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Bovinus

Tableau de bord

  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 8 octobre 2011 13:43


    les socialismes n’ont jamais été proches, favorables voir originaires des plus défavorisés. Ce sont toujours et partout des membres et enfants des classes moyennes éduquées. (Dansle parti Bolchevique d’avant la révolution, le nombre d’ouvrier dans les dirigeants est de 1 !)

    Vous voulez dire que les communards (juste un exemple parmi d’autres) sont tous issus des classes moyennes éduquées ?

    Le sort des plus défavorisés est systématiquement meilleur dans les démocraties libérales que dans tous les régimes socialistes d’obédience marxisante en tout temps et en tout lieu. Cela ne peut pas être un hasard.

    Rien à voir avec le socialisme ou le libéralisme, mais tout avec la richesse du pays. Or, il se trouve que les pays réellement socialistes sont des pays pauvres (j’exclus la Russie : c’est un pays très riche mais sous régime oligarchique depuis qu’elle est un empire centralisé, c’est à dire, le XIVe siècle si je ne me trompe pas). Il y a bien l’exemple du Chili, mais il est difficile de juger car il n’est pas resté socialiste suffisamment longtemps pour qu’on puisse voir ce que ça aurait donné sur le long terme (notamment grâce à Pinochet et nos amis « démocrates » américains). Cuba est un pays pauvre, et de plus sous embargo depuis un demi-siècle ; force est de constater qu’il s’en sort pas mal du tout. Par ailleurs, si on considère que les démocraties chrétiennes du Nord sont tout de même dans une large mesure socialistes (quoique non inspirées du marxisme), votre argument est très compromis. Ne me parlez pas de Chine ou de Corée du Nord : la première est une oligarchie impériale, la deuxième une dictature centralisée.

    Dans une stratégie impérialiste aujourd’hui, il serait plus efficace d’accroitre le contrôle sur l’agro alimentaire.

    Vous avez tout à fait raison : ils devraient chercher à contrôler l’agro-alimentaire, et c’est exactement ce qu’ils font depuis que les cours sont fixés par les « marchés » et que le FMI contrôle les économies des pays exportateurs. Même l’agriculture européenne est indirectement contrôlée par les États-Unis depuis l’accord de Blair House via un système de quotas extrêmement défavorable pour l’UE (et notamment la France). Les effets pervers, ils existent bel et bien. Par exemple, en vertu d’une application foireuse du principe de l’avantage comparatif de Ricardo, le FMI impose aux pays « pauvres » de se concentrer exclusivement sur des produits d’exportation au détriment de tout le reste (y compris l’auto-suffisance alimentaire).

    Pour ce qui est du Venezuela, il me semble qu’ils le contrôlaient largement jusqu’à ce que Chavez se pointe, et ont cherché à se débarrasser de lui à plusieurs reprises ; rien ne dit que demain, la « communauté internationale » ne va pas commencer pas à chercher des noises au Venezuela. D’ailleurs, le père Chavez rapatrie son or et vient de négocier avec Moscou un crédit de 4 milliards pour acheter des armes (dépêche hier sur RIAN).

    Quant à l’Afghanistan, il est peut-être pauvre, mais riche en ressources, et reste une zone stratégique. Si la question vous intéresse, vous pouvez regarder ce petit documentaire de realpolitik.tv : http://www.dailymotion.com/video/xee1xk_geopolitique-de-l-afghanistan-chaup_news
    L’Afghanistan est une pièce-clef en Asie centrale, or, la stratégie américaine mise en œuvre dès 2001 consistait à s’emparer de l’Asie centrale.

    Le facteur de distance n’a pour les États-Unis qu’une importance relative. N’oubliez pas que c’est une thalassocratie, avec une armée complètement tournée vers la projection extérieure. Si ils ont plus de 700 bases dans le monde c’est pas pour rien. Rien que ce seul fait jette un sérieux doute sur leurs intentions pacifiques, vous devriez au moins essayer d’admettre que peut-être, la doxa libérale n’est pas complètement vraie, et que certaines choses ne sont pas telles qu’on vous dit qu’elles le sont.

