DSK coupable ou pas coupable, je m’en fous. Je ne l’aime pas, je n’ai pas confiance en lui, et de toute façon, l’enjeu n’est pas là. Je pense simplement que l’empire a remplacé un pion déficient par un pion efficient. Et que ça crève les yeux.
La vraie vérité, on ne nous la dira jamais. C’est pour ça qu’on passe tant de temps à essayer de la deviner. Et il faut dire qu’ils ont tellement confiance en notre inertie qu’ils - les dirigeants, la classe du pouvoir réel et celle du pouvoir officiel - ne se donnent même plus la peine de trop dissimuler leurs mensonges. Tout simplement parce qu’ils sont sûrs de leur force et ne nous craignent pas. Ou en tout cas, de moins en moins.
Et après ça, on voudrait qu’on ne soit pas complotiste...
Je me demande si les médias - au moins deux ou trois - vont relever la coïncidence, ou si comme d’habitude ils vont tout avaler et traiter l’affaire comme des événements séparés et indépendants.
S’ils commençaient à établir des connections, ils seraient évidemment obligés de réfléchir. Ils seraient alors en grand danger de complotisme. Peu de chance...
Avant, au moins, ils faisaient semblant de réfléchir. Là, ils se contentent seulement d’agrandir les dépêches afp et de les coller en première page. Triste époque.
Il me semblerait utile de s’extraire de la dichotomie simpliste coupable/non coupable. DSK est vraisemblablement un obsédé sexuel compulsif immature et un économiste « compétent » - pour peu que l’espèce existe. Il est certainement un fleuron de la gauche caviar et - pourquoi pas ? - un bonhomme qui pense plus à gauche, ou moins à droite que ses pairs. Il est sans doute un nervi du libéralisme mondialiste et des puissances financières, et peut-être un politique trop pro-européen ou pas assez inféodé à Washington.
Ce qui moi me paraît indéniable, c’est que le show actuel est d’abord un spectacle intérieur, domestique comme on dit aux States. Un spectacle qui raconte « nous ici en Amérique, on n’a pas peur de rendre justice aux plus faibles : pauvres, femmes, coloured, quitte à étriller les puissants : riches, blancs, étranger. Nous sommes maîtres chez nous. » DSK est-il tombé dans un piège ? Peut-être, peut-être pas, mais à un moment, la décision de ne pas étouffer l’affaire a du être prise. Et quand elle a été prise, elle a du impliquer davantage qu’un petit juge new-yorkais - élu !, n’en déplaise aux admirateurs inconditionnels de la plus grande démocratie du monde.
Et ça marche. DSK est remplacé...
Soit dit en passant, si on se penche sur la vie privée des grands hommes, on ne rencontre la plupart du temps que des petits hommes. C’est comme ça. Alors inutile de se poser la question de coupable, pas coupable. Disons plutôt, couvert, pas couvert. Pourquoi ?
Vous semblezdéfendre
etaimer « l’Amérique », peut-être
celle de votre expérience vécue ou de votre expérience cinématographique –
comme nous tous. Vous aimez sans doutes le peuple américain, et ses valeurs
telles que véhiculées par le cinéma et sa culture en général.
Moi aussi j’aime cette Amérique là. J’y ai vécu, j’en ai
fait l’expérience. J’ai de la famille là bas. Jamais je ne décrirai les
américains comme un peuple de lourds, même si parfois la tentation est forte. Mais
le gouvernement américain représente de moins en moinsles intérêtsdu peuple américain, de plus en plus les intérêts privés et tentaculaire
des big corporations. C’est quelque chose que je n’ai compris que récemment.
La vie étant faite de coïncidences, je suis en train de lire
les « Lettres de Nuremberg », témoignages du procureur américain
Thomas Dodd jugeant les criminels de guerre nazis. Ces lettres sont publiées
par son fils Christopher Dodd, congressman démocrate, qui commence son ouvrage
par une réflexion sur la dégradation de la démocratie aux USA, à la faveur de
la guerre contre le terrorisme et du patriot act. La maison blanche, ce
n’est pas l’Amérique.
Autre coïncidence, hier je regardais un bon vieux film d’action,
musclée mais classy, Black Rain, de Ridley Scvott. A un moment donné, l’inspecteur
japonais lance à l’inspecteur américain (Michael Douglas) « en Amérique, vous ne produisez plus que
des films et des chansons ! ». C’est pas faux.
Tiens, dans les films attrayants sur le sujet, jetez un coup
d’œil sur « Wag the dog » de Barry Levinson : une comédie à base
de conspiration. Tellement vraisemblable que c’en est troublant !
Bien douter, c’est d’abord douter de ses propres convictions…