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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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  • Antenor Antenor 11 septembre 2009 14:51

    Chez les Eduens, l’évangélisation semble avoir été précoce mais très lente, probablement ralentie par la forte présence militaire romaine. Dans mon hypothèse, c’est Posthumus qui a rendu le pays éduen officiellement « chrétien nazaréen ». Au sujet de Symphorien, vous comparez sa mère Augusta avec Victoria qui était également surnommée Augusta. Ce nom est probablement un titre. Le sénateur Faust était sûrement le Princeps des Eduens et son épouse l’Augusta, la « Première Dame d’Eduie ».

    En Auvergne, l’évangélisation a été plus tardive mais beaucoup plus rapide et massive si on se fie aux histoires des saints. A une époque où l’Empire entrait dans une phase de grande instabilité, la conversion d’un sénateur a entraîné une riposte très violente qui a dû laisser des traces dans les mémoires. Postumus est arrivé à point-nommé.



  • Antenor Antenor 11 septembre 2009 14:29

    Dans ce lien, l’auteur parle également d’« une vaste église contiguë à son hôtel (...) dédiée à la Sainte Vierge » qu’aurait construit Cassius, sans citer sa source. Il doit s’agir de l’histoire de Saint-Austremoine écrite vers le 10ème siècle car Gregoire de Tours n’en parle aparemment pas. Admettons que cette histoire soit vraie.

    Le mot « hôtel » mérite réflexion. Désigne-t-il un simple bâtiment ou un palais entier qui couvrait tout le sommet de la butte de Clermont ? Dans le second cas, l’église contiguë au palais pouvait se trouver à l’emplacement de Notre-Dame-du-Port. Il est également fait mention d’une maison de campagne où résidait le sénateur. Ne serait-ce pas le Crest ?
    Sous la cathédrale de l’Assomption, il y a des vestiges dits « gallo-romains ». Ne seraient-ils pas gaulois tout court ? Si c’est le cas, le sommet de la butte étant occupé par un temple « païen », cela renforce la probabilité de situer l’église construite par Cassius au Port.

    Réflexions annexes : Les persécutions ont peut-être joué un rôle plus important qu’on ne le pense dans la formation de l’Empire gaulois. Le pays éduen et l’axe Rhin-Rhône en général étaient quadrillés par les légions, il est logique que le christianisme nazaréen ait choisi l’Auvergne comme base pour rayonner ensuite sur toute la Gaule. Si on attribue Autun à Constance-Chlore et Vézelay à Julien, ne doit-on pas attribuer Notre-Dame de l’Assomption à Avitus ? Notre-Dame-du-Port me paraît trop petite et d’un style plus ancien que les deux éduennes.

    Un exemple de vestige « gallo-romain » à Clermont  :
    http://www.flickr.com/photos/kiwifr/3100354853/

    (le petit théatre de fourvière présente à sa base, une alternance semblable de briques et de pierres...)



  • Antenor Antenor 8 septembre 2009 15:10

    @ Emile

    Dans votre lien, il est fait mention au début du paragraphe d’une « domus ecclesiae » Sancta Maria où aurait été enterré Saint Alyre vers la fin du 4ème siècle. Elle est dite « extra-muros » mais « inter-sanctos ». C’est intéressant car cela correspond très bien à l’emplacement de Notre-Dame-du-Port. A vue de nez sur Googgle Earth, la basilique se trouve en effet sur une sorte de grande terrasse naturelle à mi-hauteur entre le sommet de la butte et le fond de la vallée. Cette basilique aurait été bâtie par Saint-Austremoine et le sénateur Cassius. Son nom Sancta-Maria correspond très bien au thème des chapiteaux. Par conséquent la cathédrale d’Avitus serait Notre-dame de l’Assomption.



  • Antenor Antenor 8 septembre 2009 11:10

    Il y a un christ sur le tympan du portail sud mais il a l’air d’avoir été rajouté plus tard.

    Cette absence de représentation de Jésus-Christ signifierait que contrairement à leurs homologues de la Mer Morte (Jean-Baptiste) et de Beth-Saïd (Jean l’apôtre), la diaspora asmonéenne « Jean » réfugiée en Gaule n’avait pas reconnu Jésus de Nazareth comme le messie d’Israël et attendait toujours son sauveur au 5ème siècle ?

    Il y a une autre explication plausible. J’avais écrit dans un commentaire précédent qu’il était remarquable que cette basilique ne se trouve pas au sommet de la butte de Clermont là où se dresse actuellement la cathédrale construite plus tard ; mais légèrement en contrebas. Cet emplacement subalterne signifie qu’il devait y avoir un lieu de culte très important au sommet de la butte (la statue de Zénodore ?) et que l’empereur n’a pas osé le détruire. Cela confirme votre thèse d’une Auvergne encore très partiellement évangélisée à cette époque. Avitus a agi habilement. Il n’a pas « balancé » à la figure de son peuple un dieu nouveau placé sur un tympan somptueux et concurrençant frontalement la statue de Zénodore et les cultes anciens. Le risque de rejet était trop fort. Astucieusement, il place son temple un peu à l’écart et ne montre que la gestation du christ, laissant à chacun la liberté de le faire naître dans son imagination. Le mystère a toujours plus attiré l’Etre-Humain que la contrainte.



  • Antenor Antenor 7 septembre 2009 17:05

    Il n’est pas impossible que quelques martyrs aient été récupérés mais on ne peut pas généraliser. Leur attitude est proche de celle de Jésus de Nazareth. Ce n’est plus la logique des assauts-suicides de Sacrovir et Marriccus. La disposition mystique de ses troupes en forme de tête de taureau confirme que Sacrovir était un prêtre d’Esus. Le taureau, animal sacrificiel, est en effet associé à Esus à Paris et à Trêves. En faisant mettre à mort par les légions ce monstrueux minotaure, Sacrovir a probablement voulu déclencher l’intervention divine. Intervention qui n’a jamais eu lieu.

    Quand quelques temps plus tard, le bruit a commencé à courrir que Dieu s’est manifesté en Judée, la (bonne) nouvelle a dû être accueillie avec soulagement. Le temps des holocaustes semblait terminé. Si les Eduens avaient des liens forts avec Canaan, ils ont dû être parmi les premiers chez qui les évangiles ont circulé.

    Officiellement, les tympans d’Autun et Vézelay représentaient Constance et Julien. L’enfant prodigue né sur les chapiteaux d’Autun, c’était Constantin. Mais pour les commanditaires, l’aristocratie éduenne, il ne fait guère de doutes qu’il s’agissait des personnages des évangiles camouflés sous le vernis officiel. De même, Esus sur son pilier passait pour un brave bucheron alors qu’il s’agissait d’un véritable appel à la révolte placé sous le nez des Romains.

    Les élites évangélisées devaient faire face à deux écueils : le culte impérial et les cultes populaires. Il fallait arriver à diffuser le message évangélique sans braquer ni l’un ni les autres. A Autun, on sent que c’est surtout à l’empereur qu’ils ont fait attention. L’évangélisation de la population était peut-être déjà bien avancée. Pour Notre-Dame-du-Port c’est l’inverse. Le commanditaire est l’empereur à la tête d’un empire chrétien. Manifestement, c’est la population arverne qui a été ménagée avec cette église mariale qui s’inscrit certainement dans la prolongation du culte des déesses-mères et assure la transition. Parallèlement, il est probable qu’il y ait aussi un message politique conjoncturel dans ces chapiteaux.

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