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Bovinus

Tableau de bord

  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 10 octobre 2011 17:24

    Marianne :
    Si la prime de risque incluse dans le taux d’intérêt est là pour rémunérer un risque, le créancier doit assumer ce risque, avec le capital adéquat.

    En termes de droit, l’État est son propre assureur. Il n’y a donc pas besoin d’introduire un intermédiaire pour gérer le risque si l’État accorde un prêt.

    Ceci milite pour un fonds d’assurance des banques, une réserve en capital accrue.

    Et, si l’on suit votre logique, ce fonds d’assurance (encore un intermédiaire de plus à engraisser), ce sera en fin de compte l’État. Car, qui est l’assureur du fonds d’assurance ?

    Sinon beaucoup de confusion dans les autres critiques que vous faites, beaucoup d’intox aussi. Je ne pense pas que vos propos soient plus clairs que les miens !

    Je suis tout prêt à en discuter, et vous invite à m’exposer vos objections.

    Elles ont aussi une utilité publique et les nationaliser ne serait pas forcément un bien pour le contribuable.

    L’institution bancaire a évidemment une utilité publique. Maintenant, il n’est pas du tout obligatoire qu’elle soit privée, ni qu’elle se mêle de tout faire (y compris de la politique). Elle pourrait prendre la forme d’une banque d’État, de coopératives locales, de mutuelles, de caisses de solidarité, etc.

    D’ailleurs, vous dites que nationaliser les banques ne serait pas forcément un bien pour le contribuable, mais vous n’expliquez pas clairement en quoi. Par ailleurs, je rajouterai que nationaliser le capital n’est qu’un aspect de la question et n’aurait d’autre effet que de nationaliser les pertes. Pour rester cohérent, il faut non seulement nationaliser, mais aussi saisir les biens et les comptes de tous les cadres, traders, actionnaires, qui se sont considérablement enrichis en faisait du profit, mais refusent de payer.

    Si pour ne pas voir ce créancier (banque) faire faillite au motif qu’il fait subir un risque systémique au reste de l’économie, l’Etat assume lui-même la perte à sa place, en effet le contribuable se fait avoir et ce n’est pas normal. Je ne cautionne aucunement cette logique et en même temps je ne suis pas favorable au déclenchement d’une faillite générale.

    Ben, faut bien choisir entre les contribuables et les banquiers. Par ailleurs, la faillite générale qui vous fait si peur, elle est déjà en train de se produire. Quand on sait que l’once d’or en 1971 valait 30 dollars, et qu’elle en vaut 1300 maintenant, c’est qu’il y a une grosse couille dans le pâté.

    En gros vous êtes pour l’immobilisme, le statu quo, ce qui était le sens de mon message précédent, et ce qui est en parfait accord avec la ligne de votre parti. Notez que je ne juge pas, je me contente de traduire en bon français et d’expliquer.



  • Bovinus Bovinus 10 octobre 2011 15:27

    Encore une escroquerie.

    L’article, bourré de sophismes, de détournements de sens et d’éléments de langage pseudo-techniques, si bien qu’on n’y comprend rien, est visiblement conçu dans le but de propager le doute. L’auteur ferait un excellent politicard ou un expert de plateau de TV tout à fait remarquable ; ne rien dire avec autant de mots sur autant de paragraphes est une performance qui mérite d’être applaudie.

    Exemple :
    2- le privilège de la création monétaire, qu’ont les banques, fait perdre à l’Etat, aux citoyens, le pouvoir de battre monnaie (référence à la loi Pompidou-Giscard de 1973). Il faudrait rendre ce pouvoir à la Banque Centrale et permettre à celle-ci de financer le Trésor Public en achetant la dette publique. Il faut préalablement expliquer ce que signifie « création de la monnaie » : une banque peut accorder un crédit du moment qu’elle possède un capital égal à environ 8% selon le risque (ratio core tier one, maintenant soumis aux règles de Bâle 2), sans posséder les 100%, qu’elle trouvera par refinancement auprès de la Banque Centrale ou auprès du marché. Comme par ailleurs des crédits sont remboursés, la création de monnaie est la différence entre les nouveaux crédits et le remboursement des anciens. Par ailleurs, cet argent créé est mis en regard de l’activité économique réelle, l’évolution du PIB. Si la masse d’argent crée est supérieur à la création de valeur économique, c’est que la monnaie est dépréciée, ce qui se traduit par de l’inflation (hausse des prix) ou une dévaluation de la monnaie.
    Lorsque la Banque centrale achète de la dette publique de son Etat, elle crée directement de la monnaie, qui est de la monnaie de singe s’il n’y a pas une équivalence dans l’année avec une création de valeur (sauf si la Banque centrale « stérilise » cette monnaie en diminuant d’autant ses concours au système bancaire.
    Que la BCE achète ces titres en stérilisant la monnaie, où que les banques achètent les titres revient au même en termes de création monétaire. La différence étant la prise de risque sur le titre d’Etat : in fine par le contribuable via la Banque centrale, ou par les actionnaires des banques via l’autre solution.

