Ne
soyez pas trop naïf. Ce serait bien si les dirigeants internationaux
révélaient si facilement les méfaits de leurs semblables, mais la
réalité est que les relations internationales se font sous un mode
mafieux. Il est très rare qu’un pays mette au jour les turpitudes
secrètes même de ses ennemis, ne serait-ce que parce que lui-même
en a à cacher, il faut vraiment que quelque chose d’essentiel
soit en jeu. De plus, dans le cas présent, Poutine tenait à ne pas
traiter les occidentaux et golfiens comme des ennemis, dans l’espoir
qu’ils suivraient les règles et reviendraient dans le droit chemin,
en leur offrant même des moyens de ne pas perdre la face. Une
posture un peu naïve, parce qu’en l’instance les différents
agresseurs de la Syrie avaient décidé de rompre les règles en se
comportant non plus comme de vrais gangsters, mais bien comme de
vulgaires voyoux, et étaient décidés à violer toutes les lois de
la diplomatie et même des relations internationales secrètes.
En
l’ocurrence, il aurait été bien mieux que les agents
occcidento-turquo-israélo-golfiens soient gardés en prison et
jugés, en attendant leur exécution pour terrorisme, sabotage, crime
contre l’humanité etc... et que cela serve d’exemple pour ceux qui
auraient été tentés de les imiter. La mansuétude envers leurs
mentors n’a débouché sur rien d’autre que ceux-ci se croyant
intouchables et autorisés à continuer comme avant... Ce n’est que
les quelque fois que les russes ont tapé du poing sur la table que
des résultats ont été obtenus.
@Olivier Perriet une guerre civile qui, jusqu’à présent, n’a pas entraîné d’invasion militaire massive extérieure (Syrie).
Quand
même si, car d’une part : ce n’est pas une vraie guerre civile, mais
une agression télécommandée de l’extérieur, déguisée en guerre
civile ; et d’autre part, d’abord les combattants apportés de
l’étranger sous le contrôle de puissances ennemies (France,
Grande-Bretagne, USA, Turquie, Qatar, Israël etc...) sont très
nombreux et essentiels pour maintenir le conflit, et ensuite les
rebelles internes, en général peu efficaces, sont néanmoins eux
aussi armés par ces puissances hostiles.
Il
existe donc bien une agression étrangère généralisée contre la
Syrie, la seule différence avec l’Irak étant la méthode (qui a cependant été reprise contre lui en 2014, le précédent étant bien
sûr la Libye). Obama, Sarkozy, Cameron et les néo-conservateurs de
tous les pays se sont rendus compte qu’il était beaucoup moins cher
et efficace de téléguider des guerres internes, mélangeant guerre
civile et envoi de mercenaires et djihadistes, sur le modèle de
l’agression contre le Nicaragua dans les années 80. Au final, le
résultat en matière de destruction du paus visé qui ne veut pas se
rendre est presque aussi efficace.
@jaja Si c’est le régime syrien que vous qualifiez « de gauche » c’est tout simplement risible ou à pleurer c’est selon...
Je
ne suis pas là pour défendre le socialisme, mais qu’est le « régime »
syrien à vos yeux ? De droite ? Capitaliste ou ultra-libéral ? En
toute objectivité, il ne l’était certainement pas. La
« libéralisation économique » dont l’ont accusé certains
commentateurs de gauche était vraiment très timorée, et bien
insuffisante aux yeux de ceux qui ont décidé de lancer l’agression
contre la Syrie. Le lien que vous donnez (nettement plus objectif que
la moyenne, mais demeurant sous l’influence de la doxa officielle)
mentionne que la contestation syrienne avait pris parmi les masses
appauvries par les « réformes libérales » d’Assad, il est
vrai que c’est parmi les classes les plus pauvres que les rebelles
ont pu recruter leurs suppôts locaux, mais l’augmentation de la
pauvreté est au moins autant due à la faiblesse de l’économie
socialiste syrienne, et à un cocktail composé de l’isolement de la
Syrie, des sanctions états-uniennes, de l’effet dévastateur de la
déstabilisation induite par l’agression des USA en Irak, et de
mauvaises récoltes liée à de mauvaises conditions météorologiques.
Un
article de Stephen Gowan avait mis les choses au point, au sujet de
l’adhésion supposée de la Syrie de Assad dans les années précédent
2011 au « capitalisme sauvage », montrant que celle-ci
demeurait pour l’essentiel une économie socialiste administrée et
que els réformes demeurées timides :
C’est
certain, les services secrets français se sont tirés là une belle
balle dans le pied en utilisant comme « preuve » de
l’implication syrienne une grenade utilisée dans des attaques
commises en 2013 par des rebelles. Ils font comme s’il n’était pas
désormais largement connu que les rebelles étaient les coupables.
Et dans le reste de leur texte, ils se ridiculisent un peu plus en
affirmant que les terroristes syriens n’ont à leur connaissance
jamais possédé ni utilisé de sarin ! Eh bien si : en août 2013 !