    Après, je pense qu’il faut bien avoir conscience de ce qu’un État n’est pas une structure monolithique, et qu’il y existe au sein de chaque État des rapports de force entre les structures de pouvoir (en géopolitique, on considère qu’il convient de distinguer : gouvernement, complexe militaro-industriel, services de renseignement, corps diplomatique). L’orientation globale d’un État X en politique étrangère dépend largement de ces rapports de force. Le Canadien Peter Dale Scott a une théorie complémentaire, qui est celle de l’État profond, parallèle en quelque sorte à l’État officiel. Brzezinski parle d’une sorte de « méta-État » composé des élites occidentales et qui serait dominant au sein du camp occidental. Concrètement, il résulte de tout cela une certaine confusion dans la lecture des politiques étrangères sur le temps long ; néanmoins, des constantes reviennent toujours.



  • Bovinus Bovinus 7 octobre 2011 19:05

    @ alcodu :
    Ce n’est pas après vous, c’est après votre pamphlet que j’en ai. Votre réponse prouve que vous pouvez être tout à fait raisonnable.

    Je cherche juste à montrer aux idôlatres de l’Etat qu’ils sont encore une fois en train de se faire rouler.

    Ce n’est pas ce que j’ai cru comprendre, mais vous faites bien de le préciser.

    C’est bien l’Etat qui a le monopole de la création monétaire via les banques centrales.

    En théorie seulement. Les États sont de mèche avec ce qu’on pourrait appeler les « puissances de l’argent », et qui ne sont rien d’autre qu’un puissant méta-État. Personnellement, j’aurais même tendance à être encore plus radical : l’État, pas plus que le « marché » ou les « banques » n’est un individu clairement identifiable. L’État, c’est nous. Par conséquent, les responsables de ce merdier, c’est nous, parce que nous avons laissé cela se produire.

    Nous avons oublié notre histoire et notre culture ; nous avons renié nos valeurs et notre dignité pour de la pacotille et de la verroterie sans valeur ; nous nous sommes désintéressés de la politique et de la morale. Puis, nous nous sommes vautrés dans les délices de la société de consommation comme des gorets dans leur bauge. Et pendant que nous étions si occupés à jouir et à profiter, d’autres ne perdaient pas leur temps.

    Et maintenant, que faisons-nous ? On s’énerve, on manifeste, on trépigne. Mais ça sert à rien. Crier, vociférer, taper des pieds, brûler les banques ou même faire sauter tout Wall Street ne nous fera pas avancer d’un poil (n’en déplaise à nos « Indignés »). C’est la réaction du gamin de 2 ans qui n’a pas eu son sucre d’orge. Faut grandir un peu.

    En clair, ce que je vous reproche est d’être trop ambigu ou bien de ne pas dire votre pensée jusqu’au bout. Pour l’agressivité, ce n’est que de l’absence de tact... si j’ai un bœuf pour avatar, ce n’est pas pour rien. Désolé.

    Quand à la gauche libérale oxymore, révisez votre histoire...

    Bien vu, j’ai hésité à écrire « pléonasme ». Considérant cependant que plus personne ne sait ce qu’est le libéralisme au sens historique, et qu’il est systématiquement confondu avec ce qu’on nomme de nos jours « néo-libéralisme », j’ai tout de même opté pour l’ « oxymore ».



  • Bovinus Bovinus 7 octobre 2011 15:25

    Cet article est une escroquerie intellectuelle. Si la première version de la fable des ânes est déjà bien gratinée, la deuxième n’est guère mieux.

    Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que ces indignés sont en fait des employés municipaux qui tirent l’intégralité de leurs revenus du déficit communal.

    Très généreusement l’opposition municipale a promis d’augmenter leurs effectifs et leurs salaires en taxant les artisans et fermiers les plus prospères ainsi que la banque.

    Apparemment, dans notre village, l’âne est un actif stratégique. Le maire qui a laissé spéculer là-dessus est tout simplement un imbécile à qui il convient de donner d’urgence un emploi plus en rapport avec ses compétences : celui de nettoyer l’étable à ânes. Le banque complice devrait être nationalisée ou mise en liquidation, voilà tout.

    Mais avant, il faut quand même faire passer ces gens par une garde à vue « musclée », pour s’assurer au moins qu’il ne sont pas des traîtres se faisant passer pour des imbéciles.

    Quant au mécanisme du marché proprement dit, il n’est jamais qu’un mécanisme, un outil. Si je prends une hache et que je découpe mon voisin avec, faut-il accuser la hache d’homicide ?

