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Bovinus

Tableau de bord

  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 27 mai 2011 15:07

    @ Aldous

    Bon, ben force est d’admettre que l’Amérique a attaqué l’Afghanistan pour ses richesses naturelles, hein ?!

    Pourquoi, d’après vous, tant d’empires invincibles ont essayé d’envahir l’Afghanistan ? Alexandre le Grand, l’Empire Ottoman, la Grande-Bretagne, l’URSS, les États-Unis... tous ont échoué, et beaucoup y ont péri. Les prétextes ne valent rien. Ce qui compte, c’est l’intérêt géostratégique que représente le contrôle sur l’Afghanistan. Même vous devriez arriver à le comprendre, si vous essayez très fort.

    Vous avez cru comme tout le monde à cette imposture du monde multipolaire.

    Libre à vous, si vous voulez, de croire. Je préfère observer, analyser, comprendre et savoir.

    Poutine a bien essayé de crier à la croisade mais comme il n’aime pas jouer le rôle du chien qui aboie quand la caravane passe, alors il ferme sa gueule ces jours-ci

    Poutine vient tout juste d’ouvrir ce dossier, et il n’est pas sûr qu’il ait un quelconque intérêt à s’en mêler, si ce n’est de faire savoir à l’OTAN jusqu’où celui-ci peut aller sans trop fâcher. Il avait jugé que le conflit israélo-palestinien était plus important, très certainement avec raison. Mais vous avez raison au moins sur une chose : il préfère généralement la fermer et agir, plutôt que de vociférer, ce qui est davantage dans le style « Occidental ».

    Si ça s’est mal passé en 2003 en Irak c’est parce que nous étions désunis et que Chinois et Russes se sont engouffrés dans la brèche.

    C’est marrant, parce qu’avec l’Occident, on observe tout de même une très nette tendance à ce que ça se « passe mal ». Partout où l’Occident « passe », ils finissent par se faire haïr, combattre, et finalement virer.



  • Bovinus Bovinus 27 mai 2011 12:23

    Brillant ! J’ai adoré. Si lucide, si juste, si impertinent, si caustique, en plein dans le mille... Encore ! smiley



  • Bovinus Bovinus 27 mai 2011 12:08

    Rienafoutiste :
    encore un mouvement révolutionnaire moderne, drapé dans les oripeaux anarchistes, autogestionnaire et écoloresponsable, et qui dit moderne doit dire intelligent, et finalement les acteurs de cette conjuration timide ne veulent que ce qu’ils n’ont pas... du fric, Le Fric, la possibilité d’en faire !!! la définition pure de la révolution, un petit tour (pour engranger le pognon) et puis s’évanouis (dans un confort annesthésiant) ensuite retour au réel.
    Avec une mentalité comme ça, la haute caste n’est pas prête de trembler...

    En fait Rienafoutiste n’est pas un contre-révolutionnaire, c’est un déçu. Il trouve probablement que ce mouvement n’est ni assez radical, ni vraiment révolutionnaire, qu’il est trop policé, peu clair sur les revendications, et probablement trop hétéroclite. Eh bien, cette fois-ci, je vais me faire l’avocat du diable : il a bel et bien raison. Moi aussi, je suis terriblement déçu de voir toute cette médiocrité.

    Le manifeste est à chier. Les « propositions » de l’ ’Assemblée générale« du 20 mai sont vagues, imprécises et hétéroclites. C’est normal. Bon nombre de ces »révolutionnaires Facebook« (expression assassine mais ô combien pertinente et juste dans ce contexte) se réduisent certainement à leur statut socio-économique, c’est à dire :
    - des jeunes (autrement dit : branleurs ignorants)
    - des chômeurs (catégorie hétéroclite regroupant probablement des exclus, des marginaux, des malchanceux, des aigris et des bons à rien...)
    - des travailleurs (c’est à dire, des travailleurs qui ne s’estiment pas assez payés, et qui le sont probablement en effet)
    - des retraités (qui rêvent d’autre chose, mais qui trompent leur ennui dans cette foire)

    Il doit y avoir dans le tas un noyau dur qui anime cette masse, sachant plus ou moins ce qu’il veut mais devant gérer et tenir compte de l’opinion des autres, et contraint de négocier, des les pousser, de réviser ses textes et déclarations ; je les vois du type »trotskiste alter-machin-truc« . C’est à dire, des imbéciles dans l’air du temps.

