question étant ado, pensant que le conditionnement du pouvoir était à sens unique, de l’économique vers le politique, en bon petit Marxiste). Quand je parle d’équilibre des pouvoirs, ceux-ci reposent bien entendu sur le capital de chaque agent. Si l’état est propriétaire de tout le patrimoine public, c’est le Léviathan. Si la propriété publique est vide, il n’y a pas de bien commun, et donc il n’y a pas de souveraineté populaire mais simplement le chacun pour soit, et ce même si on fait des assemblées populaires.

    Par conséquent il faut que le bien public soit réparti à travers les différents échelons, et ce de façon appropriée pour avoir un équilibre matériel des pouvoir. Cependant, ceci ne peut pas être mis en place sans des assemblées populaires et la démocratie directe, qui elle-même comme on vient de le voir n’a pas de sens en l’absence d’une répartition adéquate du bien commun. C’est alors qu’il ne faut surtout pas se poser la question de la poule et de l’oeuf : « la démocratie directe d’abord ou la répartition du capital d’abord ? »

    Cette question n’a pas de sens. Je fais simplement le pari que les questions de la rerépartition de la propriété (du capital en fait) et de la légitimité de la décision (et la solution de la démocratie directe), vont germer ensemble, et que c’est par le jeu
    1/ de l’effondrement du système
    2/ de l’activisme citoyen qui ira croissant
    que la rerépartition adéquate du capital et la démocratie directe se mettront en place petit à petit et aussi par à-coups, conjointement et aussi incertainement et contradictoirement.

    Je ne vois pas d’ordre pérenne, économique et relativement pacifié (guerre homme/homme mais aussi homme/écosystème) faisant l’économie de la démocratie directe.
    En un mot : ce me semble être le sens actuel du courant de l’Histoire.

    enfin sur l’éducation : en effet, l’alphabétisation est d’un point de vue Historique, la conséquence de la division du travail et de la mutation de l’économie. Mais c’est un fait du renversement de l’ancien régime quand même, puisque cet ancien régime correspondait à cette ancienne économie, et un progrès en soit. Après, qu’il y ait eu par ailleurs la télévision pour contrecarrer la mise au service de l’intelligence et de la collaboration citoyenne de ce capital technique accumulé, je ne le nie pas. Mais voilà un fait encore : je vis au Sénégal, et je peux garantir que l’alphabétisation est une valeur ajoutée sur tous les plans de la société. Car ici aussi nous avons le divertissement, et même moins qu’en France, mais nous avons les chefferies religieuses, et l’analphabétisme. Et le délabrement des relations sociales ici est bien pire qu’en France en réalité (en dépit des clichés à la con du nègre souriant). Il est bien pire au sens où le lien social le plus répandu, et il est absolument répandu dans chaque pouce de la société, le seul lien c’est celui de corruption. Et si vous vous intéressez à l’ancien régime, vous devriez savoir à quel point il était corrompu : éminemment corrompu.


  • Walid Haïdar 18 octobre 2011 13:04

    Hey, Calmos !


    énorme. En 2007 ta lucidité te faisait dire en somme « vite, Sarko ». Maintenant, ton extra-lucidité (l’expérience) te fait dire « vite, le FN ».

    Et ça donne des leçons de clairvoyance avec ça. Alors ton cher Sarko, ça va la quenelle il te l’a enfoncée jusqu’à quel intestin ? jusqu’à l’estomac peut-être ? ou carrément jusqu’au cerveau ?

    D’où tes idées merdiques...


  • Walid Haïdar 18 octobre 2011 12:50

    Si la question avait été « article intéressant ? », j’aurai voté OUI, mais là j’ai du voter NON.


    Vous fustigez à juste titre le sophisme du capitalisme meilleur système possible parce que le communisme n’a pas marché, mais vous déduisez de l’inanité du capitalisme, qu’un système de privilèges et de coutumes bien établis est sans doute le plus à même de contrecarrer l’emprise totalitaire induite par la liquidité des biens.

    C’est fort spécieux comme présentation.

    Ceci étant dit, il y a une idée fondamentale avec laquelle je suis d’accord, c’est bien qu’il faut mettre fin à cette liquidité absolue, non pas en fixant les biens dans un système de privilèges et de traditions, qui, et c’est ce que vous semblez oublier, sont une forme de totalitarisme en ce qu’ils constitue un contrôle social de fait, contrôle d’ailleurs très cassant car fondé sur des croyances et des injustices, or il nous faut sortir des alternatives totalitaires et cassantes pour s’organiser de façon plus libre et résiliente.

    Je disais donc mettre fin à la liquidité absolue des biens, en utilisant un système de poupées russes. Dit autrement, il s’agit de reproduire la structure naturelle qui consiste à reproduire à chaque échelle le même schéma plutôt que d’appliquer à la globalité la grossierté du schéma simple local.

    Cette répartition et cette allocation du capital doit donc se déployer du niveau le plus local au niveau le plus global. Ainsi, le prédateur Léviathan comme le prédateur Capitaliste perd son emprise, à partir du moment où ce dégradé d’allocations est bien défini.

