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Analis

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  • Analis 19 avril 2017 15:48

     Il est vrai qu’il est normal d’avoir été confus au niveau des analyses, car dans les jours qui ont précédé, cela a été un véritable capharnaüm :

    http://www.voltairenet.org/article195943.html

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    Les 6 positions de l’administration Trump sur la Syrie

    Réseau Voltaire | 11 avril 2017

    En deux semaines, l’administration Trump a défendu six positions différentes sur la Syrie :

    - Jusqu’au 30 mars 2017
    Elle considérait que le président Bachar el-Assad avait été élu par ses concitoyens et était donc légitime au pouvoir. Le 30 mars 2017, son ambassadrice aux Nations unies, Nikki Haley, confirmait que la priorité des États-Unis n’était plus de renverser le président syrien.

    - Les 5 et 6 avril 2017
    Après l’attaque chimique de Khan Sheikhoun, le président Trump et son secrétaire d’État Rex Tillerson considéraient que Damas en était responsable, qu’il avait « franchi la ligne rouge » et que Bachar el-Assad devait partir. Ce faisant ils reprenaient la position des néo-conservateurs et précisément celle d’Hillary Clinton.

    - Du 6 au 10 avril 2017
    Pour le conseiller national de Sécurité, HR McMaster, et le secrétaire à la Défense, James Mattis, les États-Unis ne s’intéressent pas à savoir si le président el-Assad doit rester ou partir, mais comment empêcher l’usage d’armes chimiques en Syrie et ailleurs.

    - Le 9 avril 2017
    Lors de diverses interview de ce dimanche, Rex Tillerson revint à sa position antérieure. Pour lui, la priorité était de détruire Daesh. Le sort du président el-Assad ne sera envisagé que par la suite avec la Russie. Ce point de vue était confirmé par HR McMaster. Nikki Haley déclarait pour sa part que les États-Unis ont de multiples priorités en Syrie et que la paix ne peut pas survenir avec le président el-Assad.

    - Le 10 avril 2017
    Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, indiquait que la décision de bombarder un aéroport syrien avait été prise à la fois à cause de l’attaque chimique de Khan Sheikhoun et parce que Damas utilise des bombes artisanales. Tandis que James Mattis publiait un communiqué reliant explicitement et exclusivement le bombardement de Chayrat à l’attaque de Khan Sheikhoun.

    - Le 11 avril 2017
    À l’issue d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères du G7, Rex Tillerson affirme que la Russie doit choisir son camp : avec Washington ou avec Damas. Il n’est plus question de ce que pourrait être l’action de l’administration Trump vis-à-vis de la Syrie en cas de désaccord avec l’administration Poutine.

    Alors que la presse interprète les événements comme un revirement à 180° de la position de Donald Trump, son conseiller adjoint, Sebastian Gorka, contacte des sites internet qui avaient fait campagne pour Trump et qui hurlent à la trahison. Il les rassure : selon lui, malgré les apparences, le président n’a pas changé de position.

    “What’s Trump’s plan for Syria ? Five different policies in two weeks”, Spencer Ackerman, The Guardian, April 11, 2017.



  • Analis 19 avril 2017 15:43

    Les analyses du saker sont comme d’habitude passionantes à suivre. Suite aux derniers développements, son interprétation du geste de Trump va dans le même sens que celle de diverses sources de différentes obédiences, il a choisi de baisser pavillon devant l’État Profond.

    J’ai quand même un certain nombre de réserves. Je ne serais pas aussi catégorique sur l’impossibilité d’une éventuelle frappe retenue de Trump, afin de ne pas couper tous les ponts – plausible dans la mesure où il s’est senti contraint d’agir ainsi, le seul point sur lequel il y ait consensus. Après tout, il semble bien que russes et syriens aient été prévenus de l’attaque, et aient eu le temps d’évacuer l’essentiel des forces de la base. Ensuite, du point de vue de la légalité, absolument rien ne s’opposait à une riposte anti-aérienne qui aurait abattu directement les missiles de croisière. Si c’est bien la voie du brouillage électronique qui a été choisi, cela ne s’expliquerait que dans un but de discrétion. Enfin, si le matériel anti-aérien russe a été mis en place pour protéger plus spécifiquement leurs opérations, il y a certainement des limites à ne pas franchir.

    La question de la synchronicité entre la manipulation de l’attaque chimique et la réaction états-unienne pose certainement d’intrigantes questions ; Quand tout cela a-t’il été préparé, vu que quelques jours avant Trump avait annoncé que le maintien de Bachar El Assad n’était pas un problème ? Qu’est-ce qui a pu le faire changer si brusquement d’avis ? Ou ces annonces n’étaient-elles déjà que du pipeau ?

