Vous m’avez mal compris : j’ai aussi dit que les indignés n’avaient pas d’expérience militante, ce qui les rend naïfs et pour le moment innofensifs. Mais contrairement à vous je pense qu’ils ont des qualités originales et qui pourraient bien faire la différence.
Ensuite je ne dis pas le contraire de ce que vous dites en un sens. Plus j’explique que le mouvement des indignés correspond à une réalité. Par conséquent cette réalité va s’en alimenter et vice versa. La réalité, dure et implacable va obliger les indignés à se durcir, et va faire ainsi converger leurs idées, perspectives, propositions, avec les contestataires Grecs.
Mais si les contestataires Grecs ont revendiqué le qualificatif d’indigné, c’est bien qu’ils sentent leur condition mêlée, et leur combat lié, à ceux des indignés du reste du monde.
Les indignés ne feront rien tous seuls. C’est la résonnance de leur action avec le vécu des gens qui changera la couleur des débats et des consciences. qui fera qu’il y aura de moins en moins de gens passifs. et c’est tout l’enjeu de la réapropriation de nos destins : l’activisme généralisé, non pas pour signer des tracts et porter des pancartes, mais pour élaborer des projets, radicaliser sa consommation, relocaliser la production...
Les indignés que l’on voit dans la rue en somme, sont une manifestation particulière du raz-le-bol général. Une manifestation particulière qui a le mérite de dire les choses et de se montrer, de dire : « j’existe », pendant que d’autres (j’ai pas dis LES autres) forment une masse informe et léthargique qui continue peu ou proue de cautionner le système.
Les indignés, peu importe le nom au fond, ne font que commencer à sonner le tocsin et à réfléchir collectivement : c’est déjà pas mal, et ce n’est qu’un début.
maître à penser pourquoi ? parce que je ne suis pas d’accord et que j’argumente (bon, j’avoue que ci-dessus je fais beaucoup dans la profession de foi aussi) ?
Contrairement à vous je n’oppose pas les choses pour le plaisir de les opposer.
Comme le dit Gaijin, la révolte et la violence résultent de la marche de l’histoire : conséquences immanquables de certains déséquilibres.
Mais je n’oppose pas cette violence à d’autres formes de mobilisation et d’action. Je pense même que ces deux tendances vont se rejoindre et se combiner. La concertation se radicalisant, la violence se disciplinant et cernant de mieux en mieux son ennemi, par des actions de plus en plus utiles : l’occupation de l’assemblée nationale plutôt que la prise d’otage de deux employé de pôle emploi, la proposition relayée et amplifiée à travers le peuple, de mettre les politiciens à la retraite en refondant la république sur des principes de démocratie directe, plutôt que juste demander plus de pouvoir d’achat et moins de guerres.
Les choses ne se font pas du jour au lendemain. Une jeunesse complètement dépolitisée et abrutie par la société de consommation ne devient pas du jour au lendemain extra-lucide et consciente de la dure réalité du monde militant.
ouais, bah t’as peut-être pas bien compris ton époque alors...
Parce que quand tu filmes un flic qui maltraite un indigné, tu créé de la sympathie pour l’indigné à travers tous les gens qui verront la vidéo.
Les indignés sont accrochés les uns aux autres pour rendre plus difficile la tâche des flics.
Leur âme de militant se forge.
Ensuite vous ne comprenez peut-être pas tout à fait les actions de ces indignés. Il ne s’agit pas seulement de se réunir et de marcher dans la rue. Il s’agit d’imaginer des propositions, et de concrétiser des expériences.
Ce sont des actes. Ce mouvement à une intelligence que n’ont pas eu la plupart des mouvements contestataires jusqu’à présent : c’est d’aller doucement, et de façon réfléchie. Je vous rappelle que Ghandi a bouter les anglais sans aucune violence, et de façon très calme : ça devrait nous épargner vos affirmations péremptoires concernant ce qui est utile et ce qui ne l’est pas.
Ce n’est pas parce que les indignés manifestent et crient ou cassent des vitres que les gens au pouvoir vont changer la donne. C’est parce que les indignés vont faire comprendre à tout le monde que pour être souverain, il faut EXERCER le pouvoir du local au global, et non plus le subir passivement. Ce sont ces idées qui prennent de plus en plus de force et qui ne sont que relayées et malaxées par les indignés.
Et cela fracassera plusieurs piliers de la société :
- les politiciens élus
- les publicitaires
- les producteurs de merde
- les conseils d’administration dont sont exlus les travailleurs au profit des actionnaires.
- la distribution des biens
- la production alimentaire
Tout ceci et bien d’autres choses sont en contradiction violente avec les idées qui germent et croissent par les temps qui courent. Les indignés n’en sont pas forcément conscients d’emblée, mais ils finiront par intégrer tout cela, parce que c’est là où se trouve la cohérence, et leur point d’équilibre.
Un indice de cette tendance est dans l’adoption immédiate par les indignés grecs de la proposition de démocratie directe par tirage au sort.
Quand un gars vraiment dans la merde s’indigne ça peut donner plusieurs choses différentes, dont ça.
et je ne pas certain de ce qui est le plus constructif.
Je ne nie pas toute utilité à l’action « suicidaire » de ce désespéré. Mais heureusement qu’il y a d’autres formes de mobilisations.
Je trouve bien facile de louer d’une certaine façon cet acte qui se retournera violemment contre son auteur, sans aucun recours : personne ne lui viendra en aide lors de son jugement, et ce qu’il a fait le mènera en prison.
Je ne conseille à personne d’agir ainsi, et ce genre d’action ne permet pas d’imaginer de solution, contrairement aux assemblées populaires.
allez vite, un chef, on veut un chef qui nous donnera de bons ordres et on traquera ceux qui voudront désobéir !
Les chefs, c’est clair, c’est pas des imposteurs, eux ils savent ce qui est bon pour nous.
allez quoi, donnez nous un chef mon dieu, on sait plus quoi faire et y a des méchants gens qui essaient de trouver des solutions en se concertant, alors qu’on sait tous que nous, les petits, on ne vaut rien sans un chef.
Un beau chef tout petit qui est fort en batailles avec des petits soldats et des grands canons, oh oui alors ! Nous on mérite d’être de la chair à canon avant tout, pas de débattre voyons, pas de s’indigner... C’est bien connu, les guerres, ça ne profite ni aux banques, ni aux marchands de canon, mais au peuple ! et pi nous on est les Français, on est les plus forts et on a raison qu’il faut propager de façon sanguinaire (pas comme les Américains heu... enfin si mais eux c’est des américains ils ont pas le droit parce que c’est pour le pétrole alors que nous c’est pour les idées... c’est vrai en plus)
Certes Napoléon ne croyait pas à la vapeur et n’a pas soutenu les inventeurs Français de cette voie, mais ça, c’est un détail. en dehors de ça, c’est un visionnaire, et c’est de tels visionnaires dont on a besoin, nous, pauvres petits moutons perdus sans leur chef...