    Par ailleurs, l’arnaque, dans les deux histoires, c’est qu’elles ignorent totalement la problématique - pourtant centrale - de la monnaie : quand on voit le prix de nos ânes, au départ de 100 euros, s’envoler jusqu’à 5 fois ce montant, et qu’il se trouve quand même des gens pour les acheter, ça veut dire que la masse monétaire est 5 fois trop importante eu égard à la « taille » de l’économie du village. Cela s’appelle tout simplement de l’inflation (voire, dans notre cas, de l’hyperinflation).

    Avec une banque centrale qui fait correctement son boulot, cela n’aurait jamais pu arriver : il n’y aurait tout simplement pas eu assez de monnaie en circulation.

    Quand on ouvre les robinets à fond, eh ben il arrive ce qu’il arrive systématiquement dans ce cas : une bulle spéculative, qui grossit, grossit, puis finit par exploser. La solution préconisée en filigrane par l’auteur n’est guère mieux - une politique de « rigueur » ne manquera pas d’entraîner chômage et misère pour la simple raison que quand il n’y a pas assez d’argent en circulation, ben, on peut pas payer tout le monde. C’est « mécanique ».

    Les employés municipaux n’y sont pour rien, le système de taxation non plus. Il est d’ailleurs extrêmement malhonnête de la part de l’auteur de « glisser » ces deux éléments de langage archi-éculés du pseudo-libéralisme en catimini, à la fin de son torchon, histoire de valider sa thèse.

    Dans sa logique, libérale de gauche (à en juger par sa description qui ne craint pas l’oxymore), l’auteur nous suggère qu’il faut réduire les dépenses publiques (bien !) et ne surtout pas vouloir trop taxer les riches (bouh ! caca ! pas bien !).

    Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois pauvres et les villageois industrieux. Et vous, que feriez vous à leur place ?

    J’aime beaucoup l’opposition imbécile entre villageois pauvre et villageois industrieux. Comme si le villageois pauvre ne pouvait être également industrieux, ou que le villageois industrieux ne pouvait qu’être riche. L’auteur prend clairement les gens pour des imbéciles, ou bien, est lui-même imbécile. Les deux ne sont pas à exclure, d’ailleurs.

    Si j’avais l’infortune d’habiter dans ce village, je prendrais le soin d’expliquer tout cela, et j’organiserais une révolte. Une fois le maire et le banquier traduits tous deux devant un tribunal populaire et jugés pour association de malfaiteurs puis passés par goudron et plumes comme il se doit, il conviendrait de mettre en place de nouvelles institutions.

    Mais cela est une autre fable.



  • Bovinus Bovinus 7 octobre 2011 00:16

    Euh je viens de vérifier auprès de ma femme - on payait (pour 2, donc) 60 roubles par mois pour le gaz, qui servait à la cuisine (parfois même en chauffage d’appoint, enfin vous devez connaître le principe : on allume la gazinière et on laisse tourner) et pour l’eau chaude, le chauffage était central et elle était proprio d’un appartement de 40m2 à Dolgoprudny (pas exactement le centre de Moscou, mais ça n’influe pas tellement sur le prix, si ?). Tout compris (eau, gaz, courant, chauffage) on en avait pour 500 roubles à peu près, plus 1k pour le net et les autres charges. C’est juste pas possible que vous payiez aussi cher qu’à Paris, ou alors il y a un souci (maison mal isolée peut-être ?). Là on habite à Nantes, et rien qu’en gaz (eau chaude) on en a pour 150-200 euros par mois en hiver. C’est pas exactement les mêmes ordres de prix.

    Pour l’écroulement du système depuis 200 ans, on l’a en effet annoncé et il s’est bel et bien produit plusieurs fois : en 1914, en 1929, en 1940 et pour l’URSS en 1991. Je sais pas vous, mais personnellement, j’ai pas spécialement envie de me fader une catastrophe de ce genre. Celle qui arrive m’a l’air pire encore, mais peut-être que je me trompe ; pour ne pas me rassurer, certaines personnes sérieuses comme Ruppert ou encore Michel Drac confirment le diagnostic. Je prends garde de ne pas verser dans le catastrophisme, mais connaissant un peu l’histoire et l’économie, je suis tout de même assez pessimiste sur l’avenir.

