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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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  • Antenor Antenor 3 septembre 2009 18:12

    Le fait d’avoir des bâtiments en pierre très couteux sur les sites importants n’empêche bien sûr pas que sur les sites secondaires on ait continué à édifier des édifices en bois.



  • Antenor Antenor 3 septembre 2009 18:07

    @ Tarouilan

    Dans tous les livres consacrés au sujet, on peut lire que les Gaulois du second âge du fer étaient à la pointe de la technologie de leur époque. Leur refuser l’utilisation du mortier de chaux n’est-il pas incohérent ? Pour déterminer l’origine de cette architecture dite « romane » un débat de fond s’impose. Il existait en Gaule dès l’Age du Bronze Ancien (vers -2000)des édifices bâtis certes en bois et en clayonnage mais qui possédaient une abside et trois nefs. Autre exemple, le palais de la Dame de Vix est daté de la fin du 6ème siècle avant J.C. Il possède lui aussi une structure en bois mais a une architecture très proche d’une église romane. Il semble logique de placer la construction en pierre du temple de Mont-Saint-Vincent peu de temps après.



  • Antenor Antenor 3 septembre 2009 11:03

    Une question très importante pour arriver à dater ces bâtiments est d’arriver à savoir à quelle date les Eduens ont été évangélisés. Emile interprète la frise de Perrecy-les-Forges comme un sacrifice humain tel que les pratiquaient parfois les Druides avant les interdictions promulguées par Auguste et Tibère. Je me demande s’il ne s’agit pas plutôt du martyr de Saint-Symphorien vers 180 qui eut la tête tranchée d’un coup de glaive. Il était le fils du sénateur d’Augustodunum et sa famille a été la première convertie dans ce lieu par Saint Bénigne, disciple de Polycarpe de Smyrne. Ne serait-ce pas grâce à l’influence éduenne que Constance Chlore s’est montré tolérant vis à vis des chrétiens ?

    Concernant Mont-Saint-Vincent et les « églises » du même type, mon raisonnement est le suivant : leurs chapiteaux n’ont rien à voir avec les Evangiles, il faut donc placer leur construction avant Clovis. Leur style architectural n’étant pas gréco-romain, cela signifie que les premiers temples de ce type ont été bâtis avant la conquête. Les civilisations commencent souvent à réaliser de grandes oeuvres architecturales lorsqu’elles atteignent leur apogée. L’apogée de la civilisation celtique, c’est le second âge du fer dit « culture de Latène », je place donc à cette époque les débuts de cette nouvelle architecture.



  • Antenor Antenor 3 septembre 2009 00:02

    @ Emile & ffi

    Ce débat sur la localisation des capitales gauloises est vraiment passionnant, à travers cette question on touche au coeur de l’organisation des Etats de cette époque. C’est incompréhensible de la part de ceux dont c’est le métier de refuser de s’interroger sur ces problèmes fondamentaux.

    Que cherche-t-on au juste ?

    Le noyau à partir duquel se sont déployés les empires éduens et arvernes. Nous avons la chance de connaître relativement bien le développement plus récent d’un autre empire, celui de Paris : la France.

    Qu’y a-t-il à son origine ?

    Une citadelle bénie par les dieux : l’Ile de la Cité quasi-imprenable, Romains et Vikings s’y sont cassés les dents, située au coeur d’un des noeuds commerciaux les plus importants d’Europe. Son histoire ne pouvait être que grandiose. A l’époque de César, le commerce international est encore concentré essentiellement sur la Méditerranée et les villes du Nord de la Gaule demeurent plus petites que leurs homologues méridionales mais quatre siècles plus tard, Lutèce a déjà accouché d’un empereur : Julien.

    Cela pour dire que pour détenir le pouvoir politico-militaire, il faut avoir le pouvoir économique. C’est valable à tous les échelons, de la petite vallée à l’Empire. Rome n’aurait jamais pu mettre sur pied une armée aussi puissante sans sa puissance économique auquelle s’ajoutera celle des villes soumises. Le pouvoir est dans les villes.

    Le cas de l’Eduie est plus compliqué que celui de Paris car il n’y a pas de ville qui écrase nettement les autres. Les vallées ne convergent pas vers un seul point mais vont et viennent un peu dans tous les sens. D’où est parti l’empire éduen ? Depuis longtemps la ville la plus puissante de Bourgogne, c’est Dijon. Cependant, on ignore sa puissance à l’époque gauloise et elle paraît trop excentrée au Nord. Les deux candidates les plus sérieuses tant par leur situation géographique que par leur puissance économique sont Chalon et Autun. Le Mont-Saint-Vincent ne semble pas assez bien placé du point de vue économique pour avoir mené une telle conquête et ne parlons pas de l’oppidum du Mont-Beuvray qui comptait plus sûrement ses perceptions d’impôts en quintaux de seigle et en bétail qu’en or ou en argent. Seule une grande ville peut réunir assez d’argent pour assembler une armée. La ville va commencer par conquérir les alentours, on en a l’excellent exemple avec la conquête du Latium par Rome. Une fois les villes voisines conquises et soumises à tribut, on peut s’attaquer aux empires voisins.

    La conquête éduenne est-elle partie de Bibracte ? Bibracte est-elle l’oppidum/citadelle de Chalon ou d’Autun ou est-elle seulement l’oppidum le plus important en dehors des villes ?

    Si on applique cette logique urbaine aux Arvernes, il faudrait placer la ville et l’oppidum de Gergovie au coeur du Vieux-Clermont, là où se dresse la Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption. Et après tout, pourquoi pas ? Les abords sont très pentus et l’ensemble assez vaste expliquerait pourquoi les troupes de Vercingétorix n’ont pu en occuper toute la superficie. La basilique Notre-Dame-du-Port dont Emile attribue la construction à l’Empereur Avitus à la fin du 5ème siècle, est bâtie un peu en contrebas. Cela signifie qu’à cette époque, il se trouvait sur la hauteur quelquechose de si important que même l’Empereur n’a pas pu y faire exécuter les travaux qu’il souhaitait et à du se résigner à placer sa basilique toute neuve en contrebas. Au sommet, sous l’emplacement de la cathédrale gothique se cache peut-être les fondations du premier temple arverne, plus ancien peut-être que celui du Crest...

    Pour le Crest, même remarque que pour Mont-Saint-Vincent. Le site ne paraît pas assez bien placer pour accumuler les richesses économiques qui lui auraient permis de prendre le contrôle d’abord de la Limagne, ensuite de l’Auvergne et finalement des trois quarts de la Gaule.

    Etre sur une hauteur c’est bien. Avoir de quoi payer les soldats qui la protège, c’est mieux.
    Mieux vaut une citadelle basse mais bien gardée qu’une citadelle haute mais dégarnie ?

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