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Bovinus

Tableau de bord

  • Premier article le 04/10/2011
  • Modérateur depuis le 25/08/2012
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 3 novembre 2011 16:05

    Houlà, Eric ! Vous ne m’avez pas habitué à de telles imbécillités, vous devez être fatigué ou peut-être avez-vous décidé de passer au décaf’ ?

    La vraie démocratie est protestante ( voir Michelet) d’ailleurs on le voit très bien en Allemagne ou l’effort collectif de remise en ordre donne une situation bien meilleure, des salaires en moyenne de 40% supérieurs, des services publics qui fonctionnent, une école qui marche et des SDF qui ne meurent pas dans la rue.

    Historiquement, la Grèce est bel et bien le berceau de la démocratie. À tel point, en fait, que la démocratie n’a jamais existé nulle part ailleurs qu’en Grèce, et cela précisément au Ve et IV siècles avant JC. Ce que les anglo-saxons et les français ont abusivement appelé démocratie, deux mille ans plus tard, s’appelle en réalité dans la science politique gouvernement représentatif, ce qui est tout à fait autre chose. Cela s’apparente en fait bien davantage à une véritable aristocratie (pour employer un terme grec), fût-elle élective. La seule forme de gouvernement qui actuellement se rapproche un tant soit peu de la démocratie est celui de la Suisse.

    Le reproche que vous faites à la démocratie grecque, à savoir d’exclure de la citoyenneté les esclaves, les métèques, les femmes (et, pourquoi ne pas les mentionner, les enfants) est archi-classique et facile ; il consiste à amalgamer les concepts de citoyenneté et de forme de gouvernement, qui sont deux choses différentes, tout en faisant abstraction de l’époque. Pour y remédier, il suffit d’élargir le périmètre de la citoyenneté, voilà tout.

    On comprend dés lors assez bien pourquoi ils sont ’indignés’ à l’idée que les prêteurs demandent leur argent aux état qui se sont endettés depuis 30 ans pour payer leurs salaires... Évidemment, au niveau de n’importe quoi sémantique où ils en sont, ont peut aussi appeler cela de la démocratie....

    Encore une fois, vous amalgamez effrontément les concepts et faites abstraction de l’histoire. Les « indignés », qui ne sont pas d’origine grecque, et dont la filiale grecque n’est au mieux qu’une toute petite partie des centaines de milliers qui manifestent là-bas depuis des mois. Prenons le cas de la France. Le chiffre de 30 ans que vous avancez coïncide presque exactement à l’époque où Delors a aboli l’indexation, qui était, avec la gestion de la monnaie par l’État (abolie par Pompidou et Giscard 10 ans plus tôt) le deuxième pilier du système qui empêchait d’exploiter le peuple en rond et garantissait une certaine prospérité au plus grand nombre, mais gênait les financiers du fait de l’inflation générée.

    Par ailleurs, comme vous le savez, les prêteurs qui ont prêté à l’État grec en parfaite connaissance de cause ne l’ont pas fait à taux zéro et réclament à présent des intérêts à ce point obscènes que les taux usuraires légaux à côté apparaissent comme une gentille plaisanterie. Ils voudraient provoquer un défaut de paiement qu’ils ne s’y prendraient pas autrement ; quoi de surprenant qu’à vouloir jouer au pompier pyromane, on finisse par s’y brûler ?

    Les moratoires sur les intérêts, les dénonciations unilatérales de dettes, tout cela on l’a déjà vu se produire de très nombreuses fois et on l’a encore vu tout récemment en Équateur et en Islande. Lorsque la finance prétend usurper la souveraineté, il est naturel que, de temps en temps, elle se fasse un peu mal. C’est d’autant plus naturel que c’est la même finance qui a trafiqué consciemment les comptes de l’État grec afin de le faire rentrer dans la zone euro, qui a fini par révéler la supercherie. À dessein ou non, peu importe, mais dans ce cas précis, la finance est tout autant coupable que l’État à qui elle a prêté : qui d’autre était mieux placé pour savoir que celui-ci était insolvable ? Un peu facile, à présent qu’il s’agit de payer, de rejeter la responsabilité sur le Grec lambda, accusé de n’être qu’un jean foutre et un mauvais payeur, vous ne trouvez pas ?

