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  • bcordelier bcordelier 30 décembre 2007 00:17

    @ Esperantulo

    Non, simplement ce que je réfute, ce sont les phrases et jugements définitifs et généralisateurs. Que vous ne passiez probablement pas vos vacances avec certains intervenants de ce forum, cela est votre droit le plus strict. Quant à dénier la capacité de tout un chacun de se faire son propre jugement, sous anathème de bêtise crasse ou d’inculture, cela n’est pas plus acceptable que de dire péremptoirement que l’espéranto serait une m... En outre, je me garderai bien de vilipender les « unculturistes » comme vous le faites.

    Le grand public dont vous parlez est la somme de milliards d’individus tout autant respectables que vous ou moi. Et largement bien plus fins et moins dogmatiques que vous le leur prêtez. Convaincre toujours et encore, ne signifie en aucun cas vaincre des cons...

    Quand je parle d’argument inepte à propos de la facilité de l’espéranto ou de toute autre langue auxiliaire, c’est parce que tant qu’à inventer une langue nouvelle sur des bases vierges, autant qu’elle soit simple. Cela est une condition nécessaire, mais absolument non suffisante. Le Kotava aussi est une langue auxiliaire facile, moins que l’espéranto pour un Occidental, davantage pour le reste de la planète. Mais la problématique est beaucoup plus fondamentalement sur la question de la neutralité et de la symbolique « humaniste ». Si une, voire plusieurs, langue auxiliaire doit être adoptée en grand, ce ne sera pas pour sa facilité plus ou moins grande, mais parce qu’une décision historique, de celles qui relèvent des idéologies « civilisationnelles » l’aura élevée. Ou fortuitement parce qu’elle incarnera un « killer concept » technologique ou sociétal.



  • bcordelier bcordelier 29 décembre 2007 11:10

    Cela fait déja longtemps que Gogolito dispose de l’espéranto comme option linguistique dans le choix des préférences. Tout comme on trouve le klingon ou l’interlingua comme autres langues artificielles. Rien de très extraordinaire ! L’intéressant serait de savoir combien nombreux sont ceux qui ont configuré leur moteur de recherche avec cette option ? A mon avis, proche de zéro. Hormis les quelques dizaines d’espérantistes « denaskaj », cela ne présente aucun intérêt, autant rester avec sa langue natale, c’est 1000 fois plus productif. Que les espérantistes accros d’AgoraVox ne découvrent qu’aujourd’hui cette option est d’ailleurs très révélateur.

    Au delà de ce prétexte à article, les argumentaires développés sont bien connus et resassés. Donc point besoin de les commenter encore et encore. Pour ma part, je dirai et redirai simplement que l’argument de facilité est inepte. D’une part il est relatif, ensuite, proposer une langue internationale qui ne serait pas au minimum facile la condamnerait d’emblée. Le problème est ailleurs et il tient en une seule question simple : quel en est l’intérêt pragmatique ? La réponse est lapidaire : aucun dans une perspective immédiate et terre-à-terre ! Seules les personnes adhérant à une démarche plus « philosophique » peuvent y être sensibles. Sur un autre fil consacré à l’espéranto, j’avais eu l’occasion de dire que si ses partisans veulent réellement se situer dans le registre utilitariste, alors qu’ils investissent sans retard le monde marchand et montent des « meetiko », des « jutubo », des « ebajo », des « facbuko », des « klubomediteraneisto », etc. Là on serait dans le « dur », dans le réel. Sinon, seul le registre « humaniste » peut être réceptacle de la démarche des langues artificielles de communication. Mais malheureusement, en notre époque hyper-utilitariste, l’écho en est faiblard.

