« Beaucoup de monde dont moi. Ce n’est pas parce que les hiérarchies sociales... »
Qui parle de « hiérarchies sociales » ? Vous !
Moi, je vous parle du clivage qui sépare les fortes des faibles personnalités, du clivage psychique si vous préférez. On le trouve pratiquement partoutl, où deux personnes se trouvent ensemble. A commencer par le mariage.
Regardez les couples autour de vous, vous y trouverez toujours un élément dominant, et c’est loin d’être toujours l’homme.
Flamby était dans cette situation. Sinon jamais Troierweller n’aurait osé lui dire « Embrasse-moi sur la bouche, maintenant ! » au soir du 6 mai 2012. Pour s’en sortir, il n’a pas osé l’affronter, il n’a pu se libérer de son emprise qu’en la trompant. Si vous voyez du social là-dedans, faites-moi signe.
Et si vous voyez du social dans le cas d’un enfant de 10 ans qui est dominant - enfant tyran - face à des parents dominés, faites moi signe aussi. Dans la plupart des cas, et qui tyrannise plutôt leur mère que leur père, bien tiens... Il a déjà intuitivement perçu le maillon faible
« Pourtant, nous nous refusons à imaginer le pire... »
C’est ce qu’on appelle la dissonance cognitive.
Pour ma part, j’imagine très bien Gainsbourg chevauchant sa gosse en arguant, in petto, que la morale commune ne s’applique pas aux génies, dont il est.
« L’homme peut gouverner ses désirs, ses passions par la raison et la réflexion. »
On le constate effectivement tous les jours.
Juif lui aussi, Trotski voyait les choses bien différemment. Il remettait cela à plus tard, à beaucoup plus tard :
L’homme
devenu libre cherchera à atteindre un meilleur équilibre dans le fonctionnement
de ses organes et un développement plus harmonieux de ses tissus ; il tiendra
ainsi la peur de la mort dans les limites d’une réaction rationnelle de
l’organisme devant le danger. Il n’y a pas de doute, en effet, que le manque
d’harmonie anatomique et physiologique, l’extrême disproportion dans le
développement de ses organes ou l’utilisation de ses tissus, donnent à son
instinct de vie cette crainte morbide, hystérique, de la mort, laquelle crainte
nourrit à son tour les humiliantes et stupides fantaisies sur l’au-delà.
L’homme s’efforcera de commander à ses propres sentiments, d’élever ses
instincts à la hauteur du conscient et de les rendre transparents, de diriger
sa volonté dans les ténèbres de l’inconscient. Par là, il se haussera à un
niveau plus élevé et créera un type biologique et social supérieur, un
surhomme, si vous voulez.
On l’attend évidemment toujours. Hitler aurait bien voulu, il n’a pas eu le temps.
Dans l’Eloge de la fuite, Henri Laborit écrit :
La sensation fallacieuse de liberté s’explique du fait que ce qui
conditionne notre action est généralement du domaine de l’inconscient, et que
par contre le discours logique est, lui, du domaine du conscient. C’est ce
discours qui nous permet de croire au libre choix. Mais comment un choix
pourrait-il être libre alors que nous sommes inconscients des motifs de notre
choix, et comment pourrions-nous croire à l’existence de l’inconscient puisque
celui-ci est par définition inconscient ?
Spinoza apparaît bien vieilli, tout d’un coup... Mais toujours plus rassurant pour l’humaine fatuité.
Il est cocasse que les philosophes de la Raison aient engendré une bande
de fanatiques aussi prompts à se laisser submerger par leurs sentiments
(haineux).
Cela aurait pu servir de point de départ à une
réflexion ultérieure empreinte de sagesse et de bon sens. Au lieu de
quoi, on en est encore à écrire « lumières » avec un « L » majuscule.