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  • bluebeer bluebeer 14 juillet 2011 12:22

    Bonjour.

    Être égoïste est très naturel. Après tout, on est seul dans sa peau, et on ne souffre pas à la place des autres. Alors pourquoi être altruiste ?

    Les zoologistes et les généticiens y ont trouvé une réponse darwinienne. L’intérêt de l’espèce réside parfois dans des solutions collectives.

    Dans le cas d’homo sapiens sapiens, l’idée est que le « singe nu » pour reprendre l’appellation de Desmond Morris, vulgarisateur et propagateur de la théorie, nos ancêtres primates ont fini par descendre des arbres et arpenter la savane. Parallèlement à cette progression, leur régime alimentaire s’est modifié, ils sont devenu carnassiers. La rentabilité du carnassier réside dans des proies plus importantes, et la chasse en groupe s’est progressivement structurée. Deux corollaires importants : quand on chasse en groupe, on doit coordonner ses actions et êtres assuré de ne pas être attaqué par ses partenaires : c’est la base de la coopération et de la confiance. Le pacte des loups. On doit observer une hiérarchie, pour que les tâches se répartissent harmonieusement. Cette hiérarchie se structure au travers d’affrontements ritualisés, symboliques, qui ne mettent pas à mal l’intégrité physique des membres du groupe mais fonde une espèce de méritocratie réaliste.

    La coopération a modifié profondément les attitudes des primates originaux, et leur a permis de progresser bien plus loin que leurs cousins restés dans l’arbre. Je ne suis pas sur que le jeu en valait vraiment la chandelle, mais personnellement je me suis habitué à être un animal social coopératif. Toujours aujourd’hui, les grands singes genre gorille vivotent tranquillement, « égoïstement », sans grand impératif de coopération pour des projets communs, et son menacés d’extinction.

    Le discours libéral qui a fait sien le principe de libre compétition a sacrifié l’idée de coopération. Mais quand les loups commencent à se bouffer entre eux, ils disparaissent. C’est un peu ce qui arrive au capitalisme financier actuel.

    Soi dit en passant, tous ceux qui ont eu l’occasion de travailler en équipe, dans des domaines où ils prenaient des risques personnels pour assurer le bien collectif - genre armée, pompiers, flics, samu, sports collectifs..., connaissent ce sentiment fort de camaraderie, de fraternité même (for whom who sheds his blood with me today will be my brother - Henry V), née du danger, et sa rétribution, la reconnaissance du groupe.

    L’égoïsme, c’est comme la peur, très naturel, et très difficile à combattre.



  • bluebeer bluebeer 14 juillet 2011 10:24

    OK, Tall, nous avons pondu assez de commentaires l’un et l’autre pour connaître nos opinions respectives. J’arrête là.

    Au fait, pour ce qui est des divorces, les femmes entre trente et quarante ans quittent très souvent leur mari non par manque de confort matériel, mais par manque de rêve et de tendresse. Indécrottables femelles sapiens sapiens.

    Tiens, finalement, c’est peut-être mon petit côté Yin, tout ça...



  • bluebeer bluebeer 13 juillet 2011 21:18

    Bonjour Annie,

    un texte que j’avais écris il y a bien longtemps sur le sujet, et qui rejoint vos propos. C’était l’occasion... Excusez la longueur.

    A l’instar d’Hergé, Tintin est l’héritier d’un milieu et d’une époque. Scout catholique, marqué à droite et flirtant avec les extrêmes, ses dérapages de jeunesse devraient logiquement le désigner à notre ostracisme éclairé comme héros de littérature « nauséabonde » (label de qualité exclusivement réservé à l’extrême droite – si j’étais d’extrême gauche, je serais un peu jaloux et je militerais pour l’obtention d’un label propre).

    Mais voilà, on l’aime bien. Après tout, c’est un pote de jeunesse, on a fait un bout de chemin ensembles, on s’est habitués. Alors on lui trouve des excuses. Son milieu, son époque justement. Pas de parents, tout juste une patrie, qu’il embrasse fougueusement dans sa jeunesse. Ensuite, quand il monte à Paris et fait carrière sur la scène hexagonale, il sera contraint de ruser et de faire oublier autant que possible ses origines de ketje bruxellois. Il polit son style, se civilise. Les mauvais ont perdu la guerre, il est temps de devenir réaliste et de se mettre au travail sérieusement. Finies les gamineries, l’âge de raison est arrivé, et on sait de quel côté la tartine est beurrée.

    Et aussi il faut dire qu’il s’est bien amendé avec le temps. Jamais un mot plus haut que l’autre, toujours pondéré, toujours conciliant. Au point d’en devenir emmerdant. Heureusement qu’il se coltine toujours sa ménagerie de lunatiques : Haddock tonitruant et alcoolique, Milou habituellement diligent mais tourmenté par les démons de la chair, comestible ou non, Tournesol autistement génial, quoiqu’en butte ici et là à quelques accès de rage clastique, et les dupondt, cons comme la lune et fidèles comme la pluie. Quelques personnages secondaires et récurrents complètent l’assaisonnement, quoique les méchants soient plutôt prévisibles dans leur rôle de méchant, et ne pèsent pas vraiment dans notre capital sympathie.

    Pas de femmes évidemment. L’époque, toujours l’époque. Scout catholique, c’est plutôt sacerdoce et compagnie. Les enfants ont déjà assez de mal à endiguer la marée montante, que dis-je le tsunami de leur libido, pour qu’on les incite en sus à imaginer des choses lascives avec des personnages de papier. Jacobs, compagnon d’arme de Hergé, se souvient des déboires que lui ont occasionné une paire de guiboles anecdotiques dans un coin de vignette de sa marque jaune.