Tout
le reste du texte est à l’avenant : aucune source, aucune indication
sur la manière dont ils se seraient procurés les échantillons, en
bref, c’est d’une nullité totale, comme leurs précédents
« rapports ». Du travail de faussaire.
Les
rapports de la CIA sont eux aussi imprégnés de fabrications
grossières :
Le
rapport de la CIA sur l’incident de Khan Shaykhun est grossièrement
faux
Réseau
Voltaire | 15 avril 2017
Dans
un rapport diffusé le 13 avril 2017, le professeur Theodore Postol,
expert du Massachusetts Institute of Technology (MIT), observe que le
rapport des agences de Renseignement diffusé par la Maison-Blanche
comporte de grossières erreurs.
Par
exemple :
Selon
la CIA, l’incident chimique de Khan Shaykhun serait une dispersion
de gaz sarin. Or, les photographies diffusées par la source unique
de la CIA, les Casques blancs, montrent des personnes relevant des
dépôts dans un cratère créé par une bombe syrienne. Mais la
contamination au gaz sarin ne s’effectue pas par voie respiratoire.
Ce gaz traverse la peau. Il met plusieurs semaines à se dégrader au
contact de l’air et de la lumière. Si la photo est authentique
comme le prétend la CIA, il ne peut s’agir de gaz sarin, car les
personnes prélevant les échantillons et les badauds les regardant
seraient immédiatement gravement contaminés.
*
*
Khan
Shaykhun est une localité située dans le gouvernorat d’Idlib,
occupé par divers groupes jihadistes et administré de facto par
l’Otan. L’unique source sur l’incident chimique du 4 avril 2017
est Les Casques blancs, une organisation composée de membres
d’Al-Qaïda et encadrée par des officiers du MI6 britannique, sous
le commandement de James Le Mesurier.
Le
21 août 2013, un incident chimique avait provoqué entre 322 et 1
729 morts dans la ghouta de Damas. À l’époque, les Occidentaux en
avaient tenu pour responsable la République arabe syrienne.
Cependant, quatre mois plus tard, un député turc du CHP, Eren
Erdem, rendait publics des documents attestant que le gaz utilisé
provenait de Turquie et avait été acheminé à Damas sous le
commandement d’Ilhami Bali (actuel leader de Daesh en Turquie),
avec la complicité d’autorité turques. Accusé de haute trahison
par le Premier ministre de l’époque, Recep Tayyip Erdoğan, pour
avoir révélé ces documents (et non parce qu’il aurait falsifié
les faits), Eren Erdem vit son immunité parlementaire levée. Il fut
arrêté et condamné à 350 jours de prison.
J’ajouterai
un point crucial qui a été très largement mis en évidence sur le
site Agoravox, que de nombreux témoignages ont été relayés
faisant état de la dispersion de gaz par avion. Or le sarin et le
tabun sont très volatiles, et ne peuvent absolument pas être
aspergés à partir d’un aéronef (mais bon, les documents
scientifiques qui le montrent sont probablement des faux répandus
par les russes et les syriens !).
Très
étrangement, les USA font de l’obstruction au sujet de l’enquête
sur le drame de Khan Cheikhoun. Enfin, l’emploi du terme étrangement
se justifie uniquement pour ceux qui continuent de croire à leur
version :
Lavrov
: l’OIAC refuse d’enquêter sur l’attaque chimique dans le but de
« renverser el-Assad »
21
avr. 2017, 13:45
Moscou
a fustigé la décision de l’OIAC de ne pas envoyer d’experts à
Khan Cheikhoun pour y enquêter sur l’attaque chimique présumée. Ce
refus pourrait « discréditer » l’organisation à cause du manque des
preuves de la culpabilité de Damas.
« Je
considère que c’est une situation très sérieuse, parce qu’il est
désormais évident que l’information mensongère selon laquelle
l’arme chimique aurait été employée par le gouvernement syrien est
utilisée pour contourner la résolution 2254 qui prévoit un
règlement politique du conflit avec la participation de toutes les
parties syriennes pour se rabattre sur l’idée d’un changement de
régime, si longtemps prônée », a déclaré le ministre des
Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov.
Il
intervenait après le blocage par les pays occidentaux de la
proposition de Moscou d’envoyer des experts de l’Organisation pour
l’interdiction des armes chimiques (OIAC) dans la province d’Idlib
pour y enquêter sur la soi-disant « attaque chimique » perpétrée
par Damas.
« Nos
homologues occidentaux ont ainsi montré la fragilité de leur
position », a estimé le chef de la diplomatie russe. Il a notamment
rappelé que les demandes de la Russie de révéler les sources que
la France et l’Angleterre avaient utilisées pour tirer leurs
conclusions de l’utilisation du gaz sarin à Khan Cheikhoun restaient
sans réponse. Moscou leur a aussi demandé d’expliquer quand ils
avaient reçu ces échantillons. « Nous sommes proches d’une
situation dans laquelle cette organisation [l’OIAC] pourrait se
discréditer », a conclu Sergueï Lavrov.
Plutôt,
Jean-Marc Ayrault avait assuré que les services de renseignement
français diffuseraient dans quelques jours la « preuve » démontrant
que l’armée syrienne était à l’origine de l’attaque chimique
présumée de Khan Cheikoun.