    Sinon, détrompez-vous, je ne partage pas votre opinion sur l’échec global du socialisme, et en Russie encore moins qu’ailleurs. Comme je le disais, le socialisme russe n’en a jamais été un réellement (ou alors, si, au tout début, entre 1917 et 1920), c’était plutôt un capitalisme d’État planifié à tendance socialiste, qui est devenu un capitalisme oligarchique après la mort de Staline et qui a connu son paroxysme après 1991. D’ailleurs, en étudiant le système poutinien, on se rend compte qu’il n’y a pas eu tant d’évolution que ça. Poutine est tout simplement en train de restaurer l’empire russe dans les grandes lignes, avec une dose de capitalisme féodal à l’occidentale, et pour le moment ça a l’air de marcher plus ou moins. Il faudra tout de même que cela évolue, sinon le pays va retomber dans les mêmes errements : tout système finit par se corrompre, et si le système poutinien a été efficace au début, il risque de le devenir de moins en moins si il ne se réforme pas.

    Quant à la « défaite » de la Russie - qui est d’après moi relative, je dirais qu’il s’agit de la perte d’une bataille dans une très, très longue guerre - dans la confrontation GB - États-Unis contre Russie, elle est due non pas à son système mais aux facteurs que je citais (à moins qu’on ne me prouve le contraire, bien entendu). Vous dites que l’énergie est gratuite pour la Russie, mais je vous réponds qu’elle l’est aussi pour les États-Unis : le papier de leurs dollars ne vaut que dalle, et si on regarde le prix du baril en valeur réelle (c’est à dire, en dollars 1971), ce prix n’a quasiment pas bougé depuis 1973. Il y a aussi autre chose que je souhaite préciser : quand je dis que la Russie est moins efficace énergétiquement, j’entends bien, évidemment que le climat est à prendre en compte (et pas qu’en degrés C mais avec toutes les contraintes que fait peser le milieu sur les infrastructures), mais j’entends aussi que pomper du pétrole en Arabie Saoudite c’est pas exactement pareil que de le pomper en Sibérie. Et bien sûr, qu’il convient de prendre en compte le gaspillage et le détournement (ce qui se produit également de plus en plus aux États-Unis, notamment au niveau du complexe militaro-industriel). Et ce n’est évidemment pas le même pétrole (pas à la même profondeur, pas le même type, pas la même viscosité, etc).

    Sur le long terme, il me semble que les États-Unis sont perdants car ils en consomment plus et sont obligés de maintenir beaucoup de pays sous occupation ; de plus, la Chine va rentrer dans la danse bientôt. Enfin, je souscris à l’analyse de Mackinder : les thalassocraties anglo-saxonnes peuvent maintenir l’avantage aussi longtemps que l’Eurasie est isolée, mais la tendance a l’air de s’inverser : la Russie, l’Iran et la Chine sont sur le point de concrétiser l’axe tant redouté par Brzezinski, et Berlin s’est sensiblement rapproché de Moscou ces dernières années. Mais on ne sait pas de quoi demain sera fait, je ne m’aventurerai pas à faire de la prospective.

    Je vous remercie pour votre intérêt, mais je ne suis qu’au début de ma quête de compréhension du monde, et il est fort probable que mes positions évoluent en intégrant des penseurs que je ne connais pas encore, mais elles resteront d’inspiration socialiste. Si mon discours vous paraît de « gauche », c’est que je considère simplement que la coopération est préférable à la concurrence.

    Par ailleurs, je me sens plus solidaire du peuple et des pauvres que des riches et des privilégiés ; si on réfléchit en termes de socio, bien souvent, ce qui détermine la nature du système (socialiste ou capitaliste), c’est, ne vous en déplaise, la classe majoritaire à un moment donné dans un État donné. Ça ressemble beaucoup à une lecture par « classes » marxiste, d’ailleurs, ça tombe bien, Marx était justement sociologue. L’objectivité n’a rien à voir là-dedans, ce n’est rien d’autre que du pur déterminisme social : si vous êtes issu d’un milieu fortuné, vous serez « libéral », si vous êtes issu d’un milieu plutôt populaire, vous serez socialiste, voilà tout. Il y a évidemment des exceptions (par exemple, Kropotkine), mais c’est très rare. Ce qui est beaucoup plus fréquent, c’est le pauvre enrichi qui devient libéral ou le riche ruiné qui se fait socialiste.

    Concernant cet article, j’ai bien conscience que mon discours est schématique, mais je ne pouvais pas faire autrement : on s’adapte au média, et je ne peux pas publier ici tout un essai. Si vous observez des similitudes concernant certaines définitions avec ce qu’en disait la propagande soviétique, rien d’étonnant, nul n’a le monopole de la vérité ou des constats. Le système occidental n’est pas viable et doit être remplacé par autre chose ; la question qui nous intéresse tous est de savoir que devrait être cet autre chose.

