Merci à @Michel Koutousis pour cet excellent article , et pendant ce temps la progression des idées de Aube Dorée, parti d’extrême-droite dans la population, continue discrètement soutenue par la droite, la police.
Dans l’indifférence générale, entretenue par les médias, l’état de
droit grec a disparu, remplacé par la Troïka (BCE, Commission
Européenne, FMI), et un gouvernement « aux ordres » et zélé. Les
néolibéraux européistes assassinent le peuple grec, silence, on tue....
Personne ne réagit, quand un Hollande insiste sur un « euro irréversible » reprenant les paroles de Mario Draghi et un Moscovici qui annonce que la question du coût du travail n’était plus tabou
confirmant ainsi leur renoncement à la croissance (repoussée aux
calendes grecques, sans humour) et validant le diagnostic de M Draghi
que « le modèle social européen est mort »
Allons d’un pas léger vers les réformes structurelles du Pacte Budgétaire qui nous apporteront la croissance lumineuse avec la règle d’or
@Eau du robinet. Je vous remercie de votre commentaires et de vos précisions. Très accessoirement, la loi de 1973 autorisait des avances et des prêts assurant la liquidité du Trésor. Ce n’est qu’à partir du 7 février 1992, traité de Maastricht et son article 123 que tout s’est gâté. Jusqu’en 1992, la BDF pouvait prêter jusqu’à 10,5 mds sans intérêts, puis 10 mds à faible taux
Pour les responsabilité des décideurs politiques, je vous renvoie sur un de mes précédents commentaires
Correction : lire Pacte de Stabilité et de Croissance et non Pacte de Croissance et de Solidarité
Addendum ; La BCE, M Draghi, n’a pas précisé à partir de quels critères le programme OMT serait activé, par exemple % de variation du spread, du taux de crédit CT, MT, LT. Il reste dans le flou artistique.
@TDK1, merci de
nous livrer votre analyse « à chaud », mais vous ne traitez
pas de l’abandon de la « seniorité » de la BCE et de la
« stérilisation » des créances pourries prises en garantie
(collatéral) par la BCE. En effet, lors des deux LTRO,
les banques ont déposé en garantie des prêts BCE, des créances
sur dettes souveraines et des créances garanties par les états
d’une qualité définie par des critères BCE Conséquence visible
: les banques espagnoles, italiennes ont racheté massivement de leur
dette souveraine tout se fragilisant davantage pour une brève
détente sur les taux.
Je vais commencer par la conclusion,
puis ensuite expliquer les motifs qui m’y conduisent. Un
crime monétaire illimité se met en place A mon avis, il
s’agit d’un grand coup de poignard dans le dos des états de
l’eurozone, organisé par A Merkel, la Bundesbank et la BCE. En
effet, cette « solution » ne traite pas les causes de la
crise financière, de la dette publique, de l’euro, mais « soigne »
les symptômes. On reporte dans le futur le vrai diagnostic en
gagnant encore du temps (6 mois, un an) en laissant les états-nations
s’enfoncer dans la récession durable par les réformes structurelles
(austérité) si efficaces en Grèce,
au Portugal
et auxquelles Rajoy voudrait échapper.
ANALYSE
Les
« conditionnalités » La BCE conditionne l’accès
au bénéfice du rachat de dette souveraine (inférieure à trois ans
et ou dette long terme dont l"échéance est à trois ans), à
la demande de l’état concerné d’un plan de sauvetage auprès du
FESF et du MES qui lui succèdera. En priorité, il faudra la mise
en place de réformes structurelles, de l’austérité budgétaire,
cad la flexibilisation du travail (droit du travail, droits sociaux
(maladie, retraites, aides sociales)), fiscalité, privatisation de
l’eau, énergie, transports. Ils persistent dans cette idéologie
néolibérale des politiques d’austérité pour reconquérir la
croissance. Au final, on constate que ces mesures conduisent à la
précarisation, au chômage, à la baisse des salaires,
au transfert de charges de l’entreprise par augmentation des taxes
(TVA, CSG,...) sur les salaires dont la base imposable se réduit
donc diminution des recettes fiscales pour le désendettement public
et in fine accroissement mécanique du déficit et de la dette,
accroissement de la pauvreté, des inégalités. Pour l’activité
économique, les entreprises, le financement de la trésorerie, des
investissement devient difficile, sinon impossible, et en conséquence
fermeture d’entreprises avec chômage, perte de recettes fiscales et
sociales. Face aux incertitudes fiscales, financières, les
entrepreneurs diffèrent leurs investissements surtout en matériel
de production En conséquence, l’outil de production devient
obsolète et même si le coût du travail baisse le ratio coût du
travail/productivité se dégrade et par conséquent la compétitivité
se dégrade aussi. Ainsi les gains de productivité potentiels ne
se réalisent pas et nous sommes dans un cercle vicieux.
