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yvesduc

Informaticien, 43 ans.

Tableau de bord

  • Premier article le 14/02/2007
  • Modérateur depuis le 19/01/2009
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Derniers commentaires



  • yvesduc 30 avril 2007 22:06

    À l’auteur :

    Votre complément de 12H44 évoque le problème de l’accusation sans preuve. Vous allez jusqu’à dire :

    « on ne peut pas admettre que des accusations de pressions soient mises en avant sans en apporter la preuve. [... Les] « certitudes » [de François Bayrou...] ne sont pas suffisantes »

    Votre prudence vous honore et dans un monde parfait, vous auriez raison. Pour ma part, et en l’absence de preuves, je vous répondrai par le concept de « meilleure hypothèse ». Oublions la possibilité que l’UMP ait pu exercer des pressions et tâchons de trouver une explication naturelle aux événements. Ces événements, rappelons-les brièvement : 1. l’acceptation du débat par Canal+ ; 2. le revirement de Canal+ (l’annulation) ; 3. le débat, malgré tout, organisé en toute hâte dans la nuit de vendredi à samedi et diffusé sur une télé et une radio - je schématise ; qu’elles me pardonnent - de seconde zone. Pourquoi Canal+ a-t-il reculé au dernier moment, étant entendu que trouver une heure de temps de parole de Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle, entre les deux tours ne doit pas poser de problème insurmontable ? L’annulation est-elle due à un désaccord entre l’état-major du PS et de l’UDF, pardon, du PDF, sur les modalités du débat ? Y a-t-il eu des « caprices » de l’un ou l’autre camp, caprices qui auraient conduit Canal+ à abandonner ? Y a-t-il des témoignages ou des déclarations en ce sens ? Y a-t-il eu, autre hypothèse, une mauvaise organisation ou un problème d’intendance chez Canal+, au PS ou au PDF ? Cette dernière hypothèse est la moins solide puisque BFM TV et RMC Info ont ensuite été capables de monter le débat en une seule nuit, dans une totale improvisation. De façon générale, je n’ai rien lu ou entendu qui aille dans une autre direction que celle de pressions exercées par Nicolas Sarkozy ou par l’UMP, et votre article et le dossier déjà chargé des rapports de Nicolas Sarkozy aux médias (Joseph Macé-Scaron, France 3, etc.) renforcent cette hypothèse. C’est pourquoi je la considère, jusqu’à plus ample informé, comme la meilleure hypothèse, celle confortée par le plus grand nombre d’indices. Dans un monde idéal, il faudrait enquêter sur cette affaire car la menace d’une berlusconisation médiatique de la France n’est pas la moindre des menaces. Cela sera-t-il fait ? Un journaliste aura-t-il le temps pour ?

    Élargissons la question aux accusations sans preuves en général. Finalement, quelle conclusion tirer de tout cela ? J’ai tendance à penser que l’accusation sans preuve est le corollaire inévitable de la faiblesse des contre-pouvoirs. Lorsque les forces de pouvoir et d’argent sont trop puissantes et que les forces journalistiques, universitaires et citoyennes sont trop peu nombreuses pour exercer leur droit de regard partout où il le faudrait, ou bien lorsque les forces de pouvoir et d’argent parviennent à échapper in extremis à de justes châtiments grâce à des tours de passe-passe juridiques, alors oui, il faut s’attendre à ce que les doutes et les suspicions se propagent au sein d’une opinion publique qui n’est pas dupe. Les rumeurs sont le signe d’une société affaiblie. La rumeur répond comme une sanction à un pouvoir pour qui les mots de moralité, d’intégrité et d’intérêt commun perdent chaque jour un peu plus de leur sens, et cela dans une indifférence croissante. (Attention, ceci n’est pas une référence à nos échanges antérieurs sur un autre sujet où au contraire, les preuves matérielles irréfutables sont légion (l’inverse d’ici).)



  • yvesduc 27 avril 2007 20:44

    Anne, vous ne pouvez pas à la fois en appeler à l’éducation et à la culture et vous en tenir à la seule lecture au premier degré de la déclaration de Nicolas Sarkozy. À quoi bon l’éducation et la culture si c’est pour vous restreindre par discipline à une lecture naïve (enfantine ?) des discours politiques ? Franchement, le plus simple est de convenir que Sarkozy a, non pas fait une erreur, mais adopté une position peu répandue en France et plus répandue outre-Atlantique.

    Plus généralement et concernant la personne de Sarkozy, je recommande « Sarko mot à mot », un documentaire inédit du réalisateur Claude Thérey qui décrypte le discours de Nicolas Sarkozy et qui curieusement, ne circule que sur internet !