    Il convient de beaucoup se méfier de l’idéologie ; à mon opinion, un système politique est forcément issu d’une civilisation donnée dans des conditions données, et pour cette raison n’est pas exportable. Si vous me dites que le libéralisme c’est bien, je suis d’accord avec vous, tant que l’on reste là où il est né : en Grande-Bretagne et en France, dans des conditions historiques, techniques, démographiques, sociales et géopolitiques données. Dans une France qui n’est plus une puissance de premier plan, le libéralisme capitaliste risque de ne plus être viable. Dans une Russie qui n’a pas tellement changé et qui garde grosso-modo son rang, le système qui a le mieux fonctionné est probablement une bonne base de départ. Jusque-là, Poutine me donne raison : est-il vraiment autre chose qu’un néo-tsar, entouré de néo-boyards ? La nouveauté dont il ne pouvait faire l’économie est le caractère électif du néo-tsarisme qu’il a mis en place.

    Par exemple, la farce libyenne est condamnée à l’avance pour les raisons citées. Khadafi n’était pas exactement un dictateur, et la société libyenne est un tribalisme. Prétendre importer la disneyland democracy made in USA là-dedans, c’est du grand n’importe quoi. D’ailleurs on a vu ce que ça a donné en Irak.

    Si on veut faire de la prospective politique, il faut s’intéresser à un pays donné à un moment donné en tenant compte de son histoire et de son génie particulier. Si mon discours vous a paru gauchiste, c’est simplement parce que vous avez vu des commentaires et cet article qui étaient destinés à combattre la propagande (ou, si vous préférez, l’idéologie) néo-libérale ; il est logique donc de recourir à des éléments de langage « opposés », c’est à dire, socialistes.

    Mis à part ça, je ne suis pas plus de gauche que de droite, c’est une question qui ne m’intéresse pas, je suis simplement du côté des humbles et des petits, non des riches et des puissants ; si je devais proposer une organisation politique pour la France, je m’inspirerais probablement du modèle suisse ou athénien (comme le propose Étienne Chouard) ; à la limite, je préférerais encore une restauration complète de l’Ancien Régime à la prédation organisée actuelle. Ça fonctionnait plutôt bien, l’Ancien Régime, quoi qu’on nous en dise à présent, et surtout, par rapport aux régimes matérialistes de notre époque, il avait l’avantage d’intégrer une composante spirituelle. C’était peut-être bien le meilleur régime que la France ait jamais connu, et c’est peut-être bien de cela qu’on devrait chercher à s’inspirer. J’avoue que je n’ai pas d’alternative à proposer à ce qui existe maintenant en France, mais si je devais en proposer une, j’irais certainement piocher dans la France du XVIIIe siècle.

    Si je devais proposer une alternative pour la Russie, c’est précisément du côté de la Russie fin XIXe que j’irais chercher (vous m’avez surpris en parlant de Stolypine, bien joué ; cela dit, en dépit de l’exceptionnelle croissance de cette période, le gros du travail d’industrialisation a été réalisé sous Staline, je maintiens ma position). Je suppose d’ailleurs que c’est ce que Koltchak avait en tête quand il s’est lancé dans sa guerre contre le bolchévisme, et, encore une fois, je souligne la trahison occidentale - il a été lâché par la Grande-Bretagne et la France, qui n’avaient aucun intérêt à voir une Russie puissante et prospère émerger en cas de victoire des Blancs, ni de partager les fruits de la victoire avec. En toute logique, elles ont donc laissé les Rouges prendre le pouvoir. Le mal donne le mal : le calcul s’est finalement révélé désastreux, surtout pour la France, et pour l’Europe dans sa totalité (et donc, pour le monde...).

    Le cas américain est assez intéressant ; quand vous me dites que les États-Unis sont une puissance globalement bienveillante, je suis d’accord, mais seulement jusqu’à la présidence Johnson. À partir de là à peu près, cela n’a été qu’une longue dégringolade vers la dictature techno-fasciste qui est en train de se mettre en place actuellement. Les États-Unis ont progressivement renié toutes les valeurs sur lesquelles ils se sont construits, et abrogé toutes les lois protégeant leurs citoyens de la tyrannie des puissances de l’argent. Ce n’est plus qu’un grand État prédateur, cynique, menteur et agressif, qui n’a plus grand-chose à voir avec les États-Unis du début du XXe siècle et encore moins ceux du XIXe. De plus, c’est un impérialisme, donc par essence, pas sympa et qui plus est, messianique.