    Parmi les analyses qui vont dans le même sens, Thierry Meyssan dit désormais, après plusieurs jours d’hésitation, que Trump a capitulé devant les néo-cons. Il ne faut pas forcément l’accuser de lâcheté, dans la mesure où les pressions qu’il a subi étaient terribles, lui et ses associés sont sous le coup de fausses accusations d’être les récipiendaires d’une « ingérence » russe et menacés de procès et de destitution. La pression paraît d’ailleurs ne pas se relâcher de ce point de vue.

    La date de la capitulation est même donnée comme étant le 12 avril :

    http://www.voltairenet.org/article195971.html



  • Analis 19 avril 2017 11:21

    @Dom66

    J’ai beaucoup réfléchi à ce que vous écrivez, qui est surprenant à bien des égards. Vous prétendez avoir vécu à Madagascar au moment des massacres, certes vous deviez avoir 4 ans et ne pouvez guère vous en souvenir, mais dans les années suivantes vous viviez dans le même pays qui avait vu grandir les tensions qui avaient menées à l’insurrection, dans une situation qui n’avait pas changé. Il est curieux que vous n’ayez rien senti de tout cela.

    Mais peut-être cela peut-il s’expliquer, car les locaux qui partageaient l’existence des colons n’étaient pas n’importe qui, mais les notables qui collaboraient avec ces derniers et en profitaient. Les écoles que vous fréquentiez travaillaient à former des élites cadres et des administrateurs non pour le bien de Madagascar, mais pour celui de la France. Les seuls Malgaches qui en profitaient étaient en effet ceux-là, les collaborateurs, ceux qui envoyaient leurs enfants à ces classes afin de leur permettre d’apprendre comment profiter de leur pays et de son peuple, avec l’aide du colonisateur. Les mêmes, en fait qui ont continué à perpétuer ce système après la supposée décolonisation. Ce qu’on appelle le néo-colonialisme, qui est bien responsable du sous-développement maintenu, et a été prégnant en Françafrique durant très longtemps, et n’a pas encore disparu, même s’il montre des signes de fatigue.

    Et il y a pas mal de choses à préciser. Non, les pays d’Afrique ne se sont pas appauvris après la soit-disante décolonisation, et leur situation ne s’est pas dégradée, au pire elle est restée la même, tant économiquement que politiquement. Si celle-ci a stagné, suite à une colonisation qui ne les avait développés en rien, et même souvent appauvris et avait dissous leurs structures sociales, c’est bien à cause de ces élites inféodées à la France, les mêmes en fait, qui ont perpétué les structures de pillage au profit de la France, sous la supervision de cette dernière. Hélas, les autorités coloniales n’ont pas laissé les colonisés "sans outils pour comprendre comment survivre dans la modernité", bien au contraire ! Ce n’est que maintenant qu’on voit enfin se dessiner une croissance forte dans l’Afrique « ex »-française, après hélas des désastres écologiques sponsorisés par les multinationales néo-colonialistes. Maintenant que l’étau de la Françafrique se desserre un peu, alors que l’Afrique anglophone, ainsi que l’Inde, a accroché le train du développement depuis plus longtemps.



  • Analis 13 avril 2017 22:06

    Il est difficile de trancher, et je mets en garde contre toute tentation (bien humaine) de voir ce que l’on veut voir. Néanmoins, on est obligé de reconnaître que certaines choses sont étranges. Déjà, je n’arrive pas à croire que Trump, un homme qui déteste les médias, les a encore qualifié il y a peu d’ennemis du peuple, les a accusés en permanence de mentir (y compris sur la Syrie), ait décidé de bombarder la Syrie sur la foi de ce qui a tout d’une mascarade médiatique, lui qui en a vu bien d’autres. Ensuite, les éléments montrant que la base de Chayrat était quasiment vide s’accumulent. Entre le nombre étrangement faible de victimes et le fait que la base était déjà opérationnelle peu après les frappes, cela fait beaucoup pour « 59 Tomahawks ». Enfin, il faut tenir compte du fait que la stratégie suivie depuis janvier par le ministre des affaires étrangères US Tillerson, certainement avec l’aval de Trump, ressemble fort à celle qui est soupçonnée par Meyssan autour de cette attaque : dans le but de rassurer le comité du Sénat et d’obtenir son investiture, il a multiplié les déclarations dures contre la Russie, tout en œuvrant en coulisses dans le but de rapprocher subtilement les positions des USA de celles des russes.