    Dernier point : espérantistes, que vous défendiez avec passion votre sacerdoce, très bien. Nul ne vous le reprochera... tant que vous ne tombez pas vous mêmes dans des excès et des jugements méprisants du genre de celui émis plus haut, je cite Masson :

    [citation].../...De telles gens sont incapables de concevoir que le gain de temps, de qualité et de fiabilité obtenu par le passage à l’informatique peut être obtenu aussi en peu de temps (disons une génération) et avec un investissement autrement moins lourd que ce qui se dilapide aujourd’hui pour le seul anglais.[/citation]

    Ce genre d’assertion est totalement basé sur rien, mais surtout il dénie aux autres la faculté de penser par eux-mêmes et de mener leur propre parcours sous leur propre responsabilité. Ressort éternel de l’avant-garde éclairée qui seule peut conduire le monde... aux pires situations.

    Méditons toujours ce précepte de Descartes : « ...ne croire qu’en la Raison, nier tout de la Raison... »



  • bcordelier bcordelier 22 décembre 2007 11:04

    J’arrive un peu tard dans ce débat. J’ai vu à plusieurs reprises établies des comparaisons vis-à-vis de l’espagnol, de l’italien, de l’allemand ou du turc et de leur orthographe. Je voudrais juste rappeler qu’il faut être prudent avec ce type de comparaisons et de références pour plusieurs raisons :

    Le français, dans sa forme écrite et son orthographe, est une langue à mi-chemin entre l’alphabétique et l’idéographique. Certes elle utilise 26 lettres de l’alphabet latin, plus un certain nombre de diacritiques (accents, trémas, cédille), mais en réalité la somme des exceptions orthographiques font qu’un mot écrit est presque d’abord un composé idéographique en lui-même, incorporant bien souvent des marques à but étymologique (les innombrables lettres et graphies historiques), grammatical (ou / où), voire d’époque (certaines orthographes sont typiques de certaines époques), de registre (précieux, populaire...) etc. C’est par ces moyens que sont distingués nombre d’homonymes et autres ambiguïtés (ou ambigüités). En cela, nous ne sommes pas si loin que cela d’un système à la chinoise ou des kanji japonais.

    Cette comparaison contient un élément commun majeur : le français, l’anglais (qui est dans une situation assez sembable au français de ce point de vue), le chinois et le japonais (en laissant de côté les langues liturgiques d’emploi particulier ou les langues anciennes) sont presque les seules langues dont l’orthographe actuelle date pour l’essentiel de plus de 5 siècles. Le temps y fige des représentations passées en empilant la diachronie.

    Pour ce qui est des langues voisines comme l’espagnol, l’italien, l’allemand et leur orthographe, il faut faire bien attention aux comparaisons. En effet, raisonner au moment M de 2007 occulte bien souvent le point de vue diachronique. Elles ne se situent pas dans la même séquence que l’orthographe du français qui, si on laisse de côté les quelques réformes du début du XIXe siècle (passage du oi au ai dans les formes verbales, enfans -> enfants, etc.), remonte pour l’essentiel au XVIIe et même à Villon et Pisan pour beaucoup.

    - L’espagnol (le castillan pour être plus exact d’un point de vue linguistique) : l’orthographe de celui-ci a subi de très grandes réformes au XIXe siècle qui l’ont fait correspondre, en gros, à la langue parlée. Mais ceux qui utilisent régulièrement l’espagnol, notamment en Amérique latine, n’auront pas manqué de remarquer que l’espagnol parlé est désormais souvent en désaccord avec l’écrit. Le phénomène du seseo affecte tous les mots en c (ce, ci) et z, la jota est diversement prononcée, le pollo se dit systématiquement podjo. Sans même parler des d intervocaliques qui ne s’entendent souvent même plus, tout comme bon nombre de finales s (un trait qui tend à rejoindre le français où singulier et pluriel se distinguent à l’écrit mais plus à l’oral). Nul doute que dans 100 ans le décalage sera devenu un gouffre.
    - l’italien. Sa forme orthographique date du XIXe siècle, récemment donc et s’est basé sur les formes parlées de l’époque. Ensuite les réformes de Mussolini ont encore accentué certaines régularités. Italien écrit = italien parlé, en gros oui. Sauf que bon nombre d’Italiens écrivent l’italien mais parlent au quotidien en dialecte ou langue régionale, même si ceux-ci reculent.
    - l’allemand. On observe le même phénomène avec l’allemand. Sans parler des houleux débats à propos de la réforme de 1996, de l’emploi du etsett ou de la virgule, l’orthographe standardisée de l’allemand est globalement récente (époque bismarckienne si ma mémoire est bonne). Mais là encore, il existe une grande dichotomie entre l’écrit (et son orthographe très régulière) et l’oral où grand nombre de gens s’expriment en platt, alemanish ou autre. En Suisse alémanique, celui qui parle en allemand standard est tout de suite repéré comme un romand ou un étranger. Si on écrit en alémanique, alors là les différences apparaissent énormes.
    - le russe. L’orthographe actuelle du russe date de la réforme fondamentale de 1918 par les bolchéviques. Pour qui lit un texte de Lomonossov (un grand réformateur pour son époque) in texto, les écarts entre le russe parlé actuel et la façon dont on l’écrirait si la forme ancienne avait été conservée apparaitraient énormes.
    - le turc. La révolution d’Ataturk a tout mis à plat et s’est déroulée dans un contexte où 90% de la population ne savait pas écrire. Pour autant, il y a déjà des distorsions qui se produisent, notamment le cas du g avec chapeau qui ne se prononce plus.

