On s’en fout de ce que chacun peut penser du mouvement des indignés.
Le mouvement des indignés n’a qu’à continuer à agir, et la vérité parlera d’elle-même.
On s’en fout des manipulations de Soros, de la CIA et de mon cul sur la commode. Ce qui compte c’est d’agir, et plus on agit, moins les manipulations ont de prise.
Soros finira laveur de vitre, pour l’exemple, quelles que soit sa posture de faux-cul paraistaire. C’est un pur spéculateur, c’est par ça qu’il existe, et on abolira la spéculation. Il influe sur des choix politiques majeurs, et on va mettre en place le tirage au sort, il n’existera plus, il n’a ni légitimité, ni intégrité : c’est un criminel qui a volé 10 milliards de livres aux épargnants Anglais.
Bovinus, il y a les belles théories, les amalgames et les apparences, les catégories bien pratiques pour donner du sens, ans un sens ou dans l’autre...
et il y a les faits. Les faits c’est qu’étienne Chouard était en Grèce avec les indignés, et que les indignés Grecs ont proposé au Parlement Européen et eu Parlement Grec de mettre en place un système de démocratie directe, basé sur le tirage au sort. Bien entendu, il ne sera pas adopté, mais l’idée du tirage au sort a été adoptée par le mouvement immédiatement et elle n’est pas prête de se dissiper, bien au contraire, elle va raisonner/résonner avec les autres mouvements indignés, avec une vitesse proportionnelle à la violence de la rigueur et la vitesse de sa mise en place.
Les indignés sont peut-être des bisounours du militantisme. Mais en réalité, il s’agit peut-être de Gremlins, qui avec un peu de lumière deviennent méchants et virulents, très très corrosifs, et le tout dans la bonne humeur.
L’indignation est une première phase de la révolte. S’indigner, c’est prendre conscience que la situation est indigne, indigne de la démocratie, indigne des valeurs qui sont les nôtres. Parce que l’ambiance, c’est de se dire depuis des années « certes, c’est pas jojo, mais c’est comme ça et c’est mieux que rien ». L’indignation c’est cesser d’être résigné et affirmer son refus.
En 68, vous auriez dit quoi ? il ne se passe rien, les manifestants ne sont pas ceux qui souffrent ? Et ce serait n’importe quoi, puisque, quel que soit le jugement qu’on y porte, il s’est passé quelque chose en 68, quelque chose d’énorme, et « ceux qui souffrent » ont fait une grève générale.
Je ne dis pas qu’on est en 68, ou que ce qui se passe est de nature comparable, je ne fais que démonter ton argument qui n’en est pas un. Qui n’en est pas un pour une raison encore plus triviale, c’est que les indignés souffrent mon gars ! Qu’est-ce que c’est que cette hallucination ? Tu les as entendu, les jeunes avec 5 ans, 6, 8 ans d’études et 400 euros par mois en CDD en Espagne ? tu crois que c’est pas de la souffrance ça ? Tu veux quoi ? des lépreux habillés en haillons ? ça manque de gore et de misérabilisme chez les indignés ? c’est ça ?
Une jeunesse qui n’a pas d’avenir et qui a conscience que rien ne justifie cela, que ça n’a pas de sens. Les ouvriers étouffés par leur quotidien hardcore, entre boulot de merde, pas boulot, paye ridicule, charges, enfants à gérer... tu crois qu’ils n’ont pas besoin de relais, de jeunes qui ont encore de la marge et de l’énergie pour sortir, pour proposer, pour se réunir ? Tu attends quoi ? les syndicats ? t’as déjà vu les ouvriers ces temps-ci se mobiliser sans les syndicats ?
Et bien les syndicats ne suffisent pas, il est temps que d’autres formes de mobilisation viennent compléter celle des syndicats, qui restent des mobilisations internes au système, codées et liées selon des protocoles déterminés.
Or on a besoin d’indéterminé, de neuf, d’une construction originale et plastique, d’un nouveau front de lutte et de proposition pour taper sur le système.
Ce mouvement est en construction, lente. Ses membres ont en général peu ou pas d’expérience militante : cette expérience s’acquerra petit à petit, et en sera d’autant plus adaptée qu’elle ne sera pas conditionnée par des schémas surannés. Il a tout son temps ce mouvement, car il correspond à une réalité qui n’a pas fini de sévir. Il a tout son temps car les gens qui entreront dans son sillon n’en sortiront pas, et leur mobilisation sera d’autant plus forte que des camarades de lutte y entreront, le nombre est son ciment et le réseau son déploiement.
Petit à petit, par touches-créations successives, ce mouvement en synergie avec d’autres, va saper l’ordre établi, qui de toutes les façons s’auto-détruit tous les jours.
Les indignés sont plus constructifs que des révoltés, ils ont déjà compris le principe de la démocratie directe, qu’il n’y avait que cette voie de raisonnable, celle que les indignés grecs ont proposée aux parlements européen et grec.
Les idées-force se mettent en place, les grands axes de rupture se dessinent. Ce processus est viral, il achèvera le système comme les micro-organismes achèvent et dévorent le grand corps malade.
Marc, savez-vous que les abeilles ont un taux de mortalité plus fort à la campagne qu’à la ville ?
Par conséquent vos préjugés sur le bio des villes ne tiennent pas. Les végétaux des villes sont certainement agressés par les pollutions des voitures entre autres, mais surtout.
La conclusion n’est pas forcément l’absurdité du bio des villes, mais peut-être l’absurdité de la voiture à pétrole, ce vieux machin qui pue et pulule.
Jardin bio en ville, déchets revalorisés : méthane+compost, production et consommation en cycle, moins de travail, moins de pollution, bouffe moins chère, vie meilleure...
Mais pourquoi faire simple ? continuons à rouler dans les embouteillages, à soigner nos asthmes découlant de la pollution, à pomper du pétrole pour rouler et fabriquer des emballages...
Mais le plus dramatique dans tout cela c’est encore qu’on gâche une ressource (le pétrole) avec laquelle on peut faire des choses fabuleuses, on la gâche en la brûlant pour rouler.