    L’auteur nous explique grosso-modo que l’idée de vouloir reprendre le pouvoir de création monétaire aux banquiers pour le rendre à l’État n’apportera rien : en fait, cela reviendrait au même. Par conséquent autant laisser les choses en l’état.

    On n’est même plus dans le sophisme, on est dans l’absurde total. Commençant par établir une savante confusion entre intérêts privés et service public, en commençant par nous parler de la loi de 1973, pour ensuite glisser vers les accords de Bâle 2 puis embrayer sur le principe de l’argent-dette, l’auteur nous explique en même temps le mécanisme de l’inflation et finit par nous dire que la prise de risque doit être rémunérée. Si bien que le paragraphe, savamment saupoudré d’anglicismes et de concepts abscons, devient incompréhensible.

    La prise de risque n’a rien à voir là-dedans. Si le prêt est effectué par un acteur privé, ayant des intérêts privés, il faut en effet que celui-ci y gagne quelque chose, sinon, pourquoi prêterait-il ? À l’inverse, quand l’État prête à une entreprise, son but n’est pas d’avoir un retour sur investissement, mais de proposer un service public ou des infrastructures dont tout le monde profitera (ou alors c’est de la corruption, mais c’est un autre thème). Les éventuelles pertes (le coût du risque) seront de toute manière supportées par toute la collectivité, ce qui est parfaitement logique. Il n’y a donc pas lieu de faire payer un quelconque coût supplémentaire à qui que ce soit. Mélanger de la sorte intérêts privés et intérêt général, c’est entretenir délibérément la confusion.

    Les accords de Bâle, c’est un thème complètement différent, et celui-ci concerne la solvabilité des établissements bancaires. Si l’on admet que l’État se remet à créer sa monnaie, il faut aussi admettre que la solvabilité de l’État est garantie par sa crédibilité. Il est vrai que cela risque de ne pas satisfaire tout le monde ; c’est pourquoi, avant 1971, on se basait surtout sur le nombre de lingots d’or que les États possédaient pour « garantir » leurs devises. Il faut bien préciser, en outre, que cette crédibilité n’est nécessaire que vis à vis des autres États, c’est à dire, dans le cadre du commerce extérieur, puisqu’à l’intérieur de ses frontières, un État est souverain et qu’à partir du moment où il n’y a qu’une seule monnaie en circulation à l’intérieur de ces frontières, les citoyens et les entreprises seront obligés, bon gré, mal gré, de l’utiliser.

    Examinons le mécanisme de l’émission monétaire sous l’angle de l’inflation. Un État qui augmenterait la masse monétaire en circulation provoquerait en effet de l’inflation ; celle-ci est, en même temps que l’impôt, ce qui va permettre de générer une accumulation de capital. Cela revient à prélever à chaque individu utilisant la monnaie de l’État émetteur une parcelle de pouvoir d’achat, pour financer par exemple la construction d’une autoroute ou un réseau téléphonique. Une fois ces infrastructures mises à disposition des citoyens, une augmentation du PIB doit en résulter, qui compense, dans un deuxième temps, l’inflation initiale.

    En dépit de toutes les horreurs qui ont été dites sur cette méthode, celle-ci fonctionne très bien et a été employée tout au long de la période dite des 30 glorieuses. Par ailleurs, notre informateur désintéressé oublie de nous rappeler qu’il existe un moyen très simple et très efficace pour se protéger des effets de l’inflation, inévitable dans un système de ce type : l’indexation. Indexez les salaires, les prêts, les contrats et les loyers sur l’inflation, et voilà. Ce principe a été discrètement aboli en 1983 par le « socialiste » Delors, sans doute pour créer les conditions nécessaires à une crise, qui justifierait des « réformes indispensables ».