    Mais dans les deux cas, une chose est commune : Trump apparaît avoir agi ainsi dans le but de faire taire les critiques au sujet des « ingérences russes » et de sa collusion présumée dont il aurait bénéficié pour se faire élire. Cette affaire, aussi bidonnée soit-elle, empoisonnait son début de mandat, et faisait l’affaire de tous ceux qui rêvaient de le renverser. Il est certain que désormais, ces derniers, quelque soit la mine réjouie qu’ils affichent désormais, se retrouvent bien ennuyés.

    En lisant le dernier L’Express, j’ai vu que ce souci semble leur priorité : s’ils parlaient assez peu de l’attaque chimique et de ses suites, ce qui est très surprenant de leur part, ils mettaient au contraire l’accent sur le « nouveau watergate », en reprenant toute la propagande de la CIA et autres impérialistes néo-conservateurs/démocrates. Manifestement, en la mettant au premier plan de la sorte, ils essaient de mettre le turbo afin que cette affaire ne soit pas dépassée par l’express Trump-nouvel-ennemi-de-la-Russie et de gagner du temps, en attirant au maximum l’attention sur elle afin d’éviter qu’elle soit enterrée.



  • Analis 12 avril 2017 19:47

    @jaja

    Ce que Poutou a déclaré : "Pour la première fois depuis 6 ans, l’armée du criminel de guerre El Assad a été la cible de frappes aériennes. 59 missiles américains ont détruit la base aérienne de Shayrat, d’où auraient décollé les appareils responsables de l’attaque de mardi aux armes chimiques contre les populations civiles de Khan Sheikhoun, qui a fait au moins 86 morts, dont 27 enfants.

    Pour nous qui sommes solidaires du peuple syrien insurgé, voir Trump plastronner après cette opération surprise de Trump laisse un sentiment d’écœurement. Il y a à peine une semaine, son équipe amplifiait ses positionnements précédents en indiquant qu’une entente avec Bachar Al-Assad était envisagée dans le cadre de la «  guerre contre le terrorisme », comme étaient confortés d’autres pouvoirs oppresseurs comme ceux de Poutine, Sissi ou Nethanyahou. Ces signaux ont été clairement interprétés par le régime syrien comme un encouragement à poursuivre ses turpitudes, et après Obama, Trump a donc sa part de responsabilité dans l’atroce attaque chimique et les morts de Khan Cheikhoun.

    Le boucher El Assad avec les armées iranienne et russe ont tué des centaines de milliers de Syriens, bombardant sans cesse les populations civiles et les forces de la résistance à son pouvoir sanguinaire. Ils ont pu se justifier devant une partie de l’opinion en s’appuyant sur la prétendue « lutte contre le terrorisme » et les bombardements des puissances occidentales et régionales au Moyen-Orient." On notera la reprise de tous les poncifs de la désinformation occidentale, et que Poutou s’émeut juste que Trump se serve de ces frappes pour redorer son image.

    Donc, Layly Victor aurait tort de dire que "ce matin, chez Bourdin, le camarade Poutou a déclaré que Donald Trump a très bien fait de bombarder la Syrie, et que même on aurait du le faire il y a longtemps" ? Ce serait un mensonge de sa part ? Que nenni ! Et cette conclusion m’a sauté aux yeux en lisant votre propre citation. Vous êtes très bon pour marquer contre votre camp, mais très mauvais quand il s’agit d’analyser les prises de position de votre propre parti. De toute façon, le NPA est l’idiot utile des oligarques, gobant toutes leurs manipulations, et se vautrant dans la fange intellectuelle de l’anticomplotisme, outil fabriqué par les élites afin de perpétuer leur domination. Poutou n’est que ça : un clown, toléré par ces dominants afin de jouer à l’amuseur, de donner une illusion de contestation, et de noyauter et diviser la véritable contestation, notamment à gauche.

    Le NPA est excellent en fait dans le jésuitisme, prétendant soutenir toutes sortes de bonnes causes, comme la palestinienne, mais ne faisant rien de concret en sa faveur, et pire s’ingéniant à aider à détruire tout ce qui pourrait aider à soutenir ces causes. Où en sont désormais les palestiniens, depuis que la Syrie est à feu et à sang ? En plus, le NPA aura contribué à détruire un régime lui vraiment socialiste et de gauche, où jusqu’à récemment seuls les vrais socialistes étaient admis à se présenter, tout ça au nom de l’aide à une « résistance » non confessionnelle quasiment inexistante, mais qu’il fallait soutenir au nom de principes éthérés et fantasmatiques (ce qui revient bien à soutenir une intervention, en contradiction avec les principes de non-intervention armée dont le NPA se réclame).

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