Un extrait du livre la Stratégie du Choc de Naomi Klein :
Le système de contrôle des sociétés
démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice
comme l’air qu’on respire. On ne s’en aperçoit pas, et on
s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement
vigoureux. Au fond, c’est infiniment plus performant que les
systèmes totalitaires.
Prenons, par exemple, le cas de l’Allemagne au
début des années 1930. On a eu tendance à l’oublier, mais
c’était alors le pays le plus avancé d’Europe, à la pointe en
matière d’art, de sciences, de techniques, de littérature, de
philosophie. Puis, en très peu de temps, un retournement complet est
intervenu, et l’Allemagne est devenue l’Etat le plus meurtrier,
le plus barbare de l’histoire humaine.
Tout cela s’est accompli en distillant de la peur
: celle des bolcheviks, des Juifs, des Américains, des Tziganes,
bref, de tous ceux qui, selon les nazis, menaçaient le cœur de la
civilisation européenne, c’est-à-dire les « héritiers directs
de la civilisation grecque ». En tout cas, c’est ce qu’écrivait
le philosophe Martin Heidegger en 1935. Or la plupart des médias
allemands qui ont bombardé la population avec des messages de ce
genre ont repris les techniques de marketing mises au point... par
des publicitaires américains.
N’oublions pas comment s’impose toujours une
idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une
justification d’une autre nature. Ainsi, lorsqu’une personne
exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un
colon, un bureaucrate, un mari ou un patron –, elle a besoin d’une
idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est
faite « pour le bien » du dominé. En d’autres termes, le pouvoir
se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux.
Dans les années 1930, les règles de la propagande
nazie consistaient, par exemple, à choisir des mots simples, à les
répéter sans relâche, et à les associer à des émotions, des
sentiments, des craintes. Quand Hitler a envahi les Sudètes [en
1938], ce fut en invoquant les objectifs les plus nobles et
charitables, la nécessité d’une « intervention humanitaire »
pour empêcher le « nettoyage ethnique » subi par les
germanophones, et pour permettre que chacun puisse vivre sous l’«
aile protectrice » de l’Allemagne, avec le soutien de la puissance
la plus en avance du monde dans le domaine des arts et de la culture.
En matière de propagande, si d’une certaine
manière rien n’a changé depuis Athènes, il y a quand même eu
aussi nombre de perfectionnements. Les instruments se sont beaucoup
affinés, en particulier et paradoxalement dans les pays les plus
libres du monde : le Royaume-Uni et les Etats-Unis. C’est là, et
pas ailleurs, que l’industrie moderne des relations publiques,
autant dire la fabrique de l’opinion, ou la propagande, est née
dans les années 1920.
Ces deux pays avaient en effet progressé en matière
de droits démocratiques (vote des femmes, liberté d’expression,
etc.) à tel point que l’aspiration à la liberté ne pouvait plus
être contenue par la seule violence d’Etat. On s’est donc tourné
vers les technologies de la « fabrique du consentement ».
L’industrie des relations publiques produit, au sens propre du
terme, du consentement, de l’acceptation, de la soumission. Elle
contrôle les idées, les pensées, les esprits. Par rapport au
totalitarisme, c’est un grand progrès : il est beaucoup plus
agréable de subir une publicité que de se retrouver dans une salle
de torture.
Aux Etats-Unis, la liberté d’expression est
protégée à un degré que je crois inconnu dans tout autre pays du
monde. C’est assez récent. Dans les années 1960, la Cour suprême
a placé la barre très haut en matière de respect de la liberté de
parole, ce qui exprimait, à mon avis, un principe fondamental établi
dès le XVIIIe siècle par les valeurs des Lumières. La position de
la Cour fut que la parole était libre, avec pour seule limite la
participation à un acte criminel. Si, par exemple, quand je rentre
dans un magasin pour le dévaliser, un de mes complices tient une
arme et que je lui dis : « Tire ! », ce propos n’est pas protégé
par la Constitution. Pour le reste, le motif doit être
particulièrement grave avant que la liberté d’expression soit
mise en cause. La Cour suprême a même réaffirmé ce principe en
faveur de membres du Ku Klux Klan. Mais depuis l’attentat du 11
septembre 2001, les lois Patriot Act 1 et 2 ont gravement porté atteinte
à ces droits
En France, au Royaume-Uni et, me semble-t-il, dans
le reste de l’Europe, la liberté d’expression est définie de
manière très restrictive. A mes yeux, la question essentielle est :
l’Etat a-t-il le droit de déterminer ce qu’est la vérité
historique, et celui de punir qui s’en écarte ? Le penser revient
à s’accommoder d’une pratique proprement stalinienne.