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=TH%E920070407&articleId=5300



  • yvesduc 26 avril 2007 21:00

    À l’auteur de 12H43 :

    « Et je cite, il dit « c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie ». J’interprète cela comme « je souhaite que nous sachions la guérir » »

    Une autre interprétation possible est plus modestement : « j’eusse aimé que nous sachions la guérir » ! Sous-entendu : « pas de bol... »

    Sur le suicide : le problème, c’est de dire que la tendance suicidaire est génétique sans dire que l’environnement peut inverser la tendance. Cela revient à autoriser à penser que l’environnement est impuissant. C’est dans les non-dits que Sarkozy est le plus inquiétant. Alors, que pense réellement Sarkozy ? Un extrait de son Pacte Républicain nous fournit quasiment la réponse :

    « Aujourd’hui [l’homme est] seul ou presque dans un monde de stress, d’incertitude, confronté à la peur de perdre son emploi, à la dégradation de ses conditions de travail, à la pression de la concurrence, à l’exigence de compétitivité, de performance. Les grandes maladies du siècle s’appellent aussi le mal de vivre, le malaise existentiel de la jeunesse, le suicide. On n’en parle jamais. On en a honte. Je veux parler de cela aussi. À côté de la misère, de la pauvreté, je veux parler de la maladie, de la dépression, de ce qui atteint la personne au plus profond de son être, du regard que la société porte sur ces fléaux, sur cette souffrance qui n’est pas matérielle mais qui est humaine, qui est physique, qui est morale. La vie est devenue si lourde pour certains de nos compatriotes. Je veux engager puissamment la recherche médicale Française vers le soulagement de ce mal dont on parle si peu mais qui est si présent pour les jeunes comme les moins jeunes et qui n’est rien d’autre que le mal de vivre. » (italique ajouté)

    Je cite un militant socialiste pour l’explication de texte : « On était prêt à applaudir l’artiste pour le beau diagnostic mais l’ordonnance fout les ch’tons : il compte remédier au mal-être social non pas par les causes économiques mais par la recherche médicale pour soigner les victimes. S’il n’est pas pour légaliser le canabis, alors c’est bien une médicalisation de la société en lieu et place de sa socialisation. » ( http://sauce.over-blog.org/article-10007482.html ) Vous n’aimez pas la mondialisation, vous en souffrez, vous en êtes l’une des victimes ? Vous êtes malade ! Un médecin va s’occuper de vous...



  • yvesduc 25 avril 2007 20:32

    « Écartons d’emblée la polémique - stérile à mon sens - au sujet des possibilités de piratage et de fraude des machines »

    Oui, écartons la polémique puisqu’il est acquis que la fraude électronique se pratique couramment dans la plus grande démocratie du monde, les États-Unis. En 2004, vote cité en exemple à l’époque pour son exemplarité par des journalistes euphoriques - je les entends encore -, Bush bénéficia d’une « erreur massive des sondages de sortie des urnes », lesquels donnaient Kerry vainqueur. Puis eut lieu, peu avant 23 heures, une panne sur l’ordinateur central d’Edison et Mitofsky après laquelle les chiffres donnèrent la victoire à Bush. Notez bien que l’erreur était toujours dans le même sens - en faveur de Bush. En 2004, toutes les façons possibles de truquer une élection, électroniques ou pas, furent utilisées et les 3 à 5% de décalage dûs aux « erreurs » des sondages de sortie des urnes permirent à Bush de l’emporter. Durant l’après-midi, devant l’afflux des sondages défavorables à Bush, les stratèges du QG d’Arlington (Bush) tentaient de rassurer les journalistes en leur disant que les sondages de sortie des urnes s’étaient trompés en 2000 (!) et que les résultats de Bush étaient meilleurs que cela... (source : Webster G. Tarpley)

    Lire aussi : « Piratage électoral aux USA : les preuves s’accumulent », par Thom Hartmann ( http://questionscritiques.free.fr/edito/us061104.htm )

    Et en anglais, un site dédié au scandale des machines à voter : http://www.votergateproject.com/

    Conclusion : dans les mauvaises dictatures, le président-dictateur est élu avec 98% des voix. Dans les dictatures modernes, il est élu à 51% contre 49 au lieu de 49% contre 51 !

    « De la journée d’hier, je garderai longtemps en mémoire les images suivantes : (...) »

    Toutes ces situations, excepté la proposition de dépouillement, sont reproductibles avec les ordinateurs de vote !



  • yvesduc 23 avril 2007 21:38

    Magnifique article - et très belle plume. Le monde d’aujourd’hui est la proie du cynisme et de l’appétit insatiable de quelques-uns...

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