La position de Monteleone di Spoleto en plein sur la route menant du territoire sénon à Rome est effectivement troublante. Les Etrusques utilisaient bien des chars qui sont parfois représentés sur les fresques de leurs tombeaux mais les tombes à char semblent être une pratique spécifiquement gauloise.
Je ne sais pas si le personnage enterré avec ce char était gaulois mais il devait a minima avoir de forts liens avec eux. Ce qui ferait remonter la date d’arrivée des Sénons au Sud du Pô au 6ème et non au 5ème siècle avant J-C.
Même si les vestiges de Vix ou de Monteleone sont gaulois, le fait est qu’ils sont très influencés par l’art méditerranéen de leur époque. On peut même parler d’imitation. Ce qui rend encore plus difficile de distinguer ce qui est gaulois de ce qui ne l’est pas en Italie.
A partir du 5ème siècle, les Gaulois commencent à développer un art propre dit « laténien » qui les rend plus faciles à distinguer des autres peuples mais pour la période antérieure dite de « Hallstatt », c’est vraiment compliqué. Et il est même possible qu’une partie des vestiges dits « laténiens » ne soient pas gaulois mais des imitations réalisées par des peuples à leur tour influencés par les Gaulois.
La puissance étrusque est bien attestée par les auteurs latins. Ce sont d’ailleurs les règnes des rois étrusques qui servent de repères chronologiques avant la fondation de la République. Quand Tite-Live place sous Tarquin l’Ancien l’invasion de l’Italie par les Gaulois, cela ne signifie pas qu’ils sont arrivés aux portes de Rome du jour au lendemain.
A la rigueur, on pourrait envisager le char de Monteleone comme un cadeau diplomatique offert par les Gaulois qui a cette époque n’avaient pas encore dépassé la plaine du Pô ; à des peuples plus méridionaux, préparant ainsi leur avance vers le centre de l’Italie.
L’Auvergne se trouve largement en périphérie du phénomène des tombes à char. Les Eduens ont beaucoup plus de chances d’en être à l’origine que les Arvernes. Ce qui pose la question de l’interprétation du cratère de Vix. La Gorgone désigne peut-être bien Gergovie mais une Gergovie puniquo-arverne représentée comme ennemi vaincu sous la forme de l’affreuse Méduse par les gréco-éduens.
Et si les tombes à char mises au jour en Germanie étaient tout simplement germaniques ?
Idem pour le chaudron de Gundestrup retrouvé au Danemark et dont certaines scènes rappellent beaucoup des récits mythologiques scandinaves connus ultérieurement.
Au Proche-Orient, l’Archéologie est incapable de distinguer les Sémites des Sumériens sans trace écrite accompagnant les vestiges. Je vois mal comment elle pourrait distinguer les Celtes des Germains voir des Etrusques.
Si ce char avait été retrouvé en Gaule, on pourrait interpréter les visages sur le bouclier comme étant ceux de la Gorgone et du lion d’Héraklès des légendes grecques mais cela n’est pas le cas.
A mon avis, le visage féminin grimaçant associé à la tête de lion désigne la déesse phénicienne de la guerre Tanit. Ce qui est logique dans un contexte d’alliance punico-étrusque.