La thèse la plus répandue d’un Exode se déroulant à une période basse vers -1200 colle effectivement très mal avec nos connaissances archéologiques. Par contre, celle d’un Exode placé dans la sillage de l’effondrement hyksos vers -1500 a beaucoup plus d’éléments en sa faveur et également de sens. On sait aujourd’hui qu’il y avait une réalité tangible derrière les récits homériques pourquoi en irait-il différemment de la Bible ?
Si on se replace dans le contexte de la fin des Hyksos, les prêtres égyptiens héliopolitains n’étaient sans doute que très modérément ravis de voir arriver leurs « libérateurs » thébains avec leurs gros sabots. Dans la lutte multi-séculaire entre les clergé d’Amon et Ré ; ils avaient tout intérêt à ce que la victoire des Thèbains soit la moins éclatante possible. Question de prestige et d’influence au sein du pouvoir pharaonique.
Ils ont pu vouloir utiliser les restes de l’ancienne puissance hyksos pour nuire au nouveau pouvoir en place. Des prêtres hyksos formés par eux dans ce but leur donnait un moyen d’action efficace sans trop avoir à s’exposer. J’ai du mal à croire que l’Exode ait été possible sans que Moïse ait disposé d’énormes complicités au sein des cités du Delta. La « vague » qui s’est refermée sur le Pharaon était peut-être même plus égyptienne qu’hyksos.
Salomon représente une dynastie d’ascendance hébraïque mais il est bien possible qu’il ait été totalement sous dépendance égyptienne. Aujourd’hui on le qualifierait peut-être de « Gouverneur ». Il est probable qu’il apparaît dans les textes égyptiens sous un autre nom. Pour moi, il n’y a pas à hiérarchiser entre les textes et les vestiges. Votre vision d’un Salomon égyptien va d’ailleurs dans le sens de l’Archéologie qui ne trouve pas trace de son royaume.
Certains auteurs actuels vont jusqu’à dire que les Hébreux étaient simplement des exilés égyptiens. C’est exagéré mais le fait est qu’ils ont vécu pendant des siècles sur les marches de la puissance pharaonique et que les auteurs de l’Ancien Testament ont sans doute cherché à minimiser cette omniprésence égyptienne afin de donner une identité plus affirmée aux Israelites quand l’Egypte s’est affaiblie.
@ Jean Guillot
Il y a bien eu des pharaons nubiens qui ont régné sur l’Egypte mais je ne souscris pas aux thèses complotistes qui voudraient que les Egyptiens aient été des « Noirs » dans le sens où on l’entend aujourd’hui.
L’absence des Égyptiens dans les livres de Josué et des Juges est très intrigante. Mais cela pourrait s’expliquer si les Hébreux étaient précisément les « porte-flingue » chargés de pacifier la région par les Pharaons. La dynastie qui a chassé les Hyksos a elle-même été rapidement supplantée par une autre qui a pu vouloir chercher des appuis chez les anciens envahisseurs vaincus.
Les études génétiques montrent deux principales vagues d’arrivées nouvelles en Europe. La première correspond aux débuts du Néolithique qui s’est diffusé très lentement d’Est en Ouest par le Danube et les côtes méditerranéenne vers -6000 et la seconde beaucoup plus rapide vers -2800 et qui semble étroitement liée au phénomène dit des « vases campaniformes » et dont l’origine est plus qu’incertaine.
Les archéologues situent majoritairement l’origine du phénomène campaniforme au Sud-Ouest de la péninsule ibérique quand les généticiens font venir les nouveaux venus d’Europe de l’Est.
Ces deux vagues d’arrivées nouvelles (Néolithique et Campaniforme) sont également celles les plus susceptibles d’avoir diffusé les langues dites indo-européennes dont les langues celtiques dans nos contrées.
Le mythe de Persée est évoqué dès la théogonie d’Hésiode, il fait donc partie des plus anciennes « légendes » grecques connues au même titre qu’Herakles. Que les Grecs aient assimilé Herakles à Melquart est une chose mais cela ne veut pas dire qu’il faut attribuer tous les exploits du premier second. Melquart qui combat Géryon, ce sont les Phéniciens qui se battent entre eux.
On assiste à une alternance de périodes de domination phéniciennes et grecques sur les côtes gauloises. La présence phénicienne semble plus ancienne si on se fie aux mythes grecs mais la fondation de Marseille montre que les Gaulois pouvaient aussi changer d’alliés au gré des circonstances.
Le choix de l’emplacement de Marseille laisse à penser que les Gaulois qui se sont alliés aux Phocéens avaient la mainmise sur le commerce dans la vallée du Rhône mais difficile de dire s’ils étaient plutôt de la sphère éduenne ou arverne.
Les vases comme ceux de Vix sont à mon sens des « copies améliorées ». Les Gaulois ont copié l’art grec et étrusque à la fin de l’époque dite de « Hallstatt » avant de développer le leur à l’époque dite de « La Tène » et d’influencer d’autres peuples à leur tour.
Il est très difficile de dire à quand remonte l’influence orientale directe en Méditerranée occidentale. Le Néolithique ne s’est diffusé que très lentement d’Est en Ouest le long du Danube et des côtes méditerranéennes. Il est tout a fait plausible que les fortifications chasséennes soient le fruit de travaux autochtones.