Des intellectuels français ont du mal à admettre
que c’est bien là leur inclination. Pourtant, le refus d’une
telle approche ne doit pas souffrir d’exception. L’Etat ne
devrait avoir aucun moyen de punir quiconque prétendrait que le
Soleil tourne autour de la Terre. Le principe de la liberté
d’expression a quelque chose de très élémentaire : ou on le
défend dans le cas d’opinions qu’on déteste, ou on ne le défend
pas du tout. Même Hitler et Staline admettaient la liberté
d’expression de ceux partageant leur point de vue...
Nos sociétés sont contrôlées, dirigées par la peur, l’émotion, la
propagande, la désinformation, la discrimination, la stigmatisation en
lieu et place de l’esprit critique, de la raison, de la tolérance, du
vivre ensemble.
Hollande ne fait que suivre les paroles d’un hibou hyperthyroïdien qui affirmait « mon programme n’est pas socialiste »
Quid de son combat acharné contre cette « finance folle qui n’a pas de visage »
Tout le monde oublie et ne parle pas du contenu du TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance europénne) complété par les Six et Two Packs
Il sera adopté en juillet, au cours de la session extraordinaire du
Parlement, sans débat, sans information, ni référendum (souvenez-vous du
MES) grâce à la majorité parlementaire de la gauche des
sociaux-libéraux. Nous devrons soumettre nos lois de finances (budgets) à
la Commission Européenne qui pourra les modifier avant le vote du
Parlement, idem pour la création d’obligations souveraines.
Le GEAB lance une Alerte Rouge à partir de juillet, pour le second semestre 2012 (écroulement systémique mondial, conflit iranien,...) Je pense que le GEAB (libéral) a certainement retenu dans son analyse les propos de Robert Wright
sur la stratégie de réélection d’Obama influencée par Israêl et l’AIPAC
(frappes israêliennes sur l’Iran avant le vote des présidentielles US)
Merci @Camus pour cet excellent article décrivant les tenants et aboutissants, les enjeux.
Je reproduis un de mes commentaires sur un précédent article similaire
Une citation connue d’un fanatique nationaliste, Clausewitz : « la guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens », dans son livre « De la guerre ».
Quand la puissance économique, financière, politique d’une nation ne peut asservir une autre, la guerre est l’ultime moyen.
Cela s’est traduit par le droit d’ingérence « humanitaire », les
concepts de guerre « préventive » qui se traduisent par des frappes
ciblées, chirurgicales, humanitaires et très démocratiques....
Souvenez-vous du Traité de Maastricht qui contenait la Politique Commune de Sécurité et de Défense (PCSD).
Suite aux accords de Berlin avec l’OTAN, cette PCSD ne peut pas se
substituer à l’OTAN, donc nous sommes dépendants de l’OTAN pour notre
défense, notamment avec le commandement intégré.
L’exemple de l’intervention en Libye est typique de la
« sous-traitance » militaire par l’OTAN de la politique des USA. Cela a
permis d’éviter le vote du Congrès, de la Chambre des Représentants tout
en transférant la charge et le coût de l’intervention à certains
« alliés » européens et ceci sans risquer la vie de soldats US.
Avec la Syrie, il s’agit d"isoler l’Iran, d’entraîner le Liban (Sud avec le Hezbollah soutenu par l’Iran) et de sécuriser les frontières nord d’Israêl. Surtout que des négociations importantes sur le nucléaire iranien sont en cours.
La période électorale US commence et le prix Nobel de la Paix, Barack
Obama va devoir prendre une décision vis à vis de l’Iran sous la
pression d’Israêl (B. Netanyahou), de l’AIPAC, Israêl
peut lui forcer la main par des frappes sur l’Iran(avant l’élection US), contraignant Obama à
intervenir directement avec le secours de l’OTAN et des européens
(noter la position de Hollande, de Juppé : aggravation des sanctions).
Un article qui fait froid dans le dos de Robert Wright (blog les-crises, d’Olivier Berruyer)
Je pense que cet avis a complété, sur ce sujet, l’analyse du GEAB (plutôt libéral) qui lance une Alerte Rouge pour le second semestre 2012.