    Donc Tintin, plutôt asexué, condamné à quelques amitiés électives avec des adolescents de son âge, qu’il rencontre généralement en leur sauvant la vie ou les tirant d’un mauvais pas (Chang, mais aussi Zorrino dans le temple du soleil). Hélas, une fois de plus, les gens vont jaser. Est-ce si difficile de garder l’esprit chaste et pur ? Devons nous vraiment n’être que des bêtes lubriques pour convaincre de notre sincérité ?

    Enfin la fatwa s’est enrayée. Après tout, ça fait une paye que Tintin a arrêté de tenir, du haut de sa belgitude triomphante, des propos sarcastiques sur les pays qu’il traverse : la malheureuse URSS balbutiante, le Congo de papy bwana, mais aussi l’Amérique des gangsters et du lynchage, les républiques bananières du continent sud Américain. La rédemption est venue de l’Orient : Chine, Tibet, Arabie ont adouci le choc des civilisations. Bref Tintin a grandi, Tintin s’est assagi, Tintin s’est rassi (comme le pain, tiens).

    Car je l’aimais bien moi, le sale gosse turbulent et querelleur, qui glissait des peaux de bananes sous les pieds des bolcheviks assassins et passait le parc national du Congo à la chevrotine. Pas que ce soit mon fantasme, j’ai le coeur à gauche et j’apprécie l’action de madame Bardot. Non, mais comme disait un éducateur de ma connaissance, c’est toujours les plus turbulents auxquels on s’attache.

    Messieurs les jurés, Madame le Juge, Cher Public, aurez vous encore à coeur de poursuivre un jeune homme qui a su évoluer, grandir, faire taire les préjugé de sa caste pour ouvrir son regard et ses bras sur le monde, épouser la cause des hommes, des humiliés, des offensés ? Que ne l’avons encore avec nous aujourd’hui pour nous épauler, que dis-je, nous guider face aux défis de notre temps, nous sauver du capitalisme sauvage, traquer les escrocs de la finance, renverser les dictateurs médiatiques. Comme sa lumière nous manque alors que les ténèbres nous étreignent et nous enserrent. Doit on juger un homme sur sa jeunesse, ou sur l’accomplissement de son destin ? Non, Messieurs, Madame, Cher Public. Vous n’aurez pas à coeur de le condamner encore et toujours. Donnez lui l’absolution des hommes. Qu’ils reposent en paix, lui, ses amis et leur auteur.



  • bluebeer bluebeer 13 juillet 2011 20:59

    Cher Tall,

    Quand on s’autorise à discriminer et mépriser une communauté entière sur la base d’une supériorité économique dont la légitimité est pour le moins sujette à controverse, on s’expose à essuyer des réactions un peu vives de la part de cette communauté. Quand on emploie sciemment un ton d’autorité condescendante, en prétendant notamment « vendre » un peuple à une nation voisine, dévoilant par la même une certaine duplicité de caractère et un goût de la manipulation, on ne s’expose pas seulement au ridicule, mais aussi à la critique acerbe.

    Note néanmoins que si je critique la pertinence et l’élégance de tes arguments, les associant il est vrai - et peut-être abusivement - à un mode de raisonnement puéril caractérisé, je ne critique pas ta personne. En l’occurence, je ne critique ni le fils aimant, ni le frère loyal, ni l’époux dévoué, le père attentionné, le voisin serviable, le patron ou employé modèle, le citoyen responsable que tu es très vraisemblablement au quotidien, et sur lequel je ne sais rien.

    Mais tes arguments, suintant systématiquement la vénération du fric accumulé et des privilèges bourgeois, il n’y a rien à faire, je les trouve vulgaires.



  • bluebeer bluebeer 13 juillet 2011 14:17

    Oulah, Tall, faut pas le prendre aussi mal.

    Tu réagis comme un gosse gâté à qui on a refusé son petit caprice.

    En gros, tu te revendiques membre d’une élite autoproclamée, et tu prétend garder tous les biscuits pour toi, abandonnant tout principe de solidarité quand ça t’arrange. Tu as été un gosse gâté, Tallounet ?

    C’est bien de faire des plans tout seul dans sa tête, mais pour que les autres y adhèrent, il faut qu’ils soient connectés un tant soit peu à la réalité, et que chacun y trouve son compte.

    J’ai même écrit des articles ici pour essayer de vendre la Wallonie aux Français

    Tu vois, ce genre de phrase, ça montre que tu vis beaucoup dans ta tête, pas dans le monde réel, et que les gens, au fond, ça ne t’intéresse pas. Vendre la wallonie aux Français ! Ben oui , c’est ça, c’est l’impression que tu me donnes, un bonimenteur sans profondeur qui essaye de caser sa camelote à l’esbrouffe.

    La manière dont tu montes tes arguments, ça sent la manipulation infantile : c’est comme ça, et c’est pas autrement, parce que je sais et que le maître l’a dit, et si vous ne me croyez pas, c’est que vous êtes tous des nazes. Ouin ouin ouin.

    Les wallons sont des gens réels, et ceux qui m’entourent et que je fréquente ne te ressemblent pas. Et ne te ressembleront jamais.

    Ah au fait, Astérix t’a exclu du fil. Je trouve ça sévère, et je ne l’aurais pas fait, mais de nouveau comme un gosse gâté, tu essayes quand même. Tu n’écoutes pas.

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