Un
porte-parole du ministère de la Défense britannique avait aussi
déclaré sur CNN que des analyses portant sur des échantillons de
cheveux et de sang des victimes avaient été menées dans des
laboratoires britanniques. Les résultats révèlent la présence de
« sarin ou [d’]une substance proche du sarin ».
cidentaux
Le
20 avril, la Russie et l’Iran ont soumis au vote de l’OIAC de
nouvelles propositions concernant l’attaque chimique présumée
perpétrée le 4 avril dans la ville syrienne de Khan Cheikhoun.
Moscou et Téhéran ont demandé aux enquêteurs de se rendre non
seulement à Khan Cheikhoun, pour vérifier l’utilisation présumée
d’armes chimiques, mais aussi de visiter la base aérienne
d’Al-Chaayrate d’où, selon Washington, auraient décollé des avions
syriens chargés de bombes chimiques. Pourtant, 21 pays occidentaux,
notamment la France et l’Angleterre, se sont exprimés contre cette
proposition.
Le
président syrien a également écrit une lettre à l’ONU avec une
demande d’envoyer une délégation d’experts à Khan Cheikhoun.
« Personne
n’a été envoyé parce que les pays occidentaux et les Etats-Unis
s’y opposent. Car s’ils viennent, ils verront que toute leur
rhétorique sur ce qu’il s’est passé à Khan Cheikhoun, et ensuite
à la base aérienne d’Al-Chaayrate, n’est basée que sur des
mensonges », a-t-il précisé.
La
communauté internationale accuse Damas d’avoir utilisé des armes
chimiques pour frapper le village de Khan Cheikhoun, tuant 72
personnes, sans présenter de preuves. D’après Moscou et Damas, la
contamination chimique aurait eu lieu à la suite d’un bombardement
par l’aviation syrienne d’un dépôt d’armes contenant des gaz de
combat appartenant aux djihadistes qui contrôlent la zone.
En
fait, il paraît cette fois que l’OIAC a définitivement perdu toute
crédibilité, pour le peu qui lui restait après la gestion
malhonnête des attaques au chlore depuis fin 2014, qu’elle avait
essayé d’attribuer aux syriens malgré son invraisemblance et
quantité d’éléments contraires à sa thèse :
Khan
Cheikhoun : Moscou veut envoyer des inspecteurs en Syrie, Washington
réticent
22
avr. 2017, 08:11
Le
chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est entretenu le 21
avril avec son homologue américain Rex Tillerson, regrettant
l’opposition de Washington à la proposition russo-iranienne
d’enquêter sur l’attaque chimique présumée en Syrie.
« Une
conversation téléphonique entre le ministre russe des Affaires
étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d’Etat américain Rex
Tillerson a eu lieu à l’initiative des Etats-Unis », a indiqué la
diplomatie russe dans un communiqué.
Lors
de cet entretien, Sergueï Lavrov a notamment « exprimé ses regrets
face à l’opposition des Etats-Unis au sein de l’Organisation
internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à
l’initiative [...] d’envoyer en Syrie des inspecteurs pour vérifier
les informations sur le recours au gaz sarin à Khan Cheikhoun »,
précise le communiqué.
Sergueï
Lavrov et Rex Tillerson « se sont mis d’accord pour [...] examiner de
nouveau une possibilité d’ouvrir une enquête objective sur cet
incident sous l’égide de l’OIAC », selon la même source. Ils ont
également convenu de lancer « le plus vite possible un groupe de
travail [...] chargé de chercher des solutions pour lever les points
de friction des relations bilatérales », au plus bas depuis la fin
de la guerre froide en raison notamment de la crise ukrainienne et du
conflit en Syrie, ajoute le communiqué.
Le
département d’Etat a publié un communiqué en début de soirée du
21 avril, précisant que les deux hommes avaient évoqué « la
poursuite [de discussions] sur des problèmes bilatéraux » et des
sujets « incluant l’enquête de l’OIAC sur l’utilisation par la Syrie
d’armes chimiques le 4 avril ». Rex Tillerson a d’après le
communiqué réitéré son soutien au mécanisme d’enquête existant
de l’OIAC, sans fournir d’autres précisions.
L’Organisation
internationale pour l’interdiction des armes chimiques a rejeté le
20 avril lors d’un vote la proposition de Moscou et de Téhéran de
mettre en place une nouvelle équipe chargée d’enquêter sur
l’attaque chimique présumée en Syrie début avril. Le projet de
texte russo-iranien, dont l’AFP a pris connaissance, appelait à la
mise sur pied d’une investigation pour établir si des armes
chimiques avaient été utilisées à Khan Cheikhoun et comment elles
avaient été livrées sur le site de l’incident présumé.
Moscou
et Téhéran demandaient également aux enquêteurs de se rendre sur
la base aérienne d’Al-Chaayrate, frappée par les Etats-Unis dans la
foulée du drame, pour « vérifier les allégations concernant le
stockage d’armes chimiques [à cet endroit] ».