    Cela dit, le « vice » était dès le départ dans le génome de leur État, vu qu’ils se sont construits par et sur un génocide - celui des Amérindiens. Un État capable d’une pareille chose sera aussi capable de balancer deux bombes atomiques sur le Japon, juste pour tester, et de tout ce qui a été commis au Viet-Nam plus tard. De quoi seront-ils capables demain, vos grands « démocrates » ? Je préfère même pas imaginer.



  • Bovinus Bovinus 6 octobre 2011 17:32

    eric :
    Votre kyrielle d’auteurs, je vois assez bien dans l’ensemble, (Juvin est un copain par exemple) mais le fait qu’ils écrivent quelque chose ne signifie pas que cela soit vrai)

    Alors ça, c’est amusant... le fait que je les lise ne signifie pas non plus que je ne lis pas autre chose, ni que je ne réfléchisse pas par ailleurs. Et « voir assez bien dans l’ensemble », ça veut pas non plus dire que vous savez de quoi il est question dedans.

    Bon, pour le reste, on va pas se battre hein : je dis « blanc », vous dites « noir », si de plus vous contestez les faits (qui après peuvent varier considérablement selon les sources), on ne risque pas d’arriver à quoi que ce soit d’enrichissant.

    Pour la même surface, mon chauffage me revient au même prix à Paris et à Moscou.

    Désolé, mais cela est carrément un mensonge. J’ai été étudiant à Moscou entre 2008 et 2009, et je payais environ 10 euros par mois pour mon gaz, l’électricité et le chauffage (central) tout compris en plein hiver. C’est juste pas possible, à moins qu’on ne vous fasse payer un prix « spécial étrangers » ou que votre loueur vous présente de fausses factures.

    Après, oui, vous avez raison, y’a pas que Mourmansk ou Moscou, y’a aussi St Petersbourg, Novossibirsk, Vologda, Omsk, Tomsk, Irkoutsk, Oufa, Vladivostok, etc. Mais à part cela vous avez raison, l’efficacité énergétique est globalement mauvaise en Russie, ce qui est dû à beaucoup de facteurs - usure des infrastructures, gaspillage, détournement, faible prix n’incitant pas l’usager à l’économie. Ce qui ne fait que confirmer ce que je disais plus haut sur la consommation énergétique par tête : non seulement l’occident consomme beaucoup plus, mais il consomme aussi plus « utile ».

    De 45 à la Perestroika, elle a été en paix et, surtout a partir des années 70 elle vit sur une rente avec la hausse du prix des matières première et de l’énergie.

    Si vous considérez la guerre froide pour une période de paix, on ne risque pas de se comprendre...

    Pour le reste, je ne vais même pas prendre la peine de vous répondre, si vous connaissez M. Juvin, je soupçonne que vous êtes très au fait de toutes ces questions donc il est inutile d’en débattre davantage, si ce n’est pour amuser la galerie - qui n’est d’ailleurs plus là, l’article n’étant plus en première page.

    kemilein :
    je vois pas en quoi causer avec des imbéciles peut nous faire avancer ?

    Je ne pense pas que vous soyez un imbécile, vous roulez simplement pour les « élites » de ce monde, et vous êtes en Russie pour faire de la prospective stratégique ou économique, ou peut-être éventuellement promouvoir l’axe Paris-Berlin-Moscou au cas où l’axe Tokyo-Washington-Londres-Paris venait à foirer. Pour l’instant, il tient encore, mais pour combien de temps ?

    Si ça se trouve, vous en avez une certaine idée, d’où il pourrait résulter que vous êtes non seulement de mauvaise foi, mais de plus, malhonnête parce que vous défendez un monde qui va s’écrouler et nous appelez à continuer à tenter de le sauver à tout prix, en continuant de faire comme si. Vous allez même jusqu’à insinuer, quitte à verser vous-même dans la paranoïa « conspirationniste », que votre ami M. Juvin raconte n’importe quoi. Si vous le faites de bonne foi, vous êtes atteint de paraphrénie ; si c’est de mauvaise foi, alors, comme on dit en Russie : « Dieu vous est juge ».

    Il semble qu’on n’ait plus grand-chose à se dire, mais je vous souhaite tout de même bonne chance, tout le monde va en avoir besoin.

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