    Donc, attention aux comparaisons quant à la vertu de l’orthographe dans les autres langues. Le temps introduit obligatoirement des distorsions entre écrit et oral, et de plus en plus rapidement. Le tout est de savoir si la forme écrite d’une langue doit être simplement en permanence la transcription de la langue orale. Les chinois, les japonais et les anglophones nous montrent que pas forcément.

    Pour autant, personnellement, je suis partisan de réformes assez fortes. Tout en prenant garde de ne pas tout casser, sous couvert de systématisme, et de bien intégrer que le temps a aussi son influence dans la vitalité ou l’abandon de certains aspects (comme peu nombreux j’écris encore clef, et pourtant clé-en-main(s)).

    Enfin, quant aux comparaisons faites par certains avec les langues construites, elles sont, ici, totalement nulles et non avenues. Une langue articielle qui ne serait pas au minimum régulière et transparente dans sa prononciation serait purement un exercice de style. Au bout de 200 ans d’existence avec des générations de locuteurs natifs, on en reparlera.



  • bcordelier bcordelier 11 décembre 2007 23:10

    @seespan

    Non, tout comme la valeur d’une entreprise ne se définit ni par son chiffre d’affaires, ni par sa marge ou son résultat... smiley



  • bcordelier bcordelier 30 novembre 2007 10:00

    Waouh, encore un fil à 400 messages destinée à la promotion/propagande de l’espéranto. Je n’ai pas lu évidemment toutes les longues logorrhées, un bon nombre toutefois. Apparemment démonstration a été faite que nombre d’espérantistes actifs sur Agoravox (et ailleurs probablement) sont des adeptes du dédoublement ou triplement de pseudo ! Avec semble t-il comme volonté manifeste de créer du buzz afin de faire croire à leur immense nombre !

    Juste pour l’information objective du public, il existe de nombreuses autres langues construites. Moins établies ou désuètes que l’espéranto, certes. Mais dont les locuteurs, pour inaperçus qu’ils soient souvent, ont un coefficient de productivité constructive au moins 100 fois supérieur à celui des espérantistes d’Agoravox.

    Un exemple : pour le Kotava, qui revendique une cinquantaine de locuteurs « fluent », chiffre anecdotique s’il en est comparé aux hordes espérantistes, on trouve un site assez extraordinaire http://www.international-language.org offrant plus de 20 dictionnaires bilingues Kotava. Avec notamment des langues comme le swahili (2664 entrées), le lingala (4012 entrées), le turc, le malais, etc. Et même l’anglais (6600 entrées).

    Alors, mesdames, messieurs les espérantistes, au travail. Personnellement, je serais très intéressé de voir apparaître des dictionnaires bilingues espéranto-lingala, espéranto-sango, espéranto-diola, espéranto-malgache, etc. Soulagez Agoravox de votre prose quelques mois pour nous revenir avec de vraies oeuvres de communication.

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