    Puisque ces gens ne s’alignent pas et qu’ils disent ne pas avoir de revendications électoralistes, ils devraient vociférer, menacer, exiger de vraies réformes, comme par exemple l’abolition du système représentatif bipartite actuel, celle du système bancaire et financier, une vraie réforme des structures économiques et un nouveau projet de société basé sur d’autres valeurs. Mais non, rien. Ils bronzent, discutent, proposent de petits aménagements et des quarts de réformes et écrivent de la merde. En fait, ils ne tiennent nullement à la mise à mort de l’ordre socio-économique et politique actuel ; au contraire, ils n’aspirent qu’à y avoir leur place, pour pouvoir jouir, consommer, s’y vautrer, en profiter tout comme les autres. Si on leur donnait à chacun un I-phone, un I-pad une Mini Cooper et une petite rente, ils s’estimeraient probablement comblés. Comme le dit Rienafoutiste, il veulent du fric. Mais aussi de la reconnaissance et du respect. Peut-être finiront-ils par obtenir le fric ; pour ce qui est du respect, je pense que c’est mort.

    À ceux qui me parleront de modèle islandais ou arabe, je répondrai tout net : ce cas-là n’a rien à voir avec ni l’un, ni l’autre. Dans le cas des Islandais, on avait un groupe reposant sur un vaste consensus réunissant une large majorité du peuple islandais, parfaitement conscient des enjeux, déterminé et sachant exactement ce qu’il veut. Dans le cas de la Tunisie et de l’Égypte, la révolution a été déclenchée par les »révolutionnaires Facebook« , mais rendue possible et accomplie par les élites de l’opposition dans le premier cas, et l’institution militaire dans le deuxième. Trois cas bien différents n’ayant de commun que l’apparence.

    Il n’est pas exclu néanmoins que le mouvement espagnol serve de détonateur à une véritable révolution, qui serait réalisée par un groupe social quelconque, et qui la ferait alors conformément à ses objectifs. Qui serait capable, aujourd’hui de faire une telle chose ? Existe-t-il seulement un tel groupe en Espagne aujourd’hui ? Ce ne seront pas les élites, puisque ce sont elles qui règnent actuellement sur le pays. L’armée, j’en doute. Peut-être le clergé catholique espagnol, secondé par une éventuelle chouannerie paysanne. Ou bien, un prolétariat animé d’une réelle »conscience de classe", d’après la vision marxiste. Mais ça reste tout de peu plausible. Enfin, on peut toujours rêver.

    En attendant, l’oligarchie financière apatride peut dormir sur ses deux oreilles. En conclusion de tout ce sermon, mon message aux jeunes révolutionnaires de notre temps, pourrait se résumer à ceci : pour renverser la clique des banquiers apatrides, il va falloir faire autre chose que se branler les couilles sur l’agora comme un troupeau de moutons. Il va falloir apprendre à penser juste, et pour cela, il n’y a pas trente-six solutions : il va falloir lâcher la télé et l’ordinateur, et vous gaver de bouquins sérieux et de culture. Sans culture, on ne pense pas, et sans pensée, on ne peut agir. Vous êtes de la volaille à la merci des rapaces et des prédateurs qui commandent l’Occident et qui doivent bien se marrer à vous observer en ce moment. Ce sont de vieux salauds extrêmement cyniques et malveillants qui s’ennuient ; pour le moment, vous n’êtes pas de taille, alors grandissez, mais ne devenez pas comme eux. Rejetez leurs valeurs mercantiles et tout ce par quoi ils vous tiennent et vous manipulent. Cessez d’être leurs esclaves. N’ayez foi et confiance qu’en vous même, c’est à dire, en votre conscience.



