"Or la TVA, l’IS, la TVTS, la
C3S la CSG, etc... j’en passe et de meilleurs c’est de la richesse qui
bien entendu ne se trouve pas dans ce que « l’on gagne », puisque cet
argent est prélevé à la source, les entreprises jouant, à titre
gracieux, le role du percepteur.«
Vous mélangez tout : impôts ou taxes sur la consommation, le bénéfice des entreprises, les véhicules de tourisme des sociétés ... prélevés à différents niveaux de la société, qu’il y ait production de richesses ou pas. Et ce n’est pas parce que c’est prélevé à la source que ce n’est pas de l’argent qu’on gagne. Vous confondez revenus et encaissements.
»Or pourtant cette richesse a bien été produite. Elle ne sera jamais distribuée.«
Pour ne pas distribuer une richesse produite, il faut la stocker (pour décider plus tard de ce qu’on en fait), ou la détruire.
»Les taux de prélèvements obligatoires sont de l’ordre de 44% du PIB. Ces prélèvements n’intègrent pas la taxe audiovisuelle, la taxe ordure ménagère, les droits de timbre, etc... Donc oui l’Etat capte bien la moitié de la richesse produite. «
Je vous suggère de vous renseigner avant de parler sous le coup de l’émotion. Par exemple :
Vous apprendrez que la sécurité sociale et les collectivités territoriales bénéficient des prélèvements obligatoires, pas seulement l’Etat. En réfléchissant un peu, vous auriez pu comprendre que la taxe sur les ordures ménagères ou l’audiovisuel ont une contrepartie, à savoir un service rendu. On les appelle taxes, mais elles sont la rémunération d’un service rendu. Comme l’électricité, l’eau, le gaz, le téléphone, le ramassage scolaire, la voirie, la police municipale, les pompiers, le bal du 14 juillet ... Donc non, l’Etat ne capte pas la moité de la richesse produite. Les recettes fiscales de l’Etat (TVA, TIPP, IR, IS, ISF, droits de sucession ...) représentent aujourd’hui moins de 15% du PIB (contre 19.5% en 2001, après avoir été au dessus de 20% pendant des décennies). Et il y a aussi une contrepartie.
»D’ailleurs
votre remarque est assez drole... "nul ne paie 50% de ce qu’il
gagne"... vous insinuez donc que le bouclier fiscal à 50% de notre
président n’a rien couté au budget de l’Etat puisqu’il ne concernait
personne. Interessant..."
Si, il a coûté. Mais pour payer 50% de ce qu’on gagne, il faut se lever de bonne heure. Notamment quand on touche des dividendes, qui bénéficient d’un abattement de 40%, pour éviter la double imposition, alors que la société qui verse les dividendes n’a pas payé d’IS (au hasard, Total). Si je ne m’abuse, le taux maximum de l’IR est 40%. Donc quand on paye 40% de 60% des revenus, ça fait 24%. Si on empile quelques niches fiscales, ça peut faire ... 0%. Ce qui permettait à certains, qui gagnent plus de 100.000€ par an (ce qui doit les placer dans les 1% des plus hauts revenus, voire 0,1%), de ne payer aucun impôt sur le revenu, et en prime, de se faire rembourser la taxe foncière, la taxe d’habitation, la CSG, la CRDS et l’ISF. Normal, quand on gagne 0 on doit payer 0. Mais entre revenu réel et revenu fiscal, il y a une différence. Et plus on gagne, plus cette différence est importante. Pour revenir sur votre remarque, oui, ça a coûté à l’Etat, pour faire baisser le niveau d’imposition des plus gros contribuables, qui sont loin de payer 50%. Si vous avez un peu suivi l’affaire Bettencourt, vous avez dû lire dans la presse qu’elle est imposée au niveau des classes moyennes. C’est faux. Toute personne imposable, à cause de la CSG, paye plus qu’elle.
Petite erreur au sujet des agences de notation et des taux d’intérêts : "En augmentant les taux d’interêts d’emprunts pour les Etats en
difficultés, elle les incitent à moins emprunter, ceci permettant à
terme de limiter les risques de défaut de paiement et de ne pas
permettre aux Etats d’emprunter pour rembourser leurs dettes.«
En fait, les états sont obligés d’emprunter pour rembourser leurs dettes. Ou plus exactement pour les prolonger. Les obligations ne fonctionnent pas comme un crédit »standard" : on ne rembourse pas un petit peu chaque mois, mais la totalité le jour de l’échéance. Si on a emprunté à 10 ans, aujourd’hui on rembourse les emprunts faits en 2001. Le seul moyen de rembourser petit à petit, c’est de racheter des obligations sur le marché avant leur échéance. Donc quand un emprunt arrive à échéance, et que le budget de l’Etat est déficitaire, il faut réemprunter pour payer l’échéance. Cela n’augmente pas la dette, ça la prolonge dans le temps. Par contre, l’augmentation des taux d’intérêts fait augmenter la dette. Parce que si pour rembourser un emprunt à 3% on doit réemprunter à 6%, la même dette va coûter plus cher à chaque renouvellement, augmenter le déficit, donc creuser la dette ...
« Interdire la spéculation serait une bonne chose bien que difficile à mettre en oeuvre. »
C’est une question de volonté. Techniquement, c’est très simple : il faut taxer les transactions financières de façon inversement proportionnelle à la durée de conservation d’actifs (plus on garde longtemps, moins on est taxé). Par exemple :
Si on garde des actifs pendant une durée inférieure ou égale à X, on est taxé comme suit :
X = 3 mois : 0,01% (soit 1 pour 10.000), X = 2 mois : 0,02%, X = 1 mois : 0,05% X = 3 semaines : 0,1 %, X = 2 semaines : 0,25%, X = 1 semaine : 0,5% X = 3 jours : 1%, X = 2 jours : 2,5%, X = 1 jour : 5% ou alors 5jours : 1%, 4j : 2%, 3j : 3%, 2j : 4%, 1j : 5% Au delà de 3 mois on ne taxe plus. Et pour faire plus de 5% sur des transactions faites au 100e de seconde par des ordinateurs ...
Pour que ça fonctionne, il faut régler le problème des paradis fiscaux, mais là encore c’est une question de volonté ...
2) Le système capitaliste existe depuis qu’on a inventé la monnaie. A l’époque du troc, il était très difficile d’accumuler, notamment des denrées périssables. Accumuler 1 siècle de consommation de blé n’avait pas de sens. Idem pour des objets stockables, comme des armes, des outils, de la poterie, des meubles ... Il faut de la place, et bonjour le déménagement !
3) Ce système peut bien fonctionner si il est bien régulé. Mais sans règles, rien n’empêche les plus gros et puissants de prélever la plus grosse part, et de laisser les autres crever de faim. Et le niveau de vie n’est pas le seul critère pour évaluer le bien-être.
Pendant ce temps-là, Moody’s a relégué mardi l’Irlande dans la catégorie des investissements « spéculatifs », en baissant sa note d’un cran.
L’agence a justifié sa décision par "la probabilité croissante qu’à
l’issue du programme soutien actuel de l’UE et du FMI fin 2013,
l’Irlande ait besoin de nouveaux tours de financements officiels avant
de pouvoir revenir sur le marché privé".
Et voila. Une agence de notation dégrade parce qu’elle pense que dans deux ans il pourrait y avoir un risque. L’économie mondiale est dans l’incertitude la plus totale, navigue à vue, et pourrait s’effondrer dès cet été, mais Moody’s ne le voit pas. Par contre, Moody’s voit un risque dans deux ans, et dégrade, logiquement ...