    Soit on est en dans un mauvais vaudeville pour embobiner le pékin de base, soit on est en présence d’une opération géopolitique ; le fait que ce soit les deux à la fois n’est pas à exclure. Le moyen, l’outil de pression est tout simple et a déjà été théorisé depuis longtemps : on parle en ce cas de dette odieuse.



  • Bovinus Bovinus 3 novembre 2011 14:46

    Vous, c’est à l’économie que vous ne pigez rien.



  • Bovinus Bovinus 3 novembre 2011 14:43

    Votre commentaire révèle que vous ne comprenez pas grand-chose à la politique ou l’histoire, et ignorez par ailleurs qui était Robert Schuman, et pour qui il travaillait. Par ailleurs, le terme de dictature que vous employez ne s’applique pas au cas présent ; il conviendrait plutôt de parler d’empire. Mais sur le fond, votre intuition vous oriente dans la bonne direction. Persévérez !



  • Bovinus Bovinus 3 novembre 2011 12:16

    radiopirate :
    a mon sens c’est un éveil des consciences qui est essentiel pour le devenir de l’humanité.

    Je ne peux que très chaleureusement vous rejoindre là-dessus, mais il y a néanmoins un « petit » problème. Quand on fait de l’ « agitation », y compris auprès d’inconnus, on se retrouve confronté à trois grands cas de figure :

    - l’auditeur essaye désespérément de changer de sujet, ou prend le premier prétexte pour s’enfuir. Avec ceux-là, généralement, il n’y a pas grand-chose à faire : nul n’est plus sourd que celui qui ne veut point entendre. Ils constituent malheureusement la majorité, mais retourneront leur veste dès qu’ils sentiront le vent tourner.

    - l’auditeur semble intéressé, mais objecte que de toute façon, il n’y a rien à faire, et trouve différents prétextes pour justifier son inaction : il n’a pas le temps, il n’a pas les compétences, son activité professionnelle l’épuise et il préfère se détendre plutôt que de se prendre la tête à réfléchir sur le devenir du monde, ce n’est pas un individu seul qui peut y changer quoi que ce soit, etc. Tous ces arguments sont valables, et on pourrait encore en trouver beaucoup d’autres. Ceux-là ne sont pas des cas désespérés, et pourraient être amenés à changer d’attitude, mais ils ne sont pas encore parvenus à un stade de prise de conscience suffisant pour entamer un travail sur soi-même. Avec la catégorie des sourds, ils représentent la quasi-totalité du corps social.

    - l’auditeur est extrêmement intéressé, et il apparaît assez vite qu’il est déjà bien engagé sur la voie de la rébellion intellectuelle ; la seule chose qui lui manque parfois est le savoir de certains faits ou idées intéressantes. En gros, ils sont déjà totalement convertis, ou du moins, bien engagés sur cette voie.

    Le véritable combat est à mener sur la deuxième catégorie, mais c’est un travail ingrat qui ne peut mener à rien de tangible sans ressources très substantielles, c’est à dire, le soutien d’une puissance étrangère, celui de l’une des grandes composantes de l’État (qui sont au nombre de quatre : gouvernement, grande finance, complexe militaro-industriel, et services de renseignement), ou encore, celui de l’Église dominante. Et je vous parle non pas du point de vue sociologique, mais géopolitique.

    On est là en face d’un problème extrêmement complexe qui n’a été résolu que très rarement dans toute l’histoire de l’humanité. Les changements de paradigme ne se font pas d’un claquement de doigts ni sans casse.

    Cela dit, les idées sont résilientes.



  • Bovinus Bovinus 3 novembre 2011 11:47

    Excellent article, bien construit et références de qualité. Chapeau bas, camarade !

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