Par
cette conditionnalité du MES, le programme OMT
de la BCE place le MES en première ligne. En effet le MES
peut racheter de la dette souveraine sur les marchés, avec une
garantie sur les premières pertes procurant un effet de levier. Le
MES est un hedge fund, un SPV(spécial purpose vehicle) avec ses activités de rehausseur
de crédit et d’émetteur de certificats d’assurance, mais il
peut aussi titriser ses créances, ça ne vous rappelle
rien ? Comme la capacité d’action du MES est limitée, ce sera
donc le mécanisme OMT de la BCE qui prendra le relais.
Cette
stratégie en deux coups garantit aux détenteurs de dettes
souveraines d’être payés quoiqu’il arrive. Cela va permettre aux
banques mondiales et surtout européennes de se recapitaliser, de
réduire la taille de leur bilan aisément, alors qu’aujourd’hui
elles sont en faillite technique ne respectant pas les critères de
Bâle III malgré des « assouplissements » sur le % de fonds
propres et des méthodes comptables des provisions, évaluation des
actifs, des dettes (très technique)
Cela peut créer des
effets pervers sur les taux long terme demandés car ces taux se
décomposent en une prime de risque de non paiement et une prime de
conversion sur le risque de défaut, de disparition de l’eurozone.
Rien n’empêche un prêteur d’augmenter significativement son taux à
dix ans (par exemple), pour obtenir le produit des intérêts à 10
ans en 5 ans, puis plus tard déposer ces titres en collatéral OMT
auprès de la BCE.
Autre effet, les états riquent de
privilégier pour leur financement budgétaire les émissions de
bonds à 3 ans. Ainsi pour bénéficier de bas taux, ils financeront
les paiements à échéance de la dette en capital par du court terme
en la faisant « rouler », ainsi que les déficits sur les
dépenses structurelles, mais aussi les dépenses de fonctionnement,
reportant ainsi le risque sur la BCE puisqu’elle ne demande plus de
qualité minimale pour les collatéraux apportés
En
conclusion :
Comme depuis la crise financière, on
continue à « sauver « les banques avec le MES, le
programme OMT qui leur offre une garantie de paiement tout en les
encourageant à continuer à spéculer contre les dettes souveraines
en toute impunité, sans prendre leurs pertes.
La mise en place des plans d’austérité
conduisent à la réduction des recettes fiscales et sociales et à
l’augmentation des déficits et dettes publiques pour le plus grand
bénéfice des marchés financiers
La boucle est bouclée
Qui sont les garants en dernier ressort ? Les Experts
répondent la BCE par le programme OMT et les Etats (contribuables)
pour le MES (engagement irrévocable et indéfini des états) mais
aussi pour la recapitalisation future de la BCE
Pour la BCE, après les deux LTRO, la taille du bilan serait passée
à 3000 mds €, pour les fonds propres de 69 mds € augmentés d’une
réserve de réévaluation de 120 mds €, soit 6,3 % de fonds fonds
propres. C’est vraiment très rassurant, sachant que Bâle III
demandait 9% aux banques privées.
Le but de ce
programme OMT est d’empêcher (pour un temps) la disparition de la
zone euro, mais aussi les restructurations de dettes publiques suite
à un défaut partiel.
La restructuration de la dette grecque a été un échec
bien dissimulé car les déficits et la dette publique se
creusent, la récession sinon la dépression s’installent avec un PIB
qui n’en finit pas de s’écrouler, comme pour le Portugal
Il faut payer la
dette, fût-elle illégitime en partie, Hollande dixit
Mécanisme
OMT :
Stérilisation :
en théorie cela doit empêcher la création de monnaie ex-nihilo par
la destruction de monnaie créée. Ainsi les collatéraux, garanties
pris par la BCE seront stérilisés soit par :
des
encaissements de créances détenues par la BCE détruisant en
proportion la monnaie BCE créée
titrisation
des créances (genre subprimes) en les remettant dans le circuit
financier, mais je
ne suis pas sûr que ses statuts l’autorise (mais ils ont été si
souvent violés, contournés...)
des
actifs réels et liquides
Toujours
en théorie, cela éviterait une augmentation de l’inflation (respect
des statuts de la BCE)
Créancier Senior :Ce
statut donne un privilège à ce créancier sur ceux de rang
inférieur, les créanciers ordinaires.Une
priorité de paiement en cas de difficulté comme un défaut.
Dans
le cas de la restructuration de la dette grecque, la BCE détentrice
de cette dette, s’était auto-exclue du périmètre du Private Sector
Involvment, pour ne pas supporter des pertes qui l’aurait mise au
tapis.
Donc
en y renoncant elle se place au même rang que les autres créanciers
ordinaires et accepte un abandon de souveraineté
Rachat illimité :
Sur
ces créances on favorise les acteurs des marchés en leur permettant
d’apporter toutes leurs créances actuelles et à venir en
garantissant le paiement.
A la décharge des citoyens les cerbères de l’information et de la classe politique dominante ont tout fait pour les citoyens se désintéressent de la « construction européenne » (élections européennes....) sauf la claque du TCE pour aussi bien le PS et l’UMP. Jamais une campagne présidentielle comme 2012, n’a été aussi insipide, manipulée. Cependant, des blogs donnent des informations fiables, identifient les stratégies politiques et font de la pédagogie, mais cela demande du « temps de cerveau disponible »