Vous avez entièrement raison. Ils n’en ont aucune. Ils disent ne pas vouloir d’Europe point ! Sans doute ne ignorent-ils que De Gaulle lui-même avait une conception de l’Europe. En 1965, il disait au journaliste Michel Droit : « ...dès lors qu’il n’y a plus de
rivalitésimmédiates et qu’il n’y a pas de guerre, ni même de guerre imaginable,
entre la France et l’Allemagne, entre la France et l’Italie et même, bien
entendu, un jour, entre la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Angleterre, eh
bien ! il est absolument normal que s’établissent, entre ces pays
occidentaux, une solidarité. C’est cela l’Europe, et je crois que cette
solidarité doit être organisée. Il s’agit de savoir comment et sous quelle
forme. »
Asselineau et ses affidés rejettent à la fois l’organisation d’une solidarité, le comment et la question de la forme.
« Français Asselineau et l’UPR
s’efforcent de mettre entre les mains de nos concitoyens de bons outils pour
comprendre et pour agir. »
Il faut qu’il
continue, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise d’autre ?
« Avec l’UPR, François Asselineau s’est
appliqué à démontrer pourquoi il fallait de toute urgence sortir de ce piège et
comment on pouvait en sortir. Ce travail d’explication relayé par les militants
de l’UPR se poursuit aujourd’hui . François Asselineau n’a pas été élu,
mais l’UPR est passée de 15000 à plus de 30000 adhérents. »
Le problème, c’est
qu’on ne gagne par des élections avec de la pédagogie. En 1981, Mitterrand
gagne sur un slogan « La force tranquille » ; en 1995, Chirac
gagne sur l’insécurité ; en 2007, Sarkozy gagne grâce à son image de type
énergique et résolu (le Kärcher est dans toutes les mémoires) ; en 2012, Hollande cartonne en clamant « Mon ennemie, c’est
la finance ! » ; Macron gagne, en partie, parce qu’avec sa
minette de 65 ans, ils font la couverture en quadrichromie de 250 ou 300
magazines people. Il n’y pas 5 % de l’électorat qui pourrait préciser son
programme, lui-même ne l’ayant jamais vraiment développé.
Trump gagne en
balançant « America First » et « Make America Great Again ».
Malgré le « propos de vestiaire », 43 % des électrices votent pour
lui ! Ca ne vous parle pas à vous ce genre d’exemples ? Et vous croyez
sérieusement qu’Asselineau peut faire le poids avec ses conférences et ses
démonstrations ?
Je ne sais pas si
vous avez vu l’affiche que le Fidesz, le parti de Victor Orbàn a sorti à un
mois des élections hongroises (5 avril). C’est génial : on voit les dirigeants des quatre
partis, européistes et immigrationnistes, qui s’opposent à lui, autour de l’immonde
Soros qui les stipendient. Je ne sais pas si Orbàn va gagner les élections, mais une affiche comme
celle-là, ça vaut sept ou huit heures de prime time sur n’importe quelque chaîne
de télévision.
Mais ça, Asselineau, il ne sait pas faire, et il ne saura
jamais. Parce que, dans le fond, ce genre de méthodes, je suis sûr que ça le
révulse. Il est monté sur le ring, avec un entraînement de minigolfeur…
« Libre à vous de rester sur la touche
ou de vous opposer à la grande bataille qui va s’engager pour libérer la
nation, rétablir l’ordre républicain, redresser l’économie, remettre la France
sur les rails du progrès social et de la paix. »
Il ne s’agit pas de rester sur la touche et
encore moins de s’opposer. Il y a actuellement une dynamique comme on dit, que
Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour
l’innovation politique, commente ainsi :
« L’arrivée au pouvoir des populistes
peut faire s’effondrer l’Europe ». A court et moyen terme, c’est beaucoup plus
prometteur que les prêches et sermons du révérend père Asselineau. Désolé.
Hélas non, vous n’avez toujours rien
compris. Ce que je suggérais – tout en sachant que Bruxelles ne l’accepterait
jamais – c’était de consulter tous les électeurs et électrices pour leur
demander s’ils veulent plus d’Europe – ce à quoi rêvent les Juncker, Macron, Merkel,
etc. – ou non.
Remarquez que si Asselineau et ses
alliés arrivaient à Bruxelles avec une pétition revêtues de 50 millions de
signatures, en provenance des 27 pays, on ne pourrait pas se contenter de leur
claquer la porte au nez. Mais je vous concède que les précédentes tentatives
sur change.org n’ont pas donné de résultats encourageants.
« Comment
allez-vous imposer aux 27 pays un referendum sur l’ Europe… »
Il n’y a rien à imposer à personne,
simplement poser une question aux citoyen(ne)s en leur demandant de répondre
par oui ou par non
« ..,alors
que les Mamamouchis ne veulent plus de référendum, ils se soldent tous par
NON ! »
Ca n’empêche pas que mon idée est non
seulement bonne, mais encore très démocratique.
« Pourquoi voulez- vous rester dans l’
UE, alors que chaque élection montre que les européens n’en veulent
plus ? »
Parce qu’on ne peut
pas en sortir sans l’adhésion explicitement exprimée par le peuple du pays
concerné. Ca s’appelle la démoratie et ça ne repose pas sur des impressions,
mais sur le vote. Comme en Angleterre, par exemple.
Sauf une majorité de Français à qui on avait massivement seriné et finalement inculqué, que la sortie de l’euro allait entraîner une dévaluation de 30 % de la monnaie, et une réduction identique de leur pouvoir d’achat et de leur patrimoine.
La grosse faute - selon moi, bien sûr -, c’est d’avoir cru que deux ans suffiraient pour convaincre une majorité de Français de la nocivité de l’Europe. Pour ma part, dès que j’ai connu ce choix, j’ai été convaincu de son échec.
Par rapport à l’U.E., les Français et d’autres peuples européens. sont semblables aux alcooliques qui sont conscients de leur dépendance et des ravages qu’elle occasionne, mais qui n’osent pas aller chez les alcooliques anonymes.
Un AA m’a expliqué un jour que l’alcoolique conscient a peur à cause de sa déchéance, mais a encore plus peur de ce que pourrait être la vie sans cet alcool dont il est dépendant. Pour lui, c’est mentalement inconcevable... Il faut alors une grosse secousse extérieure pour lui faire franchir le pas, et se confronter à des ex-alcoolos qui, en racontant leur propre histoire, commencent par lui faire comprendre qu’on peut sortir de l’alcool et qu’il y a une vie après l’alcool.
Mais ce n’est que mon opinion et elle ne vaut pas plus que n’importe quelle autre... En tout cas, elle m’a évité de figurer parmi ces déçus du FN qui l’ont quitté après avoir été ulcérés par la défaite.