Le français n’est pas né de l’arabe, de l’espagnol, de l’italien, de l’anglais, du chinois, du seul fait d’avoir emprunté, sur le tard en plus, quelques mots à ces langues là. D’où l’absurdité du propos.
« si la mère est anglaise et le père est francais il peut, très bien dire dog au père et chien à la mère. »
Voila comment ça se passe :
La mère est anglaise, le père est français, tous les deux sont bilingues mais la langue du foyer est l’anglais. Le lieu de résidence est la France. L’enfant écoute parler ses parents entre eux en anglais (le père parle couramment l’anglais, sans accent), puis il écoute ses parents parler aux autres en français et ses parents lui parlent français en présence des étrangers. L’enfant comprend qu’il y a deux langues, celle des parents et celle du monde extérieur. Là il y a un dilemme.
Instinctivement l’enfant s’intéresse à ses parents mais aussi au monde extérieur. Il voudra communiquer avec ses parents mais pas uniquement quand il est seul avec eux. Comme tous les jours il entend les deux langues, il les apprendra simultanément.
En revanche si les parents s’amusent à des jeux idiots qui ne correspondent à aucune logique l’enfant ne comprendra rien. Quand devra-t-i parler français ou anglais ? Pourquoi les parents se parlent -ils entre eux dans des langues différentes ? Cela serait interprété comme un conflit entre les parents, chacun campant sur ses positions ; et le gamin risque en plus d’être traumatisé. Enfin, pendant combien de temps cette comédie peut durer ? une semaine ? quelques mois ? Des années ? Toute la vie ?
On ne peut pas bricoler avec ça. Ou bien les conditions sont réunies, ou bien on se contente d’une seule langue puis on apprend la deuxième langue plus tard, et pas forcément à l’age de trois ans. Je ne suis même pas sûr que démarrer une nouvelle langue à l’âge où on commence à parler soit une bonne idée.