    Pour finir, je souligne ce merveilleux échantillon d’enfumage, qui nous explique, ni plus ou moins, que quel que soit le mode de prise en charge du risque, il faut toujours qu’il y ait quelqu’un pour l’assumer : contribuables ou actionnaires.

    Que la BCE achète ces titres en stérilisant la monnaie, où que les banques achètent les titres revient au même en termes de création monétaire. La différence étant la prise de risque sur le titre d’Etat : in fine par le contribuable via la Banque centrale, ou par les actionnaires des banques via l’autre solution.

    En oubliant de préciser que dans la solution 2, celle où les généreux actionnaires se portent volontaires, ils s’en mettent plein les poches sur toutes les opérations où il n’y a en réalité aucun risque (de loin les plus nombreuses), et que par ailleurs, ils se débrouillent toujours pour ne pas payer les rares fois où le risque se concrétise. C’est ce que les « populistes » appellent « mutualiser les pertes et privatiser les profits ».

    L’épisode des subrprimes et l’attribution des coûts au contribuable nous en fournit une preuve éloquente. Plus récemment, pour les amnésiques, on pourrait rappeler le scandale Tepco : qui, au final, assume les coûts de l’irresponsabilité de cette entreprise ? Est-ce Tepco, ou bien, le peuple japonais ? Tepco a-t-elle seulement été condamnée ?

    La seule question qui vaille la peine d’être posée, en vérité est celle-ci : avons-nous réellement besoin d’intermédiaires pour se gaver sur notre dos quand tout va bien, mais pour se volatiliser (avec la caisse) dès qu’il s’agit de nettoyer la merde ?



  • Bovinus Bovinus 8 octobre 2011 16:09

    Ah bon, parce que c’est ce que veulent les Indignés ? Vous me semblez très bien informé. Pour en être vous-même, Vitulus ?

    Non, je suis très mal informé sur ces mouvements, d’ailleurs, je me référais plus spécifiquement à OWS et non aux « indignés » européens. J’ai cru comprendre que l’objectif de ces deux mouvements est de proposer une « alternative politique », ce que je soutiens totalement.

    Ce qui me gêne, c’est plutôt les moyens intellectuels et la crédibilité du mouvement, qui me semblent proches de zéro. Tout cela rappelle beaucoup trop la vague « mai 68 ». C’est pourquoi quelqu’un comme Étienne Chouard, qui lit des choses sérieuses et qui réfléchit avec rigueur et méthode me paraît plus intéressant, et susceptible de donner quelque chose de concret.



  • Bovinus Bovinus 8 octobre 2011 15:59

    Erratum dans ma première réponse à vos objections
     :
    Concrètement, il résulte de tout cela une certaine confusion dans la lecture des politiques étrangères sur le temps long

    Il convient de lire « sur le temps court », bien entendu.



  • Bovinus Bovinus 8 octobre 2011 14:55

    Concernant le débat libéralisme-socialisme, je souhaite également ajouter ceci : dans son fameux Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, paru en 1776, Smith met en évidence cette loi : la spécialisation du travail est proportionnelle à la taille du marché. D’où il résulte que pour bénéficier d’une meilleure productivité (et par conséquent, d’une plus grande prospérité), il convient d’étendre le marché (et donc, de conquérir si il le faut des marchés extérieurs).

    Cette loi économique se vérifie en effet dans la plupart des cas. La Chine, dont le régime à parti unique met en œuvre une économie basée sur un compromis entre capitalisme d’État et capitalisme privé, nous en fournit un exemple éloquent depuis qu’on l’a laissé intégrer le marché mondial.

    Les ressources, l’énergie disponible, la compétence des dirigeants, la situation démographique et géopolitique, la taille du marché, le capital industriel et technique sont les éléments-clefs qui permettent d’expliquer la prospérité d’un pays donné. Il n’a jamais été prouvé que l’organisation socio-économique avait une influence déterminante. Le débat socialisme - libéralisme est secondaire, et pour une large part affaire d’idéologie. Objectivement, son intérêt est proche de zéro, mais la couleur de l’emballage, il est vrai, possède une grande valeur symbolique.

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