  • Bovinus Bovinus 27 mai 2011 03:20

    Bonne analyse. L’axe Russie-Chine-Iran est en effet une hypothèse effrayante pour les stratèges de Washington : un fabricant de canons de premier ordre et propriétaire d’un véritable empire de l’énergie, première puissance spatiale, une énorme usine et potentiellement une armée titanesque et un troisième larron riche en énergie à la porte de l’Orient. Ça peut en effet faire peur. Cela dit, les analyses de Brzezinski sont tout de même un peu schématiques et manichéennes, et, comme toute conception géopolitique américaine, pêchent par l’ignorance des facteurs historiques et culturels. Les Russes, les Chinois et les Iraniens n’ont en commun que des intérêts, et très peu d’affinités. Il peut leur arriver de faire du bluff, d’adopter des positions diplomatiques communes, ou de distiller volontairement la peur, mais ils ne peuvent vraiment constituer une alliance durable. Des chrétiens, des confuciano-communistes et des musulmans... je vois mal une telle clique arriver à seulement se faire confiance, ce qui est une condition indispensable pour coopérer dans le cadre de pactes politiques et militaires requérant un engagement réel.

    Personnellement, je pense que Brzezinski se fourre le doigt dans l’œil, et préfère m’en tenir à la géopolitique selon Aron. Ça me paraît plus proche de la réalité réelle dans le monde réel smiley



  • Bovinus Bovinus 27 mai 2011 02:49

    Tiberius :
    Cette question est inepte et prouve que vous n’avez strictement rien compris à ce que je vous ai dit. Il n’y a pas que l’intérêt qui puisse pousser une nation à déclarer la guerre à une autre. Un attentat terroriste de l’ampleur de celui du 11 septembre et impliquant le Pakistan, serait assimilé à un acte de guerre et déboucherait inéluctablement sur un conflit armé, ceci quand bien même ce ne serait pas dans l’intérêt immédiat des USA.

    J’avais très bien compris où vous vouliez en venir, mais je tenais à vous le faire dire explicitement. Eh bien non, vous vous trompez : fondamentalement, on ne déclenche pas une guerre par représailles, soif de vengeance, ou simplement par idéologie. On ne fait pas la guerre contre son intérêt, et en politique, rien n’arrive par hasard. Je vous accorde que ce serait possible dans le cadre d’un État absolutiste, où un dictateur fou aurait tous les pouvoirs, y compris celui d’appuyer sur le bouton rouge de sa valise nucléaire. Hitler avait un tel pouvoir. Je suis certain qu’il existe encore, par exemple en Afrique, des pays arriérés où le monarque-dictateur-président-connétable possède ce pouvoir, mais, fort heureusement, il ne possède pas de valise nucléaire et doit se contenter de quelques Kalachnikovs et de machettes. Cela dit, aucun des pays auxquels nous nous intéressons n’admet ce genre de chose, et surtout pas les États-Unis. Ce qui n’exclut pas que la structure décisionnelle dans l’un ou plusieurs de ces pays puisse un jour évoluer vers un régime absolutiste, et ne tombe entre les mains d’un seul et unique fou furieux. Mais c’est tout de même peu probable.

    Même en cas d’acte de guerre manifeste, semblable à celui que vous évoquez, le gouvernement américain contactera ses homologues pakistanais et cherchera à tirer la situation au clair. Si il s’avère que c’est en effet, un acte de guerre, alors guerre il y aura. Si en revanche le président se désolidarise de l’ISI, ou bien, nie officiellement toute implication, alors il y aura enquête, activité diplomatique, demandes de réparation, menaces, négociations, envoi de délégations, etc, etc. Mais pas de guerre, à moins que l’État agressé n’ait de bonnes raisons de considérer qu’il s’agit bien d’un acte de guerre, ou bien, qu’il ne trouve dans son intérêt de se servir du prétexte.

    En 1941, lorsque la Wehrmacht envahit l’URSS, Staline était parfaitement informé de ce qui se passait, mais, ne jugeant pas la chose possible, ne prit aucune mesure de riposte ou de défense avant d’avoir confirmation officielle du Reich. En agissant comme un barbare sans foi ni loi, Hitler avait pris un certain avantage. Au contraire, malgré son caractère totalitaire, l’URSS a su faire la preuve, sur le plan international, qu’elle était un État responsable et digne de confiance, respectant le droit international. C’est peut-être cela qui fait que la guerre froide n’a jamais dégénéré en apocalypse nucléaire, ou que l’Allemagne existe encore.

    En conclusion : les relations internationales, c’est pas une cour de récré ou un Risk grandeur nature smiley Oh, et ne m’appelez pas du « Einstein », je ne le mérite pas : je suis très nul en sciences exactes. À la rigueur, « Machiavel », si vous y tenez. smiley

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