    Mais il ne s’agit pas d’une bonne définition fixe, statique, en soit. Il ne s’agit d’une bonne définition que parce que les rapports de pouvoir entre les différents échelons ont été bien définis. autrement dit, une coalition de départements (pas tous les départements, juste une certaine partie suffit) peut s’opposer à la région, tandis qu’une coalition des régions peut s’opposer à la nation etc. Et alors on voit tout de suite la nécessité du tirage au sort des gestionnaires et de la brièveté de leur mandat, comme garantie contre les associations partisanes ou d’intérêt.

    Il n’y a pas d’alternative à la dérive totalitaire ailleurs que dans l’activisme citoyen. Celui qui ne se préoccupe pas de son destin en participant à la prise de décision participe à son asservissement.

    C’est une donnée fondamentale qu’il serait temps d’admettre, tant les dominants l’ont intégrés dès les premiers jours, en utilisant le divertissement et l’obscurantisme comme outils de détournement.

    C’est aussi en ce sens que votre présentation est spécieuse, parce que l’ordre bourgeois, au delà de ses travers, a certes prolongé et fini par amplifier le divertissement*, mais a eu l’incomparable mérite de donner à tout le monde le savoir de l’écriture, de la lecture et du calcul. C’est tout de même un outil de base anti-totalitaire.


  • Walid Haïdar 17 octobre 2011 20:04

    Bovinus, vous avez lu la réponse faite à Drac ? le lien en est donné en page 2 de votre lien.


    Les indignés sont une expression de l’effondrement du système. Vous n’empêcherez cet effondrement d’aucune manière, il est programmé.

    Les indignés sont une expression à double titre : ils sont une expression qui exprime et qui s’exprime.

    Toute initiative s’inscrit dans la gestation du monde nouveau qui finira par remplacer celui qui se meurt. Les initiatives ne s’opposent pas, elles germent du même corps en décomposition.

    Quant aux élucubrations sur la pureté ethniques que l’on peut trouver sur votre lien (et auxquelles il est très mal répondu par Leader Price d’ailleurs), elles ne m’intéressent pas. Je ne suis ni pour le métissage, ni pour la pureté ethnique. Je ne peut que constater que le Brésil ne me paraît pas être un pays dégénéré qui court au désastre, et pourtant il vient de loin. Le Japon ne me paraît être un pays dégénéré, et s’il court au désastre nucléaire ce n’est certainement pas à cause de sa relative pureté ethnique. Bref, tout ça c’est de la merde en barre qui a plus à voir avec le manque d’imagination et la peur qu’avec une vraie réflexion sur des solutions concrètes de réapropriation de son destin. Tout de même, vous admettrez que le Japon, l’Angleterre, l’Allemagne et la France des temps de leur pureté ethnique, ont mené plus de guerre impérialistes que les Brésiliens.

    Je goûte très, mais vraiment très peu de la pensée réactionnaire ou conservatrice, et même pas du tout. Simplement, le progrès pour moi ne réside pas dans l’accumulation matérielle mais dans l’augmentation des connaissances, leur partage et leur circulation, de façon à s’économiser du labeur pour s’adonner à toujours plus d’activités spirituelle, intellectuelle, ludiques, charnelles, et à toujours moins d’activités aliénantes, rébarbatives et inutilement coûteuses en temps.

    Pour cela il nous faut faire d’énormes progrès, et surtout cesser de créer des objets inutiles. Je suis résolument progressiste et pour le dialogue et l’échange culturel, l’échange intense. Je pense que l’important n’est pas dans le fait de se reproduire avec des gens qui ont une peau différente, ou de ne pas faire cela, mais d’ouvrir sa conscience à l’existence de l’autre.

    C’est une démarche à l’image des fractales, qui commence par la reconnaissance de l’altérité interne à l’individu (nous hébergeons plus de bactéries dans nos intestins que nous ne comptons de nos propres cellules), en passant par son frère, sa soeur, ses parents, l’autre de l’appartement d’en face, de l’immeuble d’en face, de la ville d’à côté, etc jusqu’à l’autre à l’autre bout de la planète : cette ouverture doit se retrouver à chaque échelle.

    C’est comme ça qu’on s’économise des conflits stupides et qu’on trouve des solutions réellement économiques. C’est un peu de pleine conscience et ça s’oppose au repli identitaire, c’est clair.

    Je ne suis vraiment certain que l’ouverture de sa conscience mette en péril la fête de la bière ou le saucisson de qualité.

    D’ailleurs le bon saucisson est bien plus mis en péril par l’industrie agro bien blanche qui ne peut pas s’empêcher d’utiliser du porc de merde et des additifs à la con, que par les musulmans qui n’en on rien à branler de ton saucisson (sauf une poignée d’excités dont j’irai botter le cul comme celui des petits blancs-becs qui nous les brisent avec leur haine de l’autre).

    Je me sens plus proche des gens de ma classe sociale que des fils d’Emir dont je partage « le sang » sémite.

    Quand on vous fait un don de sang, on regarde le groupe sanguin, pas l’origine ethnique. Quand vous aimez la grande musique, vous vous en fichez totalement de son origine ethnique, vous êtes simplement heureux de pouvoir connaître tant de merveilles et de diversité créée à travers le monde.

    Le beau sera défendu par sa propre beauté, et du mélange ne restera que le meilleur. simplement le mélange ne doit pas être subi, il doit être choisi. Il ne doit pas résulter de la misère des uns et de la prospérité des autres, mais de l’ouverture à l’autre et de la liberté. Alors son intensité sera bien réglée, et ses fruits bien juteux.
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